LES PARFUMS de Grégory Magne : un cinéma classique et inodore

Anne Walberg était un grand nom dans le domaine du parfum, mais un jour, elle perd son « nez » et commet une erreur. Quatre ans après, elle est toujours blacklistée et se contente de fabriquer des parfums pour les supermarchés ou autres projets farfelus ce qui n’arrange pas son caractère, très arrogant et solitaire. Pour l’accompagner dans ses déplacements, elle engage Guillaume, un chauffeur en plein déboire judiciaire pour la garde de sa fille. Les deux personnages vont alors s’apprivoiser dans un road movie classique et inodore…

Le retour dans les salles de cinéma est évidemment aussi synonyme de déceptions. Mais croyez le ou non, cet ennui ou cette colère qui gronde en moi pendant une séance m’avait manqué tout autant que les émotions fortes ! La première fut pour La bonne épouse, le jour de la réouverture, ce qui donnait le ton. Mais aujourd’hui, je vous parle d’un film qui m’a non seulement déçue mais aussi mise en colère !

Emmanuelle Devos en tête d’affiche, sur une œuvre parlant du métier de « nez » si peu connu, c’était quand même assez vendeur ! Malheureusement, Grégory Magne propose une œuvre sans odeur, sans émotions, sans intérêt et reprenant un schéma narratif épuisé.

La simplicité ou la tradition au cinéma, c’est un bon choix quand on sait y apporter son style, ses idées et lui donner un nouvel éclat. Mais à l’inverse, si on ne s’approprie pas le film, qu’on se repose uniquement sur ses comédiens et qu’on plante sa caméra face à eux sans rien y apporter de plus : il y a des chances pour que ça capote. Car un bon comédien, ne peut pas faire de merveilles lorsqu’il est dirigé par un réalisateur qui ne sait pas ce qu’il fait et qui n’a pas d’idées. D’habitude tant habitée par ses rôles, Emmanuelle Devos apporte ici une sorte de tendresse dans son personnage mais ne parvient à aucun moment à atteindre une crédibilité quelconque. Tandis que Grégory Montel, excellent comédien au demeurant (notamment dans la série Dix pour Cent) propose un jeu poussif et caricatural.

Quant au scénario, il est d’un ennui incroyable et sans aucune originalité si ce n’est le domaine professionnel du personnage féminin qui est rarement abordé à l’écran. Le schéma narratif traditionnel est gentiment suivi sans jamais rien apporter de moderne. Rien, dans la mise en scène n’est réellement passionnant. Les plans s’enchainent, sans rien nous dire de plus que l’action qu’ils racontent, la composition n’est pas recherchée, même la photographie est inexistante. Grégory Magne raconte une histoire banale, nous expose des personnages et puis s’en va !

Il faut cependant reconnaitre que le réalisateur ne tombe pas complètement dans le cliché et ne mise pas sur une histoire de romance qui aurait été, pour le coup, totalement attendue. C’est probablement la seule surprise du film, et c’est bien maigre.

Cela faisait longtemps que je n’avais RIEN ressenti devant un film si ce n’est de l’ennui. Malgré un regard tendre sur ses comédiens, Grégory Magne signe un film trop classique, sans jamais y apporter une touche de style ou de modernité qui auraient pu le rendre un tantinet plus excitant. Ce genre de film provoque en moi une certaine colère. Pourquoi écrire un film, monter un dossier, trouver un producteur, passer des jours en tournage, diriger une grande comédienne française, s’entourer de spécialistes des odeurs, citer Herzog (La grotte des rêves perdus) … si c’est pour ne rien avoir à dire? Il n’y a pas forcément de grands discours derrière chaque film, évidemment, mais une œuvre qui ne propose RIEN ni dans sa forme ni dans son fond, est soit une erreur de parcours, soit un mauvais film assumé.

Les Parfums, de Grégory Magne, en salles depuis le 1er Juillet 2020.

MADRE de Rodrigo Sorogoyen : puissant portrait d’une mer(e) agitée

Un long plan séquence ouvre ce film qui me marquera encore longtemps. En Espagne, Elena (interprétée par Marta Nieto) reçoit l’appel de son fils âgé de 6 ans, Ivan. Il est seul, sur une plage française et il n’a aucune idée de l’endroit où se trouve son père avec qui il est venu en vacances. S’ensuit une conversation tendue, entre une mère paniquée qui essaie de rassurer son fils et ce dernier, seul et terrorisé à des centaines de kilomètres de chez lui. Rodrigo Sorogoyen, dès ces premières minutes, reste fidèle à son univers porté par une tension palpable. Après le thriller politique El Reino ou son incroyable polar Que Dios Nos Perdone, le réalisateur espagnol revient avec un film puissant mais étrangement, extrêmement doux.

Les premières minutes de Madre, ne laissent pas présager le calme et la douceur qui vont s’emparer, en grande partie, de la suite de l’œuvre. Elles ressemblent beaucoup à celles de El Reino : un plan séquence rythmé, tendu, caméra à l’épaule qui suit le personnage principal dans une situation euphorique. La différence c’est que le réalisateur marche à l’envers cette fois. Dans El Reino, la séquence est joyeuse, piquante, il s’agit d’un repas entre collaborateurs qui va ensuite annoncer la tension et le coté dramatique du film. Avec Madre, Sorogoyen prend le parti inverse en commençant son film par LA scène de tension du film avant de basculer dans une œuvre plus contemplative, profonde et douce. Une scène qui, à l’origine, avait été proposée comme court-métrage en 2016 par son réalisateur.*

10 ans ont passé depuis ce terrible coup de fil. On comprend vite que Ivan n’a jamais été retrouvé. Elena vit désormais en France, près de la plage où son fils à disparu. Elle travaille, a un homme dans sa vie et se balade sur le sable tous les jours. Un jour, elle croise le regard de Jean, un adolescent en vacances dans le coin. Une relation tendre et ambiguë va alors se créer et entrer en conflit avec ses souvenirs du drame.

Loin de la tension parfois explosive de ces deux œuvres précédentes, le réalisateur parvient ici à trouver un certain équilibre, non sans instaurer une ambiguïté qui questionne notre moralité par bien des façons.

Tout, dans sa réalisation, sa mise en scène et son esthétique ramène le spectateur au cœur de la mécanique même de Madre : la différence de points de vus et la double lecture. Elena pense avoir (re)trouvé quelque chose chez Jean auquel elle compte bien s’accrocher coûte que coûte. Jean, de son coté, fantasme une relation amoureuse. Quand à l’entourage des deux concernés, ils sont à la fois jaloux, apeurés ou en colère. La famille de Jean voit en Elena une dangereuse psychopathe, son ancienne petit amie voit en elle une rivale et ses amis, une conquête mature. Quand au compagnon d’Elena, il voit en Jean une menace puis il comprend la projection qu’il représente et tente de l’éloigner.

On assiste aussi à une autre barrière : celle de la langue et des origines. Elena est espagnole, elle sort avec un homme espagnol également. Elle a gardé un lien avec son pays mais vit depuis plus de 10 ans dans cette petite région française. Son accent est prononcé, tout le monde connait son histoire, elle est vue comme l’étrangère un peu bizarre et isolée. Jean quant à lui, est un jeune homme à succès qui fait du surf et qui est à l’aise en société ainsi que dans son milieu social. Les deux personnalités sont aux antipodes l’une de l’autre, et avec cette construction de personnages, le réalisateur instaure déjà une double lecture de l’histoire qu’il va nous raconter.

Mise en scène très froide et très précise pour montrer la scission entre les deux personnages

En obligeant le spectateur à se montrer extrêmement vigilant, Rodrigo Sorogoyen joue sur les codes scénaristiques et offre une œuvre aussi belle que complexe. Il faudra beaucoup d’attention pour déceler ce que Elena voit en Jean, toute sa souffrance, son envie, son amour pour lui en tant que jeune homme. Ivan n’est jamais mentionné, mais il est là, partout, dans chaque regard qu’elle porte à Jean, dans chaque geste tendre, chaque rire. La souffrance d’Elena est incroyablement profonde et dépeinte avec une telle pudeur qu’il est parfois difficile de la saisir. Elle l’enveloppe entièrement, la nourrit autant qu’elle la détruit. Et c’est la beauté de l’œuvre de Sorogoyen de parvenir à ne jamais tomber dans le pathos. A tel point qu’on en vient parfois à se demander si elle n’est pas simplement tomber amoureuse de l’adolescent. Il joue sur les codes, l’ambiguïté, la morale, la douleur et les préjugés. Quant à Marta Nieto, elle offre une prestation incroyable et extrêmement complexe où elle incarne la douleur plutôt que de l’exprimer*. Et dans un film avec si peu de dialogues, avec des scènes très quotidiennes et une montée des émotions aussi lentes, la prestation de l’actrice est absolument bluffante de réalisme.

Marta Nieto dans MADRE

Pour cela, le réalisateur instaure une sorte de transition visuelle puissante en se servant de la mer comme personnage à part entière. Je crois n’avoir jamais vu de tels plans. Cette plage, qui reste le seul lien d’Elena avec son fils disparu, rythme depuis 10 ans sa vie et ses émotions. Une mer agitée, sombre, profonde ou au contraire, bleue, calme et douce : ce type de plan revient régulièrement entre certaines scènes. Comme pour illustrer les sentiments des deux personnages et les conséquences de leur relation au fur et à mesure qu’ils prennent de l’ampleur.

Le temps. Perdu, retrouvé, savouré : c’est aussi le cœur de l’œuvre de Rodrigo Sorogoyen. Dans des scènes quotidiennes comme des balades, des verres, des sourires, des soirées, une après-midi devant un film : Elena y voit des projections de ce qu’elle n’a jamais pu vivre avec son fils et Jean y voit une relation amoureuse qui se noue. De ces instants volés et chéris, une relation forte, portée par le désespoir d’Elena et la fougue de Jean, va naitre. Une relation qu’il est difficile de comprendre et d’accepter pour tous les autres personnages, mais aussi pour le spectateur. On est agités, on se questionne, on appréhende et Sorogoyen nous pousse dans nos retranchements jusqu’à la dernière minute. Avec une douceur mais aussi une dureté sans pareille, la douleur d’Elena est analysée jusqu’au dernier moment.

Les portraits de femmes, aussi complexes, aussi bruts, et aussi réussis sont très présents dans le cinéma espagnol. MADRE est un film puissant et douloureux si on y prête l’attention qu’il demande.On y retrouve parfois un peu de JULIETA (2016) de Pedro Almodovar, porté par deux actrices spectaculaires (Emma Suarez et Adriana Ugarte), qui raconte l’histoire de cette mère qui ne parvient pas à refaire sa vie sans l’ombre de sa fille qui a disparue depuis des années.

Dans les deux cas, cette douleur est tellement ancrée en elles, qu’il est difficile de la filmer. Et pourtant, le cinéma espagnol parvient de toute évidence à réussir cet exploit. Ces deux films, portés par des actrices absolument impressionnantes, m’ont paru assez proches dans le traitement de cette souffrance intérieure, même si MADRE me semble plus profond par ses choix esthétiques cités ci dessus et moins accessible tant il peu paraitre âpre par moment.

Adriana Ugarte dans Julieta de Pedro Almodovar

Je vous encourage vivement à vous tourner vers ce film qui, à mon sens, est d’une puissance que l’on voit rarement à l’écran.

Madre de Rodrigo Sorogoyen, sortie en salles le 22/07/2020

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THE POLITICIAN : un deuxième tour pour Ryan Murphy

J’ai enfin eu le temps de finir la nouvelle saison de The Politician, série satirique signée Ryan Murphy.

Ryan Murphy c’est qui? Eh bien mes chers amis, c’est un sacré bonhomme ! Réalisateur de nombreuses séries à succès comme Nip Tuck, Glee, American Horror Story, Pose ou encore Feud sans oublier le grand écran avec son film Mange, Prie, Aime sorti en 2010 : Ryan Murphy est un auteur prolifique, aussi controversé qu’admiré et pour cause. Comme vous avez pu le constater, avec la liste non exhaustive ci dessus, le réalisateur aime provoquer son public et propose des choses toujours extravagantes, improbables voir complètement glauques.

Alors quand Netflix a annoncé sa première collaboration avec cet ovni du petit écran, cela a tout de suite piqué ma curiosité. A l’heure actuelle, une nouvelle œuvre de Ryan Murphy a vu le jour sur la plateforme, il s’agit de la série HOLLYWOOD, mais je vous en reparlerai bientôt.

THE POLITICIAN : l’arrivée remarquée de Murphy sur Netflix

Lors de son lancement en septembre 2019, la série avait divisé la critique : rafraichissante pour certains, creuse pour d’autres. Pour ma part, ce fut une sacrée surprise. The Politician raconte les ambitions politiques du jeune Payton Howbart (Ben Platt) qui pense être le prochain président des Etats Unis. Entouré d’une équipe de campagne haute en couleurs dès le lycée, il organise et contrôle sa vie dans l’unique but de gravir les échelons de la politique. Un pitch digne de Murphy, avec une réalisation lumineuse, des personnages complétements barges et une satyre politique rondement menée.

THE POLITICIAN SEASON Season 1 CREDIT Courtesy of NETFLIX PICTURED Ben Platt

Dans la première saison, comme une longue introduction au destin de Payton, on le suit dans sa campagne pour devenir délégué de son lycée. Déjà, les tensions et les coups bas fleurissent. Mais Murphy nous plonge également dans le quotidien et l’intimité de Payton, en nous montrant son univers familial (absolument décadant) ainsi que ses failles personnelles. Durant toute la saison, on assiste à une métaphore du système politique américain dans cette cour de lycée. Une belle réussite, satyrique et flamboyante. La saison se clôture ensuite par la promesse d’une suite grandiose lorsque Payton décide de s’installer à New York pour se présenter au Sénat local.

Une deuxième saison réussie mais pas très inspirée

Malgré un début dynamique, la saison deux peine à trouvé le bon ton. Murphy n’arrive pas à trouver un sujet fort à traiter et cela pèse sur toute la saison qui se perds finalement dans des histoires sans intérêts (coucheries, trahisons, etc).

Le casting reste tout à fait impressionnant et Ryan Murphy sait comment faire vivre son histoire à l’image. Malheureusement, le scénario est loin d’être passionnant et la série traine en longueur. Et c’est là que se trouve ma déception : cette saison est un enchainement de situations plus improbables les unes que les autres, qui traitent de sujets certes intéressants (la polygamie, l’écologie, la politique, la corruption etc) mais sans jamais aller au bout. L’intérêt de la série perd alors un peu de son essence.

L’une des réussites de cette saison est néanmoins le traitement du personnage de Gwyneth Paltrow qui incarne avec brio la mère flamboyante de Payton. Elle décide alors de se présenter aux élections gouvernementales pour mettre en avant le droit des femmes et elle se bat dans une campagne passionnante où elle incarne finalement ce clivage de plus en plus présent aux États Unis.

Un clivage que l’on ressent également dans l’épisode sur les électeurs où une mère et sa fille se dispute sur le sujet de l’écologie. Un grand thème qui peut réunir toutes les générations face à un même combat : c’est ce qui manque cruellement à la politique actuelle. Et Murphy parvient, dans cet épisode, à engendrer une réelle réflexion autour de ses sujets.

La saison 2 parvient donc malgré tout à immiscer quelques idées pertinentes sur le monde actuel tout en gardant sa patte esthétique si spécifique. Mais la globalité de la série est loin d’être satisfaisante et c’est bien dommage.

Malgré tout, je vous recommande de vous pencher au moins sur la première saison qui, à mon sens, fourmille de belles idées, le tout associée à l’esthétique si particulière de ce cher Murphy.

Disponible sur Netflix.

MODERN LOVE : chroniques nostalgiques

Telle une tasse de thé chaud qu’on s’octroie un soir d’hiver en regardant la neige tomber par la fenêtre, Modern Love nous enveloppe de cette sensation délicate et réconfortante qu’est la nostalgie.

Adaptée de la célèbre chronique du New York Times du même nom, Modern Love, dépeint avec une certaine franchise, l’amour au XXIe siècle. Et ces petites capsules de vies font du bien.

Loin du chef d’œuvre télévisuel, cette mini série de John Carney raconte huit histoires d’amour qui questionnent chacune une problématique différente : le temps, la confiance, la protection, l’estime de soi, l’adoption ou le rapport familial. Avec un casting surprenant et chaleureux (Cristin Milioti, Dev Patel, Tina Fey, Anne Hathaway, Andrew Scott, Olivia Cooke ou encore Ed Sheeran qui fait une apparition) l’objectif de la série est de vous offrir une douce parenthèse. Cela ne marche pas toujours, et la qualité de la série n’est pas toujours au sommet, cependant, les sensations et les rêveries que déclenchent certaines histoires sont belles et bien là.

J’ai eu un sacré coup de cœur pour l’épisode 3, « Take Me as I Am, Whoever I Am », qui m’a donné envie de vous parler de cette série. Même si le thème général de la série ne vous parle pas plus que ça, je vous encourage à voir cet épisode.

Il s’agit de l’histoire de Lexi qui raconte sa bipolarité et surtout son quotidien depuis qu’elle cache sa maladie à tous ceux qui la connaissent. Et croyez moi, Anne Hathaway dans ce rôle est incroyable. J’ai trouvé que le traitement de cette maladie mentale, si peu exposée, était vraiment beau. On assiste à une véritable souffrance mais aussi à l’acceptation si difficile de soi même avant de pouvoir faire entrer d’autres personnes dans sa vie. C’est un épisode qui m’a vraiment touché et que je vous conseille fortement.

J’ai également beaucoup aimé « When the Doorman Is Your Main Man » qui ouvre la série et raconte la relation tendre et privilégiée d’une jeune femme avec son portier ainsi que « At the Hospital, an Interlude of Clarity » qui nous offre une belle réflexion sur le besoin d’attention et les relations éphémères.

Modern Love, disponible sur Amazon Prime Video.

Une deuxième saison est prévue pour cette année.

Retour dans les salles avec … LA BONNE ÉPOUSE de Martin Provost et EN AVANT de Dan Scanlon

22 Juin 2020, un Lundi comme les autres pour beaucoup, mais un grand jour pour tous les cinéphiles! La réouverture des salles de cinéma se transforme en évènement symbolique. Une croix sur le calendrier ou dans l’agenda, une soirée déjà bloquée, peu importe le film ou l’horaire : on sera là. Pour soutenir son cinéma préféré, pour retrouver le bonheur de la salle et du grand écran, de ses émotions, du collectif et aussi, pour oublier le monde extérieur et ces trois mois d’enfer. Se déplacer en salle ce lundi de Juin fut pour beaucoup un acte fort et donc, forcément un souvenir impérissable.

J’ai sauté sur la première séance qui correspondait à ma sortie du travail, en privilégiant un cinéma français et local, j’ai trouvé en un clin d’œil, j’étais heureuse, excitée et je n’avais qu’une envie : m’asseoir dans ces fauteuils que je connais et qui m’ont tant manqué. La surprise de voir la salle se remplir fut d’autant plus agréable. On y était, ça y est, dans quelques minutes les lumières vont s’éteindre et le cinéma va de nouveau jaillir devant moi.

LA BONNE ÉPOUSE de MARTIN PROVOST

Je me souviendrai à jamais de ce film, juste par ce qu’il aura été celui du 22 Juin 2020. Un film choisit pour soutenir l’industrie française mais aussi les tournages locaux. Car, La Bonne Épouse a été tourné en grande partie dans la région Grand Est : chez moi. Il m’a donc semblé que c’était un choix intéressant en ce jour si symbolique.

Cependant, il aurait été trop beau que ce premier film soit un souvenir mémorable grâce à la qualité de l’œuvre. Malheureusement, Martin Provost n’a pas réussi à me faire vibrer autant que je l’aurais voulu.

La Bonne Épouse raconte l’émancipation des femmes par le biais de la directrice d’un établissement ménager et de ses élèves. Jouée par Juliette Binoche, Paulette est entourée par deux acolytes aussi touchantes que problématiques : Gilberte (Yolande Moreau) et Soeur Marie-Thérèse (la grande Noémie Llvosky). On retrouve également au casting, un Edouard Baer rieur et amoureux. Toutes ces têtes d’affiche donnent envie d’y croire mais malheureusement, Martin Provost propose une comédie aussi lourde que délirante. Certains passages sont touchants, surtout lors que Juliette Binoche y met son grain de folie qu’on aime tant. Quand aux dialogues, ils sont relativement bien ficelés et donnent un coup de peps aux échanges. Mais dans la globalité, le film tire en longueur pour nous proposer une fresque féministe ridicule avec une séquence finale gênante. Dommage, car le sujet et l’angle choisit semblait prometteur, mais le traitement de Provost et sa volonté d’en faire une œuvre détonante plombe le film dans sa finalité.

En salles depuis la reprise, le 22/06/2020.

EN AVANT de Dan Scanlon

Quelques jours après la reprise, me voilà embarquée dans une séance qui, cette fois, m’a laissé un souvenir plus tendre que la précédente. La première sortie Pixar de la décennie est de nouveau en salles depuis la réouverture et je ne regrette absolument pas de m’être laissée tenter. Je partais défaitiste, n’attendant pas grand chose de plus que d’ordinaire face à ce type de film, mais Pixar a bel et bien réussi à me surprendre !

EN AVANT! raconte l’histoire de Ian Lightfoot et de sa quête pour retrouver un sort capable de ramener son père, disparu lorsqu’il était enfant. Accompagné de son grand frère, Barley, il va donc partir à l’aventure dans ce monde imaginaire où la magie a été reléguée au second plan depuis l’arrivée de la technologie.

Au delà des séquences attendues et peu originales qui vous font tirer les larmes lorsque vous vous y attendez … le plus, EN AVANT! a réellement réussi à tirer son épingle du jeu. Le scénario est vraiment chouette : la mise en avant d’un monde mi humain mi animal avec une technologie omniprésente qui ne laisse plus la place à la magie et aux vraies relations. L’animation est également extrêmement bien réussie et offre de véritables séquences visuelles avec un coté fantastique qui n’est pas désagréable et qui détonne un peu des habituelles couleurs criardes propres à Pixar. Les tons bleutés et assez sombres du film sont vraiment surprenants mais offrent des séquences bluffantes.

Évidemment, les larmes n’ont pas tardé à couler et j’ai adoré ça. Retrouver ces émotions, les partager avec d’autres spectateurs et me laisser emporter dans cet univers imaginaire avec ces deux adolescents extrêmement touchants. Ce cinéma là aussi m’avait manqué. Celui qui ne demande pas forcément de grands discours, de grandes analyses mais qui parvient à surprendre, à se réinventer et à questionner certains sujets importants malgré tout. Une belle surprise donc, autant pour les grands que pour les plus petits.

De nouveau en salle depuis la réouverture, le 22/06/2020.

Je n’ai pour l’instant pas eu le temps d’aller voir d’autres films mais les sorties et les propositions des salles commencent vraiment à me plaire ! Je vous laisse donc avec quelques idées de films à voir, piochées dans ma wishlist personnelle 😉

Benni de Nora Fingscheidt (sortie le 22/07/2020)

Été 85 de François Ozon (sortie le 14/07/2020)

Lucky Strike de Yong-hoon KIM (sortie le 08/07/2020)

Les Parfums de Grégory Magne (sortie le 01/07/2020)

L’envolée de Eva Riley (sortie le 08/07/2020)

Madre de Rodrigo Sorogoyen (sortie le 22/07/2020)

REGARDS CONFINÉS #6 : en manque d’action ?

Qui est-ce qui a encore des choses incroyables à raconter à ses proches au téléphone? Qui, parmi nous, a un terrain assez grand pour faire un parcours du combattant dans son jardin? Qui est-ce qui s’est fait une petite course poursuite avec la police pour sortie inopinée et inexpliquée? Ne nous mentons pas, ce confinement rends nos vies passablement vides de nouveaux dramas et d’actions dignes de ce nom !

Ready?

J’ai donc décidé de vous offrir un petit shot d’adrénaline afin de vous secouer un peu et de vivre une bonne dose d’émotions fortes en direct de votre canapé ! On se retrouve pour quelques films d’action certes, mais qui sortent du lot et ont tous quelques particularités. A voir ou revoir sans modération ! C’est parti 😉

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Je ne sais même pas si il faut l’inclure dans cette sélection, tant il est évident, mais je ne pouvais pas le mettre tout au bas de l’article. Faites un triomphe pour le quatrième opus de la saga : Mad Max, Fury Road de Georges Miller. Existe-t-il plus jouissif, plus explosif, plus impressionnant et plus cinématographiquement parfait que ce film? Je me dois de répondre par la négative. C’est un concentré de technique, une explosion d’esthétisme et de rage qui vous prends aux tripes. Une version en noir et blanc est également disponible et donne au film une dimension totalement décalée. Dans tous les cas, cet opus est l’une des plus grosses bombes esthétiques du cinéma et vous donnera des frissons du début à la fin. Avec un casting porté par Tom Hardy et Charlize Theron, le film repousse les limites de l’action et de la technique pour un shot d’adrénaline et de couleurs comme on en a rarement vu à l’écran. Une pure folie signée Georges Miller, pour notre plus grand plaisir.

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Dans un registre un peu plus sombre mais tout aussi explosif, je me dois de vous conseiller The Equalizer d’Antoine Fuqua, sorti en 2014 avec un Denzel Washington un peu beaucoup trop calme, qui finit par exploser dans toute sa splendeur! Il s’agit d’un thriller ultra violent mais qui trouve son équilibre dans son esthétique et son scénario. Le film raconte comment un ancien agent secret va se lancer dans une guerre contre la mafia russe, après avoir rencontré une jeune femme travaillant pour eux. Teri, jouée par l’excellente Chloé Grace Moretz, embarque donc McCall dans une lutte acharnée et réveille sa soif de justice et de vengeance. Rythmé par des combats absolument fabuleux (les chorégraphies sont dingues) et un méchant extrêmement charismatique (interprété par Marton Csokas), ce film est une réelle claque et une bonne leçon de mise en scène.

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L’autre figure de la baston charismatique c’est sans conteste Bruce Willis, et on le retrouve notamment dans Die Hard sorti en 1988 et qui donnera lieu à une saga du même nom. Mais ce premier opus est clairement le meilleur de tous. Avec Alan Rickman (always…) en méchant des années 80 et Bruce Willis en cascadeur, Piège de Cristal est clairement l’un des films d’action les plus improbables. Humour noir, grand spectacle et rebondissements incessants, c’est l’un des films qui ne prends pas une ride et est armé d’un suspens sans failles. Indemodable.

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Revenons aux bons grands classiques du genre avec le maitre de la bagarre sanglante : Quentin Tarantino et son cultisime, Kill Bill ! Disons le, à l’heure actuelle, je crois qu’on tuerais tous pour avoir un minimum de la vie de Black Mamba : une bonne liste de gens à dégommer, des rencontres bien sanglantes et une bonne dose d’action. Alors pour retrouver le mode d’emploi d’une vengeance aux petits oignons, dans un registre bien propre à notre cher Quentin, on se (re)visionne la saga Kill Bill avec son esthétique incroyable, sa dose de sang indécente et sa bande originale exceptionnelle. Un classique qui fonctionne toujours autant.

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Tarantino sait aussi amener son talent dans des co-productions très particulières comme avec le grand Sin City réalisé par Frank Miller et Robert Rodriguez (le seul et l’unique) et sorti en 2005. On y retrouve notre cher Bruce Willis mais aussi Mickey Rourke, Jessica Alba et Benicio Del Toro. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, c’est un film qui séduit par son côté âpre, sexy, sombre et profondément créatif. Robert Rodriguez a prouvé encore une fois sa singularité, impossible à copier, avec cette adaptation de BD et cette capacité à relier les deux arts à la perfection. Un condensé d’action, de sang et d’âmes perdues dans un ovni, un petit bout de cinéma et une grande œuvre qu’il faut absolument (re) découvrir.

Et pour ceux qui aimerais en savoir un peu plus sur Rodriguez et son histoire avec cette créativité singulière, je vous remet ICI mon article sur la rencontre incroyable à laquelle j’ai pu assister à Cannes l’année dernière où il nous a exposé ses derniers travaux et son rapport au cinéma.

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Autre maitre de l’esthétisme et de l’univers particulièrement sombre c’est Nicolas Winding Refn et son Drive devenu extrêmement populaire. Avec des influences/références à Scorsese ou Tarantino, ce film est un réel plaisir pour les yeux (et les oreilles). Une mise en scène qui lui a valu un prix lors du Festival de Cannes en 2011, une esthétique impressionnante et une bande originale incroyable font de Drive une véritable œuvre à part entière. On y retrouve un Ryan Gosling impénétrable, presque muet, mais d’une puissance exceptionnelle, accompagné de Carey Mulligan, Brian Cranston ou encore Christina Hendricks. Un film sous tension, mené à la baguette par un réalisateur ambitieux pour un résultat explosif !

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Il fallait bien placer l’agent 007 quelque part dans cette sélection, et pour ma part, mon opus préféré est tout trouvé : Casino Royale de Martin Campbell. Le baptême de Daniel Craig dans la peau de l’agent le plus célèbre du cinéma est totalement réussi. L’un des meilleurs de la franchise pour ma part, dans lequel on a enlevé un peu de grand spectacle pour y ajouter plus de profondeur. Résultat : un grand film avec, cerise sur le gâteau, l’extraordinaire (je suis tout à fait objective, promis) Mads Mikkelsen dans le rôle d’un des méchants les plus charismatiques de l’histoire (rien que ça!). Un excellent coup de poker pour Campbell et son 007 revisité.

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Je n’ai jamais eu autant de mal à constituer une sélection ! J’ai encore tant de films en tête mais je me suis forcée à vous partager uniquement ceux qui, à mon sens, sont vraiment particuliers, intéressants ET explosifs ! On fera peut être un autre numéro dans quelques temps, en attendant, n’hésitez pas à me dire quel film vous ravie lorsque vous êtes en manque d’action !

REGARDS CONFINÉS #5 : friends party

Le confinement donne du fil à retordre à notre vie sociale. Cependant, la technologie nous offre quand même de nombreuses solutions pour continuer à se voir, se parler, débattre pendant des heures ou boire jusqu’à plus soif en compagnie de ses meilleurs amis! On se sollicite dans des formats et des situations tellement improbables qu’on finira par avoir des souvenirs incroyables.

Vous avez déjà fait une dizaine d’apéros en visio, des picolos, vous avez refait le monde jusqu’à l’aube et vous avez même réussi à trouver des remèdes maisons au virus qui nous frappe : en bref, les idées manquent et vous ne savez plus quoi faire avec vos proches à distance. Et si vous regardiez un bon film en mangeant du popcorn et en discutant avec vos potes, chacun dans son salon?

Je vous ai préparé une sélection de films à voir entre amis, pour changer d’air et passer une soirée comme au cinéma (les gens trop grands devant vous et les couples qui se galochent à coté de vous en moins) !

Five de Igor Gotesman

Devenu culte en très peu de temps, le film de Igor Gotesman se hisse tout en haut de ma liste. Pierre Niney et François Civil mènent la barque d’un groupe d’amis d’enfance qui réussi enfin à vivre ensemble. Malheureusement, la dolce vita va vite prendre un tournant dramatique lors que le père de Samuel lui coupe les vivres, l’obligeant à trouver une autre solution pour gagner sa vie : dealer ! Une idée très mauvaise évidemment, qui va donner lieu à de nombreuses péripéties comiques et dramatiques à la fois.

Avec un humour particulier mais souvent très juste, et un casting en harmonie, Igor Gotesman réalise l’un des films de potes les plus jouissifs de ces dernières années.

Hilarant et touchant, c’est LE film par excellence pour démarrer ce week-end avec vos potes.

La trilogie Cornetto de Edgar Wright

La trilogie parfaite pour une soirée improbable. Le monde de Edgar Wright dans une saga parfaite pour la situation que nous vivons.

Lorsque Shaun Of The Dead est sorti en 2004, il n’était pas question d’une trilogie. Le trio Wright/Pegg/Frost a ensuite travaillé sur Hot Fuzz et quelques années plus tard, sur Le dernier Pub avant la fin du monde. Les trois films n’appartiennent pas au même univers ni au même genre cinématographique. Ils sont simplement reliés entre eux par l’équipe qui les a réalisés/écrits à savoir Edgar Wright et Simon Pegg ainsi qu’une équipe d’acteurs commun comme Nick Frost, Martin Freeman, Patricia Franklin etc. Mais au fil du temps, on remarque de nombreux clins d’œil d’un film à l’autre. Et après une remarque d’un journaliste, l’idée de la trilogie « Cornetto » s’est mise en place (également appelée The Three Flavours Cornetto Trilogy). Une réplique relie les trois films, et la glace en question est présente dans chacun des trois longs métrages : rouge dans Shaun of The Dead (zombie), bleue dans Hot Fuzz (police) et verte dans Le dernier pub avant la fin du monde (extraterrestre).

Mais ce qui en fait une trilogie géniale à regarder entre amis, c’est son humour complétement décalé. Chacun des trois univers est traité avec comme repère : la parodie du genre. Et c’est une véritable bombe de références, d’humour et d’explosions en tout genres. A regarder sans modération !

Je voulais aussi vous conseiller l’un des derniers films de Edgar Wright qui n’est autre que Baby Driver (2017). Avec un casting incroyable (Ansel Elgort, Kevin Spacey, Jon Hamm, Jamie Fox etc), ce film est une petite pépite du genre. Un film d’action avec un scénario classique mais basé sur une idée originale c’est assez rare pour être relevé. En effet, toute l’histoire de Baby se base sur le fait qu’il roule au rythme de la playlist qu’il écoute. Mélomane, il est d’une intelligence mais aussi d’une naiveté à toute épreuve. Avec un montage impressionnant, Baby Driver est un film qui vous fera passer une excellente soirée et vous donnera également quelques idées pour vos prochaines playlists 😉

Good Morning England de Richard Curtis

Pour rester dans la musique, direction la radio pirate la plus cool du grand écran : Good Morning England de Richard Curtis est un good movie qui va faire du bien à vos oreilles, à vos yeux et à votre petit cœur en ces temps de confinement.

Radio Rock est une radio pirate émise sur un bateau en pleine mer du Nord pendant que le gouvernement tente de faire interdire toutes les ondes. Un équipage haut en couleurs, une véritable famille qui se bat pour continuer à faire vivre la musique coute que coute. Une ode à la marginalité, la passion, la musique et l’amour qui vous donnera envie de vous enfuir avec vos potes pour vivre votre passion ! Bon, certes, votre meilleur ami n’est pas Philip Seymour Hoffman mais bon, il peut pas être parfait !

The Nice Guys de Shane Black

Russell Crowe et Ryan Gosling réunis dans un film policier totalement improbable, ne serait-ce pas un goal de soirée réussie? Shane Black nous offre une comédie policière en plein coeur de L.A des années 70, avec look improbable, conspirations de célébrités et situations loufoques. Porté par un duo génial que l’on attendait pas forcément dans ce type de film, The Nice Guys est un petite bombe d’humour et de divertissement.

OSS 117 de Michel Hazanavicius

Quoi de mieux pour s’évader que de partir en mission avec le meilleur (du pire) agent secret made in France? Jean Dujardin, dans le costume de Oss 117, agent émérite (ou pas) des services secrets français, c’est l’une des meilleures choses des années 2000.

Au Caire puis à Rio, les méthodes improbables de Oss sont déléctables. Avec une écriture incroyable, mêlant références cinéphiles historiques et humoristiques, Hazanavicius propose une comédie presque parfaite. En deux oeuvres que l’on retrouve chaque fois avec grand plaisir. Alors, comment est votre blanquette ?

à noter qu’un troisième volet est en préparation, sous la direction cette fois de Nicolas Bedos, ce qui annonce surement une différence assez notable avec les deux premiers. A suivre.

Nous trois ou rien de Kheiron

En 2015, le comédie Kheiron nous a offert un film assez incroyable. Il nous raconte le destin de ses parents; Hibat et Fereshteh, de la révolution Iranienne aux quartiers Parisiens. Dans une comédie touchante, au casting presque parfait (Leila Behkti, Gerard Darmon, Alexandre Astier entre autres), il nous embarque dans son histoire familiale mais aussi dans l’Histoire de son pays d’origine. Une traversée que l’on découvre avec plaisir, et où l’humour est au coeur de tout. De franches tranches de rires avec un fond intelligent et passionnant, c’est ce qu’on appelle une comédie française réussie !

La trilogie de Cédric Klapish

La trilogie qui a révélé Cecile de France (et lui a valu deux Césars) mais aussi Romain Duris est un petit cocon de soleil, de nostalgie et de cinéma. L’auberge espagnole (2002), Les poupées russes (2005) et le dernier, et plus mature, Casse Tête chinois (2013) font partie de la trilogie réalisée par Céderic Klapish où l’on suit le parcours de Xavier Rousseau, de ses 20 à ses 40 ans.

Tableau d’une génération, avide de voyages, de rencontres et de rêves, cette trilogie vous donnera des envies d’ailleurs.

J’espère que cette petite sélection vous aura donné des idées de soirées entre potes, à distance ou simplement envie de voir, revoir ou découvrir des œuvres qui nous envoient de bonnes ondes en ces temps difficiles.

N’hésitez pas à partager ce nouveau numéro et à me dire quels sont vos films fétiches que vous regardez pour vous remonter le moral ! On se retrouve très vite pour un sixième numéro et en attendant, prenez soin de vous !

REGARDS CONFINÉS #4 : plaisirs solitaires

Après vous avoir prouvé que côtoyer des êtres humains n’était pas toujours une bonne idée (l’enfer c’est les autres), je reviens aujourd’hui pour pallier à votre solitude et votre libido grandissante. Car oui, osons le dire : notre besoin/envie de contacts humains est de plus en plus présent.

Les sites pornos l’ont bien anticipé et nombre d’entre eux vous ont proposé des accès premium etc. Seulement, ça fait un mois et on repars pour la même durée, alors le porno c’est bien gentil, mais c’est quand même sacrément lassant, et surtout, c’est quand même assez triste de n’avoir que ça pour faire marcher notre imaginaire. Le cinéma offre tellement de belles choses et permet notamment de laisser exploser la puissance de l’érotisme sous toutes ses formes. De la suggestion, des jeux de séduction ou carrément des scènes d’amour brulantes : le 7e art sublime l’amour, le sexe et les relations pour notre plus grand plaisir. Place à l’imaginaire, aux souvenirs et aux situations qui nous font parfois tant rêver.

Alors pour vous aider à endiabler vos soirées solitaires ou non, je vous ai préparé une sélection d’œuvres muy caliente ! Ambiance feutrée, lumières tamisées, orgie new-yorkaise ou réflexion sur le bondage : il y aura forcément de quoi vous enflammer ! J’ai choisi de mettre en avant des films où l’ambiance générale de l’œuvre est tournée vers la sensualité, l’érotisme ou la sexualité. Je vous proposerai surement un autre numéro où j’isolerai les meilleures scènes d’amour du cinéma, par exemple.

En attendant, voici ma sélection de films pour découvrir l’érotisme au cinéma et passer une belle soirée, seul(e) ou accompagné(e) ou même à distance 😉

Pour vous mettre directement dans le bain, je vous propose de vous parler d’un des films les plus cultes du genre : Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Le duo Cruise/Kidman dans une forme sombre, puissante et sublimée du mariage et de ses dérives. L’échangisme, masqué et assumé, est au cœur de cette œuvre perturbante à bien des égards. La colorimétrie chaude tout au long du film (orangée, jaune ou rougeatre) accentue l’ambiance feutrée et érotique. La violence des sentiments, du désir et de la perversion dans toute sa splendeur : c’est le pari de Kubrick pour vous faire voir l’amour autrement. Et bien sur, le maitre du suspens et de la tension, ne vous laisse pas de marbre de ce coté là. Installez vous confortablement, parce que vous ne saurez pas forcément quoi ressentir face à ce bijou. Ce qui est sur, c’est qu’il va faire très chaud tout à coup !

Place maintenant au véritable Mr Grey. Eh oui, avant le succès planétaire de la saga 50 nuances, il y avait déjà eu un Monsieur Grey au cinéma, et pas n’importe lequel : James Spader, l’habitué des rôles torturés par excellence. La Secrétaire est un film de Steven Shainberg qui traite d’une relation entre un avocat, Edward Grey et de sa nouvelle secrétaire, Lee (interprétée par la jeune Maggie Gyllenhaal). Une relation basée d’abord sur une relation professionnelle bancale puis sur une domination crescendo avant de finir sur un amour improbable. Le coté comédie désamorce beaucoup les situations mais dans le fond, le traitement de Shainberg est vraiment passionnant. Les deux personnages sont extrêmement complexes et la relation sexuelle qui s’installe entre eux est bien plus intense qu’il n’y parait. On parcourt alors la relation BDSM d’une autre manière, dans toute sa beauté et sa complexité. Un film vraiment passionnant, drôle, attachant et souvent, très excitant!

On retrouve également James Spader, quelques années plus tôt, dans le torride Crash de David Cronenberg. Un film qui parlait déjà d’une sexualité peu ordinaire, avec des personnages qui liaient étrangement l’excitation aux accidents de voiture. Un scénario improbable, à la Cronenberg finalement, qui donne lieu à une œuvre presque honteusement érotique avec un James Spader toujours aussi vicieux. Un film qui a retourné Cannes à l’époque et qui à remporté le grand prix du jury. Étonnant non? Tout ce qu’on aime !

A deux c’est bien, à trois c’est mieux ! Sur le papier peut être, en réalité, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Dans Vicky Cristina Barcelona on retrouve l’un des triangles amoureux les plus sensuels du cinéma. Scarlett Johanson, Penelope Cruz et Javier Bardem s’aiment, se désirent et se déchirent devant la caméra de Woody Allen.

Un tableau brulant, dans les rues de Barcelone, d’un trio de corps et d’esprit qui se cherchent. La sensualité propre à chaque personnage est impressionnante : la bouche de Johansson, le regard de Cruz et la puissance de Bardem réunis donnent à cette fable romanesque une dimension érotique incroyable. Une scène en particulier, dans un local photo, explose devant nos yeux. Le traitement rougeâtre de l’image appuie le coté sensuel et donne à la scène une dimension presque irréelle et donc, bien plus érotique. Un film puissant, mais qui vous donnera de grandes envies de voyage, entres autres choses bien sur.

L’amour à plusieurs, à deux, à trois, à quinze reste dans tous les cas quelque chose de complexe. Ma petite madeleine de proust, c’est l’incroyable Shortbus de John Cameron Mitchell. Un film indépendant qui m’a longtemps marqué. Je vous en ai longuement parlé il y a quelques mois, vous pouvez relire l’article juste ICI.

Shortbus c’est un condensé de réflexions sur le sexe, l’amour, le corps et le désir dans sa globalité. Dans une esthétique parfois très approximative, le réalisateur offre une palette de personnalités qui se questionnent, s’aiment, se lancent et expérimentent. Le film vous renvoie alors à votre propre rapport au sexe et vous ressortez de là avec autant d’envies que d’espoir. A ne pas rater.

Revenons aux basiques, à l’essentiel, à tout ce qui peut résumer l’érotisme et la violence du désir au cinéma. Le cultisime (et français!) Basic Instinct de Paul Verhoeven met en scène la dangereuse Catherine et l’inspecteur Nick, dans un combat érotique impressionnant. Le duo Sharon Stone et Michael Douglas fera fondre absolument tout chez vous tant il est brulant. Dans les regards, la mise en scène, les dialogues, la violence et évidemment, dans cette scène, devenue culte, de l’interrogatoire.

Un autre duo iconique et sensuel c’est celui proposé par David Lynch dans Mulholland Drive. Cet ovni du cinéma, aussi culte qu’incompréhensible aux premiers abords, est un diamant brut. Le duo Naomi Watts et Laura Harring a séduit le monde entier avec cette relation incontrôlable et destructrice. L’imaginaire, le rêve et le désir sont tous trois les personnages principaux de ce chef-d’œuvre. La frontière avec la réalité ne vous rattrapera pas de sitôt.

Plus c’est court, plus c’est bon, c’est pas ce que dis l’adage ? Dans tous les cas, c’est ce que nous prouve le grand Wong Kar-Wai avec son court-métrage La Main sorti en 2004 dans le projet Eros (3 courts-métrages érotiques réalisés respectivement par Michelangelo Antonioni, Steven Soderbergh et Wong Kar-Wai). Le réalisateur hongkongais est l’un des rois de l’érotisme et de l’intimité. Dans ses œuvres, le rapport à l’autre et la suggestion du désir est au centre de l’intrigue. Que ce soit dans In the mood for love, 2046 ou Happy Together: l’érotisme est sublimé, dans les couleurs chaudes des décors, dans les corps qui s’effleurent, dans les inserts sur les bouches, les yeux ou les mains.

Avec ce court-métrage, Wong Kar-Wai synthétise tout son art. Dans ce drame de 40 minutes, un homme s’éprend d’une courtisane en lui prenant ses mesures. Tragique désir qui s’empare de lui, le violente, l’obsède et qui l’amènera à sa perte. Une sensualité extrême dans un décor presque âpre accompagnée d’une musique incroyable, propre au cinéma de Wong Kar -Wai. Un petit bijou d’érotisme empreint de la magie d’un réalisateur amoureux du désir sous toutes ses formes et surtout, de sa puissance.

Et pour apprécier plus longuement le talent de Wong Kar-Wai, je vais terminer cette sélection par Happy Together sorti en 1997,qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Comme je vous le disais ci dessus, le réalisateur hongkongais sait se servir de son art pour instaurer une ambiance particulière dans ses films. Ici, il raconte l’histoire de deux amants, qui se déchirent et se retrouvent en Argentine. Leur amour, leurs difficultés, leur désir pour un troisième homme, leur sexualité : tout est exposé dans une atmosphère chaude et quasiment palpable. La complexité de la vie commune liée au plaisir de sentir l’autre revenir coute que coute. Certaines scènes sont d’une beauté incroyable et le film dans sa globalité offre son lot de frissons.

Il y a tant d’autres films qui mériteraient d’être vus et revus. Des œuvres qui ont réussi à capter l’érotisme et le désir sous toutes ses formes. Un deuxième numéro vous plairait? N’hésitez pas à me le dire et à me confier vos œuvres favorites.

Prenez soin de vous et, surtout, faites vous plaisir ! 😀

REGARDS CONFINÉS #3 : l’enfer c’est les autres

Les amis, on y est : ce soir, après un mois enfermés, notre confinement va être reporté et dieu seul sait pour encore combien de temps. Alors pour vous aider à garder le cap et à RESTER CHEZ VOUS, je vous ai concocté une petite sélection pour vous rappeler à quel point les gens sont pas si chouettes que ça. Je vous assure, vos voisins, vos amis, votre conjoint ou même votre famille : c’est loin d’être un cadeau parfois. Alors pourquoi avoir envie de sortir alors que vous êtes si bien avec vous même ?

Petite sélection pour vous montrer à quel point….l’enfer, c’est les autres ! 😀

1. Les voisins, c’est creepy

Funny Games US de Michael Haneke est un remake du film éponyme de 1997 réalisé…par Haneke lui même. Un remake plan par plan qui est également son premier film en anglais et tourné aux Etats Unis. Pour vous resituer, le film raconte l’histoire d’une famille qui se rend dans sa résidence secondaire afin d’y passer l’été. A peine sont ils arrivés, Peter, un invité de leurs voisins, se présente afin d’emprunter des œufs. A partir de cet instant, les choses vont prendre un tournant absolument terrifiant.

Le film de 1997 est incroyable, entendons nous bien. Mais la version US est plus moderne et surtout, elle est portée par un casting absolument parfait. Tim Roth et Naomi Watts sont incroyables de justesses et apportent une profondeur impressionnante au film de Haneke. Funny Games est un thriller psychologique extrême qui vous plonge dans vos pires cauchemars. D’une justesse scénaristique exceptionnelle, c’est l’un des films les plus malaisants que j’ai pu voir.

Conclusion : gardez vos œufs pour vous, et n’ouvrez pas à vos voisins !

ATTENTION : c’est un film à ne pas regarder si vous êtes trop sensibles, et je précise qu’il a été interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie.

2. Sécurité routière

Duel de Steven Spielberg est un film qui vous fera passer l’envie de prendre la route en ces temps de confinement. Sur une route déserte, un homme se retrouve confronté à un énorme camion qui, pour une raison obscure, à décidé de le prendre en chasse. Un scénario simpliste qui donne lieu à une œuvre incroyable et qui vous donnera de sacrées sueurs froides.

Vous allez laisser la voiture au garage après ça, c’est moi qui vous le dis !

3. « Ohana », ou pas

Festen est l’un des films qui ne me fait ABSOLUMENT PAS regretter de ne pas avoir de grands diners de famille. Thomas Vinterberg est un réalisateur danois que j’affectionne particulièrement et qui a un talent d’écriture époustouflant. Dans ce film, sorti en 2018, il met en scène une fête de famille qui va se transformer en règlement de comptes. Avec une esthétique et un scénario assez classiques, Vinterberg parvient à faire éclater la violence dans toute sa splendeur. Délectable.

Après ça, vous ne pleurerez plus sur votre repas dominical manqué pour cause de confinement. Un petit coup de fil c’est largement suffisant non? 😉

4. Les retrouvailles de l’enfer

Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll est le premier film que j’ai vu, seule dans mon salon, il y a une vingtaine d’années. J’étais une enfant, je n’avais pas tout compris mais il m’a marquée profondément. Quelques années plus tard, je l’ai revu, et le malaise était toujours présent. Un film français particulièrement bien écrit, qui raconte comment un homme va s’immiscer dans la vie d’un couple, prétendant vouloir renouer des liens avec son ami d’enfance. Un cauchemar porté par l’incroyable mais terrifiant Sergi Lopez (César du meilleur acteur pour ce rôle), qui m’a fait frissonner pendant des années. De quoi vous faire réfléchir à deux fois avant de vouloir renouer avec n’importe qui !

5. Permis de tirer

La chasse de Thomas Vinterberg, oui encore lui, est l’un de mes films préférés. Pour son réalisateur, certes, qui impose une nouvelle fois son talent à l’écran. Pour son casting, car tout le monde connait mon amour inconditionnel pour Mads Mikkelsen qui livre ici une prestation incomparable. Mais aussi, et surtout, pour ce scénario et cette ambiance indescriptible. Quand tout un village se retourne et s’acharne contre un seul homme, qui dit la vérité? Où est la limite entre perversion et dénonciation? Quand s’arrête le besoin de justice pour laisser place à une vengeance aveugle? La chasse est un film qui retourne, qui vous tord le bide et qui vous laissera sur le carreau sans ménagement. Bon courage.

6. L’amour est aveugle

Get Out de Jordan Peele, ou comment la rencontre avec la belle famille pour tourner au cauchemar. Le premier film du nouveau maitre de l’horreur est aussi politique que dramatique. Un jeune homme noir se prépare à rencontrer la famille assez conservatrice de sa petite-amie. Une rencontre au sommet, qui nous plonge sans vergogne dans un monde absolument détestable. Un véritable coup de poing qui se foire un peu sur la fin mais qui vaut le détour ! Comme quoi, faut bien choisir vos crushs les amis !

Le film sera dispo sur Netflix prochainement et si vous voulez mon avis plus en détails, j’ai écrit un dossier entier sur Jordan Peele, juste ICI.

7. Moldus, prenez garde

On change de registre, avec Secrets de famille de Niall Johnson qui est une comédie anglaise comme on les aime. Avec un casting cinq étoiles (Maggie Smith, Kristin Scott Thomas, Rowan Atkinson etc), ce film est un petit bijou de comédie. Une famille totalement à l’abandon, un pasteur improbable et une gouvernante quelque peu…radicale, interprétée par notre chère Maggie Smith : un cocktail explosif pour une réussite absolue ! Drôle, profond et incroyablement bien écrit, Secrets de famille est un film qui fais du bien, mais qui donne également bien envie de rester chez soi, au chaud et d’envoyer balader tout êtres humains qui oserait vous approcher.

8. Home Alone….enfin, pas tout à fait.

La Famille Tenenbaum, évidemment, ne pouvait pas ne pas apparaitre dans cette sélection. La comédie improbable de Wes Anderson est l’exemple même de l’enfer en famille ! Un père insupportable, prétendument malade, tente de renouer avec ses enfants et s’invite dans la maison familiale. S’en suit une avalanche de règlements de comptes, d’humour et de grincements de dents. Avec encore un casting merveilleux que vous allez adorer détester, La Famille Tenenbaum est loin d’être une comédie comme les autres. Une cohabitation insupportable à voir et à vivre, qui va vous faire apprécier votre solitude pendant quelques temps !

9. Amen !

Joyeuses Funérailles de Frank Oz est une de mes comédies anglaises préférées. Le parfait dosage entre humour noir, violence, comique de situations et écriture aiguisée. De quoi rire un bon coup face à l’absurdité de certaines réunions de famille qui tourne mal.

Et voilà, j’espère que cette sélection vous aura plu et vous aura permis de relativiser et vous dire que, finalement, les autres, ils nous manquent pas tant que ça 😛

Et si au contraire, vous sentez que vous allez craquer et que vous avez grandement besoin de vous évader, j’ai consacré le numéro précédent à la liberté : juste ici !

Tenez le coup, et on se retrouve très vite pour un nouveau numéro ! En attendant, n’hésitez pas à partager cet article et à me dire quels sont vos films favoris parmi la sélection. 😉

SI TU VOIS MA MÈRE : le premier film de Nathanael Guedj – ARTE

Un premier long métrage c’est toujours excitant. On ne connaît pas vraiment le réalisateur, parfois on a suivi ses débuts, vu un court-métrage ou alors c’est complétement l’inconnu. On ne sait pas ce qui nous attend, on ne connaît pas son univers et on se demande ce qu’il a à nous raconter. Vous l’aurez compris : j’adore les premiers films ! 

Si tu vois ma mère, premier long métrage de Nathanael Guedj, projeté dans le cadre du festival Entendez-Voir à Strasbourg (unique occasion de le voir en salles) m’a donc rapidement séduite. Le film ne sortira pas en salles, c’est un programme prévu pour Arte qui a été diffusé ce Vendredi 10 Avril et qui est dispo ICI (gratuitement) jusqu’au 9 Mai.

Et pour une fois, je trouve ça assez intelligent. En effet, le film de Guedj n’aurait pas amené beaucoup de public en salles. C’est un premier film, français, libellé comédie, avec un casting certes assez bon mais pas assez prestigieux pour faire venir le public. Le film n’aurait pas survécu à un passage en salles et c’est bien dommage. Du coup, la diffusion sur Arte me semble bien plus appropriée et donnera une certaine visibilité au réalisateur, et c’est tout ce qu’on souhaite pour un premier film. 

BANDE ANNONCE

Si tu vois ma mère raconte un deuil, celui d’une mère, d’une dépendance, d’une posture d’enfant subi par Max, trentenaire. Après la mort inattendue de sa mère, Max la voit réapparaitre à ses côtés. Il va alors se plonger dans ce sursis quitte à mettre en péril son couple, sa famille, son travail et sa propre santé. Joué par le très bon Félix Moati, le personnage est le seul à voir sa mère. Projection mentale, refus de la perte, trouble psychologique : peu importe, sa mère est là et il en est convaincu. Ils se parlent, rient, se disputent : leur relation fusionnelle n’a pas changé. Elle devient même carrément étouffante quand sa “mère” se mêle de la nouvelle relation de Max. Interprétée par Noémie Lvovsky, toujours aussi expressive et touchante, Monique prend de plus en plus de place dans le quotidien de son fils. Elle est partout, tout le temps, même dans des moments intimes. 

Avec une écriture fine, qui évite de nombreux clichés, le film se construit avec un humour agréable (principalement basé sur le comique de situation lorsque Max répond à sa mère alors qu’il est avec une autre personne etc) et une analyse plus profonde des relations familiales, du deuil et de la perte d’un parent. La relation fusionnelle, presque malsaine, décrite par le réalisateur n’est jamais jugée. Elle met simplement en avant le lien si particulier d’une mère avec son enfant, et à l’inverse, l’attachement particulier d’un enfant pour sa mère. Le deuil de Max est drôle mais douloureux, et pour son premier film, Nathanael Guedj, réussit à nous proposer une vision touchante de cette histoire. 

Le film n’est pas parfait, il a quelques longueurs, quelques scènes qui auraient certainement pu être coupées mais dans l’ensemble, c’est un premier film comme je les aime. On découvre le savoir faire d’un réalisateur, son regard, sa direction d’acteur (qui est vraiment notable puisqu’il a réussi à faire surgir de Sara Giraudeau autre chose que sa minauderie insupportable habituelle), son univers. 

Une scène d’amour est particulièrement révélatrice du talent du jeune réalisateur. La douceur du regard sur les corps, la composition du plan, l’image sublimée par un éclairage quasiment parfait : une scène intime et intense comme on en voit de moins en moins. 

Si tu vois ma mère est un 1er film mêlant humour, psychanalyse et émotion avec Félix Moati, Noémie Lvovsky et Sara Giraudeau que vous pourrez découvrir sur ARTE le 10 avril prochain à 20h55. Un film qui manque peut être un peu d’ambition mais qui m’a vraiment donné envie de suivre les prochains projets de son réalisateur. 

Si tu vois ma mère (ARTE France, Tabo Tabo Films, APC) réalisé par Nathanaël Guedj

Diffusion sur ARTE le 10 avril 2020 à 20h55 et disponible sur www.arte.tv 

Festival Entendez Voir par ici 

REGARDS CONFINÉS #2 : un vent de liberté

On se retrouve dans ce deuxième numéro de REGARDS CONFINES ! Après avoir parlé de huis-clos et d’enfermement dans le premier numéro, je reviens avec une bonne dose de liberté ! Aujourd’hui, c’est décidé : on s’évade. Alors non, on ne sors pas de chez soi mais on se cale devant des œuvres qui vont nous procurer cette sensation de liberté tant convoitée depuis quelques semaines. Le road-trip est principalement le genre associé à l’errance, la liberté, notamment symbolisé par la mobilité, le voyage à plusieurs et les paysages souvent magnifiques que l’on retrouve à l’écran. Je vous ai préparé ma sélection de films qui m’offrent à chaque visionnage cette impression d’évasion et de voyage.

Un petit vent de liberté va souffler sur votre écran les amis… C’est parti !

1

Mad Max Fury Road de Georges Miller c’est l’un des chefs d’œuvres de ces dernières années. Je le mets en première ligne, parce qu’il symbolise parfaitement la furieuse envie de liberté qui peut nous animer. Un bon visionnage de cette bombe visuelle et technique peut facilement vous faire décompresser ! Ce road trip meurtrier est une explosion esthétique et cinématographique qui va vous donner un bon coup de boost. Immanquable et culte désormais, Fury Road c’est le genre de film qui vous laisse sans voix et vous anime encore longtemps après visionnage. Alors installez vous confortablement, et laissez vous aller face à ce bijou de cinéma, absolument jouissif.

2

O’Brother est le huitième film des Frères Coen, sorti en l’an 2000, c’est aussi l’une de mes madeleines de Proust. Un concentré d’humour et d’écriture propre à ces deux frangins totalement barrés. L’histoire de trois détenus qui s’évadent et vont devoir cohabiter ensemble car ils sont littéralement enchainés les uns aux autres. Trois personnalités différentes, une bonne dose d’humour et un casting fort (Georges Clooney, John Turturro et Tim Blake Nelson) c’est la recette ultime de cette comédie savoureuse. Avec une BO incroyable, O’Brother est un classique à revoir sans modération.

3

Thelma et Louise de Ridley Scott : une évidence quand on parle de liberté et de vent dans les cheveux non? Le road trip par excellence, mené par deux amies (interprétées par Geena Davis et Susan Sarandon) en manque de frissons. Un évènement dramatique va les pousser encore plus loin sur les routes et va changer leur vie à jamais. Un classique du genre qui emprunte également quelques codes du western et féminise le tout. Avec les fabuleux paysages de l’ouest américain et la magnifique BO du maitre Hans Zimmer, nul doute que vous allez vous sentir voyager !

4

A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson c’est comme un bonbon Arlequin. Vous savez, bariolé, acidulé et qu’il ne faut surtout pas croquer pour en garder toute la saveur. Le réalisateur est connu pour ses œuvres décalées et ultra colorées avec un casting 5 étoiles à chaque fois. Ce road trip à bord d’un train improbable est l’un de ses films les plus libérateurs. Un voyage familial à travers l’Inde, qui nous offre de sublimes paysages et un scénario aussi touchant qu’amusant. C’est l’histoire de trois frères qui se retrouvent pour la première fois depuis la mort de leur père et qui décident de partir pour un voyage spirituel afin de renouer leur lien. Très vite, le voyage tourne au cauchemar et ils se retrouvent seuls au milieu d’un pays qu’ils ne connaissent pas. La légèreté de Wes Anderson nous plonge dans un univers incroyable à travers une œuvre haute en couleurs ! A savourer.

5

Little Miss Sunshine est le premier long-métrage du couple Valérie Faris – Jonathan Dayton et c’est une réelle bouffée d’oxygène qui nous offre probablement ce que le cinéma indépendant américain peut faire de mieux. Une comédie drôle, intelligente et extrêmement bien écrite, c’est rare. Aujourd’hui encore, c’est un film référence de la comédie familiale. Un classique que beaucoup doivent connaitre mais qui fait toujours autant de bien au moral. Le voyage improbable de cette famille tout aussi déconstruite, pour accompagner la géniale petite Olive à un concours de beauté en Californie. Un pitch qui semble peu original et pourtant, oubliez tout ce que vous imaginez et laissez vous emporter dans cette fabuleuse épopée familiale et philosophique portée par un casting unanimement incroyable. Un good movie qui sent bon la liberté d’être qui l’on veut, où l’on veut et surtout, à l’âge que l’on veut !

6

Y tu mama tambien de Alfonso Cuaron regroupe tout ce qui nous manque en ces temps de confinement : la liberté, la route, le voyage, l’amour, la sensualité, le rire, la proximité et la douceur des nouvelles expériences. Sous le soleil et la chaleur du Mexique, on retrouve deux adolescents et leurs hormones en folie. Ils rencontrent alors une femme avec qui ils décident de partir en voyage. Le film se construit alors autour de la sensualité, de la découverte de toutes ces sensations par les deux garçons et de l’envie de changer de vie de la jeune femme. Un voyage sensuel, chaud à travers les paysages brulants d’Amérique du Sud. Alfonso Cuaron nous offre une petite bulle de liberté qui sent bon l’été et qui va certainement vous donner envie de rencontrer du monde à la sortie du confinement !

7

Les Valseuses de Bertrand Blier ou la liberté à la Française ! Le film cultisime est certainement celui que j’ai le plus envie de regarder ces temps ci. Une tendre fuite de deux idiots qui va donner lieu à des moments de bonheurs éphémères et savoureux. Depardieu est beau, juvénile et insupportable aux cotés d’un Patrick Dewaere au sommet de son charme. Accompagnés de la sublime Miou-Miou, le duo d’immatures porte l’écriture de Blier plus haut encore qu’il n’aurait pu l’espérer. Comédie un poil machiste, Les Valseuses est un pur bijou français, taillé pour vous donner envie de vous rouler une clope dans l’herbe aux cotés de votre meilleur ami pendant que le vent vous caresse la peau. Alors, on est pas bien là?

8

Pour ce dernier film, petite entorse : il ne s’agit pas d’un road trip à proprement parler. Cependant, c’est un voyage à part entière et je me devais absolument de le placer dans cette sélection sur la liberté. Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe c’est le saint graal du trip psychédélique. En manque de nature et de liberté : voici le remède ultime. Un film d’animation comme on en voit peu, avec une histoire incroyable et une signature visuelle absolument remarquable. A couper le souffle, ce chef d’œuvre n’est pas forcément à la portée de tous. Philosophique, psychédélique et parfois très lent, c’est malgré tout l’un des films qui m’a le plus transportée. Je vous en parle plus en détails dans mon article paru l’année dernière, juste ICI. Une reconnexion avec la nature et notre monde dans sa globalité, c’est aussi ça le retour à la liberté.

J’espère que ce second numéro vous aura plu et aura réussi à assouvir votre besoin d’évasion. Restez chez vous les amis, et plongez vous dans ces œuvres pour vivre furieusement, intensément ou poétiquement la liberté qui nous manque tant.

N’hésitez pas à partager ce numéro et à me dire quels sont vos films favoris, ceux qui vous donnent envie de courir dans les prés 😀 On se retrouve dans deux jours pour un article spécial et ce weekend pour un troisième numéro !

REGARDS CONFINÉS #1 : le huis clos

OYEZ OYEZ ! Le confinement est bel et bien installé dans notre quotidien. Bientôt un mois que nous sommes telles des loques dans nos habitats, à regarder le ciel par la fenêtre (ceux qui ont des balcons, merci de ne pas la ramener). Après non pas un , mais DEUX guides de survie pour cinéphiles confinés (que vous pouvez retrouver et ) j’ai décidé de vous concocter un peu plus de contenus.

Bienvenue dans REGARDS CONFINÉS !

Le concept? Un article tous les deux jours avec une thématique précise liée à notre situation. L’occasion de voir ou revoir certaines œuvres avec un regard nouveau…un regard de confiné : mieux comprendre l’enfermement ou au contraire s’en évader, rêver de liberté ou de danses endiablées etc. Et pour ce premier numéro, on va reprendre les bases et parler d’un genre de films que j’adore et qui est précisément au cœur de notre actualité : LE HUIS CLOS.

Le huis-clos qu’est ce que c’est? Il s’agit tout simplement d’une œuvre où toute l’action se déroule dans un même lieu, fermé. Les personnages sont donc « confinés » dans une pièce, une maison, un appartement, une cave (haha) bref : le point fort de ce type de film réside donc principalement dans la qualité de l’écriture et du scénario ainsi que sur la mise en scène qui peut alors s’exprimer en arrière plan ou dans des petits détails par exemple. Le huis-clos est donc souvent assez anxiogène et c’est un exercice très particulier pour les réalisateurs. Cependant il peut aussi se coupler avec des genres bien différents comme le thriller psychologique, la comédie ou encore la romance.

Je vous propose donc de faire un tour d’horizon des meilleurs films en huis-clos et de leurs qualités. C’est parti !

Le + culte

Douze hommes en colère de Sydney Lumet est certainement le huis-clos le plus célèbre du cinéma, mais surtout l’un des plus aboutis. Ce film, sorti en 1957 , est un cas d’école. Une perfection d’écriture et de mise en scène qui encore aujourd’hui frappe le spectateur par sa maitrise et sa pertinence.

Ce drame américain raconte les délibérations d’un jury composé de 12 hommes. Ils doivent décider, à l’unanimité, du sort d’un jeune homme accusé de parricide. Si ils le déclarent coupable, le jeune homme sera condamné à mort. Si ils le déclarent innocent, il sera libre. L’enjeu est de taille et pourtant, dès le premier vote 11 jurés votent pour une condamnation. Seul un homme se montre incertain et déclare vouloir débattre plus longuement du sort de l’accusé. Un échange fabuleusement écrit va alors avoir lieu pendant 1h35 devant nos yeux.

Le tout premier film de Sydney Lumet fait, encore aujourd’hui, partie des films qui ne vieillissent pas. L’habilité du scénario et de la mise en scène, associé à des acteurs de haut vol (Henry Fonda, notamment) donnent au film un impact incroyable. C’est une œuvre forte, qui questionne avec génie la question du droit, de la liberté, de la justice etc. Un huis-clos absolument saisissant qui incarne la recette parfaite de ce type de film.

20 ans plus tard, Lumet signe un autre huis – clos un peu plus nerveux avec Un après midi de chien en 1975 porté par le grand Al Pacino. Nous suivons l’histoire de braqueurs amateurs qui se retrouvent enfermés dans la banque avec leurs otages. Un thriller, encore une fois, très bien écrit et qui vous fera oublier La Casa de Papel 😉

Le + jouissif

Carnage est certainement le film le plus jouissif en terme de huis clos et et de casting aussi ! Ce drame, réalisé par Roman Polanski et sorti en 2011, raconte l’affrontement entre deux couples de parents qui se rencontrent après que leurs enfants se soient battus. Au début, l’idée est de discuter du comportement des deux enfants, mais très vite les choses s’enveniment. Kate Winslet, Jodie Foster, John C.Reilly mais surtout Christoph Waltz offrent une prestation assez incroyable entre cynisme, animosité et humour noir.

Un huis-clos jouissif et très bien maitrisé, qui vous conduira à réfléchir à deux fois avant de vouloir rencontrer les parents des camarades de classe de vos enfants ou à vous marier, aussi !

Le + Hitchcockien

La Corde, sorti en 1948 est l’un des huis clos réalisé par le maitre Alfred Hitchcock.

La maitrise du suspens est la marque de fabrique du réalisateur et elle transperce l’écran d’autant plus dans un huis clos au scénario incroyablement bien ficelé. La Corde est un drame, mené par le grand James Stewart, où deux étudiants décident de commettre un meurtre quelques heures avant un diner avec les parents de la victime ainsi que leur professeur. Dissimulation, mensonges et ambiance macabre vont rythmer ce diner hors normes. Un incroyable exercice de style qui n’a pas pris une ride.

On pourrait aussi nommer le célèbre Fenêtre sur cour, réalisé cinq ans plus tard où un journaliste coincé chez lui observe ses voisins et va découvrir de nombreux secrets.

Le + anxiogène

Room de Lenny Abrahamson (2015) fait parti de ces films qui vous donne envie de courir nue dans un champ ou en pleine ville (j’exagère à peine). Alors certes, c’est pas forcément la période idéale pour le visionner du coup, mais je ne pouvais pas l’oublier dans cette sélection. Brie Larson (qui a reçu pas moins de cinq prix pour ce rôle) incarne Ma, une mère qui élève seule son fils de cinq ans. Elle lui apprend la lecture, l’amour et le rire mais le monde qui les entoure s’arrête aux murs de leur chambre dans laquelle ils sont enfermés. Jack n’a jamais rien connu d’autre que ces quatre murs. Cette fois c’est la mise en scène qui prime ainsi que la tension liée au dénouement. Entre rêve, espoir et horreur, Room est un huis-clos anxiogène mais incroyablement poétique.

Le + classique

Le prénom (2011) c’est l’une des meilleures comédie française de ces dernières années et surtout, un huis-clos à la recette classique mais redoutablement efficace. Le film raconte une classique réunion de famille qui va devenir une véritable guerre d’égos en quelques minutes. Vincent va être papa pour la première fois, et lors d’un diner familial, il va tenter de révéler le prénom de son futur enfant. Simple non? Et pourtant, cela va déclencher des réactions de plus en plus incontrôlables. La maitrise de l’écriture est la clef de ce chef-d’œuvre de comédie. Finesse, humour et philosophie : Le prénom est un huis-clos magistral comme on en a peu vu dans le cinéma français.

Le + futuriste

Snowpiercer (2013) de mon maitre Bong Joon-ho, est sa première grosse production américaine : une erreur pour certains, un coup de génie pour ma part ! Le huis-clos peut aussi être dans un lieu fermé…en mouvement ! Ici, il s’agit d’un train futuriste où sont confinés les derniers êtres humains. Dans un monde enfouis sous la glace, ce train est le dernier rempart face à une mort certaine. Une société à part entière s’est formée à bord du train et surtout, une grande inégalité de classes. Les « pauvres » sont à l’arrière du train, dans des conditions lamentables et sont nourris de barres énergétiques fabriquées de manière mystérieuse. A l’avant du train, les classes supérieures vivent dans le luxe, l’abondance et la luxure. La colère gronde et une rébellion se met en marche pour renverser ce système inégalitaire. Un bijou de mise en scène qu’il faut absolument voir ne serait-ce que pour la maitrise du réalisateur de cette tension et de cette escalade de violence. Avec un casting 5 étoiles (Tilda Swinton, Chris Evans, Jamie Bell, Ed Harris, Song Kang-Ho etc), ce huit-clos futuriste est une véritable pépite.

Un scénario qui peut faire écho à celui du film espagnol qui a fait le buzz il y a quelques jours sur Netflix : La plateforme de Galder Gaztelu-Urrutia reprends l’idée du huis clos en « mouvement » avec une sorte de prison en hauteur constituée de plusieurs centaines d’étages où les détenus sont nourris en fonction de leur place dans cette échiquier géant.

Le + drôle

Le diner de cons de Francis Veber, on ne le présente plus ! LA comédie française de la fin des années 90 est devenue culte et plus de vingt ans plus tard, elle est encore l’une des plus diffusées à la télévision française. Mais c’est aussi un huis-clos comique très intéressant. La soirée improbable de Pierre Brochant et de son « con », le naïf François Pignon, se déroule dans un seul et même lieu : l’appartement des Brochant. Tout le film est construit autour des situations comiques qui s’accumulent entre les deux hommes. Une belle maitrise de l’écriture et du comique de situation qui montre une nouvelle fois que l’efficacité réside souvent dans la simplicité…et une belle plume !

Le huis-clos existe sous bien des formes et je vous encourage à découvrir quelques unes des œuvres citées ci dessus. En ces temps de confinement, nul doute que votre regard sera bien plus aiguisé face à ce type d’enfermement et aux qualités cinématographiques qu’il exige.

On se retrouve dans deux jours pour une nouvelle thématique, cette fois un peu plus libératrice ! 😉

N’hésitez pas à partager cet article et à me dire quels sont vos huit-clos favoris !

GUIDE DE SURVIE POUR CINÉPHILES CONFINÉS : deuxième round !

Après une première version (à retrouver juste ici) visant naïvement à vous faire tenir le coup pendant deux semaines (haha), il est temps de faire un volume 2 pour les deux prochaines semaines (par contre si on arrive au volume 4 je vous préviens, je ne réponds plus de rien) !

moi, à J-17

Et avant de vous donner de quoi tenir le coup, revenons à notre feuilleton sur la chronologie des médias et la décision du CNC de la bousculer ou non durant la période de confinement. Les cinémas étant tous fermés, la question des sorties prévues s’est rapidement posée. Certaines ont été décalées mais pour les autres, une sortie en VOD était en questionnement. Et bien c’est officiel : le CNC autorise la sortie en VOD, à l’acte, de tous les films qui n’étaient pas encore en salles au 14 Mars. Une décision qui déroge la chronologie des médias de base, et qui a une date limite (celle de la fin du confinement). Reste à savoir quels distributeurs vont se servir de cette décision pour proposer leurs films au public. Je vous en dis plus rapidement et pour plus d’infos rdv sur le site du CNC.

La bonne nouvelle en attendant de voir quelles nouveautés vont sortir en ligne, c’est qu’il y a de nombreuses solutions pour assouvir notre besoin de divertissement et de culture ! Alors c’est parti, je vous partage ma sélection d’idées pour passer le temps de manière plus agréable.

TOLKIEN VOUS BERCE A DOMICILE

L’exposition TOLKIEN à la BNF, qui était visible jusque mi février est racontée par le commissaire Vincent Ferré accompagné d’un astrophysicien (oui oui). Une petite heure qui nous évade dans l’univers de la comté et du monde fantastique des hobbits, nains, elfes etc. Fermer les yeux, France Culture vous y emmène gratuitement juste ici.

SERIES B – OVORES

Amoureux des bas fonds, le réalisateur Nicolas Windin Refn vous a entendu. Il propose sur son site « byNWR« , des séries B introuvables (voire inédites) dont il a acheté les droit. Rien que ça. Alors je ne garantie pas de ce que vous allez pouvoir trouver mais ça donne envie d’aller farfouiller non?

EFFEUILLAGES

La télévision avait aussi son lot de pépites à une époque, et c’est pour les plus nostalgiques que la RTBF met tous les Strip-Tease en accès libre sur sa plateforme Auvio (gratuit sur inscription). A voir gratuitement également sur Sonuma.be , le site des archives audiovisuelles belges, sans inscription nécessaire. Avec plus de 250 épisodes, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur !

QUELQUES COURTES PAUSES

Encore une belle selection côté court pour les curieux ! Je vous ai déniché quelques films sur Youtube de certains auteurs que vous devriez connaitre notamment Tim Burton avec Vincent ou encore Martin Scorsese avec The Big Shave mais aussi Logorama de Hervé de Crécy entre autres.

The Big Shave, short film, M. Scorsese

Pour encore plus de choix, je vous conseille de fouiller sur la plateforme vous mêmes, croyez moi il y a de quoi faire. Mais pour ceux qui souhaitent découvrir des nouveaux noms : direction MyFrenchFilmFestival. Jusqu’au 27 Avril, découvrez de nombreux courts-métrages en sélection et toujours gratuitement !

L’ANIMATION DANS VOTRE SALON

Un peu d’animation ça fait toujours plaisir ! Le festival national du film d’animation qui devait se dérouler à Rennes à partir du 8 avril ne pouvant avoir lieu, l’équipe à décidé de mettre en ligne une partie de sa programmation. Des longs, des courts, pour adultes ou pour enfants : la sélection est assez diverse et donnera lieu à de nombreuses découvertes.

L’accès est payant, mais sincèrement, les prix sont extrêmement intéressants et c’est une bonne manière de soutenir ces structures pendant le confinement. A partir du 8 avril, rendez vous donc par ici !

Tarifs : 2,99€ par programme / Pass 7 programmes à 14,99€ / 4,99€ par long métrage

HOME CINÉMA

Arte Cinéma , je vous en ai déjà parlé mais je vais insister : c’est vraiment une mine d’or, gratuite, d’œuvres et de contenus en tout genre.

Cette fois je vous conseilles quelques films que j’ai revu avec plaisir sur le site comme L’homme qui en savait trop de Hitchcock ou Les chansons d’amour de Christophe Honoré. Mais j’ai pu également découvrir de nouvelles œuvres comme notamment Wadja de Haifaa Al Mansour, l’un des premiers films tournés en Arabie Saoudite et par une femme qui plus est. Une histoire vraiment bien menée sur une jeune fille qui, dans un pays où l’utilisation du vélo est réservée aux garçons, décide d’en avoir un. Un film qui dénonce gentiment les traditions conservatrices d’un pays et qui met en lumière le talent d’une réalisatrice que je ne connaissait absolument pas.

Quand je vous dis qu’il y a des pépites chez Arte, je ne vous mentais pas ! Cliquez, fouillez et découvrez !

KILLING EVE IS BACK

Coté séries, je sais que beaucoup attendent impatiemment la saison 4 de La Casa de Papel (dispo le 3 avril sur Netflix, si jamais) mais pour ma part, le compte à rebours est lancé pour une autre série totalement différente ! Je l’attends comme une gosse attendrais le matin de Noël : la troisième saison de Killing Eve a été avancée et sortira le 12 Avril! Cette saison s’annonce absolument incroyable au vu du teaser totalement barré que la BBC nous a concocté.

Cette série portée par deux actrices incroyables dont la géniale Jodie Comer est une de mes pépites depuis sa sortie. Je vous en parle plus en détails juste ICI mais sachez que c’est à ne pas manquer ! Un duo flic/psychopathe 100% féminin, trash, sensuel et drôle : c’est tout ce qui nous manquait pour apprécier ce confinement.

Killing Eve disponible sur HBO et OCS

CRAZY STUPID… SPACE

Bon je voulais résister mais je dois moi même m’y résoudre, Netflix nous fait bien plaisir durant ce confinement. Mais pour cette fois je vais aller à contre courant des tendances actuelles. Exit les films turcs qui semblent faire pleurer dans les chaumières, les séries espagnoles ou les films trash sur la lutte des classes (La Plateforme, j’ai vu, j’ai pas aimé, je vous en parlerai peut être si l’ennui se fait trop ressentir) : non, moi j’ai décidé de retourner en enfance pour de bon !

La preuve, avec cet élan de nostalgie pour tous les natifs des années 90 comme moi : LES ZINZINS DE L’ESPACE SONT SUR NETFLIX! Oui oui, vous avez bien lu. Ce dessin animé totalement décalé qui suit le quotidien d’une coloc d’extraterrestre avec le meilleur générique de l’histoire est de retour sur nos écrans. La plateforme a mis en ligne l’intégrale de cet ovni jubilatoire depuis le 1er avril, et non ce n’est pas une blague !

Et pour ceux qui n’ont pas accès à Netflix, de nombreux épisodes sont disponibles sur Youtube alors pas d’excuses !

LA MAGIE A LA RESCOUSSE

En parlant d’enfants (petits ou grands), on est tous démunis face à l’absence de la saga Harry Potter sur Netflix (sauf pour les vrais qui ont l’intégral en DVD évidemment). Et bien l’une des plus célèbres auteures de notre monde (ouais rien que ça) a décidé de nous occuper ! J.K Rowling a en effet mis en ligne une plateforme spéciale confinement avec tout l’univers de son œuvre : Harry Potter at Home. J.K a expliqué qu’elle souhaitait aider les parents, professeurs ou juste les fans à s’occuper et à occuper les enfants avec « d’astucieuses vidéos de bricolage magique (apprenez à vos amis comment dessiner un Niffleur !), des articles amusants, des quiz, des puzzles et d’autres choses encore. » La plateforme est en anglais, mais très intuitive et compréhensible. Et puis, ça vous fait une excuse pour travailler l’anglais à la maison d’une autre manière ! Succès garanti.

Pour s’occuper 100% Harry Potter c’est juste ici

Et voilà mes petits confinés ! J’espère que cette sélection de divertissements vous aura plu, n’hésitez pas à la partager autour de vous et à me donner vos tips pour tenir le coup ! En espérant NE PAS vous retrouver pour un volume 3 (on y croit pas hein?) je vous souhaite un bon confinement !

GUIDE DE SURVIE POUR CINÉPHILES CONFINÉS

Après les différents drama dans la sphère du cinéma français, vient l’heure du confinement. 2020 n’est pas tendre avec le cinéma et cette fois, c’est ce satané virus qui nous prive de nos salles de cinéma fétiches et notre âme de cinéphile est meurtrie. Amis, croyez moi, il y a tant à voir sur l’internet ! Le cinéma est là, tout près, et ce temps de confinement va peut être s’avérer très intéressant en ce qui concerne les dispositions prises par le CNC et le gouvernement mais aussi grâce aux quelques solutions que je vous propose ci dessous pour alimenter votre passion du 7e art !

Et avant de vous parler des solutions possibles pour se sentir comme au cinéma, en direct de son canapé, parlons un peu de la chronologie des médias (rien à voir? eh bien si, vous allez comprendre). Il s’agit d’un dispositif visant à organiser la diffusion des œuvres cinématographiques après leur passage en salles de cinéma. Ce dispositif détermine à quel moment chaque mode d’exploitation (TV, VOD, sortie en DVD ou tout autre support physique etc) peut s’emparer de la diffusion et du délai avant qu’un autre entre en concurrence. Il y a évidemment un fonctionnement particulier et toutes les plateformes ne sont pas logées à la même enseigne. Par exemple, des chaines de TV peuvent aider à la production des œuvres. Ce qui leur offre un accès plus rapide à leur diffusion. La chronologie est déterminée également par le succès du film en salles. Par exemple si un film fait moins de 100 000 entrées après quatre semaines à l’affiche, il pourra bénéficier d’une chronologie raccourcie.

Dans les faits ça donne quoi?

Fenêtre de diffusionFilmFilm de moins de 100 000 entrées
Vente et location (DVD, VOD, Blu-ray)4 mois3 mois
Canal+, OCS8 mois6 mois
Chaînes payantes de cinéma17 mois15 mois
Chaînes gratuites (TF1, FranceTV, M6…)22 ou 30 mois20 ou 28 mois
Plateformes de streaming payantes17, 30 ou 36 mois15, 28 ou 34 mois
Plateformes de streaming gratuites44 mois42 mois
source : numerama.com

Ce dispositif est extrêmement important notamment pour garantir la survie des salles d’exploitation. Seulement voilà, avec la crise sanitaire qui nous préoccupe tous, les cinémas ont tous fermés depuis quelques jours et pendant plusieurs semaines. Les films prévus en salles durant cette période vont-ils être reportés? Pour certains, la décision a été prise, mais pour d’autre, le CNC est carrément en train de réfléchir à la mise en ligne des films sur une plateforme de VOD. On ne sait pas encore comment cela va se traduire mais si cette décision est prise, ce sera un précédent concernant le chamboulement totale de la chronologie des médias. Je vous en reparle très vite, dès que les infos tomberont.

QUE VOIR PENDANT LE CONFINEMENT?

Depuis le début de la situation, vous avez du voir des dizaines d’articles sur des recommandations de films à voir sur les différentes plateformes comme Netflix, Amazon prime video ainsi que l’annonce de la gratuité pour certaines chaines de TV payantes ou plateformes VOD comme Canal + par exemple qui diffuse en clair pendant la période (uniquement jusqu’au 31/03 par ordre du CSA, qui a réprimandé la chaine justement à cause de la chronologie des médias…tiens tiens). C’est ultra chouette et il y a pas mal de choses à voir mais, ici, ce que je vous propose, c’est de fouiller un peu plus et trouver des programmes comme au cinéma sur l’internet. Et pourquoi pas, soutenir aussi certains exploitants.

  • ON SE FAIT UNE TOILE?

En effet, je pense notamment aux Cinémas STAR de Strasbourg qui ont lancé depuis quelques temps leur plateforme de VOD. Un service 2.0 pour les cinéphiles qui souhaitent voir ou revoir certains films proposés par les deux salles arts & essais de Strasbourg. Avec un système de location, vous pourrez donc vous croire comme au cinéma en direct de chez vous et par la même occasion, soutenir un exploitant indépendant pendant cette période inédite. C’est pas merveilleux? Et le plus chouette, c’est qu’il y en a vraiment pour tous les gouts : documentaire, grands films, cultes ou pour enfants.

comme au cinéma je vous dis !

LA TOILE , plateforme VOD des Cinéma STAR de Strasbourg.

(et vous pouvez également soutenir les cinémas sur leur réseaux sociaux notamment sur FB ou INSTAGRAM)

  • ARCHIVES(.org) A GOGO

Vous voulez découvrir des pépites du 7e art? Comédie, horreur, film muet ou policier : des centaines de films disponibles gratuitement ICI

Le catalogue est absolument IMMENSE et vous pouvez littéralement passer des semaines à fouiller et découvrir des petites perles. Se rendre compte de l’évolution des technologies, des pratiques et des différents courants esthétiques via une multitudes d’œuvres, c’est quand même un façon hyper chouette de passer le temps non?

Nosferatu aka nous quand on va pouvoir sortir de chez nous

Je vous encourage fortement à y jeter un œil, car là, ce qui est sur c’est que vous ne tomberez pas sur la énième comédie romantique pour ado produite par Netflix !

  • PÉPITES BRETONNES

Quand je vous disais que la mise en ligne d’œuvres singulières était à la mode depuis le confinement, en voilà encore une preuve : la Cinémathèque de Bretagne à mis en ligne plus de 6000 films produits dans la région, et le plus vieux date de 1910 ! De quoi aiguiser votre curiosité et découvrir des œuvres pour certaines jamais vues.

Une vraie mine d’or pour les curieux ou les passionnés (ou les amoureux du beurre salé) qui se trouve juste ICI.

  • ARTE, VOTRE AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN

ARTE TV ou ARTE CINEMA (sur youtube ou sur le site directement) c’est gratuit (toute l’année!) avec des centaines de choses à voir notamment des courts métrages, des longs, des docs etc..

Documentaires, émissions, leçons de cinéma, courts métrage, films ou séries : ARTE c’est une mine d’or pour nous tous et je vous encourage vraiment à aller fouiller là bas durant vos longues heures d’ennui. Exit l’image poussiéreuse de la chaine, chasse et pêche c’est loin derrière nous, croyez moi : Arte est l’une des chaines/plateforme qui offre le plus de contenus diversifiés et qui va vous foutre une sacrée claque. Leur chaine Youtube est constamment fournie en contenus et c’est une vraie perle. Et c’est par ici que ça se passe : ou bien ici.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je me permets de vous recommander notamment BLOW UP , la petite madeleine de proust de nombreux cinéphiles créée par Arte, qui est également disponible sur Youtube. Il est temps d’agrandir son répertoire d’anecdotes cinéphiles ou tout simplement de revoir les plus belles scènes du cinéma.

  • COURTES PAUSES

L’un des avantages du confinement, c’est que vous pouvez regarder des centaines de courts-métrages à la suite ou bien les intégrer dans votre journée, de temps à autre. Alors ne serait-ce pas l’occasion de vous pencher sur ce format parfois si méconnu? Je vous ai fait certaines sélections sur le blog que je vous remets ici ou ici.

Mais vous avez tellement de possibilités pour découvrir des courts métrages : sur Arte par exemple, sur Youtube aussi ou bien sur le site directement de certains distributeurs ou certaines plateformes spécialisées comme ici.

  • ON FOUILLE VOS ETAGERES?

Enfin la meilleure façon de vous faire des séances comme au cinéma, c’est de voir ou revoir les DVDs qui trainent sur vos étagères ou sur celles de vos parents. Avec le streaming et les différentes plateformes, on est beaucoup à avoir oublié le support physique qui donne autant de satisfaction. On coupe les téléphones, on met l’ordi en pause et on fouille dans ses DVD.

Casablanca qui traine sur l’étagère depuis des années parce que vous vouliez faire semblant de connaitre vos classiques, c’est peut être le moment de le voir enfin non? L’intégrale du Seigneur des Anneaux version longue avec les bonus, ça fait bien 6 mois que vous ne l’avez pas ouvert alors faites vous ce (long) plaisir en solo ou en famille !

  • NETFLIX & CHILL MÊME A DISTANCE

Je voulais aussi mettre en avant un dispositif assez chouette que j’ai moi même expérimenté il y a peu : binge watcher sur Netflix, à plusieurs ET à distance ! La meilleure chose pendant le confinement non ? Ça s’appelle NETFLIX PARTY (ça fonctionne uniquement via Google Chrome par contre) et ça vous permet de regarder en simultanée votre série préférée avec vos potes. Un chat est a dispo sur le coté et vous pouvez donc commenter en direct comme ci vous étiez dans la même pièce. Un moyen assez cool de continuer vos soirées « netflix&chill » pendant cette période d’enfermement. Pour télécharger l’extension c’est juste .

Si même David le dis…

J’espère que vous passerez, un peu, votre temps de confinement à nourrir votre âme de cinéphile et surtout, que vous ferez partie des premiers à vous ruer en salles dès leurs réouverture ! La situation actuelle va drastiquement changer les choses et cette année s’annonce historique en ce qui concerne le 7 art, dans tous les maillons (production, distribution, exploitation, politique culturelle, chronologie des médias, intermittents etc).

En attendant, prenez soin de vous, et continuez de faire vivre votre curiosité et à partager tout ça avec vos proches ! 😉

VERONICA MARS de Rob Thomas : le retour de la détective de Neptune, 15 ans après

VERONICA MARS : le retour de la détective de Neptune, 15 ans après

La détective la plus cool de Californie a fait rêver de nombreux(ses) ados en 2004 ! Veronica, lycéenne à Neptune (ville fictive de Californie) est détective privée à ses heures perdues dans le cabinet de son père, Keith Mars, ancien shérif. Elle a du caractère, du courage, du style, un sacré culot et un talent sans failles ! On suivait avec envie ses déboires familiaux, ses histoires d’amour, d’amitié et ses enquêtes folles. Quelques années plus tard, Rob Thomas décide d’en faire un film. Une très mauvaise idée qui n’a pas convaincu grand monde. En 2020, l’idole d’une génération, incarnée par Kristen Bell, revient pour une quatrième saison plus adulte, 15 ans après que la série ai fait ses adieux sur nos chaînes. 

Retour sur une quatrième saison plus mature mais qui garde la même recette que ses petites sœurs. 

Les premiers épisodes de la saison 4 ont été diffusés pendant l’été 2019 sur la plateforme américaine HULU puis en ce mois de Février, sur la chaîne Warner, et disponible en France directement sur My Canal depuis quelques jours. La saison se compose de 8 épisodes avec une diffusion par semaine jusqu’à fin Mars. J’ai donc pu visionner déjà trois épisodes et autant vous dire que je ne boude pas mon plaisir. 

La recette est à peu près la même : Veronica revient à Neptune pour aider son père à redorer le cabinet en gagnant un peu plus d’argent. Elle accepte les enquêtes basiques d’infidélités, de divorce etc et fait de son mieux pour ramener de l’argent au cabinet. On comprend rapidement qu’elle est toujours avec son amoureux du lycée (je ne vous spoil pas pour ceux qui n’ont pas vu la série ni le film)  et que son père a toujours des séquelles de son accident (film). Mais très vite, le naturel de Veronica revient au galop et elle va s’intéresser à une affaire de bombe. On est donc sur un scénario qui s’adapte un peu plus au monde actuel. L’affaire, on s’en doute, va se révéler dangereuse et complexe. Veronica reprends du service et avec lui, les ennuis ! 

Les trois premiers épisodes se rapprochent beaucoup du rythme des saisons précédentes. Veronica n’a pas tant changé et ses proches non plus. En revanche, ils ont grandi. Certains sont parents, d’autres ont vieillis, la ville est de nouveau dans un tourbillon politique etc. La détective se montre grandie mais également plus touchée par la vie. Même le générique est plus sombre que celui, plus scolaire, des saisons précédentes. Les techniques illégales de la détective se remettent en route et son appétit pour le danger revient très rapidement. 

Si vous ne connaissez pas la série, elle n’a pas tant vieillie que ça et je vous encourage à la regarder. Je me suis replongée avec plaisir dans cette histoire que j’adorais il y a une dizaine d’années. La saison 4 ne s’annonce pas révolutionnaire mais promet un chouette scénario et des retrouvailles sympa avec le casting dont une Kristen Bell toujours aussi convaincante. Je vous donnerai mon avis définitif à la fin de la diffusion ! En attendant, Neptune est mon nouveau rendez-vous hebdomadaire et outre la nostalgie liée à cette série, c’est vraiment un bon moment ! 

Veronica Mars, créée par Rob Thomas 

3 saisons de 2004 à 2006 

4e saison, diffusée depuis Fev 2020 sur Warner TV 

MES JOURS DE GLOIRE de Antoine de Bary : tendre portrait d’une génération

Pour son premier long métrage, Antoine de Bary retrouve Vincent Lacoste, avec qui il avait déjà tourné son court métrage « L’enfance d’un chef » en 2016 sur un comédien très populaire se retrouvant obligé de composer avec l’indépendance, la rupture familiale et la solitude.

Quatre ans plus tard, le réalisateur reprend son histoire de comédien à succès là où il l’avait laissé. Vincent s’appelle désormais Adrien et le succès est très loin derrière lui. De Bary reprends l’idée du film sur Charles de Gaulle comme fil conducteur et nous plonge alors dans le quotidien désabusé de cet enfant star. Adrien n’a plus d’argent, plus d’ambition, de projets et se débat avec la vie. Doucement mais surement, l’acteur va sombrer, en passant du rire aux larmes, dans une dépression sévère que personne ne remarquera.

Vincent Lacoste, après nous avoir prouvé son talent dans de nombreux registres, se retrouve seul à porter un film aussi complexe. Antoine de Bary, et son coscénariste Elias Belkeddar, parviennent avec subtilité à dresser un parallèle entre le personnage d’Adrien et celui du jeune De Gaulle pour lequel il passe un casting. On se retrouve face à une jeunesse perdue, soumise à tant de possibilités qu’elle ne sait plus où aller et, en parallèle, on revit les enjeux du monde d’hier qui a grandement contribué à notre vie d’aujourd’hui. 

Avec une écriture douce, subtile, quotidienne, Mes jours de gloire nous embarque dans la vie de cet enfant star, désabusé, déconnecté et qui tente malgré tout d’être ce qu’on attend de lui. Le film est drôle, par petites touches, et nous surprend par sa douce transition vers une analyse plus sombre des souffrances du personnage.

Pour le jeune Adrien, rien n’est important, et il bascule doucement dans une indifférence à sa propre existence. Comme endormi face au monde qui l’entoure, il ne semble rien ressentir et se laisser porter par les jours qui passent. Pourtant, autour de lui, tout explose : il perd son appartement, ses parents divorcent sans même l’en informer, il n’a plus d’argent, plus de boulot à part des essais pour un grand film mais qui ne sont pour l’instant pas concluants, des problèmes d’érection etc. Le film est une subtile analyse du passage à l’age adulte et de l’impact de de cette transition sur le développement de cette génération. Loin du mélodrame, le film nous permet d’accompagner ce personnage dans les méandres de la dépression qui s’installe petit à petit. 

Vincent Lacoste est beau, touchant et incarne parfaitement la désinvolture de son personnage, coincé entre son statut d’enfant star et celui d’adulte qui ne parvient pas à gérer ses responsabilités. Adrien représente une jeunesse perdue, à peine trentenaire, qui ne sait plus où elle doit se positionner. Une jeunesse pour qui tout va trop vite et qui finit par ne plus rien prendre au sérieux. En basculant, petit à petit, vers un mal être inexplicable pour la plupart, Adrien va retrouver son envie de vivre et d’avancer dans un centre spécialisé. Sans mélodrame, sans musique dramatique, Antoine de Bary fait basculer son film dans une analyse touchante des blessures de cette génération. Avec un humour subtil, il questionne la masculinité, les non-dits, les relations familiales, la pression sociale et nous offre un véritable bijou de cinéma. 

Le reste du casting est assez oubliable, ils accompagnent le personnage mais leur prestation n’est pas assez forte. Ils sont secondaires, et se fondent dans le quotidien du personnage principal. On s’ennuie un peu parfois, mais j’ai rarement apprécié cela au cinéma et là, l’ennuie fait partie de l’œuvre. Adrien est perdu, perturbé, seul et en constant manque d’attention. Il se perd dans des journées et des nuits souvent sans intérêt. Et le réalisateur propose une mise en scène et une composition très belle autour de cette existence qui semble vide de sens.

Je vous encourage fortement à découvrir ce film, autant pour soutenir un premier film ambitieux et réussit, que pour apprécier encore une fois le talent de Vincent Lacoste. Et si Mes jours de gloire ne vous intéresse pas plus que ça, prenez le temps de visionner quelques films de la filmographie de ce jeune prodige, car je vous le redis : il en existe peu des comme lui ! 


Mes jours de gloire réalisé par Antoine de Bary, avec Vincent Lacoste, en salles depuis le 26/02/2020. 

NANETTE de Hannah Gadsby : le stand up que tout le monde devrait voir

Vous avez tou-te-s un humoriste favori ! Le stand up fleurit de plus en plus sur les plateformes de streaming, notamment sur Netflix qui en a diffusé énormément depuis sa création et qui en achète de plus en plus. Célèbres ou nouveaux talents, il y en a pour tous les gouts dans le catalogue.

Seulement voilà, il n’y a aucun autre programme se rapprochant de celui-ci : NANETTE est le « spectacle » de l’humoriste Hannah Gadsby, comédienne d’origine australienne. Il ne s’agit pas d’un spectacle de stand up ordinaire. C’est une claque, un ouragan, un truc qui vous soulève et vous terrasse. C’est une heure, une petite heure qui va bousculer beaucoup de choses et qui a déjà fait énormément parler depuis sa diffusion en 2018.

Comment vous résumer ce dont parle Hannah Gadsbdy ?

C’est impossible. Elle parle d’elle, de son histoire, de notre Histoire, d’art, de coming out, d’humour. J’ai vu ce spectacle sans savoir vraiment à quoi m’attendre et je pense que c’est exactement comme ça que vous devriez le visionner, la claque n’en sera que plus grande. C’est un visionnage qui force à se faire violence et qui bouleverse totalement votre vision du monde, de votre propre histoire et de votre rapport à l’humour aussi.

Avec une puissance hors du commun, Hannah Gadsby vous emmène là où vous ne vous y attendez pas, elle rit puis se fige. Elle est d’une douceur et d’une violence à la fois, inouïes et indescriptible. Elle vous raconte alors sa véritable histoire, avec intelligence et une écriture incroyable. Elle vous regarde, vraiment, vous inclut dans ce qu’il se passe et vous ne pouvez pas vous en échapper. C’est véritablement l’un des spectacle les plus vrais, touchants et douloureux qu’il m’ait jamais été donné à voir. Alors accrochez vous et foncez, vous ne le regretterez pas.

Je ne souhaite pas en dire plus même si j’aurais tant à partager sur ce sujet, mais Nanette fait partie des objets visuels intimes. Ceux qui bouillonnent au fond de vous et dont il est parfois difficile de parler. Je vous encourage fortement à le voir et à en parler avec vos proches. Car croyez moi, vous allez en ressortir secoué !

Dispo sur Netflix.

UN DIVAN À TUNIS de Manele Labidi : tendre expression d’un pays blessé

Tantôt subtil, tantôt exagéré, le divan de Selma (psychanalyste) accueille pendant plus d’une heure trente, toutes les blessures superficielles ou plus profondes d’un pays schizophrène et blessé. Pour son premier long-métrage, Manele Labidi a choisi la comédie pour parler de l’après révolution en Tunisie. Avec son personnage qui,après 10 ans passé à Paris, revient dans un pays qu’elle ne connait plus vraiment, elle permet au spectateur d’avoir le même regard. L’Occident déconnecté rencontre alors un peuple tunisien blessé, apeuré, libre et pourtant pas encore prêt à s’assumer. Entre humour et subtilité politique, Manele Labidi nous offre une comédie légère mais pertinente sur une Tunisie que l’on ne connait pas.

Golshifteh Farahani interprète Selma, psychanalyste qui revient dans son pays après 10 ans passé en France. L’actrice iranienne offre son charisme et sa douceur à ce personnage plein d’ambition, de rêves et de tendresse. Accompagnée de son « patron », Freud, que tout le monde prends pour un frère musulman à cause de sa barbe, la jeune médecin va s’atteler à écouter enfin ce peuple tyrannisé. Et grâce au talent d’écriture de Manele Labidi, tout y passe : homosexualité, mariage forcé, religion, traditions, traumatismes et difficultés d’adaptation aux changements de cap du pays.

Traitée comme une étrangère au sein de sa propre famille, Selma doit s’acclimater à un pays qui ne lui ressemble plus. Elle est libre, célibataire, tatouée, sans enfants et se retrouve dans une ville où les femmes ne sont pas encore considérées comme autonomes, où les jeunes filles rêvent de l’Europe et les parents de mariage. Avec humour, le film nous offre une fenêtre cinématographique sur la Tunisie en pleine transition et sur les douleurs inexprimables de son peuple. La parole devient alors libératrice et donne lieu à des situations aussi coquasses que touchantes. Le combat de Selma pour prouver sa valeur, devient alors celui de toute une ville pour retrouver une certaine liberté et jouir enfin, d’un avenir jusqu’ici incertain.

Un Divan à Tunis brode un portrait sans prétention, d’une population perdue entre modernité et traditions dans un contexte politique en pleine transition culturelle, politique et économique.Les femmes sont mises en avant, l’humour aussi et le décalage entre l’ambition de Selma et la vie de ses patients est tout aussi prenant. Loin des clichés narratifs, Manele Labidi nous offre la première douceur cinématographique de ce début d’année.

THE GENTLEMEN de Guy Ritchie : le retour de l’enfant terrible

Guy Ritchie, c’est un peu le cancre du cinéma. Vous savez, celui qui a du potentiel, des idées mais qui ne sait pas trop comment s’imposer. Alors il crie, il tape, il rate les cours et finit par devenir un faux gangster incompris. Il se retrouve seul face à lui même et il décide de tenter des choses. Alors il met en place son univers, un peu bancal au début mais avec des bonnes idées (Arnaques, crimes et botaniques en 1998 puis Snatch en 2000). Il essaie, il s’emballe (Sherlock Holmes en 2009) puis se perd (Code Uncle en 2015), rate sa course pour atterrir dans un monde qui ne lui convient absolument pas et qui lui fait faire des horreurs (Le Roi Arthur en 2017 puis Aladdin en 2019). Mais, un jour, c’est le genre de type qui débarque dans le bureau de son ancien CPE pour lui claquer la bise et lui montrer qu’il est devenu quelqu’un. Et c’est exactement ce que le réalisateur britannique Guy Ritchie est devenu : un vrai nom, dont on reconnait les erreurs mais qui nous offre ENFIN, son œuvre la plus complète.

The Gentleman, c’est le retour aux sources de l’enfant terrible, qui revient à ses premiers amours, avec la maturité et le recul d’un homme qui a vécu, qui a appris, qui a évolué, qui assume sa carrière et qui va faire fermer la bouche de tout le gratin hollywoodien qui le prenait pour un rigolo.

La recette parfaite

Guy Ritchie a ses petites habitudes. Son univers se développe depuis plus de 20 ans avec plus ou moins de réussite. La recette est simple : le monde des gangsters, de la drogue, de la violence et du pouvoir. Braquage, gangs, guerre de pouvoir, dealers : Ritchie a à cœur de faire vivre cet univers violent et décalé à sa sauce. Gros plans, violence au ralenti, personnages hauts en couleurs et dialogues grossiers : la recette de Ritchie s’est épuisée au fil du temps. Seulement voilà, après s’être un peu perdu dans les méandres d’Hollywood, reniant petit à petit son domaine de prédilection, Ritchie a décidé de se concentrer sur l’évolution et l’amélioration de son cinéma. Et, avec The Gentlemen, le réalisateur a réussit l’exploit de trouver la recette parfaite pour faire parler son art.

Avec une grande maturité et un recul certain sur son travail, Guy Ritchie nous propose un film au dosage irréprochable.

Contrairement à certains artistes à la carrière assez lisse, constamment récompensée et qui ne nous surprend plus : Ritchie est un cancre, un sauvage, un homme qui s’est perdu, a fait des erreurs qui ne sont absolument pas passées inaperçues. Mais il a le cran, le courage, les balls de revenir avec un grand film. Il manie l’écriture avec justesse, le dosage parfait d’un bon cocktail, entre sa grossièreté légendaire et un gangster au langage soutenu et intelligent. On est sur une recette pensée et réfléchie, avec une pincée d’auto dérision (cf les références à ses propres films), un casting 5 étoiles, des personnages forts et singuliers, un scénario simple mais solide et une mise en scène absolument délectable.

Il retrouve un film chorale, avec un casting zéro défaut. Après Brad Pitt dans Snatch, c’est aujourd’hui Matthew McConaughey qui incarne l’amour de Ritchie pour Hollywood dans le rôle d’un dealer de Marijuana qui a pris le pouvoir sur la ville. Pour le reste, c’est du (quasiment) 100% british. On retrouve Hugh Grant dans un rôle taillé sur mesure, celui d’un journaliste véreux qui narre l’histoire des gangsters en prenant quelques libertés et en essayant de sauver sa peau, et où il excelle. On (re)découvre Charlie Hunnam dans un rôle de bras droit aussi anglais que la reine elle même mais tout aussi dangereux que son patron. Mais aussi Colin Farrell qui use et abuse de son accent Irlandais pour donner à son personnage un coté encore plus décalé ou encore Michelle Dockery, seule femme au casting, qui interprête la femme de McConaughey aussi forte et intouchable que lui.

Un amour assumé pour son pays et sa culture, son cinéma et ses influences : entre hommage et auto réflexion, The Gentlemen est l’apogée de son art. On aime ou on déteste, mais on ne peut absolument pas renier l’intelligence et la maturité de Ritchie. Film dans le film, mise en abime du cinéma et de ses codes, Ritchie s’amuse et nous offre de nombreuses grilles de lecture de son œuvre. Les scènes de dialogues entre Hugh Grant et Charlie Hunnam sont exceptionnelles dans ce sens et sont le théâtre de la fabuleuse logique du cinéaste.

Digne héritier de Snatch, le retour de Guy Ritchie nous offre un film aussi fourni que solide. Ne boudant pas son amour pour le trash, il est sublimé, accentué mais sans jamais tomber dans la surenchère comme parfois cela a pu être le cas chez son prédécesseur. Entre écriture et mise en scène, Guy Ritchie a trouvé son équilibre pour un film réalisé aux petits oignons !

The Gentlemen

Le chic anglais

L’humour anglais, c’est certainement la meilleure chose au monde. J’ai jamais autant ri que lorsque j’ai découvert le monde des comédies anglaises. Cet humour un peu chic, aux dialogues aiguisés et au comique de situation délicieux : les anglais savent y faire ! Guy Ritchie a toujours essayé d’aller à contre coup de cette culture un peu guindée. Avec son vocabulaire grossier et ses grosses claques dans la face, c’est sur qu’on était loin de l’élégance royale ! Malgré tout, il avait toujours cet amour pour sa culture et ses références. Dans The Gentlemen, le réalisateur britannique assume enfin et propose un savant mélange entre le chic anglais et son amour pour le trash. En s’appropriant les codes de la comédie anglaise, Ritchie réinvente totalement son univers tout en gardant les bases. Costumes typiquement anglais, baston à l’américaine, menaces en langage soutenu, insultes à coup de matraques : l’équilibre est parfait.

The Gentlemen

L’écriture de ce film est très aiguisée, soutenue, intelligente (les sous titres sont extrêmement bien réussis et c’est à souligner, je ne sais pas ce qu’il en est du doublage FR mais j’espère vraiment qu’il est bon, sinon il risque de détruire le boulot de Ritchie) et donne à l’humour de Ritchie une toute autre portée. Les punchlines sont exquises et la musicalité des dialogues est véritablement incroyable.

Certaines scènes sont vraiment d’excellents modèle de style : entre dialogues au vocabulaire soutenu et insultes de charretier, le dosage est aussi réussi qu’improbable et donne au film une toute autre intensité.

Il cumule également les références culturelles de son pays qu’il mélange habilement avec celles du cinéma américain: l’agent secret le plus célèbre d’Angleterre est clairement l’influence du générique de début et se heurte à la figure du Parrain avec la silhouette de Al Pacino savamment copiée pour introduire le personnage de Fletcher (interprété par le génial Hugh Grant).

Hugh Grant dans The Gentlemen

Intelligent, mature, cinéphile, chic : The Gentlemen met tout le monde au pied du mur. Guy Ritchie vient de prouver la maitrise de son univers, avec un talent qu’il n’est plus possible de contester.

En salles depuis le 5 Février 2020.

SCANDALE de Jay Roach : sexisme et sensationnalisme à Hollywood

Il est enfin là : avec un budget de 32 millions de dollars, Scandale est le premier film d’Hollywood post-#MeToo s’intéressant aux violences sexuelles et au harcèlement contre les femmes dans le monde du travail. Le film se base sur l’affaire Roger Ailes qui a éclaté en 2016 soit un an avant celle sur Harvey Weinstein, à l’origine du mouvement #MeToo.

L’histoire raconte donc comment Roger Ailes, PDG de Fox News, a été accusé par un certain nombre de collaboratrices de harcèlement sexuel. L’affaire a créé un énorme scandale en 2016 et s’est soldée par le renvoi de Ailes ainsi qu’un versement de 50 millions de dollars à ses victimes. Roger Ailes n’a jamais été jugé et est reparti avec des indemnités de licenciement de plus de 60 millions de dollars. Scandale raconte comment Gretchen Carlton, animatrice sur Fox News, a déclenché le séisme qui s’est alors abattu sur la plus grande chaine américaine notamment en obtenant le soutien de Megyn Kelly, animatrice star de la chaine (et personnage principal du film).

Furieusement Hollywoodien

L’affaire Roger Ailes n’est pas très populaire en Europe et Jay Roach le sait. Pour permettre une lecture internationale de son film, il commence par nous présenter Fox News de façon ludique et presque scolaire. Megyn Kelly (présentatrice phare de la chaine, interprétée par la grande Charlize Théron) s’adresse directement à la caméra, brise ainsi le quatrième mur, et nous explique la hiérarchie des locaux de la chaine. Empruntant l’insolence et les mécanismes de Adam McKay (The Big Short ou Vice), Jay Roach se lance dans un registre comique qu’il ne maitrise alors pas du tout et qui ne convient pas au sujet qu’il va ensuite aborder. Abandonnant vite cette idée d’ailleurs, il se concentre alors sur ses personnages mais continue de traiter son sujet avec une sacrée pincée de sensationnalisme et d’humour noir qui rendent le tout très froid et distant.

Bombshell Charlize Theron

Une approche furieusement hollywoodienne qui entre en décalage complet avec la souffrance exprimée par les personnages ainsi qu’avec le sujet même du film. Cette ouverture ainsi que la multitude d’effets (regards caméra, voix off, annotations à l’écran, gros plans etc) donne au film un impact beaucoup trop léger dès le départ. Dès le début, on comprend que le film n’est pas là pour parler d’un sujet de fond mais simplement pour adapter un scandale américain qui a fait les gros titres. On est loin de la révolution cinématographique ou de la représentation d’un problème de société. Après avoir compris cela et digéré la déception, on peut alors se concentrer sur ce que Jay Roach propose.

Sexisme à tous les étages

Jay Roach construit son film autour de trois personnages : Megyn Kelly, Gretchen Carlton et Kayla Pospisil. Trois personnages différents qui incarnent chacun un aspect des violences dont sont victimes les femmes (ici dans le monde du travail, rappelons le).

Megyn Kelly incarne la force, l’ambition et le succès. C’est une animatrice star très connue et très utilisée par la chaine. Lors d’un échange avec le candidat Donald Trump, elle le prend à parti par rapport à ses frasques concernant les femmes (insultes, remarques etc). Après ce moment de télévision, elle deviendra la cible de remarques sexistes, de menaces et d’agressions pendant plus d’un an. Donald Trump lui même lui adressera des dizaines de tweets sexistes. Pendant un an, l’animatrice recevra des attaques et des menaces basées uniquement sur son genre et sa condition de femme. Un harcèlement qui met en lumière la bêtise et la dangerosité des médias et des réseaux sociaux mais également la mentalité encore très présente : une femme n’a pas a donner son avis et encore moins a attaquer un homme de pouvoir. Roger Ailes ne défendra pas son animatrice et quelques temps plus tard, lorsque les accusations de Gretchen vont éclater, Megyn Kelly devra décider de la soutenir ou non en racontant sa propre histoire. Le jeu de Charlize Théron est vraiment très juste. Elle éblouit par son ambivalence, sa force et ses doutes. Elle est indubitablement la force du film à elle seule.

Gretchen Carlton est une animatrice expérimentée qui a été rétrogradée par Roger Ailes après avoir refusé ses avances. Elle incarne le sexisme ordinaire, celui qui se noie dans des paroles ou des plaisanteries semblant banales mais qui en sont d’autant plus inacceptables. On la voit, dans des extraits de son ancienne émission, entourée de ses deux collègues masculins qui ne cessent de lui faire des réflexions sur son age, ses cheveux, ses jambes, sa féminité. Gretchen finit par donner son avis dans sa nouvelle émission et elle se fera virer pour avoir pris « trop de libertés ». Un licenciement qui lui permettra alors de faire éclater l’affaire au cœur du film. Un personnage essentiel pour l’histoire certes, mais qui n’apporte pas grand chose tant Nicole Kidman ne dégage rien. C’est assez malheureux à dire mais véridique : l’actrice nous laisse de marbre et son interprétation est clairement problématique.

Kayla Pospisil est une jeune journaliste, ambitieuse, rêveuse et utopiste. C’est un personnage fictif inventé par Roach pour montrer de l’intérieur comment le harcèlement se traduit, jusqu’à l’isolement de la jeune femme, traumatisée. L’ajout de ce personnage est une bonne idée pour montrer que les agissements de Roger Ailes étaient toujours d’actualité au moment de l’affaire mais également pour permettre au réalisateur de mettre en scène son mode opératoire et l’impact que cela peut avoir. On va donc suivre la descente aux enfers de Kayla, entre son ambition lorsqu’elle entre dans la chaine jusqu’au harcèlement dont elle est victime puis à sa démission (sur laquelle je vais revenir). Le personnage est interprété par Margot Robbie, qui montre une nouvelle fois la force de son jeu. Elle est extrêmement touchante et parvient, avec presque pas de textes, à incarner avec brio l’horreur, la stupéfaction, l’isolement etc.

Margot Robbie dans Scandale

Jay Roach base donc son film sur ces trois personnages féminins ainsi que sur le personnage de Roger Ailes (joué par le très bon John Lithgow) qui les rassemble. Seulement, à part dans une scène d’ascenseur très statique, les trois femmes ne se rencontreront jamais et cela met une distance assez importante entre leurs histoires.

Forces et maladresses

L’une des forces du film est son analogie politique. L’affaire Roger Ailes s’est déroulée en pleine campagne présidentielle et la Fox est une chaine extrêmement controversée. Donald Trump, alors en lice pour les primaires, était souvent invité sur les plateaux de la chaine et son altercation avec Megyn Kelly avait fait le tour du monde. En prenant des images d’archives et en laissant cet aspect là en sous texte de son film, Jay Roach tente de mettre en avant que Trump et Ailes font partie d’un problème plus vaste que le microcosme de la Fox. Garder cet angle politique tout le long du film est assez intelligent.

La violence du film, que ce soit par les actes ou les paroles des différents personnages est très représentative du monde. Les femmes qui acceptent, qui accusent, qui menacent pour garder leur place. Celles qui accusent de ne pas s’être plainte plus tôt ou pire celles qui ne veulent pas entendre. Certaines phrases sont assassines comme celle de la collège de Kayla qui lui dis clairement qu’elle ne veut pas entendre ce qu’il s’est passé dans le bureau de Roger, laissant Kayla seule et désemparée devant son bureau. L’omerta qui sévit dans les bureaux de FOX NEWS (femmes ou hommes) sur les agissements de Roger et de certains autres hommes de la chaine : c’est banal, accepté. Certaines femmes sont résignées, d’autres considèrent cela comme un pouvoir que la nature leur a donné.

« Il nous désire oui et alors? C’est à nous de s’en servir  »

On nous montre également très clairement le piège dans lequel sont ces femmes : carrière, famille, estime de soi, chantage, soutien inexistant etc. Les raisons qui poussent Megyn Kelly a ne pas prendre la parole tout de suite et à hésiter sont très bien expliquées et mettent en avant la complexité de ce type de situation.

Seulement voilà : toutes ces choses parviennent à nous provoquer un certain nombre d’émotions (le dégout, la colère, la révolte etc) mais uniquement grâce au sensationnalisme du réalisateur. Les effets sont nombreux, la musique, les gros plans, la mise en scène bien appuyée mais la finesse ne fait quasiment jamais partie du vocabulaire cinématographique du réalisateur. Et c’est dommage, car le sujet méritait une approche bien plus profonde voir plus sombre pour toucher les consciences.

La maladresse de Jay Roach lui a fait faire des choix très problématiques. La plus grosse erreur du réalisateur réside pour moi en une seule scène : celle de la première interaction entre Roger et Kayla. Une scène extrêmement difficile à regarder mais qui passe complétement à coté de son réel impact. Kayla se présente auprès de Roger afin de lui prouver qu’elle est légitime et prête pour faire partie de son équipe d’animatrices. Elle est jeune, ambitieuse, passionnée et lui parle avec ferveur. Roger la laisse parler puis lui demande de se lever et de tourner sur elle même car « c’est un métier visuel ». Kayla se lève, légèrement interloquée et s’exécute. On croit assister à un casting mais jusque là, rien de bien dramatique. Seulement voilà, Roger demande soudain à Kayla de relever sa robe afin de « voir ses jambes ». Et là, Jay Roach fait une erreur lamentable : il joue le jeu de l’agresseur au lieu de donner à sa scène une puissance incroyable.

Kayla se fige, son visage est crispé mais elle s’exécute timidement. Roger va alors lui demander chaque fois de relever plus haut sa robe jusqu’à montrer sa culotte. Une scène que le réalisateur nous montre sous toutes les coutures. On assiste donc à la mise à nue de Kayla, sous tous les angles. On voit ses jambes nues, sa culotte et même ses fesses. En parallèle, Roach nous fait un montage alterné entre le visage ravi de Roger et celui, détruit et impuissant, de Kayla. Il aurait été tellement plus puissant et plus frappant de ne filmer que ces visages. Montrer le corps de Margot Robbie sous toutes les coutures alors même que le regard de Roger ne pouvais se poser que sur le « coté face » est une manière d’objectifier encore un peu plus la femme. Jay Roach nous rince l’oeil, à nous aussi, et ne nous permet pas de prendre toute l’ampleur de cette scène qui est clairement un traumatisme pour le personnage féminin. Margot Robbie est incroyable de justesse et de puissance, rien qu’avec ses yeux et son expression. On aurait pu assister à une scène absolument terrible, un exemple de pouvoir et de soumission bien plus profond. Jay Roach passe à coté d’une séquence incroyable pour servir des jambes aux spectateurs. Une maladresse ou une pulsion inconsciente ? On ne le saura probablement jamais, ce qui est sur, c’est que le réalisateur a gâché l’une des scènes les plus importantes de son film avec une mise en scène douteuse qui ne laisse pas la place à l’horreur de la situation.

On apprend plus tard, dans une scène très forte (Margot Robbie, incroyable) que Kayla a cédé au harcèlement de Roger. Elle est traumatisée, salie et décide d’aller raconter son histoire aux avocats qui s’occupent de l’affaire. On ne verra pas la séquence mais on imagine donc que Kayla fait partie des femmes a avoir pris la parole. Seulement voilà, Kayla est un personnage fictif inventé par Jay Roach pour la fiction et donner une voix à celles qui n’en ont pas eu l’occasion. Cet ajout à des avantages mais aussi des inconvénients. Le personnage de Kayla nous permet d’entrer dans l’intimité du bureau de Roger et de comprendre comment il procède. Par contre, vu que Jay Roach se base sur l’affaire réelle, il ne peut pas en changer l’issue. Roger Ailes n’a pas été jugé, il a été licencié avec des indemnités de plus de 60 millions de dollars. Ses victimes ont, elles, reçu 50 millions de dollars. Le témoignage de Kayla (qui est clairement une agression sexuelle) ne sera donc pas montré, n’aura pas plus de conséquences que cela et surtout, son histoire se finira par une démission tout sourire en mode « j’ai parlé, il est sanctionné, je suis fière et je pars vers d’autres horizons ». Cette fin ne fonctionne absolument pas et prend totalement à la légère l’impact sur les victimes ainsi que les conséquences que ce type d’agression peut avoir sur elles.

SCANDALE est un film important par sa nature : il est le premier film à Hollywood qui s’empare du sujet. Avec son parallèle politique et certains dialogues très forts, il tente un certain discours. Malheureusement, Jay Roach n’a pas compris l’importance de son film et ne réussit pas à faire exister les réels enjeux d’un tel sujet. Le film est un condensé de codes hollywoodiens, entre humour déplacé et scènes douloureuses, il cherche à faire réagir le spectateur mais se trompe de cible. La moitié du casting tient la route, le scénario est assez bancal, la fin est digne d’un téléfilm et on ressort plus perturbé qu’autre chose. Loin de dénoncer, Scandale ne fait que raconter une affaire traitée comme un fait divers et ce n’est absolument pas suffisant. Est-ce ainsi que nous avons envie de traiter un tel sujet, dans ces premières représentations? Pour ma part, la réponse est non. Cela dit, le film ouvre la voie et il est essentiel dans ce rôle. Mais j’attends désormais un film qui s’empare des enjeux avec pertinence et qui parvienne à se détacher du sensationnalisme hollywoodien pour proposer une œuvre intelligente et puissante.

Et vous? Qu’avez-vous penser de Scandale? Dites moi tout !

SEX EDUCATION : une deuxième saison libératrice et ambitieuse

On se retrouve (enfin) pour parler de la série évènement créée par Laurie Nunn. Je vous avez déjà fait part de mon enthousiasme pour la première saison juste ici mais Sex Education revient en ce début d’année avec une deuxième saison plus ambitieuse et encore plus libérée !

On retrouve tous les personnages avec plaisir : Otis et sa mère Jean (jouée par la grande Gillian Anderseon), Eric, Maeve ou encore Aimee. Mais on rencontre aussi des petits nouveaux (dont un français) : Sami Outalbali dans le rôle de Rahim ou encore Chinenye Ezeudu dans le rôle de la géniale Viv.

Tous ont évolué : en couple ou célibataire, ils ont grandi et affrontent alors de nouveaux obstacles. La série continue sur sa lancée et propose, dans une explosion de justesse, de passer en revue de nombreux thèmes importants. La saison 1 prenait un risque et débarquait dans notre salon avec son franc parler, ses questionnements et la mise en avant de la sexualité chez les jeunes. La série revient avec une confiance en son public bien plus grande et une ambition assumée.

En 8 épisodes, la saison 2 de la série réussi à mettre en avant des dizaines de sujets différents et essentiels à l’épanouissement de tous. Que vous soyez ados, jeunes adultes, adultes, parents : la série s’adresse à tous. La cible du programme c’est nous tous. Que vous soyez vierges, expérimentés, à l’aise ou peu confiant, novices ou asexués, hétérosexuels, bi, homo ou rien de tout cela : vous vous sentirez concerné. Et c’est la grande force de la série. On regrette juste l’absence du thème si important du genre mais peut être que cela viendra en saison 3 ?

Une bienveillance loin des clichés et du romantisme hollywoodien c’est un grand oui. Le vaginisme, la bi sexualité, la masturbation, le plaisir anal, la première fois, être enfant unique ou adolescent en charge de trop de responsabilités, la religion, l’avenir, la monoparentalité, le divorce, l’homoparentalité : est-ce possible de parler avec autant de justesse et de « banalité » de sujets qui semblent si tabous dans notre quotidien? Oui, et Sex Education le prouve encore une fois avec encore plus de talent.

Les contradictions de la vie et de l’éducation sont au cœur même de la série. Et croyez moi, même si vous pensez être assez éduqué face à votre sexualité, vous vous sentirez quand même concerné. La série dénonce le manque d’engagement de l’environnement scolaire dans la prévention et l’éducation sexuelle, avec des scènes absolument cultes. Elle met également en avant l’envie et le besoin des jeunes de se sentir écouté, conseillé, compris et surtout : normaux. La différence est respectée dans la série et parfois même ne semble pas exister. On ne tombe jamais dans le pays des bisounours je vous rassure, mais on sent la volonté de la créatrice de montrer que chacun a quelque chose de particulier et qu’il faut l’encourager plutôt que de le montrer du doigt. On rit, on pleure, on s’étonne et s’instruit : Sex Education est une véritable bouffée d’oxygène dans un monde audiovisuel encore trop coincé et trop traditionnel.

On regrette peut être que certains personnages ne soient pas assez développés. On reste parfois en surface de certaines histoires qui sont exposées de manière assez superficielle comme le vaginisme de Lyly ou le parcours de Jacob. Mais, au contraire, la série a su faire de certains personnages un peu trop cliché dans la saison 1, de véritables porte paroles des combats d’aujourd’hui.

Qu’est ce qu’une agression sexuelle? Comment s’installe un traumatisme? La série se concentre beaucoup sur l’évolution du personnage de Aimée après une agression sexuelle dans un bus. Au début elle semble trouver cela répugnant mais pas dramatique, puis doucement, cela l’empêche de vivre et la fait atrocement souffrir. Une manière très juste de montrer ce qu’un acte comme celui là peut faire sur une personne. Lors d’une table ronde forcée par leur professeure, les filles de la série se rendent alors compte qu’elles ont toutes déjà été harcelée ou agressée. Et le discours sur ce sujet fait alors écho chez beaucoup de spectatrices. Une séquence qui ne rentre pas dans le drama mais qui marque et c’est encore une fois, une belle réussite pour la série.

Loin de s’essouffler et de tomber dans une vulgarité ou une routine Sex Education revient avec une saison plus ambitieuse, touchante et juste : Netflix atteste une nouvelle fois que la plateforme peut produire un contenu d’une qualité incroyable et loin des clichés. ON VALIDE A 10000%.

Dépoussière le féminisme, modernise le teen-movie et met un point d’honneur à s’adresser à tous avec la justesse de son écriture : Sex Education est définitivement l’un des meilleurs programmes de la plateforme.

Meilleurs films de la décennie (2010/2019) – Mon Top 10

Vous avez du voir ce top passer à peu près partout mais j’ai trouvé l’exercice vraiment intéressant. Chacun voit ce top à sa manière, certains ont choisi un film par année, d’autres ont fait un top 20 : ce qui est sûr c’est que les listes s’accumulent mais ne se ressemblent pas ! Et c’est ce que j’ai trouvé très intéressant. Elles mettent en avant une certaine dominance par quelques œuvres, mais elles laissent aussi apercevoir que notre vision du cinéma est différente pour chacun. Quels films nous ont tous marqué? Quels sont ceux que j’ai retenu de ces dix dernières années, plus personnellement? Je vous encourage à faire cet exercice parce que croyez moi, c’est loin d’être facile et pourtant, certaines évidences vous viennent très rapidement !

Pour ma part, j’ai décidé de n’avoir qu’un seul critère : les 10 films les plus incroyables que j’ai pu voir ces 10 dernières années, sans prendre en compte leur année de production. Ma liste est bien plus longue que ce top mais il a fallu choisir et c’est extrêmement frustrant mais c’est le but de l’exercice donc c’est parti !

Ils m’ont profondément marqué, ils ont révolutionné le cinéma ou m’ont laissé sans voix : voici les 10 meilleurs films de la décennie, selon moi.

Par ordre décroissant

10. La Chasse de Thomas Vinterberg (2012)

Mads Mikkelsen dans La Chasse de Thomas Vinterberg

Le film qui a lancé mon amour infini pour Mads Mikkelsen, se devait de figurer dans ce top. L’histoire de La Chasse est celle d’un homme accusé d’attouchements sur la fille de son meilleur ami et qui va se retrouver dans une tornade de violence et de haine sans aucune preuve tangible contre lui. Un film profondément douloureux à regarder mais qui est une vraie pépite. Mads Mikkelsen est incroyable et remporte le prix d’interprétation masculine lors du Festival de Cannes 2012. Thomas Vinterberg (auteur du génial Festen en 1998) parvient à mettre en scène cette solitude et cette violence avec un talent monstrueux.

La Chasse, c’est un des meilleurs thriller des dix dernières années.












9. Snowpiercer de Bong Joon-ho (2013)

Premier long-métrage en anglais du réalisateur incroyable qu’est déjà Bong Joon-ho à l’époque. Snowpiercer, adaptation de la bande dessinée française Le Transperceneige, est son premier film avec un budget aussi grand et une production américaine. Et le résultat est stupéfiant. Avec un casting incroyable (Tilda Swinton, Chris Evans, Ed Harris etc), le film nous transporte dans un voyage futuriste d’une esthétique folle. Lutte des classes toujours au centre de son propos, train futuriste, révolution, violence inouïe : Snowpiercer est une sacrée claque visuelle. C’est, pour moi, l’un des plus aboutis techniquement parlant de la carrière de Bong Joon-ho et c’est surtout le film qui l’a aidé à obtenir une reconnaissance internationale plus importante avant celle que le Festival de Cannes lui a offert avec sa palme d’or 2019 pour Parasite.






8. Le Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda (2015)

L’animation aussi a eu de grandes avancées durant cette dernière décennie. Et j’ai remarqué que ma liste (qui compte au total une trentaine de films) en contenait beaucoup. Mais j’ai décidé de mettre dans ce top le film que j’ai trouvé le plus abouti et le plus marquant. Le Garçon et la Bête est un film d’animation japonaise absolument formidable. La question de la transmission est centrale mais Hosoda nuance cette vision japonaise en faisant du garçon un guide également pour son maitre. Entre royaume des bêtes (des dieux) et monde réel, culture japonaise mais aussi occidentale, subtilité, technique dingue et humour : ce film est une merveille. Un discours accessible autant aux adultes qu’aux enfants, Le Garçon et la Bête est réellement l’un des meilleurs films d’animation de la décennie.






7. Into The Abyss de Werner Herzog (2011)

Il n’y a pas eu de doutes concernant ce film. Il fait parti de ce top depuis bien longtemps et je n’ai jamais trouvé un documentaire aussi puissant. Werner Herzog est un réalisateur, acteur et metteur en scène allemand incroyable et très particulier ( Aguirre, Fitzcarraldo, Bad Lieutenant etc) que vous avez du apercevoir dans The Mandalorian récemment, oui oui.

Into The Abyss est un documentaire extrêmement puissant. Herzog rencontre Michael Perry , huit jours avant son exécution. Le jeune homme est condamné à mort après un triple homicide commis en 2001. Le réalisateur va alors discuter avec cet homme tout en nous proposant d’autres rencontres comme celle avec la famille des victimes, un prêtre, des témoins. Au delà du caractère incroyable de ces rencontres, Herzog propose une véritable enquête sur l’Amérique, la peine de mort et l’âme humaine. C’est un film éprouvant, profondément intelligent et sans aucun parti pris. Glaçant et brillant, c’est le meilleur documentaire que j’ai pu voir durant ces dix dernières années.







6. Whiplash de Damien Chazelle (2014)

Damien Chazelle est présent dans de nombreux tops que j’ai pu voir, avec La La Land sorti en 2016. Un film très beau et très bien réalisé mais qui, à mon sens, est bien en dessous de celui dont je vous parle aujourd’hui. Whiplash est un film comme on en voit rarement. Douloureux, puissant, exténuant et d’une beauté folle : le meilleur film de Chazelle et l’un des meilleurs de la décennie c’est bien celui là. Certes un peu académique, il est techniquement impeccable et porté par un duo très puissant. Le rôle de J.K Simmons est un personnage terrifiant, touchant et à la fois très orgueilleux. L’équilibre du film est spectaculaire et surtout, la rigueur de Chazelle est plus présente que jamais avec une séquence finale magnifique.











5. Alabama Monroe de Felix Von Groeningen (2012)

Ceux qui me suivent ou me connaissent déjà ne seront pas surpris de voir ce film dans ce top. J’ai même du lui enlever quelques places au vu des œuvres suivantes mais vous savez à quel point Alabama Monroe est l’un des films les plus importants de la décennie, pour moi. Mon amour pour ce film est raconté de manière plus complète juste ici. Ce film raconte l’amour, la douleur et la musique avec une telle pureté, une telle vérité que j’en ai des frissons. Il n’y a rien d’autre à dire de plus.











4. Shame de Steve McQueen (2011)

Au pied du podium, on retrouve un film que j’ai longtemps boudé avant de le découvrir il y a peu de temps. Et quelle surprise ! Shame est un chef d’oeuvre. Un constat glacial du monde et de ses déviances. Un diamant brut porté par un Michael Fassbender terrifiant accompagné de la douceur de Carey Mulligan. Il s’agit d’un des films les plus précis, presque clinique, sur le monde moderne. Une oeuvre complète, éprouvante et dotée d’une mise en scène impressionnante. Mc Queen signe en 2011 son meilleur film.

ma critique du film juste











3. Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)

Évidemment, c’est ici que les tops se rejoignent. 6 Oscars, un casting fou (Tom Hardy, Charlize Theron) et une retombée internationale : l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur pour certains, film de la decennie c’est cette bombe réalisée par Miller. Mad Max : Fury Road est clairement un melting pot de la perfection cinématographique. La technique, la mise en scène, l’univers, le casting : tout est impressionnant. C’est l’un des films ayant eu un impact sur le cinéma et dont le monde entier se souviendra. Présent dans 90% des tops, il le prouve bien. C’est un film monstrueux, colossal et épique qui montre l’étendue des possibilités à l’écran en mélangeant les genres avec une prodigieuse créativité.










2. Detective Dee de Tsui Hark (2010/2013/2018)

Ok, je triche un peu. Il s’agit ici d’une trilogie dont chaque volet est sorti durant la decennie alors autant les regrouper ! Et sur cette deuxième place, comme une évidence, c’est la trilogie du magicien fou Tsui Hark. Detective Dee, c’est une trilogie qui donne au cinéma toute sa grandeur. Je n’ai jamais rien vu d’aussi dingue. Tsui Hark est un fou. C’est un fou de l’image, du fantastique, de l’esthétique, de la mise en scène et des univers totalement improbable. Il a créé des œuvres auxquelles on peut ne pas adhérer, mais personne ne peut nier leur incroyable beauté. Le troisième volet, La légende des rois célestes, sorti en 2018 est certainement l’un des films les plus époustouflants que j’ai jamais vu. Tsui Hark repousse les limites du cinéma et propose un véritable spectacle. Si il y a bien une œuvre qui a bouleversé ma vision du cinéma ces dix dernières années c’est celle là.










1. Burning de Lee Chang-dong (2018)

Le meilleur film de ces dix dernières années, selon moi, est : BURNING de Lee Chang-dong. Je ne saurais même pas par quoi commencer pour vous parler de cette merveille. C’est un film qui m’a laissé sans voix. J’ai rarement vu une œuvre aussi complète, aussi intelligente et aussi belle à la fois. Elle nous vous laisse aucun répit, aucune porte de sortie. Vous êtes plongé dans cette histoire absolument exceptionnelle dont vous ne comprendrez pas tout la première fois. Ce thriller sud-coréen est le film qui m’a le plus marqué. Encore aujourd’hui j’y repense souvent et en le revoyant il y a peu, je me suis vraiment rendu compte de sa complexité, de sa beauté et de son intelligence. Ce n’est pas juste un film, c’est une épopée romantique, politique et paradoxale. La portée de ce film est infinie. C’est d’une intelligence impressionnante et, c’est ce qui fait d’un film, un chef d’œuvre.

C’est terminé pour aujourd’hui ! J’espère que ce top vous aura plu. Je vous encourage a tenter l’exercice, car à l’aube d’une nouvelle décennie, c’est très intéressant de voir quel cinéma vous a le plus marqué et quelles sont les œuvres que vous retiendrez. N’hésitez pas à me partager vos listes en commentaires ou sur les réseaux sociaux !

CALENDRIER DE L’AVENT #25 – On regarde vers 2020?

Ça y est ! Le calendrier de l’Avent 2019 est terminé ! Le premier mais certainement pas le dernier du blog. J’espère qu’il vous a plu. Pour retrouver tous les articles, vous pouvez cliquez ici !

Et pour cette dernière case, en ce jour de Noël, je vous propose de regarder vers l’avenir et de voir ce que l’année 2020 nous prépare niveau cinéma ! On y reviendra plus en détails dans quelques semaines, mais voici les quelques sorties que j’attends déjà avec impatience !

  • Scandale (sortie le 22 janvier 2020)

Adapté de l’histoire vraie et explosive d’un scandale de harcèlement sexuel à la tête de Fox News, le dernier film de Jay Roach offre le rôle des présentatrices Megyn Kelly et Gretchen Carlson à Charlize Theron et Nicole Kidman. Margot Robbie incarne de son côté Kayla, personnage fictif qui rassemble les caractéristiques de plusieurs personnes réelles. Un film qui s’annonce coup de poing et qui remettra en avant certaines histoires que 2020 aurait peut être eu tendance à oublier ! Plusieurs nominations sont également attendues et ce qui est sur, c’est que le film va faire grand bruit.

  • Jojo Rabbit (sortie le 29 janvier 2020)

Le prix du public du Festival de Toronto a été cette année remis à une comédie grinçante signée par le réalisateur néo-zélandais Taika Waititi. Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon dans l’Allemagne nazie, dont l’ami imaginaire est un sosie d’Adolf Hitler (incarné par Waititi en personne). Avec une histoire et un casting pareil, la dernière pépite de Waititi s’annonce incroyable !

  • Tenet (sortie le 22 Juillet 2020)

Le prochain film de Christopher Nolan sera, d’après lui, le plus « ambitieux » de sa carrière. Ce qui est sur c’est qu’il s’annonce encore plus fou (et flou) que Inception. Vous avez hâte? Moi oui !

  • Comment je suis devenu super-héros (sortie le 14 octobre 2020)

Un cinéma français qui prend des risques c’est ce qu’on veut en 2020 ! Et pour le coup, le film de Douglas Attal est tout ce qu’il y a de plus risqué. Les super-héros sont presque exclusivement réservés au cinéma américain et le public a l’habitude des Marvel et compagnie. Qu’en est-il du cinéma français? Je salue la prise de risques et le casting, pour le rste, RDV en Octobre pour se faire un avis!

  • Kaamelott (sortie le 14 Octobre 2020)

Enfin, la suite de la série culte de Alexandre Astier arrive sur grand écran ! Après des années de teasing de la part du grand Astier, le tournage a été confirmé cette année et une date de sortie a même été donnée ! RDV donc en Octobre 2020 pour découvrir l’univers incroyable de Kaamelott sur grand écran et savourer le talent de notre Alexandre Astier adoré.

Et vous, vous avez déjà certaines sorties en tête ? Lesquelles vous attendez le plus? Dites moi tout !

En attendant 2020, profitez bien des derniers jours de 2019. On se retrouve très vite.

CALENDRIER DE L’AVENT #24 – Jeu des 7 familles 100% ciné/séries

Les fêtes de fin d’année c’est, pour certains, l’occasion de se retrouver en famille le temps d’un repas ou parfois même, pendant quelques jours. On retrouve tout le monde et on subit aussi tout ceux que l’on ne supporte pas. Qui n’a jamais rêvé d’échanger son oncle raciste contre un hippie coolos qui nous offre une cigarette sur le pas de la porte? Qui ne s’est jamais dit qu’il avait du être adopté tant sa famille ne lui ressemblait pas? Pour vous aider à faire face à cette épreuve, ou simplement pour vous donner une idée de jeu à faire avec vos proches : je vous propose de choisir votre nouvelle famille !

Aujourd’hui, je vous présente ma famille idéale, piochée dans mes films et séries préférés ! Je vous invite à faire de même afin d’avoir une famille de secours si la votre vous sort vraiment par les yeux ce soir ! C’est parti !

MES PARENTS

  • Morticia et Gomez Addams (La Famille Addams)

On peut difficilement faire plus stylé que des parents qui dansent le tango à chaque occasion et qui sont complétement fous ! Le couple Addams, fou amoureux, est aussi fou tout court et je pense qu’ils savent mettre l’ambiance comme il se doit. Lugubres, sans gêne, étranges et plein de surprises : les parents idéaux pour les fêtes.

MES FRÈRES

  • Joey et Chandler (Friends)

Existe-t-il au monde une meilleure bromance? Je ne crois pas. Joey et Chandler c’est la certitude d’avoir toujours de la bouffe à proximité et des barres de rires à foison. Ils savent faire la fête et mettre l’ambiance, ce qui donnera un coup de peps à la soirée. Joey sait danser, Chandler fait des blagues et surtout, ils savent s’habiller en circonstances. Costumes de lapin, de père Noël ou Spiderman : que demande le peuple?

Ils ont l’art de se faire remarquer : à dos de chien géant ou en canoé, il y a pas mieux en terme d’entrée fracassante. En plus de ça, ils sont extrêmement doués pour vous trouver les cadeaux les plus nuls de la terre. Entre les bracelets en or totalement ringards, les canettes de soda, les boites de préservatifs et les protèges WC : vous ne serez jamais au bout de vos surprises ! Et puis, si il n’y a personne pour mettre sa tête dans le cul d’une dinde c’est pas un vrai Noël si?

MON ONCLE ET MA TANTE

  • Gimli (Le Seigneur des Anneaux)

Un nain roux dans la famille, ça ajoute forcément du cachet ! Surtout lorsqu’il est aussi bourru, drôle et qu’il aime autant la bière que toi ! Et puis, un bon petit jeté de haches, ça met toujours de l’ambiance non?

  • Sybille Trelawney, professeur de divination à Poudlard (Harry Potter)

La tante étrange, célibataire et intrusive : on connait tous. Mais une tante qui peut vous prédire l’avenir avec une voix d’outre tombe, ça c’est autre chose. Sybille Trelawney pourra lire dans votre tasse de thé à la fin du repas et surtout, vous apprendre à voir le Sinistros ! Et puis, avec une petite coupe de champagne en trop, elle sera capable de prédire tout et n’importe quoi a tout le monde et ça peut donner une sacrée bonne ambiance ! De plus, Emma Thompson autour de la table, qui oserait refuser?

EMMA THOMPSON as Sybill Trelawney in Warner Bros.

MES GRANDS PARENTS

  • Grand-mère YETA de la série Une nounou d’enfer

Une grand-mère avec du style c’est quand même pas donné à tout le monde. Yeta, c’est la grand-mère parfaite. A moitié sourde donc elle entendra pas toutes vos bêtises et si vous lâchez votre plus grand secret en étant saoul elle ne s’en souviendra même pas le lendemain. Par contre, elle vous accompagnera dans votre alcoolisme et vos pas de danse incontrôlés. Une mamie comme ça, moi, je prends !

  • Hubert Barrère de Tartas (Hibernatus)

Un grand-père riche (enfin presque), totalement fou, hilarant et qui porte la moustache à merveille : c’est tout ce qu’il nous faut ! Hubert est insupportable et tellement drôle, avec lui, la famille ne pourra que passer une bonne soirée. Et puis, s’il est trop pénible, on sait qu’on peut le congeler !

J’espère que ma famille idéale vous a plu ! Elle est improbable et complétement folle mais c’est ça qu’on aime ! N’hésitez pas à partager vos propres idées en commentaires 😀

CALENDRIER DE L’AVENT #23 – Les acteurs/actrices qui ont marqué l’année

Les Oscars auront lieu en Février certes, mais pour ces derniers jours de l’année, j’avais envie de vous confier mes propres nominations. Et il y en a quelques unes qui risque de surprendre !

  • Olivia Colman pour The Favorite de Yorgos Lanthimos et The Crown S3 par Peter Morgan

Olivia Colman, c’est une des actrices qui m’épate le plus. Son charisme, son talent et sa prestance font d’elle une des actrices les plus impressionnantes de ces dernières années. Et cette année particulièrement, j’ai été ravie de la voir autant sur le devant de la scène et dans des personnages de haute gamme. Dans The Favorite, aux cotés de Rachel Weisz et Emma Stone, elle crève l’écran dans ce rôle de reine dépendante et colérique.

Olivia Colman dans The Favorite

On la retrouve quelques mois plus tard dans la saison 3 de The Crown où elle reprend le rôle de la reine Elisabeth II. Une prestation profonde et touchante qui m’a clairement confirmé mon amour pour Olivia Colman et son talent !

Olivia Colman dans The Crown Saison 3
  • Michael Sheen pour Good Omens

Dans mon top des séries 2019 (à lire juste ) on retrouve GOOD OMENS ! Cette série complétement folle portée par le duo David Tennant et Michael Sheen. Et ce dernier m’a complétement bluffé ! Je l’avais rarement vu à l’écran (contrairement à D.Tennant qui n’a plus rien à prouver) et j’ai été incroyablement séduite. Prestance, humour, talent : une belle surprise qui mérite grandement d’être mise en avant !

  • Christian Bale pour Vice de Adam McKay

Je vous en parlais dans ma critique complète du film (à lire ici) mais la prestation de Christian Bale dans le rôle de Dick Cheney m’a impressionnée. Au delà de la transformation physique qui est assez familière chez lui, c’est vraiment son appropriation du personnage qui m’a bluffée. Il interprête un monstre politique, sombre et profond. Avec une précision incroyable, Christian Bale prouve une nouvelle fois son talent fou et ses capacités de transformation.

  • Jodie Comer pour Killing Eve

Également présente dans mon top des séries de l’année, Killing Eve est vraiment une belle surprise. Mais celle qui m’a le plus charmée c’est la jeune Jodie Comer dans le rôle de Villanelle. Le personnage de tueuse à gage immature, touchante, drole et totalement folle lui sied à ravir. Certaines scènes sont incroyables et Jodie Comer montre un talent fou pour passer de la comédie au thriller en un rien de temps. Elle est touchante et hilarante mais aussi effrayante par moment.

La jeune actrice a déjà reçu de nombreux prix pour sa prestation et c’est amplement mérité. Son personnage est extrêmement bien écrit certes, mais sa prestation laisse véritablement admiratif.

  • Robert Pattinson pour The Lighthouse de Robert Eggers

Qui aurait cru que Robert Pattinson ferait un jour parti de ma sélection des acteurs marquants ? Je ne vous cache pas que je n’ai jamais vraiment apprécié cet acteur. Sans parler forcément de ses débuts qui l’ont suivi pendant trop longtemps, il ne m’a jamais vraiment touché. Et cette année, dans The King notamment, il m’a de nouveau laissé de marbre. Comment se fait il alors que sa prestation dans The Lighthouse m’ait surprise à ce point? Ma critique du film vous expliquera peut être plus en détails mon avis.

En effet, dans le dernier film de Eggers, Robert Pattinson partage l’affiche avec le grand Willem Dafoe et crève l’écran à sa façon. Je l’ai trouvé extrêmement juste et impressionnant dans cette descente aux enfers et cette appropriation de la folie. Une belle prestation que je me devais de mettre en avant!

  • Adam Driver pour Marriage Story de Noah Baumbach

Ce film, diffusé sur Netflix depuis le début du mois de Décembre, a été une véritable révélation. Je n’ai pas eu le temps d’en parler plus longuement mais croyez-moi, il vaut le coup d’oeil. Marriage Story raconte l’histoire d’un divorce, d’un couple qui se sépare, qui s’aime mais ne s’entend plus, qui subit son histoire et souffre des rouages des sentiments. Noah Baumbach nous propose un récit fort, profond mais finalement plein d’espoir. Et pour porter cette fable romantique et parfois fataliste, le réalisateur a misé sur deux monstres du cinéma. La merveilleuse Scarlett Johansson et le grand Adam Driver. Pour l’une, c’est une nouvelle fois un coup de maitre tant son talent et sa douceur explosent à l’écran. Pour l’autre, c’est une preuve (s’il en fallait une nouvelle) qu’il fait partie des grands acteurs de sa génération. Adam Driver propose une interprétation quasiment parfaite de cet homme aux défauts et aux fêlures immenses. Deux scènes sont particulièrement impressionnantes : celle de la dispute et celle du chant. L’acteur crève l’écran dans une simplicité déconcertante.

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  • Lupita Nyong’o pour US de Jordan Peele

Pour finir, je voulais absolument revenir sur US de Jordan Peele. Le film n’a pas fait l’unanimité mais, pour ma part, je lui ai trouvé de nombreuses qualités. J’ai même écrit un dossier complet sur le cinéma de Jordan Peele, que vous pouvez lire juste ici.

Cependant, ce qui nous intéresse ici c’est son interprète principale. Lupita Nyong’o joue ici deux rôles bien distincts et qui, pourtant, se ressemblent trait pour trait. Dans le film, elle se retrouve face à son double maléfique. Elle endosse alors à l’écran le rôle d’une mère de famille forte mais fragile et d’une sorte d’entité malfaisante et dérangée. Une sacrée prestation qui laisse véritablement admiratif !

J’espère que ma sélection vous a plu. N’hésitez pas à me partager vos coups de coeurs de l’année ! On se retrouve demain pour l’avant-dernier article de mon calendrier de l’avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #22 – Ma playlist 100% ciné pour s’ambiancer en famille

Les derniers jours avant Noël sont enfin là, et mon calendrier de l’Avent touche bientot à sa fin ! J’avais donc envie de vous faire un petit cadeau !

Les fêtes c’est bien, mais avec de l’ambiance c’est mieux non? En famille, entre amis, en amoureux ou en solo : on a tous envie et besoin de s’éclater ! Et quoi de mieux qu’une bonne playlist déjà faite avec amour et passion ?

TADAAAAA ! Je vous ai concocté une playlist 100% cinéma, 100% ambiance, 100% plaisir ! Tous les titres les plus cultes, les plus cools, les plus joyeux pour vous faire danser sur la table avec mamie ! Vous pouvez déjà l’écouter et vous ambiancer tout seul dans votre salon, promis c’est aussi fait pour ça !

De Grease à Baby Driver en passant par Good Morning Vietnam, Kill Bill ou encore Chungking Express: il y a de tout et croyez moi, je me suis éclatée à vous choisir tout ces titres ! Près de 4h de folie rien que pour vous !

La playlist est disponible sur Spotify juste LA !

N’hésitez pas à la partager autour de vous. Et surtout, dites moi si ce petit cadeau vous plait !

CALENDRIER DE L’AVENT #21 – Les plus belles affiches de l’année

Dernier week-end avant les fêtes et vous ne savez toujours pas quoi offrir ? Je vous ai déjà fait une liste d’idées cadeaux pour cinéphiles à retrouver juste ici, mais aujourd’hui, pour les cadeaux de dernières minutes ou juste pour vos beaux yeux, je vous ai concocté ma sélection des plus belles affiches de l’année !

Car oui, les affiches font partie du marketing autour des films ou séries, mais elles sont souvent aussi de véritables œuvres d’art. Et dans certains cas, l’affiche est bien plus réussie que l’œuvre en elle même ! Que j’ai aimé le film ou non, certaines affiches m’ont marqué et m’ont beaucoup plu.

Je vous laisse avec, à mon sens, les plus belles affiches de 2019 !

Et vous, quelles ont été les affiches qui vous ont le plus marqué? On se retrouve demain pour une case très spéciale !!!

CALENDRIER DE L’AVENT #20 – Les épisodes de séries spécial fêtes (grands et petits)

Plus que 5 jours avant Noël ! Les vacances de fin d’année sont également propices à se vautrer dans son canapé (seul, en famille, entre amis, en amoureux … avec son chat) devant nos séries préférées ! Le hiatus hivernal, cette coupure pendant les fêtes, nous prive généralement de nouveaux épisodes ou des suites de nos séries préférées. Cependant, quelque soit votre série adorée, vous pouvez être sûr qu’il existe un épisode spécial de Noël ou des épisodes se déroulant durant les fêtes.

Je vous ai donc concocté une petite sélection des meilleurs épisodes de cette période. Et croyez moi, certains ont une magie de Noël bien particulière ! C’est parti !

BLACK MIRROR / Saison 2, Ep 4 « White Christmas »

Je ne vous ai jamais dis que cette sélection serai uniquement pleine de joie ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis ! Mais l’un des épisodes se déroulant pendant les fêtes qui a le plus marqué l’histoire des séries c’est certainement celui là. L’épisode White Christmas de la série Black Mirror mettra n’importe qui mal à l’aise. La série, connue pour être anxiogène, anticipatrice et futuriste nous plonge cette fois dans les extrêmes de la technologie et notamment de l’intrusion de cette dernière dans notre vie privée. Avec l’excellent Jon Hamm en personnage principal, White Christmas remet en cause notre utilisation poussée à l’extrême des technologies et nous questionne sur le monde actuel. Une excellente opportunité de mettre un grand froid dans la pièce avant d’entamer le diner de Noël !

Plaisanterie mise à part, cet épisode est un excellent moyen de discuter ensuite en famille ou avec ses amis de certains sujets. Et au delà de ça, c’est encore une fois une prouesse de la série. A voir absolument.

Mais promis, après ça, on retrouve une ambiance un peu plus légère.

DOCTOR WHO / Christmas Spécial

Restons dans les mondes parallèles avec les épisodes spéciaux de la série culte Doctor Who. Depuis son retour sur les écrans en 2005, il n’y a pas un seul Noël sans l’épisode spécial. Parfois totalement indépendants de la série et d’autres intimement liés à l’intrigue de la saison suivante par exemple. Pour les fans de la série il y a donc de quoi faire pendant les fêtes puisqu’il existe une dizaine d’épisodes de Noël. Mais l’un de mes favoris est sans nul doute celui de 2007 dans lequel le Docteur (joué à l’époque par le grand David Tennant) rencontre la belle Astrid (incarnée par Kylie Minogue) et l’embarque dans ses aventures. Un Titanic spatial, une rencontre et un Docteur fou : que demande le peuple?

NEW GIRL / Saison 1 Ep 9 « Le râteau de Noël »

La colocation la plus stylée du petit écran fête Noël dans cette première saison et autant dire que ça vaut le détour ! Schmidt, Cece, Winston, Nick et Jess se retrouvent tous pour une soirée forte en émotions … et en ruptures ! Un épisode hilarant et touchant : tout ce qu’on aime pour les fêtes.



THE BIG BANG THEORY / Saison 2 Ep 11 « Les Cadeaux de Noël »

Dans cet épisode intitulé « The Bath Item Gift Hypothesis » en version originale, la série renvoie Sheldon à ses inaptitudes sociales via un dilemme aigu : le moindre cadeau de Noël offert implique qu’un cadeau soit offert en retour… L’un des épisodes les plus drôles et touchants, avec ce rapprochement improbable avec Penny, leur jeune voisine qui lui offre le plus beau des cadeaux !

FRIENDS

Ceux qui me connaissent sont déjà en train de lever les yeux au ciel en se disant « encore?! » mais oui, FRIENDS, est certainement la série que j’ai le plus visionné de toute ma vie et je ne pouvais pas finir cette sélection sans parler de ses nombreux épisodes de Noël. Drôles, divertissants et nombreux surtout (en 10 saisons, ils ont vécu pas mal de Noël évidemment). Entre déguisement improbable, dessert raté, dinde sur la tête et danse culte : il y a de quoi faire. Un récap de tous les épisodes de Noël a été posté sur la chaine de Netflix juste ici. Mais voici mon podium avec mes trois épisodes préférés !

Saison 6 épisode 10 : celui qui souhaitait la bonne année

Un épisode sur le Nouvel An, où Ross et Monica dansent la fameuse « Routine ». Mémorable !

Saison 7 épisode 10 : Celui qui se déguisait

Dans cet épisode de Noël, Ross tente d’expliquer à son fils les traditions juives. Un des nombreux épisodes costumés mais surement l’un des meilleurs !

Saison 5 Ep 8 : Celui qui avait des souvenirs difficiles à avaler

Épisode où chacun se rappelle son pire Thanksgiving avec cette scène incroyable de Joey et cette dinde sur la tête. Un épisode de fêtes où on en apprendra énormément sur chacun d’entre eux et qui finira par une scène devenue culte où Monica danse avec une dinde sur la tête devant Chandler qui lui avoue ses sentiments pour la première fois.


Et pour les enfants?

Si vous souhaitez leur proposer une petite pause devant la télé, sans vous lancer dans un film de 2h avec plein de chansons insupportables ! J’ai pensé à vous aussi avec quelques idées de mon enfance.

LES ZINZINS DE L’ESPACE –  » Profession : Père Noël « 

Je ne sais pas si c’est toujours diffusé, mais c’était l’une de mes séries préférées quand j’étais enfant ! Et cet épisode est vraiment très drôle.

PRINCESSE SARAH – Épisode 46 « Au Revoir Sarah »

Plus classique mais tout aussi chouette pour les enfants, cet épisode raconte le Noel de Sarah à Londres puis au pensionnat où elle fera une surprise à ses amis !

LES SCHTROUMPFS – « Le Miraculeux Noël des Schtroumpfs »

Un classique efficace de ma génération, les aventures des Schtroumpfs sont toujours un plaisir pour les enfants. Cet épisode spécial Noël est vraiment réussi !

J’espère que cette sélection pour petits et grands vous aura plu ! Passez un bon week-end ! On se retrouve demain pour la suite du calendrier de l’Avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #19 – Hommage 2019

Chaque année amène son lot de disparitions et forcément, plus on vieillit, plus nos « idoles » aussi ! Après avoir perdu Jean Rochefort en 2017, j’ai également eu le cœur très serré cette année.

Retour sur ceux qui nous ont quitté en 2019 et qui ont marqué mon histoire avec le cinéma !

Michel Aumont 1936 – 2019

Ce grand acteur français a eu une carrière phénoménale. Dès les années 70 jusqu’en 2019 inclus, il faisait partie de la génération d’acteurs français attirée par le cinéma et le théatre. Un acteur que j’ai découvert lorsque j’étais très jeune, principalement dans les films de Francis Veber dans les années 2000, que j’adorais. Le Placard, L’emmerdeur ou encore La doublure : Michel Aumont m’a régalé à chaque fois, et j’aurais adoré le voir au théatre.

Anémone 1950 – 2019

Son pseudo vient de son premier film, réalisé par Phillipe Garrel en 1968 : Anémone.

De son vrai nom, Anne Bourguignon, l’actrice est surtout connue pour être membre de la troupe du Splendid et pour son rôle dans la pièce (puis le film) Le père noël est une ordure qu’elle crée en 1979 et dont le personnage de Thérèse restera dans les mémoires. Actrice adorée des français elle enchaine alors une longue carrière dans la comédie puis dans le théatre. Respectée pour ses positions sur l’écologie, elle résidera toute sa vie à la campagne et étonnera toujours par son esprit et son humour sur les plateaux télé.

Jean-Pierre Marielle 1932 – 2019

Sentiment de tristesse infini lors de la disparition de cet immense acteur. Membre d’un trio que j’ai toujours adoré avec le très grand Jean Rochefort et Jean Paul Belmondo.

Alternant théatre, cabaret et cinéma dans des registres totalement différents, il est devenu une véritable référence dans le cinéma français. Son rôle de marquis dans le film de Bertrand Tavernier Que la fête commence (1974) m’a profondément marqué. Mais je l’ai surtout beaucoup vu dans les comédies de Claude Berri, Lautner ou Leconte. Notamment son rôle incroyable dans Les Grands Ducs aux cotés de Jean Rochefort. Un duo que j’aimais énormément. Un monument du cinéma français pour ma part, que j’ai eu beaucoup de mal à voir disparaitre.

Que la fête commence (1974)
Les Grands Ducs (1996)

Agnès Varda 1928 – 2019

Que dire pour qualifier cette immense femme?

Agnès Varda, c’était la créativité, l’humanité et l’amour de l’art. Elle nous a tellement appris qu’il serait impossible de tout citer. César, Lion d’or et Palme d’or : la réalisatrice a su imposer son regard sur le monde et partager des émotions incroyables.

Cléo de 5 à 7, Sans toit ni loi, Les Glaneurs et la Glaneuse et j’en passe, nombreuses sont les oeuvres de Varda qui ont marqué les esprits. Fiction, documentaire, photographie : tout support artistique était bon pour explorer et faire parler l’image.

(230727) Film director Agnes Varda. (Photo by Micheline PELLETIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Très engagée, elle a participé au mouvement pour la parité et l’égalité dans l’industrie du cinéma en lisant un texte très fort sur les marches du Festival de Cannes en mai 2018. L’une des rares femmes à avoir obtenu la célèbre Palme d’or, elle regrettait que les femmes ne soient pas assez représentées. Pour en savoir plus sur ce texte, vous pouvez lire mon article sur les femmes au cinéma juste là.

En France mais aussi aux Etats-Unis (où elle a carrément rencontré Jim Morrisson), Agnès Varda a séduit le monde par sa douceur, son regard, son engagement et ses œuvres.

Le festival de cannes lui a rendu hommage en lui consacrant son affiche de l’édition 2019. Avec une photo prise sur le tournage de son premier film, La pointe courte lorsqu’elle avait 26 ans en 1954.

Une grande femme d’art qui a su se faire une place et qui restera dans l’Histoire.

Il y en a eu d’autres évidemment comme Jean-Pierre Mocky, grand réalisateur français ou Anna Karina que l’on ne peut pas oublier, mais je voulais vraiment revenir sur les personnalités du cinéma qui m’ont marqué dans ma relation avec cet art et dans mon histoire cinéphile. On se retrouve demain pour une nouvelle case, un peu plus joyeuse !

CALENDRIER DE L’AVENT #17 – Les ratés de l’année coté séries

Après ma sélection des flops de l’année coté cinéma, je me suis posée la question pour les séries. Force est de constater que j’ai été moins déçue de ce coté là. Cependant, il y a quand même eu de sacrées prises de tête, vous savez, ce moment où vous vous dites : MAIS POURQUOI?

Retour sur les 5 séries qui m’ont déçue cette année !

13 REASONS WHY (S3) de Brian Yorkey

La série, adaptée du roman de Jay Asher, a créé de nombreux débats depuis sa diffusion en 2017. Pour ma part, j’avais beaucoup aimé la première saison qui, à mon sens, réussissait à parler correctement du harcélement scolaire et sexuel, de la depression, de la solitude et du suicide. Malheureusement, les saisons suivantes ont été de bien moindre qualité et la troisième (et dernière en date) a prouvé que la série était allée au bout de ses limites. Le discours n’est plus du tout le même, en voulant lisser les choses, les créateurs en ont fait une série inintéressante, ambigue et plus du tout engagée. Dommage.

RIVERDALE S4 de Roberto Aguirre-Sacasa

Alors cette série, c’est une longue et sacrée histoire. Ce n’est pas une déception puisque désormais tout le monde sait à quoi s’attendre en regardant Riverdale. Cette série diffusée depuis 2017 a commencé avec une petite bande d’amis qui se retrouvent dans des situations improbables pour leur age. Un scénario classique de teen-movie qui s’est vite transformé en melting pot de toutes les élucubrations des créateurs. La saison 4 est de loin celle qui m’a le plus fait rire tant le scénario n’a plus aucune limite. Les personnages sont tous de plus en plus insupportables, la série est une caricature d’elle même, les intrigues sont absolument incroyables et surtout, il n’y a plus aucune intention de proposer un contenu qualitatif mais plutôt de foncer tête baissée dans le « n’importe quoi ». A savoir que désormais, Riverdale est devenue la risée de tous. Même la plateforme s’amuse des intrigues, quant au casting, les nombreuses interviews où on les voit totalement dépassés par ce qu’ils font sont à mourir de rire. En bref : si Riverdale a sa place dans ce flop c’est simplement parce qu’elle n’a absolument plus rien à dire et qu’elle me fatigue. Mais je salue malgré tout le courage des créateurs, du casting et de la plateforme pour assumer autant un projet qui s’est clairement perdu en cours de route.

GAME OF THRONES (S8) de David Benioff et D. B. Weiss

J’étais obligée de vous parler de Game Of Thrones. Malheureusement, si on parle de déception au sens littéral du terme, c’est certainement la seule de cette année de cette envergure. La série, comme pour beaucoup, est pour moi l’une des plus révolutionnaires de ces dernières années. Elle a ouvert la voie à une nouvelle forme de qualité sur le petit écran en faisant clairement concurrence au cinéma tant certaines séquences étaient fabuleuses. L’histoire de George R.R Martin, le casting, la réalisation et ce générique devenu culte : cette série restera dans les annales. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et celle de Game Of Thrones en a déçu plus d’un.

L’ultime saison de la série, diffusée au printemps dernier, a totalement plombé le public. En proposant une dernière saison décousue, sans réel impact, avec des erreurs monumentales et une fin à couper au couteau : les créateurs de la série ont bâclé l’une des fins les plus attendues du petit écran. Dommage, pour la plupart, on ne retiendra que 7 saisons de Game Of Thrones.

THE SOCIETY créée par Christopher Keyser

Sa Majesté des mouches de William Golding version adolescents privilégiés privé de tout ça vous tente? Et bien n’y courrez pas trop vite. J’en avais un peu parlé à l’époque juste , mais après réflexion, c’est vraiment l’une des séries qui m’est resté en tête et pour de mauvaises raisons. J’ai même tenté de la visionner à nouveau mais j’ai très vite abandonné. Clichés, tension presque inexistante et scénario caricatural : c’est un grand non.

NOUS LA VAGUE par Anca Miruna Lăzărescu, Mark Monheim

Dans la catégorie « adaptation ratée » je vous présente la dernière en date : Nous, la vague. La série s’inspire de « la troisième vague », l’expérience du professeur Ron Jones menée en 1967 sur l’autocratie. Un film, sorti en 2008 et réalisé par Dennis Gansel, avait fait grand bruit et avait même été étudié dans de nombreuses classes. Malheureusement, cette série n’a absolument rien à voir avec les précédentes adaptations de cette étude. On retrouve un groupe de 5 jeunes souhaitant un monde « meilleur ». Caricatures, scénario mou, histoire d’amour et pseudo révolution : la série n’est pas au clair avec son discours ni avec ce qu’elle tente de provoquer chez le spectateur. Pour ma part, à par l’ennui et l’incompréhension, je n’ai pas ressenti grand chose. Et l’une des choses qui m’a le plus surprise (et déçue) c’est que la série est produite par … Dennis Gansel lui même.

Ce fut une année assez soft quant aux déceptions du petit écran ! Si vous souhaitez découvrir les séries qui m’ont, au contraire, vraiment plu cette année, c’est juste .

CALENDRIER DE L’AVENT #16 – Mes 12 plus gros flops de l’année / Cinéma

Aujourd’hui, pour la dernière semaine avant les fêtes, j’ai décidé de m’amuser un peu! Après ma rétrospective des plus belles surprises de l’année coté ciné (à découvrir par ici) , je me suis penchée sur les déceptions que j’ai pu avoir en salles ! Et autant vous dire qu’au début de l’année, je n’aurais jamais pensé que certains titres auraient eu leur place dans cette sélection !

Retour sur les 12 films qui m’ont laissé de marbre en 2019.

On enlève le suspens maintenant?

Ma plus grosse déception de l’année revient au JOKER de Todd Phillips. A contre courant d’une bonne partie de la critique et du public, j’ai vraiment eu du mal à comprendre l’engouement autour de ce film qui est truffé de défauts à mon sens. Ma (longue) critique complète est toujours dispo sur le blog (juste ici) si vous voulez comprendre pourquoi ce film est dans cette liste. Lion d’or pour Phillips certes, mais grosse déception pour ma part !

Ma tête devant JOKER de Todd Phillips

On continue avec un autre film que j’attendais depuis longtemps et qui a reçu, cette fois, un accueil bien plus mitigé. Il s’agit de GLASS de Mr. Night Shyamalan. La suite de Incassable (2000) et Split (2017) était attendue de tous et n’a pas fait l’unanimité. Pour ma part, malgré une belle promesse, ce fut une grosse surprise … et une grosse déception. Mon avis complet est également à lire juste .

Le troisième sur la liste c’est un film dont je me méfiais déjà un peu. Il faut savoir que ma relation avec Bruno Dumont est très compliquée donc je me doutais un peu de l’issue de ma séance. Et cela n’a pas manqué : JEANNE (de Bruno Dumont) a atterri directement dans cette sélection. Peut-on parler de déception? Pas vraiment mais en tout cas, c’est l’une de mes séances de cinéma les plus douloureuses de l’année !

Dans la catégorie des films que j’ai décidé d’aller voir malgré mon appréhension on retrouve le dernier film de Bertrand Blier : CONVOI EXCEPTIONNEL. Une catastrophe en tout point qui m’a même mise en colère (pour savoir pourquoi, c’est par ici) et que j’aurais presque pu mettre en numéro un !

Déception surprenante face a MALEFIQUE : LE POUVOIR DU MAL de Joaquim Ronning. Le premier volet m’avais plutôt séduite lors de sa sortie en 2014 et j’étais donc assez intriguée par la suite. La réalisation, la photographie et Angélina Jolie : tout était vraiment bien géré dans le premier film. Mais alors ce second volet … un ennui mortel ! Aucun rythme, un montage insupportable, un scénario qui ne tient pas debout et une réalisation franchement mauvaise : le changement de réalisateur a eu ma peau et c’est un grand non !

Pour celui là, je dois avouer que je ne peux m’en prendre qu’à moi même. Amoureuse de Guillaume Gallienne et de Georges Feydeau, j’étais intriguée et excitée par une adaptation de cette fameuse pièce sur grand écran. Erreur ! LE DINDON de Jalil Lespert est un condensé de clichés, une adaptation fumeuse et absolument pas drôle qui a eu pour effet de m’ennuyer au maximum. Dommage !

Je n’avais pas vraiment d’attente particulière pour ce film, mais j’étais extrêmement intriguée de voir ce qu’il allait donner. Malheureusement, CAPTAIN MARVEL de Anna Boden n’a pas donné grand chose. Au contraire, il m’a pris plus de 2h de mon année. Clichés, feminisme mal dosé, scénario inintéressant montage épileptique et actrice absolument insupportable : c’est un gros flop pour ce marvel au féminin !

Un cluedo géant avec un casting (semblait-il) cinq étoiles, réalisé par Rian Johnson, auteur du dernier Star Wars, cela ne pouvait-il pas être la promesse d’un bon divertissement? Et bien non ! A COUTEAUX TIRES de Rian Johnson est un film de série policière bas de gamme, incohérent et inconsistant. Malgré un casting qui fait plaisir (Daniel Craig, Chris Evans, Jamie Lee Curtis, Toni Collette, Don Johnson, Michael Shannon, LaKeith Stanfield, Katherine Langford, Jaeden Martell et Christopher Plummer), le film s’embourbe dans un ennui profond sans aucun rythme avec un Daniel Craig absolument méconnaissable et très mauvais.

Quentin Tarantino l’a nommé « meilleur film de l’année » et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ! CRAWL de Alexandre Aja est un film d’une originalité proche de zéro, avec un scénario déjà vu des dizaines de fois et avec un casting sans grand charisme (Kaya Scodelario) : on s’ennuie très rapidement. Alors certes, c’est rare pour du cinéma français et la réalisation n’est pas mauvaise mais bon dieu, c’est à peine divertissant et totalement inintéressant.

Le retour de Luc Besson en a fait grincer plus d’un, mais pour ma part, j’étais ravie de le retrouver sur grand écran ! C’était sans compter un échec cuisant pour ANNA. Luc Besson rate son retour avec un film encore une fois très ennuyeux et qui n’a rien à raconter. Une grosse déception qui donne du grain à moudre à une bonne partie de la critique, malheureusement.

Premier film vu à Cannes et … première déception sur la croisette ! ZOMBI CHILD de Bertrand Bonello (dont je vous ai parlé juste ) a un scénario vraiment intéressant et j’ai trouvé passionnant d’écrire ma critique sur ce film. Malheureusement, le regarder a été une sacrée épreuve et il ne fonctionne pas du tout. Bonello nous perd totalement et le casting n’est vraiment pas convaincant.

Certains gros films de l’année ne sont pas sortis en salles mais directement sur Netflix, et parmi eux : THE KING de David Michod. Avec un casting à 80% français (Timothée Chalamet et Lily-Rose Depp) et une photographie incroyable, le film semblait promettre une sacrée belle expérience. Malheureusement, à part le talent du jeune Chalamet que je trouve effectivement assez bon, le film ne fonctionne pas du tout. Le rythme est inconsistant, le scénario très peu fourni et pas assez fort, le casting assez mauvais et le montage extrêmement mou. En bref, un ennui profond pour une histoire qui n’intéresse personne !

Ce sera tout pour cette année et c’est déjà pas mal ! Et vous, avez-vous eu des déceptions ou des ennuis profonds en salles cette année? Dites moi tout, je suis très curieuse ! On se retrouve demain pour le coté séries ! Bonne semaine !

CALENDRIER DE L’AVENT #15 – Le genre fête Noël

Aujourd’hui, pour la 15e case du calendrier de l’avent, et après avoir parlé de la place des femmes dans l’industrie du cinéma hier, j’avais envie de vous présenter une petite sélection des films de Noël par genre : comédie romantique, action, horreur etc. Un thème un peu plus léger qui peut vous aider à choisir votre film du dimanche soir ! C’est parti !

Love Actually (2003)

L’amour est partout, imprévisible, et peut faire pas mal de dégâts. Ce film gravite autour des relations personnelles des protagonistes, qui tout en apparence ne se connaissent pas. En cette période de Noël, ils vont devoir surmonter leurs difficultés, comme tomber amoureux ou se séparer. Parmi les protagonistes, nous avons le premier ministre britannique qui tombe amoureux, le fils de Liam Neeson qui tombe amoureux pour la première fois, un écrivain amoureux de son assistante Portuguaise, etc. Ces vies et ces amours vont finir par se croiser et se rapprocher.

La comédie romantique est le genre préféré des films/feuilletons de Noel, mais il y a un film qui, depuis 15 ans, est devenu indétronable dans le genre : LOVE ACTUALLY de Richard Curtis. Film chorale sur l’amour et ses déboires avec des scènes devenues cultes comme celle des pancartes ! A revoir sans modération.

La Vie est Belle (1946)

Après le décès de son père, George Bailey, qui a passé sa vie à aider les plus démunis, reprend l’entreprise familiale de prêts à la construction qui a pour but d’aider les plus déshérités à se loger. Il entre en conflit avec l’homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts afin de s’accaparer les entreprises entières de la ville et de ce fait, la petite entreprise modeste de George Bailey. Mais la veille de Noël, ce dernier égare 8000 dollars qu’il devait déposer à la banque et sous le coup du désespoir, pense au suicide. C’est alors qu’un ange ayant perdu ses ailes arrive dans la vie de George Bailey, et devra l’aider à se sortir de cette mauvaise passe afin de récupérer ses ailes.

Un drame fantastique culte réalisé par Frank Capra , La vie est belle est l’un des plus vieux films traitant de la période de Noel avec autant d’élégance et de fantaisie. Un classique du cinéma américain qui est rediffusé sur les chaines américaines tous les ans !

Le Pôle Express (2004)

Un jeune garçon doutant de l’existence du père noël embarque la veille de noël dans un mystérieux train à destination du Pôle Nord. Le garçon rejoint d’autres enfants alors qu’ils se préparent à voyager pour rencontrer le père noël. Pendant le voyage et à mesure que le train s’enfonce dans les contrées enchantées, les passagers vont vivres des aventures extraordinaires et prendre conscience de l’ampleur de leurs dons.

Robert Zemeckis signe avec Le pole express, un film d’animation très particulier. Le dessin presque trop réaliste m’a souvent fait assez peur, mais le film reste un classique des périodes de Noel et son histoire est toujours aussi magique.

Die Hard: Piège de Cristal (1988)

John McClane, de la police New Yorkaise prévoit de se réconcilier avec sa femme dont il est séparé depuis plusieurs mois, pour les fêtes de Noël. Quelques minutes après qu’il arrive au bureau de cette dernière afin de célébrer les fêtes au siège de l’entreprise, le bâtiment entier est submergé par un groupe de terroristes. Avec le peu d’aide reçue par la police de Los Angeles, John McClane va devoir prendre les choses en main pour sauver les otages.

Certains pourront se demander ce que fait un film d’action de John McTiernan dans cette sélection. Et bien sachez que Die Hard : Piège de Cristal provoque la polémique à ce sujet. Pour beaucoup, il se passe pendant la période de noël, il y a une ambiance de noël et il respecte la règle principale des films de noël, c’est à dire la famille: John McClane cherche à sauver son couple. La 20th Century Fox est rentrée dans le jeu et a également posté l’année dernière une bande annonce spéciale Noël, à retrouver ici, bien que tous les amateurs ne s’accorderont pas sur ce point, fans et Bruce Willis y compris, ayant déclaré lui même que le film n’était pas un film de Noël. Trop tard! Si la Fox proclame Die Hard comme film de Noël, c’est qu’il en est un!

Scrooged (1988)

Dans cette version moderne de A Christmas Carol (Un Chant de Noël) de Charles Dickens, on retrouve Frank Cross, carriériste dont l’ambition, la froideur et la nature imperturbable a fait fuir l’amour de sa vie Claire Phillips et terrorise tous ses collaborateurs. Après avoir remercié l’un d’entre eux la veille de Noël, Frank Cross est visité par trois esprits de Noël : chacun d’entre eux va lui donner une chance de réévaluer ses actions et réparer les erreurs de son passé.

Cette comédie fantastique de Richard Donner avec le grand Bill Murray est un film qui a vieillit mais qui me fait toujours autant rire. Le fantastique mêlé au réel, dans un film de Noel particulier mais que je vous conseille vivement de voir ou revoir !

Krampus (2015)

Un jeune garçon perd l’esprit de Noël, voyant sa famille se disputer avec l’arrivée des fêtes. Il va s’attirer les foudre de Krampus, démon ancestral païen qui punit les plus réfractaires lors de la période de Noël. Alors que Krampus assiège la maison de la famille Engel, chaque membre de la famille va devoir s’entraider pour se sauver les uns des autres d’un destin terrible.

Michael Dougherty entre dans cette sélection avec un film d’horreur, basé sur la légende du Père Fouettard. Eh oui, Noel c’est aussi fait pour frissonner en famille ! Un film d’horreur avec une créature bien décidée à vous faire payer vos écarts !

J’espère que cette petite sélection de films de genre vous a plu ! D’autres idées? N’hésitez pas à les partager en commentaires ! Bon dimanche à tous et à demain, pour la dernière semaine avant Noel !

article co-écrit par Candice G.

CALENDRIER DE L’AVENT #14 – Et les femmes dans tout ça?

Je vous en ai déjà parlé de nombreuses fois mais pour ceux qui ne le savent pas, cette année je me suis beaucoup intéressée à la place des femmes dans l’industrie du cinéma, français et international. La parité, la diversité, la représentation des femmes dans les œuvres et leur place dans les salles : tous ces aspects m’ont interrogés. J’avais donc envie, pour ce 14e jour du Calendrier de L’Avent, de faire un petit récapitulatif de ce que j’ai pu voir en 2019 à ce niveau là.

Je ne parlerai pas de #metoo dans cet article, ni des déclarations de Adèle Haenel, même si j’aurais beaucoup à dire, ce n’est pas par ce biais que j’avais envie de traiter le sujet aujourd’hui.

En essayant de faire un parallèle avec l’international autant que possible, je vais baser mon analyse principalement sur le cinéma français. C’est parti !

Les femmes derrière la caméra

Une chose m’a saisie lorsque j’ai commencé à m’intéresser de plus près a cette problématique, c’est le nombre de noms de réalisatrices que je connaissais et dont j’avais entendu parler. Il y en avait très peu. Cette année, je me suis donc dis que si on ne mettait pas en avant ces femmes, je devais les trouver et les découvrir moi même. Et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que de nombreuses œuvres, incroyables ou non (le fait qu’une œuvre soit réalisée par un genre particulier ne détermine pas sa qualité soyons clair), étaient en réalité réalisées par des femmes à travers le monde.

Cette année, en France, il y a eu plus de 23,3 % des films qui ont été réalisés par des femmes. On note une augmentation de plus de 60% en 10 ans. A l’échelle de l’Europe, la proportion de films réalisés par des femmes est plus importante dans les pays scandinaves par exemple (quasiment 30%).

Pour vous donner une idée plus précise du nombre de films réalisés par des femmes, prenons les chiffres du Prix Alice Guy. Ce prix, dont la première édition a eu lieu en 2018, récompense le meilleur film français (et/ou francophone) réalisé par une femme (sorti lors de l’année écoulée) grâce aux votes des internautes et un jury de professionnels (paritaire). Cette année, plus de 91 films concourraient. Ce qui signifie qu’il y a eu AU MOINS une centaine de films français ou francophones réalisés par des femmes cette année. La question que l’on peut se poser c’est : combien en avez vous vu? Combien ont été mis en avant ? Combien ont-ils, ne serait-ce que porté à votre connaissance?

Les cinq films finalistes étaient Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Eric Métayer, Un amour impossible de Catherine Corsini, Pupille de Jeanne Herry, Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher et A 2 heures de Paris de Virginie Verrier. C’est finalement Catherine Corsini qui a été sacrée meilleure réalisatrice pour Un amour impossible avec la grande Virginie Effira.

Malheureusement, en terme de production, le budget moyen donné aux films français réalisés par des femmes n’a augmenté que de 4% en 10 ans. Ce budget reste inférieur de plus de 2 millions d’euros à celui des films réalisés par des hommes. La prise de risque est-elle plus importante lorsque l’on produit un film réalisé par une femme? Cette différence reste quand même assez scandaleuse. Surtout lorsque l’on sait que le salaire moyen des réalisateurs est toujours aussi élevé par rapport à celui des réalisatrices, pour un même poste. Une étude du CNC, publiée en Mars 2019, montre que l’écart de salaire entre les hommes et les femmes à un même poste, dans l’industrie du cinéma est toujours aussi important. Une réalisatrice (pour un long-métrage de fiction) gagne 40% de moins qu’un homme pour le même poste. Il y a encore du travail de ce coté là !

Je vous laisse un lien qui liste un grand nombre des films sortis en 2019, réalisés par des femmes (international) : ici.

La diversité au sein de l’industrie (festivals, équipe technique etc)

Lors de mon passage, pour la première fois, au Festival de Cannes, je me suis demandée ce qu’il en était de la diversité au sein de ce type d’évènements notamment. Et le résultat n’est pas fameux.

Cette année notamment, seulement 4 films sur les 21 en compétition officielle étaient réalisés par des femmes. En ce qui concerne le jury, la parité était un peu plus au rendez-vous avec 4 femmes sur 11. On retrouve la même inégalité lorsque l’on regarde les récompenses, avec seulement 12 femmes contre 260 hommes. Comme je le disais plus haut, je ne suis pas fervente de la parité au détriment de la qualité, cependant, lorsque l’on voit le nombre d’œuvres réalisées chaque année par des femmes et la proportion de femmes représentées en festival, il y a quand même un soucis. En comparaison, le nombre d’œuvres réalisées par des hommes et leur représentation dans ce type de manifestation est quand même extrêmement plus cohérente.

En réponse à ce manque dans les festivals les plus connus, depuis quelques années, il y a de nombreuses manifestations indépendantes qui se créent pour récompenser les femmes. Notamment le Prix Alice Guy dont je vous parlais juste au dessus qui permet de représenter presque une centaine de femmes réalisatrices sur l’année ou encore le festival Femmes en Cinéma à Paris. Un festival, créé en 1979, a pour but de récompenser et de mettre en avant les femmes réalisatrices du monde entier. Films de Femmes a lieu à Créteil depuis près de 40 ans et fait en sorte de mettre en avant le travail des femmes sur les courts-métrages, les films de fiction mais aussi en documentaire.

En ce qui concerne l’industrie interne (équipe technique, distribution, exploitation) l’écart de représentation est plus faible. Dans la production cinématographique de fiction, les femmes représentaient en 2016, 43,2% des effectifs contre 40,8% en 2009. On note que les postes occupés majoritairement par des femmes sont toujours ceux de scripte, assistante, coiffeuse, maquilleuse ou costumière. Dans le domaine de l’exploitation cinématographique, les femmes sont majoritaires puisqu’elles composent 51,6%.

Un collectif a vu le jour en 2018 pour analyser et dénoncer les inégalités dans l’industrie cinématographique. Le Collectif 50/50 souhaite créer un observatoire de la parité dans l’industrie du cinéma français afin d’analyser et de quantifier les évolutions. En 2018, lors du Festival de Cannes, le collectif a fait grand bruit. 82 femmes (actrices, réalisatrices, productrices etc) ont monté les marches ensemble. 82 femmes pour symboliser les 82 femmes sélectionnées en compétition officielle au festival depuis sa création contre 1688 hommes. Un texte percutant à été lu par Cate Blanchett puis repris par notre regrettée Agnes Varda.

« 82 femmes se tiennent sur ces marches aujourd’hui.
82 : c’est le nombre de films réalisés par des femmes invitées à concourir en Compétition officielle depuis la première édition du Festival, en 1946. Dans le même temps, 1 688 hommes ont pu grimper ces mêmes marches. En soixante-et-onze années de ce Festival si renommé, le Jury a été présidé par douze femmes seulement. La prestigieuse Palme d’or a été décernée à 71 réalisateurs, trop nombreux pour être cités un par un mais seulement deux réalisatrices : Jane Campion, qui est avec nous en pensée, et ma pomme, Agnès Varda. La palme de Jane était ex æquo, et la mienne honoraire… Ces chiffres sont éloquents, irréfutables. Les femmes ne sont pas une minorité dans le monde et pourtant notre industrie dit le contraire. Nous voulons que ça change. Nous sommes actrices, productrices, réalisatrices, scénaristes, directrices de la photographie, agents artistiques, monteuses, distributrices, exportatrices. Nous travaillons toutes dans l’industrie du cinéma. Nous sommes solidaires des femmes de toutes les industries. Nous mettons au défi nos institutions pour organiser activement la parité et la transparence dans les instances de décision et partout où des sélections se font. Nous mettons au défi nos gouvernements et nos pouvoirs publics d’appliquer les lois sur l’égalité salariale. Nous demandons l’équité et la réelle diversité dans nos environnements professionnels. Nous désirons travailler main dans la main avec nos collègues hommes, et prendre nos responsabilités pour créer derrière et devant la caméra des images dont nous croyons fermement qu’elles permettent la prise de conscience. Il est temps que toutes les marches de notre industrie nous soient accessibles.
Allons-y ! »

Texte lu par Cate Blanchett et Agnès Varda le 17 MAI 2018 sur les marches du Festival de Cannes

Une charte pour la parité et la diversité a été proposée par le collectif le lendemain de cet évènement. Le Festival de Cannes a été l’un des premiers à signer. Un an après, plus de 112 festivals ont signé cette charte. Il y a de nombreux éléments très intéressants que vous pouvez retrouver sur le site du collectif, notamment le bilan des assises sur la parité mais aussi des études sur la place des femmes dans le cinéma d’animation par exemple ou sur la parité derrière la caméra.

Pour mieux comprendre ces différences et la place des femmes dans cette immense industrie, je vous conseille une nouvelle fois d’écouter le podcast She Cannes présenté par Iris Brey (spécialiste du genre au cinéma). Elle discute de ces sujets avec des actrices, réalisatrices, productrices mais aussi avec l’ancienne présidente du CNC. C’est véritablement passionnant d’avoir des avis internes et des ressentis de femmes qui font partie intégrante de ce milieu.

La représentation des femmes sur grand et petit écran

Une autre question qui m’a beaucoup intéressé cette année c’est la représentation des femmes au cinéma. Et à ce niveau là, j’ai eu la sensation qu’un vent nouveau soufflait sur le cinéma. Au niveau international, j’ai vu de nombreuses œuvres proposer des personnages féminins à l’opposé des clichés auxquels on les associaient depuis des décennies. Désormais, la femme est souvent représentée comme un personnage fort, indépendant, libre. Et je ne parle pas uniquement des films indépendants, on note aussi une certaine évolution chez certaines grosses productions comme Disney ou Marvel. Je pense notamment au succès de La Reine des Neiges (dont le second volet à été co-réalisé par une femme d’ailleurs, Jennifer Lee) avec un personnage qui a d’autres soucis que de trouver un prince pour une fois et qui ne fini par mariée avec beaucoup d’enfants. On peut également citer un grand réalisateur, Yórgos Lánthimos qui a su mettre en avant trois femmes dans son univers déconstruit et fou avec La Favorite. Des femmes de pouvoir avec une sexualité libre et torturée à la fois : c’est une sacrée évolution de voir ce type de personnages au cinéma.

Dans les séries également, on a assisté à une révolution de la représentation des femmes. De nombreuses séries ont été créées avec des personnages principaux féminins : pouvoirs, criminalité, homosexualité, dépression ou liberté. Je pense notamment à Fleabag écrite et interprétée par Phoebe Waller-Bridge qui raconte avec humour la vie d’une trentenaire dynamique et sans langue de bois qui n’hésite pas a casser le quatrième mur, Gentleman Jack de Sally Wainwright qui remet en avant l’histoire vraie de Anne Lister, propriétaire terrienne homosexuelle en 1832 ou Killing Eve de Phoebe Waller-Bridge (encore) qui met en scène l’attirance obsessionnelle entre une agent du MI6 et une tueuse à gage.

Cette envie de remettre en avant les femmes, de questionner notre mémoire (femmes propriétaires ou artistes) et de détruire les clichés est également au centre de nombreux films français sortis cette année. Deux films m’ont marqué à ce niveau là : Une fille facile de Rebecca Zlotowski et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.

Deux films au récit distinct mais qui montrent une représentation des corps cette fois, vraiment différente. Dans le film de Rebecca Zlotowski, la réalisatrice joue avec nos préjugés. Le titre du film peut s’apparenter au terme employé dans la société pour désigner une femme aux « mœurs légères ». Pour appuyer encore plus son idée, la réalisatrice a offert le rôle principal de son film à Zahia Dehar, ancienne escort girl. Le regard de Rebecca Zlotowski sur son actrice, son jeu avec le corps et la douceur de sa caméra : une belle démonstration du corps féminin, quel qu’il soit, et de ses libertés.

Dans Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma propose également une autre représentation du corps féminin. Le regard est également au centre de son film, le désir aussi, l’érotisme mais aussi les règles et l’avortement. On assiste à une représentation de la femme dans son entièreté, que ce soit dans ses désirs, sa sexualité, ses choix ou sa condition physique. Une représentation du corps sans aucune injonction et avec un regard brulant de réalité.

Noémie Merlant et Adèle Haenel dans Portrait de la jeune fille en feu de Celine Sciamma (2019)

J’aimerai beaucoup continuer cette analyse plus en profondeur, ce sera certainement le contenu d’un article plus complet qui sortira en 2020. En attendant, j’espère que cette petite rétrospective de mes constats faits en 2019 vous aura plu. N’hésitez pas à me partager votre ressenti par rapport à tout ça !

CALENDRIER DE L’AVENT #13 – LES 12 FILMS QUI ONT MARQUÉ MON ANNÉE

Aujourd’hui, je me suis dit qu’il était temps de se demander quels ont été les films qui ont marqué mon année 2019. La liste est longue alors j’ai décidé de faire des choix, et de vous partager les 12 films que j’ai le plus aimé ! Et croyez moi, il y a eu de belles surprises ! C’est parti !

VICE de Adam McKay

Sorti début Février, ce film a été l’une des premières claques de l’année. VICE raconte comment Dick Cheney, un looser alcoolique, a fini par être le vice-président de Georges W. Bush en ayant un pouvoir incroyable alors que son poste ne le permettait pas. Sa position et le pouvoir qu’il s’est attribué dans l’ombre a contribué à changer l’Histoire et notre monde. Adam McKay a réussi un exploit en rendant ce film dynamique, intelligent, drôle, angoissant et profondément engagé. La prestation de Christian Bale est également l’une des plus impressionnantes que j’ai pu voir cette année.

Pour lire ma critique du film c’est par ici.

Matthias et Maxime de Xavier Dolan

Je crois que j’ai découvert Xavier Dolan cette année. Littéralement, avec ce film, je pense qu’on a tous enfin découvert Dolan dans son essence. Un film humble, beau, fort, profond avec un montage et une réalisation magnifique : Matthias et Maxime est pour moi son film le plus personnel et le plus universel à la fois. Une œuvre simple, sans fioritures, qui nous montre l’étendue de son talent et surtout son évolution. La douceur de Cannes c’était celle là.

Ma critique du film, à lire juste ici.

The Lighthouse de Robert Eggers

Se retrouver bouleverser par un film, c’est ça la magie du cinéma. Et face à la dernière folie de Robert Eggers, personne ne peut sortir indifférent. The Lighthouse c’est une pépite, un ovni dans le paysage cinématographique, une sorte de pastille expérimentale et totalement folle. On y découvre Robert Pattinson et Willem Dafoe dans le rôle de deux gardiens de phare, bloqués sur une ile. Ils vivent puis survivent, ils espèrent puis se désolent, ils deviennent fous et s’oublient. C’est un chef d’oeuvre total. Diffusé en 4/3 et en noir et blanc, avec ce genre fantastique assumé et poussé à l’extrême : Robert Eggers propose une véritable expérience, douloureuse et obsédante. Le film sort en salles la semaine prochaine, le 18/12, et je vous prépare un article pour vous donner plus de détails. Ce qui est sur, c’est que ce film ne vous laissera pas de marbre, et qu’il aura marqué mon année très fortement.

Ma critique en ligne

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

Ce film est l’un des plus touchants de cette année. Une merveille d’écriture et de réalisation pour le dernier film de Céline Sciamma. Porté par un duo intrigant, Adèle Haenel et Noemie Merlant, le film dépeint une histoire d’amour, de regards, de corps avec une poésie incroyable. Cette caméra si douce envers les corps, ces séquences pleines d’érotisme et de regards, ces thèmes abordés de manière si banale : Sciamma signe une œuvre dont j’avais besoin, dont le cinéma avait besoin. Et je m’en souviendrai longtemps.

Pour lire ma chronique sur le film c’est par ici.

La vie invisible de Euridice Gusmao de Karim Ainouz

Ma palme d’or, elle est là, toute belle, toute dorée ! Ce film, vu à Cannes, a remporté le prix Un Certain Regard mais j’aurais adoré le voir en compétition ! Une merveille brésilienne, réalisée par Karim Ainouz. C’est un film qui comporte tout ce que j’aime au cinéma : un récit en doublons avec une histoire familiale mais aussi historique, tableau d’un pays et d’une communauté, personnages forts, une esthétique propre à son réalisateur et une mise en scène puissante. La vie invisible de Euridice Gusmao est ce genre de merveille qu’on découvre sans s’y attendre. En salles depuis le 11/12, je vous conseille fortement d’aller le voir.

Mon avis plus détaillé à lire juste ici.

J’ai perdu mon corps de Jéremy Caplin

Fantastique et animation, vous pensiez que ça n’allait pas forcément ensemble? Jérémy Caplin nous a prouvé le contraire cette année avec ce petit bijou. J’ai perdu mon corps est un film différent, poétique, incroyablement réalisé et très fort visuellement. Présenté en première mondiale au Festival de Cannes 2019, il y remporte le Grand prix de la Semaine de la critique. Il reçoit ensuite le Cristal du long métrage au Festival du film d’animation d’Annecy. Et ce succès est mérité, car le film est vraiment impressionnant. Les séquences fantastiques avec le parcours de la main dans les rues, sont magnifiques et très prenantes. La poésie qui se dégage du film en fait une œuvre complète qui ouvre de belles portes à son réalisateur.

Parasite de Bong Joon-ho

La Palme d’or du Festival de Cannes 2019 est certainement le film dont on a le plus parlé cette année. Pourtant pas si convaincue que ça, j’ai quand même dû me résoudre à le mettre dans cette liste. Pourquoi? Parce que le film est véritablement marquant malgré tout et surtout, que Bong Joon-Ho est l’un des réalisateurs les plus méritants de ces dernières années. Parasite n’est pas son film le plus incroyable, mais c’est celui qui a marqué un tournant dans la reconnaissance internationale qu’il aura désormais et qu’il a toujours mérité.

Mon avis plus en détails sur le film, à lire juste ici.

La femme de mon frère de Monia Chokri

Un peu de québecois, et votre année ciné est transformée ! Ce fut le cas grâce à ce film improbable mais tellement réussi. Monia Chokri passe derrière la caméra pour La femme de mon frère et nous offre un petit bonbon d’humour et de réflexion. J’ai rarement été aussi touchée par l’univers de quelqu’un en quelques minutes. Musique, montage et dialogues : tout est maitrisé et incroyablement réussi.

Mon retour sur le film, à lire ici.

Marriage Story de Noah Baumbach

Terminer l’année sur un divorce, on a connu mieux comme ambiance. Certes, mais le divorce dépeint par Noah Baumbach et porté par Adam Driver et Scarlett Johansson c’est autre chose. Le film, présenté en avant-première à la Mostra de Venise puis sorti exclusivement sur la plateforme Netflix, est la dernière claque cinématographique que j’attendais. La douceur et la sincérité de Baumbach enveloppe ce film incroyable. Le divorce de Charlie et Nicole, metteur en scène et comédienne, se traduit par beaucoup de rancoeur, de nons-dits et d’amour aussi. On assiste à un drame, celui d’une relation qui ne fonctionne plus et d’une bataille pour le bien être d’un enfant. Le duo Driver/Johansson est la meilleure chose de cette année tant ils se complètent et occupent tous les deux l’espace avec grandeur. Certaines séquences sont tout simplement sublimes et Noah Baumbach ne tombe jamais dans le mélo-drame. Marriage Story, c’est une oeuvre entière et profondément belle.

Toy Story 4 de Josh Cooley

Pour ce qui est du cinéma d’animation, il y a eu de sacrées pépites cette année. On sent que les techniques évoluent et que les studios prennent des risques. Mais je me suis souvenue qu’un film m’avait particulièrement surprise et il s’agit du 4e volet de Toy Story. Vu par hasard, sans grande conviction, j’ai été incroyablement étonnée de la qualité de ce film. Pourtant, le principe est le même que les trois précédents et l’animation ne semblait pas être devenue révolutionnaire. Malgré tout, ce dernier volet a su se distinguer par une écriture vraiment impressionnante et une qualité d’animation au dessus de tout. J’ai éclaté de rire a de nombreuses reprises et me suis surprise a admirer l’image avec intêret. Autre point important : le doublage français est extrêmement bien réussi, et c’est loin d’être évident en règle générale. Il est si rare de voir une franchise réussir à surprendre après autant d’années, et sur ce film, je dis chapeau !

Les Enfants de la mer de Ayumu Watanabe

Une expérience visuelle et sensorielle explosive, c’est rare au cinéma. Pourtant Ayumu Watanabe a réussi cet exploit avec son premier film, Les enfants de la mer. Loin des classiques de l’animation japonaise, ce film est une épopée fantastique et poétique dont on ne sort pas indemne. Expérimental, sensoriel, explosif et aquatique : l’univers du film est merveilleux et pourtant, parfois très sombre. Cette œuvre n’est pas de tout repos mais, bon dieu, ça fait du bien de voir ce type de proposition en salles !

Ma critique complète du film est à lire juste ici.

Green Book de Peter Farrelly

Ce film, je ne pensais pas forcément y repenser à la fin de l’année. Mais force est de constater qu’il fait partie de ceux que je n’arrive pas à oublier. Loin d’être le chef d’œuvre de l’année, c’est malgré tout un film que j’ai trouvé extrêmement bien fait avec un casting qui m’a marqué. Viggo Mortensen et Mahershala Ali forment un duo vraiment improbable, mais qui fonctionne et qui nous touche. Une pointe d’humour, un contexte historique, des personnages bien écrits et une photographie impeccable : Green Book reste une œuvre importante de l’année.

Mon avis plus complet à lire juste ici.

Et vous? Vous avez commencé à faire la rétrospective de votre année cinéma ? Dites moi tout !

CALENDRIER DE L’AVENT #12 – MES SÉRIES FAVORITES 2019

L’année n’est pas encore finie, mais la rétrospective commence déjà dans ma tête ! Je me suis donc demandée, quelles ont été les séries que j’ai le plus aimé cette année ? Retour sur une année riche en séries et en petites pépites !

Cette année, il y a eu pas mal de surprises coté séries.

Du made in France avec Les Sauvages de Rebecca Zlotowski, diffusée sur Canal. Une série sur l’arrivée au pouvoir d’un président « différent », via le prisme de deux familles qui se déchirent, que j’ai trouvé vraiment très intéressante et dont je vous ai fait une critique à lire juste ici.

Toujours sur Canal, j’ai pu découvrir de vraies pépites notamment avec Gentleman Jack de Sally Wainwright avec l’incroyable Suranne Jones. Une série anti conformiste sur le destin de Anne Lister, une propriétaire terrienne homosexuelle et qui n’a pas la langue dans sa poche. Une merveille d’humour dont je vous ai également déjà parlé juste .

En parallèle, j’ai continuer à suivre Killing Eve, avec la saison 2 diffusée sur OCS cette année. Une saison plus sombre mais toujours aussi incroyable. Cette série, créée et écrite par Phoebe Waller-Bridge raconte l’histoire d’une agent du MI5, Eve Polastri, qui enquête sur une tueuse à gages appelée Villannelle. Les deux femmes vont développer une obsession réciproque ambiguë et violente. Une relation que je ne me lasse pas de suivre, surtout lorsque Jodie Comer crève autant l’écran.

En parlant de suite, j’ai également été obsédée par la saison 3 de The Handmaid’s Tale de Bruce Miller. La série évènement basée sur les romans de Margaret Atwood est revenue pour une saison 3 explosive et totalement folle. On retrouve Gilead et son univers glauque, entre les Martha, les servantes et l’horrible tante Lydia. Le jeu de Elisabeth Moss est toujours aussi impeccable et l’ambiance de la série continue de nous tordre le bide. La fin de la saison m’a cependant laissée assez dubitative et je suis plutôt curieuse de voir ce que la saison suivante nous réserve.

Pour rester dans la dystopie, j’ai pu découvrir celle de Russell T. Davies avec Years and Years dont je vous ai dressé le portrait il y a quelques semaines. Cette mini série suit sur une quinzaine d’années la famille Lyons qui va vivre des changements vifs dans notre société : Grexit, réélection de Trump, pays d’Europe aux mains des extrémistes, France bloquée, guerre civile, effondrement des banques, fakes news ou camps pour migrants. Une vision cauchemardesque de notre avenir proche, réalisée avec humanité et précision. Une série incroyablement bien maitrisée.

Futuriste et anxiogène sont des termes qui conviennent aussi parfaitement à la série animée diffusée par Netflix : Love, death and robots de Tim Miller (entre autres). Une série assez intrigante qui a mis tout le monde d’accord ! Plusieurs épisodes, entre 5 et 30 min sur des thèmes totalement différents. Styles, narration et ambiance : c’est un cocktail explosif et savoureux que nous offre la plateforme. Une série vraiment forte, malgré quelques épisodes en deçà, qui a marqué l’année.

Restons sur Netflix avec quelques bonnes surprises notamment la saison 2 de Insatiable de Lauren Gussis avec l’insupportable Patty et le génial Bob Amstrong. Une série dont je n’ai pas encore parlé mais cela ne saurait tarder, tant je la trouve incroyable. Elle a essuyé de nombreuses critiques lors de sa sortie qui m’ont laissé un peu sans voix. Au contraire de ce que j’ai pu lire, je trouve cette série remarquablement écrite. Il faut passer au delà du sujet de base (les concours de beauté) et de l’univers de teen-movie pour se rendre compte de l’écriture folle de Lauren Gussis. Maitrisée et assumée, c’est une série qui traite de sujets extrêmement importants avec un second degrés profond et décalé. La saison 2 m’a vraiment beaucoup touché et on sent que le scénario tend vers quelque chose d’assez unique. TCA, obsessions et addictions : autant de sujets traités comme je l’ai rarement vu.

INSATIABLE

Pour rester dans le thème du bon gros WTF? : The Politician de Ryan Murphy. De nouveau par le prisme du teen-movie, on se retrouve avec une série impeccablement écrite. Le monde de la politique à l’échelle de l’adolescence, c’est du génie. La série est drôle, mais aussi véritablement sombre. J’ai adoré ce décalage et ce scénario réellement touchant. Électrisante, dynamique, profonde et complétement improbable : cette série est une vraie pépite.

THE POLITICIAN

Pour ce qui est d’être impeccable en terme d’écriture, Atypical de Robia Rashid est obligatoirement sur le podium. La saison 3 est sortie cette année sur Netflix et à remporté, une nouvelle fois, tout mon amour. Cette série, racontant le quotidien de Sam, adolescent autiste et de sa famille est sincèrement l’une des meilleures séries de ces dernières années. Elle n’a rien d’épique, rien d’incroyable, il n’y a pas une réalisation folle et les acteurs sont peu connus. MAIS pour tenir sans aucune fausse note, pendant trois saisons, en faisant correctement ce travail d’évolution des personnages tout en mettant en avant une pathologie aussi difficile : c’est du talent pur. La série n’a jamais fait de faux pas, elle reste hilarante, touchante, positive et elle avance en même temps que ses personnages. C’est tellement rare qu’une série soit aussi régulière sur sa qualité, qu’il fallait absolument que je vous en parle.

Une pépite qui ne fait quasiment aucun faux pas, c’est aussi le cas de La méthode Kominsky de Chuck Lorre. La saison 2 est sortie cet automne et a illuminé mes soirées. Toujours aussi courte (8 épisodes) et toujours aussi drôle, c’est l’une des séries les plus feel-good que j’ai vu. Basée sur un duo de seniors hors du commun, la série revient avec humour et douceur sur le quotidien de ces deux hommes, entre arthrite, viagra, paternité et deuil : c’est une sacrée claque avec un scénario très bien ficelé. Le duo interprété par Michael Douglas et Alan Arkin est un pur bonheur. Je vous en ai parlé il y a peu en mettant en parallèle la série Grace and Frankie qui parle également d’un duo de senior, version féminine. Si ça vous intéresse, l’article est juste ici.

THE KOMINSKY METHOD

Un autre duo incroyable, c’est celui de Michael Sheen et David Tennant dans la série Good Omens de Neil Gaiman. Cette série est une adaptation du roman de Terry Pratchett et Neil Gaiman, « De bons présages », et en un mot : GÉNIALE. Cette minie série est totalement folle, déjà parce que le duo formé par Sheen et Tennant est un pur délice, mais aussi parce que l’univers et le scénario sont vraiment prenants. C’est une série hilarante et totalement improbable, devant laquelle j’ai passé d’excellents moments.

Pour finir, je me devais de citer His Dark Materials de Jack Thorne, car même si la saison 1 n’est pas encore terminée (dernier épisode diffusé le 22/12) c’est quand même une série que j’ai grandement attendue et dont je suis ravie. Adaptation de la trilogie de Phillip Pullman, dont je vous ai fait un rapide récit dans le calendrier de l’Avent juste, His Dark Materials a enfin réussi à trouver son équilibre. HBO nous propose une série folle, incroyablement réalisée et avec un casting, enfin, convaincant. Pour une fan des romans, je suis ravie de voir que l’adaptation est aussi précise et réussie. La saison 2 est déjà prévue pour 2020 et j’ai hâte de voir ce qu’ils nous préparent !

J’espère que cette sélection des séries qui m’ont le plus plu cette année vous a donné envie et vous a intéressé. Il y en a tant d’autres évidemment, alors n’hésitez pas à me partager vos coups de cœurs 2019 en commentaires !

A contrario, il y a également eu de nombreuses déceptions, mais on en reparle dans quelques jours !

CALENDRIER DE L’AVENT #11 – Ma palme d’or

Aujourd’hui, je suis vraiment ravie de pouvoir enfin vous faire découvrir LE film qui m’a le plus touché cette année.

La palme d’or du Festival de Cannes c’est un prix prestigieux que de nombreux réalisateurs rêve d’obtenir. Chaque année la sélection est composée d’une douzaine de films qui se disputent la première place pendant une dizaine de jours. Cette année, la palme d’or a donc été attribuée à PARASITE de Bong Joon-Ho. Un réalisateur que j’adore et je suis ravie qu’il ai été enfin récompensé.

Seulement voilà, entre les scandales, les montées des marches hurlantes et les photocalls qui crépitent : un film, un seul, s’est réellement figé dans mon cœur. Il s’agit du film qui a remporté le prix Un Certain Regard : La vie invisible d’Euridice Gusmao de Karin Ainou. Et je trouve ça extrêmement dommage qu’il n’ai pas été programmé en compétition officielle car pour moi, c’est LA palme d’or de ce festival.

Ce film brésilien raconte l’histoire de deux sœurs, entre 1940 et 1960, qui tentent de construire leur vie et d’avancer en tant que femme dans un Brésil oppressant et des traditions archaïques. Une histoire d’amour fraternelle, de lutte, de survie, d’absence et de mémoire : un film entier porté par deux actrices absolument parfaites. Julia Stockler (Guida) est une révélation, sa présence à l’écran est magistrale.

J’ai découvert ce film par hasard, à l’issue de la cérémonie de clôture Un Certain Regard. Et j’ai été complètement charmée. LA VIE INVISIBLE D’EURIDICE GUSMAO est une fresque incroyable portée par deux femmes aux destins différents mais liées à jamais. Le film dépeint avec une beauté folle les différences sociales et culturelles dans une ville aussi belle que triste, aussi libre que soumise.

Guida s’enfuit après une dispute avec son père. Lorsqu’elle revient quelques années plus tard, enceinte, ses parents lui ferment la porte à cause du déshonneur qu’elle a porté à la famille. Personne ne prévient alors Euridice , sa sœur, de son retour. Durant plus de 20 ans, elles vont vivre l’une sans l’autre, dans des sphères sociales totalement différentes. Le souvenir de l’autre sera constamment présent. La ville, devient alors un personnage vivant qui lie inconsciemment les deux sœurs.

Cette histoire m’a bouleversée. Sûrement parce que Karim Ainouz parvient, avec une extrême délicatesse, à mettre en avant toute la complexité des relations familiales. Mais ce n’est pas le seul propos du film, au contraire. Le réalisateur met en lumière l’émancipation des femmes dans un Brésil des années 50 très traditionnel. Que ce soit Euridice et son mariage qui l’empêche de vivre de sa passion ou Guida élevant seule son fils dans les favelas : le film raconte le combat de deux femmes pour faire entendre leur voix dans cette ville immense où personne ne semble les entendre. La solitude, la douleur, les conventions, le regard des autres et leur propre combat : tout y est.

Le film est beau, profond, impeccablement réalisé, historiquement très intéressant : en bref, c’est une pépite. J’ai été émerveillée par le travail de Karim Ainouz et par la prestation de Carol Duarte et Julia Stockler. Un film qui raconte beaucoup de choses, vous fait vivre des milliers d’émotions et vous laisse rêveur : c’est le cinéma que j’aime. Je vous encourage vivement à aller le découvrir en salles.

En salles dès le 11/12/19

CALENDRIER DE L’AVENT #10 – HIS DARK MATERIALS, récit d’une adaptation

Je vous ai déjà un peu parlé de cette saga littéraire sur les réseaux sociaux, et de mon excitation à l’idée qu’une adaptation en série était prévue pour 2019. Cela fait désormais quelques semaines que la série est sortie, et avant la fin de la série, j’avais envie de vous parler de l’histoire de cette saga et de cette adaptation !

Si je vous en parle, vous vous doutez bien que je suis assez ravie de cette nouvelle adaptation. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une adaptation est faite de cette saga et le premier essai était assez catastrophique.

LES ROMANS (1995)

Pour commencer, il faut savoir qu’il s’agit à la base d’une trilogie fantasy écrite par Phillip Pullman entre 1995 et 2000. À LA CROISÉE DES MONDES (FR) est composée de trois tomes : Les Royaumes du Nord, La Tour des Anges et Le Miroir d’Ambre. Il existe aussi d’autres œuvres, des préquels ou des romans parallèles sur la vie de Lyra (le personnage principal). Phillip Pullman a également prévu une nouvelle trilogie, La Trilogie de la Poussière, dont le premier tome est sorti en 2017.

Cette trilogie est une vraie merveille. Je l’ai lue et relue des dizaines de fois depuis une quinzaine d’années et elle m’a accompagnée durant toute mon adolescence. Mais alors, de quoi ça parle?

La trilogie se déroule dans un monde parallèle au notre, contrôlé par le Magistérium, sorte de gouvernement répressif religieux. Dans le tome 1, Les Royaumes Du Nord (dont la saison 1 de la série est issue) on y suit l’histoire de Lyra Belacqua, jeune fille de 12 ans, qui a vécu une bonne partie de son enfance à Jordan College, entourée de maitres assez lugubres. On comprend très vite que dans ce monde, l’âme de chacun est personnifiée par un daemon, un animal lié à chaque être humain. Lyra et Pan (son daemon) apprennent par hasard l’existence de la Poussière, une étrange particule que Lord Asriel (son oncle) a découvert dans le Nord. Dans le même temps, des enfants sont enlevés et Roger, l’ami de Lyra en fait partie. En parallèle, des expériences sont menées pour déterminer pourquoi la Poussière semble moins attirée par les enfants que par les adultes. Ces expériences sont menées par Mrs Coulter, une femme magnifique puissante et très inquiétante, mandatée par le Magistérium. Elle va alors proposer à Lyra de la suivre, pour explorer le Nord et retrouver son ami. Avant de la laisser partir, le Maitre de Jordan College confie à Lyra un objet incroyable : un aléthiomètre. Un instrument permettant de répondre à n’importe quelle question, grâce aux symboles dont il est doté. Très vite, Lyra va devoir se battre pour découvrir la vérité et sauver ses amis.

L’histoire de cette saga est très complexe, entre la Poussière, les mondes parallèles, les daemons, le Magistérium et cette prophétie dont Lyra semble être l’objet : il s’agit d’une saga très fournie qui traite de nombreux sujets notamment la religion et son emprise sur le monde. D’abord édités pour les adolescents, dans le rayon jeunesse, les livres ont également une très grande portée et de nombreuses grilles de lectures. Encore aujourd’hui, la saga portent de nombreux messages et s’adresse à un public bien plus large que les adolescents.

LE FILM (2007)

Une première adaptation a été réalisée en 2007. Un film, se basant sur le premier tome et relatant l’aventure de Lyra aux cotés de Mrs Coulter notamment. Le titre avait déjà fait tiquer de nombreuses personnes : LA BOUSSOLE D’OR. Il était évident que nous parlions de l’aléthiomètre, mais renommer un élément aussi important dans la saga, n’augurais rien de bon !

A LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR, 2007 de Chris Weitz

Le film est donc sorti en 2007, avec un casting qui semblait plutôt intéressant : Nicole Kidman dans le rôle de la froide et intrigante Mrs Coulter, Daniel Craig pour Lord Asriel, la jeune Dakota Blue Richards dans le rôle de Lyra ou encore Eva Green qui interprète Serafina, la sorcière.

Malheureusement, il s’avère que cette adaptation est une vraie catastrophe. En effet, pour des raisons de censure et un souhait d’attirer un public très jeune, de nombreux éléments extrêmement importants de la saga ont été édulcorés ou carrément mis de côté. Le coté religieux n’existe quasiment plus, le rapport entre science et croyance n’est absolument plus mis en avant, la dictature, la violence, le mensonge, la cruauté des ours et les lois de pouvoir : tout est simplifié, édulcoré et les personnages sont tous très ternes. On assiste alors à une épopée magique d’une enfant et d’un ours pour sauver ses amis. Rien de ce qui faisait l’essence même de la saga n’est véritablement mis en avant et le film devient très vite ennuyeux. Il y a tant de défauts dans ce film (qui dure moins de 2h) et le public averti lui a réservé un accueil tellement mitigé que la suite a été annulée.

Le film a quand même été nominé dans pas mal de cérémonies et, à ma plus grande surprise, a remporté 2 prix pour les effets visuels. Ce que je trouve assez hilarant étant donné qu’à mon sens, ils étaient relativement affreux. Surtout en ce qui concerne les daemons ou les ours. Surtout le daemon de Mrs Coulter : le singe doré était véritablement affreux !

Il s’agissait donc d’une véritable déception et après cette catastrophe, il était difficile de croire en une adaptation digne de ce nom.

LA SÉRIE (2019)

Douze ans plus tard, alors que nous pensions qu’une adaptation visuelle n’était plus envisageable, HBO débarque avec la série la plus chère de ses productions : HIS DARK MATERIALS.

L’annonce de cette série a eu l’effet d’une bombe pour un grand nombre d’entre nous. Pour commencer, annoncer un projet d’adaptation en série, lorsque la saga est si dense, est déjà un bon point. On est rassurés, car on se dit que les éléments les plus complexes auront le temps d’être traités correctement. L’annonce du casting a également rassuré de nombreux fans. James McAvoy dans le rôle de Lord Asriel, Dafne Keen (que l’on a notamment vu dans Logan de James Mangold) pour Lyra , Ruth Wilson pour Mrs Coulter ou encore James Cosmo (qui jouait dans GOT pour ceux qui le reconnaitront). Les bandes-annonces ont également su nous convaincre.

Seulement, après l’échec cuisant du film de 2007, il y avait de quoi être dubitatif.

6 épisodes plus tard et deux semaines avant la fin de la saison 1, je peux vous assurer que la série réalisée par Tom Hooper, a su réconcilier tous les déçus de 2007 ! HIS DARK MATERIALS est assez incroyable. Le casting est fou, Dafne Keen réussi à interpréter une Lyra combative et intelligente face à des personnages très forts comme Mrs Coulter interprétée par l’intrigante Ruth Wilson qui a su cerner le coté étrange et radical de son personnage. Visuellement, le budget de la série se ressent, car tout est magnifique. Les daemons notamment sont vraiment bien faits et sont très crédibles. Le singe doré de Mrs Coulter n’a rien à voir avec l’horrible peluche du film. Les gitans sont enfin représentés correctement, c’est à dire une armée combative, forte et unie.

L’une des frayeurs que j’avais concernait principalement Iorek Byrnisson, l’ours en armure de la saga. Surprise : le personnage est incroyablement bien fait et bien amené. De plus, contrairement au film, la série assume les thèmes et les débats que Phillip Pullman avait mis en avant dans sa trilogie. Le rapport avec la religion, les références historiques, la dualité qui existe chez chaque personnage, le pouvoir du magesterium et surtout, les intrigues entre la Poussière et les mondes parallèles : tout est fait pour retranscrire avec précision l’histoire complexe et dense de l’auteur. L’importance et le mystère de l’aléthiomètre sont également bien mises en avant.

La première saison semble se baser sur le premier tome avec beaucoup plus de détails et d’intensité que le film. Ne comptez pas sur moi pour vous spoiler ce qu’est précisément la Poussière, cela sera dévoilé au fur et à mesure des saisons. Le fait que Phillip Pullman soit producteur de la série, et qu’il ai relu chaque épisode pour être sûr que son récit soit correctement mis en place, aide grandement à la qualité de la série.

Quant au générique de la série, on sent que HBO a souhaité garder l’esprit de Game Of Thrones avec une musique incroyable composée par Lorne Balfe et un générique très long et très fourni qui est déjà culte.

Il reste deux épisodes avant la fin de la saison 1 et une deuxième saison est déjà prévue pour 2020. Ce qui est sur c’est que l’on a enfin une adaptation digne de ce nom pour cette célèbre saga et ça fait plaisir ! Et pour ceux qui n’ont jamais lu les romans, je vous encourage vraiment à le faire.

Et vous, vous regardez HIS DARK MATERIALS? Donnez moi votre avis en commentaires !

On se retrouve demain, pour une nouvelle case !

CALENDRIER DE L’AVENT #9 – Mes 10 podcasts favoris

Pour la 9e case du calendrier de l’Avent, ce n’est pas mon regard mais plutôt mes oreilles que j’ai laissé trainer ! J’avais envie de vous partager mes coups de cœurs niveau podcast ! J’en écoute énormément et comme certains le savent déjà, j’en ai même commencé un que je reprendrais en Janvier ! Pour écouter les épisodes existants c’est par ici.

Le podcast est un format qui est revenu en force depuis quelques années et notamment en 2019. Il y en a désormais des centaines avec de très très beaux projets. Cinéma, culture, entreprenariat, parentalité, fiction ou érotisme : il y en a pour tous les gouts ! Voici ma petite sélection pour s’éloigner un peu des écrans.

1. A BIENTÔT DE TE REVOIR par Sophie Marie Larrouy

Certainement l’un de mes podcasts préférés, celui de Sophie Marie Larrouy qui s’entretient avec son invité pendant une bonne heure en moyenne. Sans forcément de thème particulier, la rencontre entre les deux s’écoute avec plaisir et curiosité. La forme est assez fluide et légère avec beaucoup d’humour, de sensibilité et d’improvisation. Certains se découvrent comme on les a rarement entendu le faire, quand d’autres font le show. Le fond n’est pas si léger, on parle souvent politique, famille, carrière. Enregistré en public à La Nouvelle Scène à Paris ou en studio, le podcast est diffusé tous les 15 jours. Les épisodes de A BIENTÔT DE TE REVOIR sont tous véritablement passionnants et la voix (et l’énergie) de Sophie Marie Larrouy est un pur bonheur. De Jonathan Cohen à Penelope Bagieu en passant par Ocean (son frère) et Roman Frayssinet, vous avez vraiment de quoi faire et je vous encourage vivement à découvrir ce podcast, disponible sur toutes les plateformes et dont je vous partage un de mes épisodes préférés :

2. NO CINÉ par Thomas Rozec

Coté cinéma, il y a quelques podcasts que j’adore littéralement ! Et on commence avec NO CINÉ un podcast diffusé tous les mercredis, présenté par Thomas Rozec et ses chroniqueurs. Ils reviennent sur l’actualité cinéma, Netflix, séries ou autre avec … vigueur ! C’est ce que j’aime chez eux : ils ne se brident pas et ça fait plaisir ! On pourrait les prendre pour des gros rageux parfois, mais non, ils parlent juste comme ils pensent et j’adore ça. Entre 20 et 50 minutes en moyenne, les épisodes sont dynamiques et très intéressants. Je vous mets en exemple l’épisode (extrêmement virulent) sur JOKER de Todd Phillips pour vous donner une idée !

3. 2 HEURES DE PERDUES par Fréquence Moderne

On continue niveau cinéma avec cette fois, une pépite audio ! 2HDP c’est un podcast créé en 2014 qui a pour but de parler d’une œuvre cinématographique avec beaucoup d’humour et de mauvaise foi ! Extrêmement drôle, c’est un podcast qui revient sur des classiques, des films ratés, des chefs d’œuvres et qui les détruit gentiment ! J’adore ce podcast qui revient avec humour et une très belle énergie sur des œuvres que j’aime ou que je déteste ! 2HDP c’est tous les mercredis et pour écouter les épisodes, ça se passe juste ici.

4.5. HISTOIRES DE DARONS / DE SUCCÈS par Fabrice Florent

On change radicalement de thème avec ce podcast passionnant : HISTOIRES DE DARONS par Fabrice Florent. Je trouve que ce podcast est vraiment très très intéressant. Il est toujours difficile d’avoir le ressenti des pères sur l’accouchement, l’aventure de devenir parent, le genre, les clichés, l’éducation. Et ce podcast donne la parole à de nombreuses personnalités qui racontent leur paternité avec humour, beaucoup de sensibilité, des avis tranchés ou de la peur. Je suis passionnée par ces épisodes et c’est assez surprenant ! Youtubeurs, acteurs, chanteurs ou entrepreneurs : on peut entendre beaucoup de personnes que l’on connait parler de leur rapport à leur paternité, et apprendre à les découvrir différemment.

Fab (directeur des webzines Madmoizelle et Rockie) a également lancé HISTOIRES DE SUCCÈS où il donne la parole à des personnalités ou des créateurs de marques, entrepreneurs pour parler de leur parcours et de leur succès. Un podcast encore une fois vraiment passionnant !

6. 4 COMIQUES DANS LE VENT MAIS A CONTRE SENS par Seb Mellia

Podcast que j’ai d’abord découvert sur Spotify mais que vous pouvez retrouver en vidéo également sur la chaine Youtube de Seb Mellia : 4 comiques dans le vent mais à contre sens est une vraie pépite. Les épisodes sont assez longs (en moyenne 2 bonnes heures) mais vous ne verrez pas le temps passer ! Seb Mellia (tellement sous coté cet homme) invite des comiques à raconter une histoire, une anecdote. Ils sont 4 (trois invités) et racontent des histoires différentes à chaque fois. Croyez moi, ça vaut le détour ! Certains épisodes sont clairement hilarants et vont vous faire oublier tous vos problèmes en un rien de temps ! A écouter sur toutes les plateformes de podcast et à regarder sur youtube !

7. SHE CANNES par Iris Brey

Retour vers le cinéma avec ce podcast dont je vous avez déjà un peu parlé lors de mon séjour à Cannes. SHE CANNES c’est une série d’entretiens dirigés par Iris Brey, journaliste spécialiste de la représentation du genre au cinéma, qui donne la parole à des femmes qui font bouger l’industrie du cinéma sur les questions de parité et de diversité. Elles sont actrices, réalisatrices, scénaristes, productrices ou (ex) présidente du CNC et elles nous parlent de leur parcours, de leur idéologie, du monde du cinéma etc. C’est un podcast enrichissant et passionnant qui donne une vision plus concrète des problèmes au sein de l’industrie et des actions entreprises. Vous pourrez notamment entendre Camille Cottin, Alice Diop, Céline Sciamma ou encore Rebecca Zlotowski. Le podcast est disponible sur toutes les plateformes et vous pouvez également écouter les épisodes de la saison 1 juste ici.

Iris Brey

8. SOIS GENTILLE, DIS MERCI, FAIS UN BISOU par Clémence Bodoc

Le podcast qui met en avant l’histoire de femmes ordinaires qui ont réussi à faire de leur vie, un succès extraordinaire. Loin des clichés de la petite fille sage, gentille et polie : les invitées nous montrent l’étendue de la volonté qu’elles ont eu d’être autre chose que juste une femme rangée et sage. Destins incroyables, femmes de caractère, douces ou ambitieuses : ce podcast est un petit coup de pouce pour toutes celles qui ne se sentent pas capable de faire bouger les choses et d’être autre chose que ce qu’on attend d’elles. Passionnant et souvent très drôle, c’est un podcast que j’adore et que je trouve extrêmement motivant.

9. L’ARNAQUE par Pénélope Boeuf

Chroniques courtes, humoristiques et dynamiques sur la vie d’une jeune trentenaire parisienne : c’est l’idée du podcast L’ARNAQUE par Pénélope Boeuf (La toile sur écoute). J’ai découvert ce podcast l’été dernier et j’en suis devenue totalement fan. Les épisodes sont très courts mais chacun d’entre eux aborde un sujet particulier ou une anecdote précise de la vie de Pénélope Boeuf. La voix de cette dernière passe vraiment très bien et le ton employé est vraiment très drôle. Il y a actuellement 7 saisons (rien que ça) de ce podcast que je vous encourage vivement à découvrir ! Disponible sur les plateformes de streaming et ainsi que sur Youtube.

10. ÉMOTIONS par Louie Media

Thème un peu plus sérieux avec ce podcast que j’adore. ÉMOTIONS est un podcast qui, un lundi sur deux, se plonge dans nos émotions et notre cerveau pour comprendre certaines choses. L’alimentation, le stress, les traumatismes ou le rire : des dizaines d’émotions décortiquées et expliquées avec des experts et des échanges. 45 minutes en moyenne pour des épisodes vraiment très construits et très intéressants.

J’espère que cette sélection de podcasts vous a plu ! Il en existe encore bien trop dont j’aimerais vous parler mais pourquoi pas dans un autre article d’ici quelques semaines? Si vous avez également des podcasts que vous suivez assidument, n’hésitez pas à les partager en commentaires ! On se retrouve demain pour la 10e case du calendrier de l’Avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #8 – MES classiques pour les fêtes

Hier, je vous parlais des classiques presque universels que nous regardons tous pour la période de Noël.

Aujourd’hui, je voulais vous partager une sélection différente et plus singulière : MES classiques, ceux qui me rappellent les fêtes, l’hiver, etc. N’hésitez pas à me partager votre liste en commentaires, je suis assez curieuse de connaitre vos classiques personnels ! C’est parti !

UN NOËL FANTASTIQUE

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT de Tim Burton (1990)

Ce film est certainement l’un de ceux que j’ai le plus visionné de toute ma vie. L’histoire de ce garçon « né » avec des ciseaux à la place des mains, est une vraie merveille. Frankenstein version romantique : Tim Burton signe une œuvre magique et profondément touchante. Drôle, poétique et incroyablement beau, ce film me touche énormément. Le personnage de Edward, joué par Johnny Depp (à son maximum à l’époque et pour la première fois chez Burton) est culte pour ma part et la poésie qui se dégage du film lui rend totalement hommage.

L’univers de Tim Burton se retrouve principalement dans l’esthétique de certaines scènes avec cette grande maison très sombre, le maquillage d’Edward, les maisons et les voisins trop lisses et inquiétants. Edward aux mains d’argent est un classique de fin d’année pour moi, car il me rappelle de nombreux moments et surtout, transmet une réelle ambiance poétique. La musique composée (encore et toujours) par Danny Elfman est magnifique et vous plonge davantage dans cette œuvre multiple.

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX de Peter Jackson (2001 -2003)

Certaines sagas sont de véritables master pieces pour un bon nombre d’entre nous. Pour ma part, il y en a deux qui m’accompagnent depuis des années. Je ne voulais pas vous parler à nouveau de la saga Harry Potter, car elle est assez universelle en cette période. LE SEIGNEUR DES ANNEAUX de Peter Jackson est par contre beaucoup moins citée lorsqu’il s’agit de parler des classiques de fin d’année. Pour ma part, cette trilogie y a totalement sa place. L’univers de Tolkien est un monde magique et fantastique qui vous enveloppe dans une ambiance délicieuse et très singulière.

Cette trilogie aux 17 Oscars est une pure merveille de cinéma avec un casting vraiment incroyable. Cet amour fou partagé par mes proches, il n’est pas anodin que j’ai pu visionner ces films des centaines de fois (en version longue, évidemment). Cette ambiance fantastique, ces paysages fous, ces batailles légendaires et cette musique composée par le grand Howard Shore : tout est fait pour vous faire passer des moments incroyables en regardant le brouillard se lever dehors !

DES FÊTES ANIMÉES

LES NOCES FUNÈBRES de Tim Burton (2005)

Place à l’animation, grand classique des moments en famille. L’un de mes films cultes en matière d’animation est un film, une nouvelle fois, réalisé par le grand Tim Burton. LES NOCES FUNEBRES est pour moi l’un des meilleurs films d’animation des années 2000. Un mariage, deux mariées, un homme perdu entre deux mondes et une animation très singulière : le film est très loin des contes de fées colorés et c’est ce que j’ai toujours adoré. Encore une fois, l’univers de Tim Burton s’allie à la poésie, à la musique et aux ambiances complétement décalées. Ce film est d’une beauté sans nom et il est réconfortant les soirs de fêtes. Sombre et très vivant à la fois, c’est un petit bijou d’humour et d’aventure.

L’AGE DE GLACE de Chris Wedge et Carlos Saldanha (2002)

Changement d’ambiance et direction l’ère glaciale avec ce film d’animation porté par un trio totalement improbable : un mammouth, un paresseux et un tigre. L’AGE DE GLACE est l’un des films d’animation que je regarde le plus pendant les périodes de Noel. Entre amis ou en famille, on a de nombreuses répliques cultes et le premier volet a été le témoin de très bons moments. La suite de la saga (il existe désormais cinq volets) est beaucoup moins qualitative mais le premier était surprenant et vraiment hilarant. Le doublage français est également excellent, ce qui est a notifier car c’est souvent ce qui pêche dans l’animation. Retrouver Vincent Cassel dans l’inimitable Diego : un pur bonheur. Évidemment, le personnage de Scrat est certainement le gimmick de film le plus apprécié de l’animation !

L’HUMOUR AU CENTRE DE TABLE

AUJOURD’HUI C’EST FERRIER de Julie Ferrier (2004)

Chez moi, les fêtes ont toujours été synonymes de rires. Et on a, quasiment tous les ans, regardé des spectacles d’humoristes. Et l’un de ceux qu’on a le plus vu, et dont on ne se lasse jamais (toutes générations confondues) c’est bien celui de l’humoriste Julie Ferrier. AUJOURD’HUI C’EST FERRIER est un spectacle mis en scène par Isabelle Nanty et écrit par Julie Ferrier, une incroyable comédienne.

L’humoriste y incarne plusieurs personnages, avec un talent absolument incroyable. Une prof de musique, une jeune comédienne, une prof d’art, une danseuse ou une jeune lycéenne : Julie Ferrier nous montre un talent fou, sans décor, sans fioritures et sans humour gras. Un spectacle incroyable et sincèrement, à mourir de rire. Du grand art que je vous conseille de découvrir si vous ne la connaissez pas déjà ! Certaines parties du spectacle sont disponibles sur youtube, je vous mets un extrait juste là, avec l’un de mes personnages préférés : Martha, prof d’art.

NANETTE de Hannah Gadsby

L’humour n’est pas toujours fait uniquement pour divertir mais aussi, et de plus en plus, pour éveiller les consciences. Les femmes surtout, sont de plus en plus à tenter de changer le monde de la comédie et du stand up. En France nous avons notamment Blanche Gardin, seule avec son micro qui démonte les clichés de l’humour avec son personnage de quarantenaire bobo.

Je voulais vous parler d’un spectacle que j’ai montré à ma maman l’année dernière pendant les vacances de Noël justement pour notre petit rituel d’humour. Venue d’Australie, Hannah Gadsby révolutionne le stand up avec son spectacle NANETTE : bouleversant et brillant. Ce spectacle, raconte son parcours dans le monde de l’humour et sa fatigue envers le monde actuel. Elle nous parle de sa condition de femme, d’homosexuel, de son histoire, de notre histoire à tous. Son spectacle opère un tournant radical à un moment, et Hannah Gadsby propose alors un regard critique sur le stand up, sur son parcours, sur l’humour qui cache souvent de graves réalités et elle remet en perspective l’excercise même de l’humour.

Avec un humour extrêmement brillant entrecoupé par des instants de vie profond : ce spectacle est une claque. Une claque à se prendre en famille ou entre amis, pour en discuter ensuite. Mais vous pouvez également découvrir ce spectacle en solo, comme moi, et apprivoiser sa puissance. Le spectacle est disponible sur la plateforme Netflix depuis le mois de Juin 2018. Et je vous conseille fortement de le regarder et de venir m’en parler ensuite, si vous le souhaitez.

On regarde également quelques séries (dont je vous parle très vite) et de nombreuses comédies françaises. Mais je voulais vraiment vous parler des choses que je regarde vraiment de manière systématique durant la période de fin d’année. Vous avez aussi des rituels ciné/séries/spectacle? Partagez les en commentaires ! Je vous souhaite une bonne fin de weekend. Et on se retrouve demain pour la suite du calendrier de l’Avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #7 – Vos classiques de Noël

Pendant la période des fêtes et surtout les vacances de Noel, il y a de nombreux films ou téléfilms qui passent à la télé. À peu près tous écrits de la même manière : souvent une histoire d’amour sous la neige ou des retrouvailles familiales. Mais quels sont les films que vous regardez vraiment pendant cette période? Les classiques, ceux que vous regardez depuis toujours avec votre famille ? J’ai fait ma petite enquête et vous propose une liste de 5 films qui regroupe de nombreux grands classiques des fêtes. D’autres à ajouter? N’hésitez pas à nous faire partager vos classiques familiaux en commentaires !

HARRY POTTER : POUDLARD DANS TOUTES LES CHAUMIÈRES

La saga Harry Potter est celle qui ressort le plus souvent et on comprend pourquoi ! Pour la plupart des personnes de ma génération, on a grandi avec cette histoire et son ambiance magique rappelle forcément les fêtes. Le grand château sous la neige, Prè-au-lard, la bière au beurre et les cadeaux touchants ou intrigants que reçoit Harry tous les ans (un gros pull en laine ou une cape d’invisibilité, faites votre choix). Les aventures de Harry, Ron et Hermione sont un classique pour toute une génération et se retrouvent en tête des moments familiaux pendant les fêtes. La musique de la saga est également propice aux nuits d’hiver en famille et en a fait rêver pas mal d’entre nous. Avec ses huit films, la saga a de quoi faire patienter jusqu’aux fêtes, les grands et les petits !

MACAULAY CULKIN : LE GARÇON PRÉFÉRÉ DE TOUTE UNE GENERATION

On retrouve Chris Colombus (réalisateur du troisième volet de la saga Harry Potter) pour une comédie familiale qui, encore aujourd’hui, est visionnée par des milliers de personnes pendant la période de Noël. MAMAN J’AI RATE L’AVION est certainement la comédie que nous avons tous déjà vu des dizaines de fois. L’histoire de Kévin McAllister, oublié par ses parents lors de leur voyage pour les fêtes, est devenue culte. Le petit garçon, joué par Macaulay Culkin, est rapidement devenu le meilleur ami d’une génération. Ses pièges, mis en place contre les cambrioleurs de sa maison, sont également devenus une source d’inspiration pour de nombreux enfants. Un film où les enfants sont indépendants et s’amusent pour se défendre : une recette qui plait encore aujourd’hui. Une comédie familiale culte pour la période de Noël et qui, étrangement, n’a pas vraiment vieillit et échappe à de nombreux clichés du genre ! A re dévorer sans modération.

LES PETITES BÊTES LES PLUS CÉLÈBRES DU CINÉMA

Retour au genre fantastique avec ce classique de Joe Dante. Vous allez me dire, mais qu’est ce que ce film vient faire dans une sélection de Noel? Effectivement, GREMLINS est un film que l’on peut également regarder à Halloween par exemple. Mais c’est surtout un film qui, aujourd’hui, à assez mal vieilli et n’est pas vraiment effrayant à vrai dire. L’histoire de ces petites bêtes adorables qui se transforment en monstre si vous les nourrissez après minuit est devenue culte et surtout, un classique des fêtes de fin d’année ! Drôle et totalement improbable, GREMLINS est un film a revoir en famille ou entre amis tout en surveillant son animal de compagnie du coin de l’oeil !

CELUI QUI N’AIMAIT PAS NOËL

Dans les classiques de Noel, étrangement (et heureusement), on retrouve aussi quelques films qui ne sont pas du tout écrit avec la trame habituelle d’une histoire d’amour, d’un sauvetage sous la neige ou d’une célébration familiale digne de ce nom. Il y a certains films que l’on adore justement parce qu’ils déconstruisent l’idée d’un Noel parfait et heureux. Pour les cyniques au grand cœur, on retrouve notamment LE GRINCH de Ron Howard avec un Jim Carrey incroyable. Le film a également assez mal vieilli (je trouve) mais reste absolument délicieux. Une version animée plus édulcorée est sortie en 2018 et peut être visionnée par les enfants de manière plus facile que la version de 2000. Hilarant, ce film est un classique à dévorer encore et encore !

LE CLASSIQUE A LA FRANÇAISE

Comment ne pas citer notre classique national? LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE est une pièce créée en 1979 par la troupe du Splendide (l’équipe des Bronzés) qui a été adaptée au cinéma en 92 par J.M Poiré. Une comédie totalement folle qui est rapidement devenue culte, notamment avec notre regrettée Anémone dans le rôle de Thérèse. Le film est pour certains insupportable, pour d’autres totalement culte : ce qui est sur, c’est que c’est une comédie française dont on parle encore aujourd’hui et qui sera diffusée de nombreuses fois à la télévision pendant les fêtes, encore cette année !

Il y en a tant d’autres évidemment ! Quels sont les classiques, les films cultes que vous regardez en famille depuis toujours? Racontez moi ! On se retrouve demain pour une nouvelle case !

CALENDRIER DE L’AVENT #6 – Idées cadeaux pour cinéphiles

En ce premier week-end de Décembre, vous êtes surement en train de vous demander ce que vous allez bien pouvoir offrir à votre cousin fan de cinéma, à votre sœur qui binge watch 3 séries par week-end ou alors vous êtes tout simplement à la recherche de ce que vous allez mettre sur votre propre liste. Pas de panique, je suis là pour vous aider. Du gadget pur et dur, de la magie, une grande aventure ou un retour en enfance : laissez moi vous donner mes idées cadeaux à offrir aux cinéphiles de votre entourage ou à vous mêmes !

  • Le cadeau pour visiter la contrée

Déambuler dans l’univers de Tolkien, en voilà une belle idée ! Jusqu’au 16 Fevrier 2020, c’est possible. En effet, retrouvez l’exposition Tolkien, voyage en Terre du Milieu à la BNF qui ravira les fans, les enfants, les novices : bref tout le monde ! Plus de 300 pièces exposées pour (re)découvrir l’homme et son oeuvre. On nous promet aussi de nombreuses pièces inédites, jamais exposées en France. Une grande aventure à offrir sans se ruiner puisque l’entrée est entre 9 et 11e !

  • Le cadeau qui va faire dodeliner au pied du sapin

Dans un registre un peu plus franchouillard, la Cinémathèque Française vous propose une exposition qui rendra hommage à notre cher Louis de Funès. Du 1er avril au 31 juillet 2020, vous pourrez vous rendre à Paris pour découvrir une nouvelle facette de cet acteur incroyable. A travers des peintures, dessins et maquettes, documents, sculptures, costumes et, bien sûr, extraits de films, l’exposition propose au visiteur de découvrir la diversité de son talent comique, immédiatement identifiable, mais dont on ne connaît pas nécessairement tous les ressorts. Un cadeau qui vaut de l’or mais qui, une fois de plus ne vous coutera pas un bras. (sauf si vous devez payer le trajet jusqu’à Paris évidemment mais vous gérez ça comme vous voulez)

  • Le cadeau pour les flemmards qui voient grands

Si vous avez un peu plus de budget et envie d’avoir un ami chez qui squatter pour voir un film comme au cinéma (ou d’être cet ami), j’ai ce qu’il vous faut : un rétroprojecteur ! Il y en a de toutes les tailles pour tous les budgets et croyez moi, ça fait son petit effet. Grand angle ou plus petite portée, peu importe, vous serez comme au cinéma mais sans le voisin de devant qui vous gâche la vue !

ALONE on vous dis
  • Le cadeau pour les addicts

Alors là, on est sur LE cadeau noté 5 étoiles dans mon cœur : l’abonnement illimité à une salle de cinéma. Il faut avoir un certain budget certes mais ça peut être une idée à glisser à vos parents ou vos grands parents ou même à votre conjoint. Au lieu de payer votre abonnement de téléphone (grandissez un peu!) ou de vous offrir un chèque à Noel : demandez à ce que cet argent serve à vous payer une carte illimité dans le cinéma de votre choix. Pathé Gaumont, UGC, MK2 et même de nombreuses salles indépendantes en proposent. Vous avez l’embarras du choix et surtout, c’est rentable très rapidement. Alors si vous êtes un addict (ou que vous en connaissez un) des salles obscures mais que le budget ne suit pas, pensez y ! A vous la séance de 22h en solo ou l’avant-première entre potes.

  • Le cadeau qui va faire TOUDOUM

Vous avez peut-être dans votre entourage un cinéphile plutot casanier qui prefère mater ses films chez lui ou qui est devenu accroc aux séries. Vous n’avez pas le budget pour le rétroprojecteur et encore moins pour l’inviter au cinéma en illimité. Un abonnement à une plateforme de streaming comme Netflix, Amazon Prime, Canal + ou que sais je : c’est une idée géniale. Et si vous n’avez pas de budget pour cette année, il suffit d’offrir à la personne de votre choix vos codes et de lui partager votre compte. Existe-t-il aujourd’hui un acte d’amour plus fort? Je ne crois pas ! Pensez-y, astuce de fauchée !

  • Le cadeau qui va se prendre un mur

Originale, vintage, minimaliste, revisitée ou parodiée : l’affiche de film c’est un classique qui fait toujours plaisir. Il y a de nombreux sites qui proposent des vieilles affiches (budget un peu + conséquent) et d’autres où vous pourrez en trouver des centaines à des prix assez corrects et avec des films plutôt récents. Sur Etsy vous avez de nombreux artistes qui proposent des affiches minimalistes ou parodiées. Et sinon, vous pouvez vous renseigner auprès des cinémas de votre ville qui vendent souvent leurs affiches lors de braderies ou d’évènements particuliers !

Affiches minimalistes Tarantino (sur Etsy.com)
  • Le cadeau pour les Potterhead qui ont de l’humour

Ce présent n’est pas pour tout le monde : interdit aux personnes dénuées d’humour et aux enfants beaucoup trop purs (laissons leur un peu d’innocence). Pour les autres, je vous présente BLOODY HARRY du génial Alexandre Arlène, la bande dessinée qui raconte l’histoire de notre jeune sorcier préféré de manière, disons… honnête et crue. Un pur bonheur d’humour noir comme on aime. Il y a déjà trois tomes, et pour en avoir déjà en ma possession, je peux vous assurer que ça va faire un carton ! A retrouver dans toutes les bonnes librairies ou en ligne

  • Le cadeau pour étaler sa culture

Envie de jouer à « qui a la plus grosse culture ciné »? On a tout ce qu’il vous faut ! Les jeux de société spécial séries ou cinéma, ce n’est pas ce qui manque. Trivial Pursuit spécial Friends, Monopoly Harry Potter, quizz des séries ou jeu sur le cinéma classique : il y a de tout, pour tous les gouts et tous les âges. Un cadeau ludique qui fait plaisir à tous les coups !

  • Le cadeau vintage

Un bon film, c’est souvent aussi une excellente BO. Et quoi de mieux pour apprécier une musique de film épique que de l’écouter sur vinyle? Le support est revenu en force ces dernières années et de nombreux artistes sortent leur propre vinyle. Mais vous pouvez aussi trouver de nombreuses bandes originales de films ! En objet de collection ou de déco pour ceux qui n’ont pas de platine ou comme merveilleuse bande son pour se croire en plein film pour ceux ayant déjà le matériel adéquat. Un cadeau vintage, qui a du cachet et qui fera plaisir à tous les amoureux du 7e art !

Il y a tant d’autres choses encore à offrir à un(e) cinéphile ! Goodies, livres sur l’histoire du cinéma ou sur les répliques cultes, coffret collector ou que sais-je encore ! J’espère que ma petite sélection vous aura donné quelques idées. Et si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les partager en commentaires, je suis preneuse !

CALENDRIER DE L’AVENT #5 – Le meilleur du court en 2019

Pour ce 5e jour, j’avais envie de vous parler d’un format cher à mon cœur : le court-métrage. J’en ai déjà beaucoup parlé ces dernières semaines avec le festival Chacun Son Court à Strasbourg mais j’en regarde très régulièrement et j’avais envie de vous partager ceux qui m’ont le plus marqué cette année ! Certains sont sortis en 2019, d’autres sont plus vieux, mais ce sont tous des films que j’ai vus cette année et qui m’ont fait ressentir énormément d’émotions.

Retour sur 4 œuvres courtes mais intenses !

LA DISTANCE ENTRE LE CIEL ET NOUS – Vasilis Kekatos (2019)

La poésie en 8 minutes chrono : je vous présente un bijou d’écriture. Comment faire naitre une émotion en un dialogue de huit minutes entre deux inconnus? Vasilis Kekatos y parvient et nous propose ce court-métrage complétement fou. Palme d’or du court-métrage 2019, rien que ça, ce film est une preuve de l’intensité et la rigueur des courts-métrages. Poser une situation, des personnages, faire naitre un dialogue, une émotion, un ressenti qui reste même après la fin : c’est exceptionnel et impressionnant. Ce court-métrage est certainement celui qui m’a le plus impressionné cette année tant l’idée est brillante et réussie.

Et grâce à Arte, vous pouvez voir ce film gratuitement sans modération juste ici !

SHOW – Pauline Amelin (2018)

Ce film, je vous en ai déjà parlé longuement grâce à l’entretien que j’ai réalisé avec Pauline, la réalisatrice. C’est un de ces films qui vous donne le sourire immédiatement, un sourire doux que vous gardez longtemps après la séance. Encore une fois, c’est cette capacité à proposer un moment de vie, faire naitre une émotion profonde en quelques minutes. Et cette capsule de vie entre cette femme retraitée et ce jeune drag queen : un bonheur.

Malheureusement vous ne pouvez pas (re)voir ce film pour l’instant sur la toile, mais vous pouvez écouter Pauline en parler juste et écouter la bande son, qui vaut le détour !

L’ATTENTE – Clara Stern (2016)

Retour à la réalité avec ce film d’une puissance inouïe. Le visionnage peut être difficile pour certaines personnes (comme il l’a été pour moi) tant la situation est parfaitement établie à l’écran. On suit, pendant une dizaine de minutes, l’attente de Anna à son arrêt de bus. Il est tard, elle est seule et elle va vivre ce que nous avons toutes vécu bien trop souvent : la peur et la sensation d’être une proie. Il n’y a quasiment aucun dialogue dans ce film mais sa puissance est incroyable. Presque synesthésique, c’est un film douloureux qui parvient à retranscrire une réalité sans aucun discours. Poignant.

Je vous invite vivement à tenter l’expérience, et en discuter ensuite (avec moi, ici en commentaires, ou autour de vous). Le film est à voir juste ! Et juste ici vous pouvez écouter la réalisatrice parler de son projet.

SKIN – Guy Nattiv (2018)

Direction les États-Unis avec cet incroyable film de Guy Nattiv.

SKIN est un court-métrage d’une vingtaine de minutes narrant l’histoire (réelle) d’un chef de gang skinhead et de sa famille. Structure assez classique, très américaine, certes, donc rien de bien original dans la proposition. Cependant, le film est une véritable claque. Guy Nattiv parvient à poser un cadre, un contexte, à faire vivre autant la relation tendre de cette famille extrémiste avec des moments de dialogues brillants que la guerre entre les gangs qui va se terminer en un véritable drame. Oscar du meilleur court-métrage 2019, SKIN est sans conteste un film important et poignant.

A savoir que le réalisateur a adapté son court-métrage en un long métrage de deux heures (que je n’ai pas encore visionné) du même titre. Cette histoire et l’esthétique choisit par le réalisateur n’est pas sans rappeler l’incroyable AMERICAN HISTORY X de Tony Kaye sorti en 1998.

Bande Annonce du court-métrage SKIN

Et vous, quels sont vos coups de cœurs de ces derniers mois? Vous regardez beaucoup de courts-métrages? Dites moi tout, je serai ravie de découvrir vos pépites !

On se retrouve demain pour la suite du calendrier, soyez au rendez-vous, ce sera un article pour sauver votre honneur sous le sapin !

CALENDRIER DE L’AVENT #4 – L’animation pour les grands enfants

Aujourd’hui, pour la 4e case du calendrier de l’avent, et à l’occasion de la sortie du film LA FAMILLE ADDAMS, j’ai décidé de vous faire une petite sélection de films d’animation un peu différente. Disney est certainement le roi de l’animation et la plupart de nos films favoris sont des œuvres de ce cher Walt. Mais la maison n’a pas le monopole de l’animation, bien au contraire, surtout lorsqu’il s’agit de s’adresser à un public plus adulte ou d’innover dans les histoires ou les techniques d’animations. Pour petits et grands, il y a de nombreux bijoux à faire découvrir autour de vous !

Vous aimez l’animation mais vous en avez marre de regarder La reine des neiges pour la dixième fois avec vos enfants ou vos frères et sœurs ? Vous voulez découvrir des œuvres super chouettes pour changer un peu ? J’ai ce qu’il vous faut ! À regarder en famille, entre amis ou en solo ! Voici quelques idées pour les vacances ou pour faire découvrir de nouvelles choses ! C’est parti !

LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE de Sylvain Chomet

J’ai vu ce film lorsque j’étais très jeune et il m’a véritablement marqué. Aujourd’hui encore, je le regarde régulièrement et y vois de nombreuses choses que je ne comprenais pas à l’époque.

Ce film, sorti en 2003, est une petite merveille. Un film d’animation français extrêmement doux, avec un graphisme très rond presque grossier par moment et une bande son incroyable écrite par Benoit Charest (César de la meilleure musique de film 2004).

L’histoire raconte le parcours de Mme Souza, à la recherche de son petit-fils Champion enlevé par la mafia française alors qu’il concourrait pour le Tour de France. Elle rencontre alors les Triplettes de Belleville, trois sœurs, musiciennes qui vont l’aider dans sa mission.

Le film est assez peu bavard et il se regarde avec attention. L’univers entre la France et les États-Unis, la relation entre ces quatre femmes, la musique, l’art, les références : c’est un véritable petit bijou d’animation.

Sylvain Chomet rend hommage à la culture française avec de nombreux clins d’œil notamment à Jacques Tati, Jacqueline Rivière (Becassine) ou Charles Trenet mais aussi aux Américains avec de nombreuses références lors du concert des Triplettes (on y voit Joséphine Baker ou Fred Astaire) et à la Belgique avec le grand Djando Reinhardt.

Le film a eu une portée incroyable, il est même cité dans un épisode des Simpsons (on sait tous que c’est la consécration), et sa musique de fin composée par M (Matthieu Chedid) est aujourd’hui très connue. C’est un film que je vous conseille réellement de (re)découvrir !

à partir de 10 ans

LES TROIS BRIGANDS de Hayo Freitag

Alors ce film, c’est une vraie merveille ! Drôle, touchant, original avec des visuels formidables : bienvenue dans l’univers de Tomi Ungerer !

LES TROIS BRIGANDS, réalisé par Hayo Freitag, est une adaptation de l’album éponyme écrit et illustré par Tomi Ungerer (1961). Cet illustrateur et auteur alsacien, nous a quitté cette année en nous laissant de nombreuses œuvres assez incroyables.

Ce film, sorti en 2007, est un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles. Tomi Ungerer est le narrateur du film dans la version française (et la version allemande) ce qui ajoute un cachet fou à l’histoire. Les acteurs qui doublent les autres personnages sont également extrêmement doués notamment, Catherine Cerda qui joue la tante et qui est géniale ! Le film a reçu le Prix du public du festival international du film d’animation d’Annecy en 2008 et de nombreux enfants ont pu le voir depuis dans les écoles ou dans des séances spéciales notamment en Alsace. Pour moi, c’est l’un des films d’animation les mieux produits, réalisés et écrits. C’est très drôle, différent, noir et lumineux à la fois : un classique !

à partir de 3 ans

PERSEPOLIS de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Cette fois, on touche à une sacrée merveille ! Persepolis est l’adaptation sur grand écran des quatre albums de bande dessinée homonymes écrits et dessinés par Marjane Satrapi. L’histoire est directement inspirée de la jeunesse de la dessinatrice. Le film quant à lui, a remporté 11 prix dont le Prix du Jury au Festival de Cannes (2007) mais aussi le César de la meilleure adaptation : un véritable succès, amplement mérité.

Persépolis raconte la vie de Marjane Satrapi de ses 8 ans à sa vie d’adulte. Entre Téhéran et Vienne, entre la guerre et l’indifférence : de l’enfance à l’adolescence, on suit Marjane qui doit vivre avec le poids de son pays et la différence entre sa vie et celle de sa famille. Drôle, touchant, puissant et universel, Persepolis est un bijou. C’est un film singulier a bien des égards : le sujet, l’animation (réaliste, mais stylisée), le noir et blanc.

Le casting est également incroyable. En effet, on retrouve Catherine Deneuve et Chiara Mastroiani qui se donnent la réplique en jouant Marjane et sa mère. On retrouve également Danielle Darrieux dans le rôle de la grand-mère, mais aussi … Iggy Pop ! Un casting à l’image de ce film fou.

Je vous mets un petit bonus avec cette scène devenue célèbre de Marjane qui danse sur Eye Of the Tiger

à partir de 10 ans

L’ÉTRANGE NOËL DE MR JACK de Henry Selick

Petite entorse puisque ce film a été produit et distribué par Walt Disney Productions. Cependant, la singularité de l’univers et de l’animation en a fait un film d’animation particulier et aux antipodes des réalisations Disney précédentes et actuelles.

L’étrange Noël de Mr Jack (The Nightmare Before Christmas) réalisé par Henry Selick sur une histoire originale de Tim Burton et sorti en 1994 est un film singulier. Le film raconte l’histoire de Jack Skellington, roi et organisateur de la fête d’Halloween, qui s’ennuie et qui découvre alors l’univers de Noël. Il va alors tenter de s’emparer de cette fête.

Au delà de l’histoire singulière, du ton du film et de l’univers incroyable c’est particulièrement la technique employée pour le film qui laisse admiratif. L’animation en stop-motion (image par image) des marionnettes a pris plus de trois ans de tournage. C’est le premier long-métrage entièrement réalisé avec cette technique !

Le film a eu un succès incroyable, notamment la musique du film composée par Danny Elfmann (compositeur qui a travaillé de nombreuses fois avec Tim Burton) qui est devenue extrêmement célèbre comme « La Complainte de Jack », « Que vois-je? » ou encore « This is Halloween » qui a terrifié de nombreux enfants !

à partir de 6/8 ans.

J’espère que cette petite sélection de films d’animation pour petits et grands vous a plu ! Quels sont vos films d’animations préférés? Dites moi tout ça en commentaires ! Et RDV demain pour la suite du calendrier de l’Avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #3 – Guerre d’égo : à Hollywood aussi, les diners de famille sont compliqués

Les fêtes de fin d’année, c’est synonyme de diners en famille ou entre amis. Et on a tous une personne avec qui les retrouvailles ne sont pas toujours faciles. A Hollywood aussi, l’entente n’est pas toujours au beau fixe ! Pour ce 3e jour du Calendrier de l’Avent, j’ai décidé de vous parler de quelques unes des guerres d’égo made in Hollywood qui m’ont le plus marquées. Tournage cauchemardesque, amour vache ou baston responsable : autant vous dire qu’on a pas envie de se retrouver à table avec ceux là ! C’est parti !

CHARLIZE THERON ET TOM HARDY : cauchemar en Namibie

Imaginez vous partir pendant plus de 7 mois avec votre cousine insupportable ou votre frère que vous ne voyez qu’une fois par an? Charlize Theron et Tom Hardy l’ont fait, et ça n’a pas été de tout repos. Le merveilleux MAD MAX : FURY ROAD est l’un des meilleurs films de ces 10 dernières années. Et le caractère des personnages doit beaucoup à la relation entre les deux interprètes.

En effet, les deux acteurs ne se supportaient pas. Pendant 7 mois, ils se sont crachés au visage et, d’après le réalisateur George Miller, ils en seraient presque venus aux mains.

Un véritable cauchemar mais qui, pour une fois, à vraiment servi le film puisque leur haine partagée était également au centre de l’histoire.

Ryan Gosling et Rachel McAdams : débuts difficiles

L’un des films les plus romantiques de l’histoire, avec ce baiser mouillé sensationnel… Oui et bien semble t il que ce n’était pas aussi sensationnel sur le plateau. Les deux acteurs ne se parlaient à peine et se détestaient sans que l’on sache réellement pourquoi. Ryan Gosling a même demandé a ce qu’on donne le rôle féminin a quelqu’un d’autre (ce culot).

Cela dis ces deux là ont réussi à briser la glace et ont même finis par s’aimer plus que de raison puisqu’ils sont restés ensemble plus de trois ans après le tournage. Comme quoi, ne désespérez pas, l’amour ça commence toujours par un peu de haine non?

Jared Leto, le vilain petit canard

Vous avez tous vu JOKER de Todd Phillips je pense, avec le grand Joaquim Phoenix en tête d’affiche. On ne reparlera pas du film ici, ceux qui ont lu mon article connaissent déjà mon avis (pour les autres c’est par ). Mais ce n’est pas le propos ! Le film a eu quelques problèmes avant le tournage, et aurait pu ne pas voir le jour. Pourquoi? Parce que l’égo de Jared Leto est immense pardi ! Pour ceux qui ont vu Suicide Squad, vous savez que Jared Leto a interprété le Joker. Une prestation qui n’a pas fait l’unanimité.

Seulement quand Jared a appris qu’un film centré sur le Joker était en préparation mais que le rôle ne lui était pas proposé.. il a pété un câble ! Et loin de râler dans son coin, non non, il a carrément tout fait pour faire annuler le projet. Appel à Warner, crises chez son agent et magouilles pour que son agence musicale (oui oui il a tout tenté) fasse pression sur les studios. Évidemment, rien a marché, et aujourd’hui Joker à un Lion d’or, un succès interplanétaire et Jared Leto … il a la haine et il s’est fait viré de son agence. Pas de bol ! Cela dis, je n’aimerais pas être à la même table que Joaquim Phoenix et Jared Leto. Tensions en approche !

Lena Headey et Jerome Flynn ont la rancœur tenace

Game of Thrones c’est terminé ! Et tant mieux, après la saison 8 catastrophique…oups pardon c’est pas le moment ! Non, ce qui est étonnant, c’est qu’il y a deux acteurs de la série qui n’ont JAMAIS joué une seule scène ensemble. Deux personnages pourtant emblématiques. Et oui, il s’agit de Sir Bronn et de Cersei Lannister. Pourquoi? Et bien il s’agit tout simplement d’une rancune amoureuse. En effet, Lena Headey et Jérome Flynn ont été en couple il y a de ça … plus de 15 ans.

Leur rupture ne semble pas s’être très bien passée puisqu’ils ont passé les 7 dernières années à jouer dans la même série sans JAMAIS s’adresser la parole et en refusant que leur personnage ai une scène ensemble. C’est ce qu’on appelle de la rancœur !

Arbitrage à Hollywood : carton rouge

Si vous souhaitez rendre les coups à votre frère ou comptez les points sur les répliques lors des disputes à table : vous êtes de vraies stars hollywoodiennes ! En effet, et je trouve ça assez incroyable, les stars de la saga FAST AND FURIOUS comptent les coups qu’ils se donnent … à l’écran! Et c’est un calcul très précis attention. Par exemple, si le personnage de Vin Diesel (Toretto) frappe Dwayne Johnson (Hobbs) durant une scène, vous pouvez être surs que dans les 10 secondes c’est l’inverse qui se produira. Et il y a une équipe SPÉCIALE pour compter les coups sur le plateau. La guerre d’égo pour ne pas qu’un personnage paraisse plus faible que l’autre est quand même assez dingue!

Alors si ça vous amuse, vous pouvez en faire un jeu à boire ou un jeu en famille en comptant les coups qu’ils reçoivent. Sur une dizaine de films, il y a de quoi faire ! C’est donnant donnant à Hollywood. Une baston équitable en somme !

L’égo des uns et des autres, c’est souvent ce qui prend le plus de place lors des repas en famille. Alors armez vous de patience (ou d’une ardoise pour comptez les points). D’autres anecdotes sur les guerres qui existent entre stars d’Hollywood? Partagez les en commentaires !

CALENDRIER DE L’AVENT #2 – Les pires suites/remakes de 2019

Cette année, à l’aube d’une nouvelle décennie, les studios n’ont pas forcément fait preuve de beaucoup d’originalité. Remakes et suites tirées par les cheveux, voilà le lot des salles de cinéma en 2019. J’ai pour ma part beaucoup de mal avec cette idée de franchise à tout prix, de suites inutiles et de remakes d’anciennes œuvres. Autant vous dire que cette année, j’ai été servie !

Pour ce deuxième jour du Calendrier de l’Avent, retour sur 5 remakes et/ou suites sortis cette année et dont je me serait bien passée ! N’hésitez pas à me donner votre liste en commentaires

  1. Le Roi Disney

QUI AVAIT BESOIN D’UN REMAKE DU ROI LION? La réponse est : personne. Le dessin animé le plus célèbre de chez Walt Disney a eu 25 ans cette année et en cadeau, nous avons eu droit à un remake qui a eu le don de m’énerver. LE ROI LION sorti en 1994 est l’un des meilleurs Disney. L’histoire de Simba, trahi par son oncle l’incroyable Scar, qui se fait chasser de son royaume et rencontre un duo iconique : Timon et Pumba. Les chansons et les personnages ont fait le tour du monde et sont, encore aujourd’hui, une référence pour beaucoup. Loin d’avoir mal vieilli, Le Roi Lion fait partie des premiers Disney que la nouvelle génération peut tout à fait apprécier aujourd’hui.

Alors, POURQUOI, avoir voulu dénaturer cette merveille avec une nouvelle technologie d’animation, de nouvelles voix et une histoire légèrement remodelée? Le bif, la thune, le fric, la money : bref vous l’aurez compris, à mes yeux cette histoire n’est motivée que par l’argent. Beyoncé qui double Lana, et hop, déjà vous avez la moitié de la planète qui se déplace en salle. Un design digne d’un film documentaire et de la 3D pour qui veux : le remake du Roi Lion a été une réelle souffrance pour ma part. L’animation était certes assez sympa sur les grands paysages ou sur des plans assez larges, mais sur les personnages, mon dieu quelle horreur. Aux oubliettes les petites tronches toutes mignonnes de Lana et Simba qui découvrent le monde, la gueule terrifiante de Scar et les rondeurs de Pumba. En 2019, on a eu le droit à deux lionceaux identiques sans aucune expression, un Scar rachitique et un Pumba digne d’un musée zoologique. C’est ça les rêves à la Disney maintenant? Et je ne vous parle même pas du doublage français …

En parallèle, on a également eu la chance d’avoir un remake live action du grand ALADIN avec notre cher Will Smith en génie. Une catastrophe qui a quand même rapporté des millions aux studios.

Et bien bon courage à nous, car les remakes Disney de cette envergure il y en a plusieurs de prévus dans les années à venir à commencer par MULAN (oui, ils ont osé) en 2020. Non je ne vous mettrai pas la bande annonce, sinon vous allez pleurer comme moi.

2. Dora, enfance grandeur nature

En parlant de dénaturer des souvenirs d’enfance, vous vous souvenez de Dora? Cette gamine insupportable qui nous demandait constamment de suivre une satanée carte. La plupart l’ont découverte assez tard car elle est plutôt arrivée pour la génération des 2000, mais on l’a tous en tête. Et bien en 2019, on a eu le droit à une version teen-movie sur grand écran. Et cette fois, la petite fille innocente avec une tête disproportionnée s’est changée en adolescente avec un mini short. Tomb Raider pour la nouvelle génération, la machine a fric est lancée !

3. Men in Black, interminable

Tout le monde se souviens de MIB, avec notre cher Will Smith et l’agent K (Tommy Lee Jones) ! Un délice de fiction (au moins les 2 premiers) qui met une sacrée claque et dépoussière la science-fiction voir la parodie. Une petite madeleine de Proust pour beaucoup d’entre nous qui s’est vu associée à un immondice cette année. En effet, les studios ont décidé de nous proposer un spin-off alors qu’on ne leur avait rien demandé. Et c’est ainsi qu’est venu a l’écran : MIB INTERNATIONAL commis par F. Gary Gray avec Tessa Thompson et Chris Hemsworth.

Ce film est une parodie d’une parodie, avec un scénario plombant et aucune vanne efficace. C’est 2h de vide basé sur le simple fait que les producteurs ont prié très fort pour que le public se souvienne de manière nostalgique des situations comiques du film de base. En bref, un spin-off qui a rapporté 253 890 701 $ au Box Office pour … ne rien raconter. Bien joué !

4. Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça?

Je vais me faire taper dessus par un grand nombre de mes compatriotes vu le succès du film mais … désolée, je ne peux pas ne pas citer QU’EST CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU? de Phillipe de Chauveron. La suite de la comédie française la plus vue de ses dernières années, avec Christian Clavier et Chantal Lauby, a réuni plus de 6 711 618 spectateurs dans les salles françaises.

Pour ma part, je ne comprends pas l’intérêt d’avoir fait une suite. Le concept (qui n’était déjà pas révolutionnaire) est usé et faire de l’argent sur aussi peu de matière, je trouve ça assez triste.

5. Au féminin

Vous l’avez sûrement remarqué, de nombreuses boîtes ont décidé que le féminisme méritait bien de leur faire gagner un peu d’argent. Donc au lieu de créer de nouvelles histoires et de mettre les femmes en avant…ils ont tout simplement mis sur les rails de nombreux remakes avec des femmes dans les rôles principaux. Après Ocean’s 8 en 2018 on a eu droit cette année à Le coup du siècle avec Anne Hathaway et Rebel Wilson (Remake du Plus escroc des deux sorti en 1988) et bientot CHARLIE’S ANGEL avec Kristen Stewart, un remake du classique sorti en 2000.

Remakes, suites, franchise et saga : le cinéma est un puits sans fond d’originalité ! Évidemment, c’est un échantillon des sorties sur l’année et cela ne représente qu’une toute petite partie de l’offre cinématographique en France. Le cinéma a encore une fois réussi a nous surprendre et à nous montrer l’étendue des talents qu’il soutient. Seulement, je voulais quand même pointer du doigt certaines pratiques qui me dérangent. Le cinéma comme divertissement : je dis oui à 100%. Mais faire du cinéma avec du vide, des remakes et aussi peu d’engagement qualitatif c’est assez triste ! 2020 sera peut être le début d’une nouvelle ère? A vos stylos, il est temps d’envoyer de nouveaux scénario aux producteurs ! Et vous, quels sont les films dont la sortie/le succès vous ont énervé?

CALENDRIER DE L’AVENT #1 – Les sorties ciné/séries de fin d’année

Pour ce premier jour du Calendrier de l’Avent, je vous propose de faire un tour d’horizon des sorties de ce dernier mois de l’année 2019 ! Quelles sont les grosses sorties de cette fin d’année que j’attends patiemment? On voit ça tout de suite ensemble ! N’hésitez pas à allonger la liste avec les sorties que VOUS attendez le plus! C’est parti !

La première semaine de Décembre sera sur le thème de la nostalgie !

En effet, on retrouve deux classiques de notre enfance/adolescence : LA FAMILLE ADDAMS et FRIENDS. Mais également un film, très attendu, MARRIAGE STORY.

Oui oui, La Famille Addams revient en animation sous la direction de Conrad Vernon et Greg Tiernan.

Déjà sorti aux Etats-Unis en Octobre 2019, le film a eu un succès fou avec au casting : Oscar Isaac, Charlize Théron, Chloé Grace Moretz et… Snoop Dogg! L’animation est assez particulière mais je suis assez impatiente de retrouver cette famille qu’on aurait tous voulu avoir autour de la table à Noel. Seul bémol : le casting français est vraiment mauvais (coucou Kev Adams) donc, allez le voir en VO please ! Le film sera en salles françaises le 4 décembre !

Quand il s’agit de nostalgie et de télévision, ma première pensée ne se tourne pas forcément vers la série culte FRIENDS créee par David Crane et Martha Kauffman. Pourquoi? Eh bien parce qu’elle fait encore partie de ma vie depuis plus de 15 ans! Je la regarde très (trop) régulièrement et je suis toujours aussi fan. Qui ne connait pas ce groupe d’amis vivant à New York? Qui n’a jamais entendu ce générique incroyable? Tout le monde connait LA réplique culte « MAIS ON AVAIT ROMPU » de Ross non?

Alors quand j’ai appris qu’une sélection de 12 des meilleurs épisodes de la série serait diffusée sur grand écran à l’occasion des 25 ans de la série : mon cœur a explosé de joie. Lancée par Gaumont/Pathé, cette soirée d’exception aura lieu le 6 décembre. Alors si vous avez une séance près de chez vous, FONCEZ. Pour réserver vos places ou voir la liste des épisodes diffusés c’est par ici.

Le même jour, Netflix va faire trembler nos cœurs également. Si je vous dis Scarlett Johansson? Maintenant si je vous dis Adam Driver? Oui, je parle bien du nouveau film de Noah Baumbach : MARRIAGE STORY. Un film qui va parler d’un divorce éprouvant avec un point de vue propre à chaque personnage. Le casting, le réal, le sujet et la bande annonce : tout m’a séduite dans ce projet. Il ne sortira pas en salles mais sera donc disponible sur la plateforme dès le 6 décembre prochain. Déjà nominé aux Golden Globes, acclamé au TIFF, ce nouveau bijou me semble vraiment être l’un des films qui va faire du bruit en cette fin d’année. Loin d’être un film joyeux, cela s’annonce malgré tout comme une sacrée claque que l’on va tous se prendre sur notre canapé.

SISTERHOOD in Brasil

La semaine suivante, le 11 Décembre précisément, sort LE film que j’attends le plus. Pourquoi? Parce que je l’ai vu au Festival de Cannes lors de la cérémonie de clôture de la compétition Un Certain Regard, Gagnant du Grand Prix, ce film brésilien a été une énorme claque. J’attends depuis des mois de pouvoir vous en parler et j’ai hâte de pouvoir enfin le faire.

LA VIE INVISIBLE D’EURIDICE GUSMAO de Karim Aïnouz raconte l’histoire de deux sœurs qui vont se retrouver séparées malgré elles par la vie et par un père trop traditionnel dans ce Brésil des années 50. Elles prendront en main leur destin, sans jamais renoncer à se retrouver. Un bijou que je vous encourage vivement à aller voir au cinéma. C’est beau, c’est grand, c’est un film magistralement écrit et porté par deux actrices incroyables notamment Julia Stockler que j’ai trouvé magique.

Un nouveau film cannois qui vaut le détour !

La semaine suivante, on retrouve le nouveau film de Robert Eggers. Vu il y a quelques semaines en festival, The Lighthouse est un film qui m’a vraiment scotché. Porté par un duo totalement improbable mais vraiment impressionnant : Willem Dafoe et Robert Pattinson. Le film raconte la descente aux enfers et la folie qui anime deux gardiens de phares qui se retrouvent bloqués sur leur île. En noir et blanc, en 4/3 et dans un registre fantastique assumé : le film est dérangeant, déroutant et vraiment particulier. Un petit bijou de cinéma comme on en voit rarement. Je vous en reparle très vite! En salles le 18/12.

Le 20 Décembre, c’est 100% Netflix !

Entre inquiétude et hâte, les deux programmes vont faire couler beaucoup d’encre.

Le bonheur de retrouver Anthony Hopkins….en pape. Oui, THE TWO POPES de Fernando Meirelles débarque enfin sur la plateforme. Anthony Hopkins et Jonathan Pryce (le Grand Moineau dans GOT, pour ceux qui veulent une référence catholique en plus) réunis dans ce drame inattendu qui nous plonge dans un tournant historique de l’Eglise catholique. Un thème qui peut en rebuter certains, mais qui ne manque pas d’intérêt. (Et puis, Hopkins, je suis désolée mais il pourrait animer une émission de cuisine : je me jetterais dessus.)

Pour ceux que le drama catholique historique avec deux acteurs incroyables n’intéressent pas (qui êtes vous??) j’ai autre chose à vous proposer : THE WITCHER de Lauren Schmidt Hissrich. J’en entends déjà quelques uns hurler, et je vous comprends. La série est attendue depuis quelques temps déjà mais aussi crainte par beaucoup d’entre vous. Adaptation live de la saga littéraire du Sorceleur et du jeu vidéo, Netflix s’attaque a du gros cette fois ci. Le nom de Henry Cavill pour reprendre le rôle principal ainsi que les premiers visuels ont fait grincer des dents. Le 20 Décembre, il sera temps de prendre son courage a deux mains et de se faire un avis !

IT’S CHRISTMAS TIME.

Yes, i know. Mais pour ceux qui préfèrent passer Noël dans le noir face à quelque chose de VRAIMENT intéressant (désolée tata, mais tes photos de vacances, tout le monde s’en fout), il y a de quoi faire en ce 25 Décembre. Du beau, du poétique et du grand spectacle au programme.

LE LAC AUX OIES SAUVAGES de Diao Yinan, thriller chinois présenté en compétition officielle à Cannes. Un film qui a l’air d’être un petit bijou de réalisation avec un synopsis plutôt banal malgré tout : un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Cela dis, entre les échos qu’on a déjà eu, les images et les bandes annonces, ce film m’enchante déjà et je ne serais vraiment pas contre passer ma soirée en sa compagnie ! Et vous?

En face du tapis rouge, il y a également du grand spectacle. Attention, faites place à … CATS de Tom Hooper ! Alors oui, le casting officiel fait un peu peur (Taylor Swift, Idris Elba, Jennifer Hudson etc) mais les petits noms qu’on ne voit pas beaucoup dans la promo valent le détour : James Corden et Ian McKellen ! Franchement, si ces deux noms donnent pas envie de se dire que ce film va être un bon gros what the fuck des familles… Et puis la bande annonce, honnêtement, elle claque. Des chats, des poils, des chansons et des décors en carton vachement bien faits. Noël c’est aussi ça : se vautrer dans un fauteuil en boulottant des popcorns devant un film presque honteux. Cette année, CATS est là pour ça !

J’espère que ce petit récap des sorties que j’attends le plus pour ce dernier mois de 2019 vous a plu ! N’hésitez pas à rajouter les vôtres en commentaires (je sais que vous allez ajouter Star Wars pour certains, promis on ne vous juge pas)! On se retrouve demain pour la case numéro 2 😉

MARIANNE de Samuel Bodin – la république de l’horreur

Une série d’horreur made in France : rien que ça, ça peut faire peur ! Les séries françaises, surtout sur Netflix, ne sont pas vraiment gage de qualité malheureusement. Série policière ou comique en passant par la romance : les productions françaises Netflix sont souvent assez maladroites si ce n’est pas clairement mauvaises. Alors quand j’ai entendu parler d’une série d’horreur qui sortait en début Septembre, j’avoue ne pas avoir été très excitée. Le genre étant déjà très difficilement renouvelable et, surtout, après la bombe THE HAUNTING OF HILL HOUSE (qui avait pris directement sa place dans mon TOP 2018 juste ici), la barre était très haute notamment quand on s’attaque au thème des esprits ou des entités.

MARIANNE est une série d’horreur française écrite et réalisée par Samuel Bodin. Diffusée sur Netflix depuis Septembre 2019, la série à déjà fait couler beaucoup d’encre et les avis sont partagés. La série se découpe en 8 épisodes de presque 1h chacun, et raconte l’histoire de Emma Larsimon auteure à succès qui est forcée de retourner dans son village natal Elden pour faire face à des événements tragiques et surtout, à son personnage principal qui semble avoir pris vie.

MARIANNE : UNE SÉRIE INÉGALE SUR TOUS LES POINTS

Le GROS point négatif de la série, c’est, à mon avis, son inégalité sur tous les aspects. En effet, que ce sois en terme de jeu, de scénario, de réalisation ou d’écriture des personnages : la série est extrêmement inégale et c’est son plus gros point faible. La qualité, très présente au demeurant, n’est pas linéaire et laisse donc le spectateur dans un sentiment extrême d’incertitudes et de questionnements.

J’ai vu beaucoup de critiques qui remettaient en question le jeu des acteurs. C’est une critique facile, dès qu’il s’agit de cinéma français (surtout du cinéma de genre) mais cette fois ci, elle me parait assez légitime même si j’y apporterai un peu de nuance. Le jeu d’acteur n’est vraiment pas exceptionnel dans MARIANNE. La plupart des acteurs surjouent énormément et certaines scènes sont, de surcroit, extrêmement gênantes (comme la fameuse scène de déclaration dans la voiture, qui a du mettre à peu près tout le monde très mal a l’aise). Cependant, à mes yeux, ce jeu est la conséquence première de l’écriture de la série. Le scénario, les épisodes et les personnages sont tous écrits de manière totalement inégale. Samuel Bodin, avait-il peur de jouer à fond la carte de l’horreur? Peut-être. Ce qui est sur c’est qu’il n’assume pas ce registre jusqu’au bout et c’est ce qui donne aux personnages (et aux acteurs) une consistance moindre. Entre registre comique, policier et horrifique : il faut choisir quand on ne sait pas vers lequel se tendre. Certains épisodes, notamment les 2 premiers, sont vraiment très réussis. Le premier épisode est effrayant, totalement calibré et parvient à nous accrocher jusqu’à la dernière seconde. Seulement, dès le milieu du deuxième épisode, Samuel Bodin inclut de l’humour (comique de situation, sarcasme, répliques cinglante, lourdeur) qui dénote complètement avec l’ambiance dans laquelle il a pu nous laisser à la fin de l’épisode précédent.

Du coup, le jeu des acteurs est forcément moins bon puisqu’ils oscillent constamment entre plusieurs registres de ton. Autant, sur certains films cela peut fonctionner lorsque l’humour est bien dosé voir intelligent ou que l’horreur est assumée comme étant parodique ou autre. Autant là, ce choix désarçonne totalement le spectateur et les acteurs. On a des scènes profondément effrayantes avec l’incroyable Mireille Herbstmeyer (Madame Daugeron aka Marianne), qui est à la base une grande comédienne de théâtre et qui, là, m’a totalement bluffée. Certains ont qualifié son jeu de too much, pour ma part, je le trouve absolument parfait. Elle est terrifiante, glauque, malaisante et surtout, elle parvient à garder ce ton du début à la fin. Et en face, on nous donne des scènes où les acteurs s’envoient des vannes potaches sur un ton proche des téléfilms sur France 3. Cette césure entre les registres est profondément déroutante et surtout, ne fonctionne pas du tout.

Entre teen movie, film d’horreur et téléfilm du dimanche : la série se perd un peu et ne nous permet pas de rester scotchée à elle durant ses huit épisodes. En quelques images, vous allez pouvoir constater par vous même les différences visuelles.

Film policier du dimanche
Teen Movie
Film d’horreur

Et pour parler rapidement du casting, je rejoins les nombreuses critiques qui ont pu être faites à ce sujet : il n’est vraiment pas convaincant. A part Mireille Herbstmeyer que je trouve parfaite, le reste du casting oscille constamment entre profonde conviction et banalité sans nom. Alban Lenoir, pourtant assez réputé, est vraiment méconnaissable et m’a laissé assez pantoise devant sa piètre prestation. Quant au groupe de jeunes, à part Lucie Boujenah qui ne s’en sort pas trop mal malgré le peu de crédit offert à son personnage, le reste est globalement assez oubliable. Pour finir, Victoire du Bois, héroïne principale de la série est assez complexe. Elle peut autant vous donner des frissons que vous laissez totalement indifférente. Son jeu n’est pas assez intense pour moi. Cela dit, je trouve le personnage assez bien écrit au contraire, et son aspect antipathique est pour moi l’une des choses les plus réussies en terme d’écriture. Il ne vient pas de nulle part et elle interprète assez bien cette dualité entre ses réelles envies, son passé et ce qu’elle a été obligée de faire pour disparaitre.

Alban Lenoir dans MARIANNE
Mireille Herbstmeyer

Au-delà du jeu d’acteur, c’est aussi en terme de réalisation que la série se divise. Le travail sur la photographie est vraiment très important. La composition des plans est, la plupart du temps, extrêmement bien ficelée et visuellement, c’est assez bluffant pour une production française. Les décors réels (la série a été tournée en Bretagne) servent totalement le propos de la série avec de grandes étendues agitées (mer, plaines venteuses, rochers etc). Certaines scènes, de nuit, sont sincèrement impressionnantes comme celle où les parents d’Emma se retrouvent dans leur jardin en pleine nuit. La composition du plan est incroyable et cela renforce l’imaginaire et l’impact de la série. L’un des plans finaux, que l’on voit dans les teasers, est spectaculaire avec cette sorcière immense se tenant derrière Emma. De plus, Samuel Bodin a mis en œuvre une véritable obsession pour le détail qui est très appréciable. Retour sur les légendes urbaines, sur l’Histoire de France et les sorcières, le moyen-age : on est embarqués dans une véritable histoire avec démons, sorcellerie, ancrage historique et symboles étranges. On notera notamment une séquence très chouette où on nous montre l’histoire de Marianne et son mari le démon Béleth avec des parchemins et des animations. Le souci du détail et du visuel est donc vraiment important dans la série, comme le prouve également le générique avec ce motif du trou qui revient constamment comme une tache d’encre (Emma étant auteure, l’histoire se basant sur ses écrits etc.).

Cependant, et vous vous en doutez, d’autres séquences sont totalement dépourvues d’intérêt et montrent clairement le manque de moyens dans la production de la série. Mettre tout son budget dans certaines scènes incroyables, c’est un choix, mais sur cette série, je ne pense pas que ce soit le bon. Tourner des scènes où l’intérêt est clairement comique ou pour faire avancer des histoires de cœurs vieilles d’une quinzaine d’années : c’est un mauvais choix stratégique, surtout sur une série de huit épisodes dont certains ne dépassent pas la demie-heure. Le scénario, lui aussi très bancal, méritait qu’on s’y attarde réellement et qu’on ne se perde pas en fioritures. Le rythme visuel et scénaristique de la série est donc profondément à revoir et m’a gêné à plusieurs reprises dans mon visionnage.

LES (nombreux) CLINS D’ŒIL AU GENRE

Il est impossible de ne pas parler des références (parfois grossières) globalement bien ancrées dans la série par son réalisateur. Car si certains plans sont aussi magnifiques, c’est aussi parce qu’ils font appel à notre mémoire cinéphile et nous ancre dans des univers que nous connaissons déjà. Pour ne citer que celles que j’ai repérée au premier visionnage, il y a notamment une très claire référence au film L’EXORCISTE qui est le maitre du genre, avec cette séance de spiritisme de la bande d’amis , quand ils sont plus jeunes, qui se termine par Emma, qui fait le pont et profère des insultes.

THE EXCORCIST , William Friedkin, sorti en 1973
MARIANNE, série de Samuel Bodin

On trouve aussi une belle image rappelant l’un des plans les plus traumatisants de SHINING (pour moi en tout cas) avec cette sorcière assise au bout du lit que l’on aperçoit par une porte entrouverte et qui montre du doigt quelque chose de potentiellement plus traumatisant encore. Comment ne pas se rappeler automatiquement de cet ours dans l’une des chambres de l’hôtel où Danny se promène ?

SHINING de Stanley Kubrick (1980)
MARIANNE

Un peu plus loin dans la série, Samuel Bodin nous offre un clin d’œil à l’un des plus grands films policiers : SEVEN de David Fincher. Un clin d’œil pas du tout subtil qui n’échappera pas à ceux qui, comme moi, ont été marqué par ce film incroyable. On y retrouve des éléments très similaires au chapitre « La Paresse », que ce soit dans l’ambiance lorsque les policiers entrent dans la pièce, dans la composition de la scène ou le jumpscare final.

SEVEN de David Fincher (1995)
MARIANNE

On retrouve également plusieurs références claires à la saga d’horreur INSIDIOUS avec cette entité démoniaque qui s’empare d’une enfant et l’emmène dans un monde parallèle où vivent les démons. Mais aussi un clin d’œil à THE GRUDGE et cette fameuse main qui sort de la tête du personnage. Enfin, et non pas des moindres, Samuel Bodin nous rappelle malgré nous l’une des scènes les plus malaisantes du cinéma de Mr Night Shyamalan dans THE VISIT avec cette grand-mère, nue, qui vomit toutes ses tripes.

MARIANNE est une bonne série française. Se lancer dans le genre de l’horreur, surtout à la télévision, c’est un exercice très périlleux. En France, le genre est rarement mis en avant dans les productions et le cinéma français est, de base, assez moqué (ce qui n’est absolument pas légitime) puisque ce sont uniquement les grosses productions françaises dont on parle et qui sont, il est vrai, totalement ridicules. Cependant, la série française revient en force depuis quelques années notamment sur Canal + qui sait proposer de véritables créations originales qui valent le coup d’œil. L’une des grosses claques de cette année étant LES SAUVAGES. Seulement, sur Netflix, la production française a vraiment du mal à se faire une place. Après MARSEILLE dont le monde entier avait rit, ou FAMILY BUISNESS qui n’était vraiment pas terrible : il est difficile de prouver aux spectateurs que la France a encore une carte a jouer.

S’emparer de cette carte pour en faire une série d’horreur, c’était culotté. Et Samuel Bodin a, à mon sens, ouvert la voie. Car, même si la série est loin d’être parfaite, elle montre une certaine qualité photographique et permet de prouver que les Français sont également très attachés aux ambiances et aux cadres de leurs récits. Malgré un casting peu convaincant et un scénario qui perd en force au fur et à mesure des épisodes, la série a vraiment un cachet particulier. Tournée en décors réels, détaillée, extrêmement belle par moment : MARIANNE tire son épingle du jeu avec certitudes. Cela dit, il est clair qu’il y a du potentiel inexploité et c’est vraiment dommage. S’il y a une saison 2, j’espère que Samuel Bodin parviendra à canaliser son énergie sur un seul registre et pourquoi pas, proposer une véritable série d’horreur digne de ce nom. Car même si « Marianne ne part jamais sans rien », elle nous laisse quand même assez intrigués.

Envie d’en savoir plus? La partie audio, avec spoilers, c’est par ici !

CSC 19 – RENCONTRE#2 – Pauline Amelin, réalisatrice du film SHOW

Dans le cadre du festival CHACUN SON COURT à Strasbourg, j’ai eu la chance de pouvoir discuter avec Pauline Amelin, jeune réalisatrice (et bien plus encore) qui venait présenter son court-métrage SHOW au public Strasbourgeois. Un film léger, plein d’humour et de bienveillance que j’ai vraiment adoré.

A 30 ans, Pauline a déjà tout fait. Comédienne, monteuse, scripte, chanteuse, scénariste….et réalisatrice ! Après une école de cinéma en Belgique, elle commence à écrire son projet de film et quelques mois plus tard, une rencontre, un festival et la machine est lancée ! En 2018, Pauline réalise et diffuse SHOW son premier court-métrage. Un film basé sur une histoire que sa grand-mère lui a racontée et que Pauline a décidé de mettre en lumière.

Synopsis du film: Fraîchement retraitée et légèrement coincée, Line retrouve pour la dernière fois ses anciens collègues au dîner-spectacle organisé par son entreprise. Tony, un jeune drag-queen qui fait le show, va la bousculer dans ses habitudes pour l’encourager à se transformer et se libérer.

Son parcours, ses projets, ses envies, nos divagations et notre énergie partagée : ma rencontre avec Pauline Amelin.

(une rencontre que vous pouvez écouter également, en podcast juste Youtube ou sur Sounclound )

Pauline Amelin, réalisatrice du film SHOW, à Strasbourg – Octobre 2019

Bonjour Pauline, peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

Pauline Amelin : J’ai 30 ans, je vis à Paris et SHOW est mon premier film ! Moi j’ai commencé plutôt comme comédienne, en faisant des pièces, des pubs, des choses comme ça. En parallèle, j’ai fait mes études, lettres modernes puis une école de cinéma (en Belgique,l’IAD) pendant trois ans où là j’ai étudié le métier de scripte et celui de monteuse. Là bas j’ai aussi commencé à écrire, mais j’étais vraiment de base dans l’équipe technique, j’ai fait pas mal de tournages. Ensuite je suis revenue à Paris où j’ai fini par faire un master de réalisation. Et c’est durant ce master que j’ai rencontré Paul mon producteur, de chez Orfeu Productions. J’ai participé à un appel à projets de la région Grand EST, on est allé au festival de Clermont-Ferrand et en fait là bas ils organisaient des rendez-vous avec des producteurs. J’avais jamais eu de rencontre avec des producteurs donc j’étais très stressée. Et au final j’ai rencontré Paul à une soirée du festival, on a tout de suite accroché, je lui ai fait lire mon scénario et quelques temps plus tard il m’a rappelée et m’a dis qu’il voulait vraiment produire le film. J’ai hésité au début car j’étais prête à tourner mon film, l’auto-produire là dans les deux mois avec des amis, des gens que je connais. Et le confier à une production ça voulais dire repousser le tournage, attendre les financements. Mais j’ai fini par accepter et en fin de compte on a eu très vite les financements, les choses ont pris du temps ensuite mais le film a vu le jour et je regrette pas car c’est ce qui fait la qualité du film et aussi sa visibilité (achat par ARTE, les festivals etc).

Mais du coup, tu avais déjà écrit le scénario avant de partir pour Clermont-Ferrand et de rencontrer ton producteur. Comment ça s’est passé l’écriture et comment l’idée a-t-elle germée, tu me disais que c’était en partie grâce à ta grand-mère ? Raconte nous cette histoire !

P.A : Oui, j’avais commencé à écrire le scénario en Belgique et évidemment il a énormément évolué depuis puisque c’était il y a 3 ou 4 ans déjà ! Et oui, effectivement, l’idée est venue après un coup de téléphone avec ma grand-mère qui est quelqu’un de très terre à terre. Et en fait, elle m’appelle et me raconte un dîner avec ses anciens collègues où il y avait des drag-queens et elle était fascinée. Elle me disait « mais ils avaient des jambes magnifiques» ! Et cette soirée a cassé un peu ses préjugés, même si elle n’a pas conscience du rapport politique ou engagé. Et j’ai trouvé ça fou que ces deux mondes se rencontrent : que ce milieu drag hyper engagé, militant sur la cause LGBTQ réussisse à toucher une dame dans sa campagne qui n’a pas forcément conscience de tout ça et qui s’ouvre à ça. Et moi qui ai toujours eu un attrait particulier pour ce genre de performance, le spectacle, le déguisement, ça a fait rejoindre beaucoup de choses dans ma tête : la femme, le corps de la femme, le fait de vieillir et d’être face à une espèce de bombe alors qu’on ne sait pas trop si c’est une créature de la nuit ou non. Mais oui l’idée est vraiment partie de ce coup de fil !

Et concernant le casting, comment ça s’est passé ? Parce que Catherine Giron qui joue Line dans le film est assez incroyable, très belle, presque juvénile. Comment tu l’a choisie ?

P.A : C’est un véritable coup de cœur. C’était pas gagné, je faisais beaucoup de castings, mais je trouvais que les femmes que je voyais étaient pas bonne comédienne. Je pensais vraiment que je ne trouverais pas. Et puis j’ai rencontré Catherine (Giron), qui ne connaissait pas son texte et ça, c’est quelque chose que je déteste. Étant moi même comédienne, je supporte pas qu’on arrive sans connaître le texte. Donc de base ça aurait pu vraiment être rédhibitoire. Et en fait, elle arrivait hyper bien a comprendre l’intention de la scène. Et moi j’aime bien demander aux acteurs de jouer plusieurs choses, de tester plusieurs intentions pour vraiment voir si l’acteur est capable de changer de ton, de jeu parce que pour la plupart ils sont toujours dans le même jeu, et là Catherine était vraiment incroyable. Et au delà de ça, c’est un véritable coup de cœur pour la femme. On se ressemble beaucoup, elle est pas du tout comme dans le film dans la vraie vie. J’avais l’impression de me voir mais en plus âgée ! En terme de personnalité on a vraiment de gros points communs et très vite j’étais quasiment sure que c’était elle. Donc oui c’est vraiment un gros coup de cœur confirmé par le fait que au niveau du boulot, je voyais que ça allait le faire.

Catherine Giron, comédienne

Et par rapport aux drag-queens, les acteurs, comment ça s’est passé le casting ? Tu me disais qu’il y en avait un qui était vraiment dans ce milieu donc tu n’a pas fait de casting pour lui ?

P.A : Oui, j’ai choisi Clément Chevalier qui est donc un drag-queen effectivement. Mais j’ai quand même fait des essais avec lui, parce que je suis pas du tout dans cette école là de la tradition française de prendre des personnes qui n’ont jamais joué. Donc j’étais un peu réticente et en même temps son physique m’intéressait beaucoup, totalement opposé à l’autre acteur (Thomas Coumans). Et finalement pendant les essais, je me suis rendu compte qu’il avait une réelle force. Il a un côté très doux, très rond et délicat, et en même temps une voix très rauque. Ça marchait vraiment bien et j’aurais aimé pouvoir le filmer d’avantage.

Thomas Coumans (à gauche) et Clément Chevalier (à droite) pour SHOW de Pauline Amelin

C’est vrai qu’on ne le voit pas beaucoup à l’écran finalement. Est-ce que tu aurais envie de continuer à travailler sur ce thème et pourquoi pas lui proposer un prochain rôle ?

P.A : J’ai vraiment envie de tourner à nouveau avec lui. Il y avait beaucoup plus de plans avec lui, mais j’ai du couper car ça ne marchait pas, c’est vraiment une histoire de rythme. Là, j’écris un nouveau projet, une série qui parle de la naissance d’un drag-queen. Un jeune mec qui ne connaît rien au monde des drag-queens et qui va tomber amoureux et donc s’intéresser à ce domaine. Et c’est vrai que j’imagine vraiment bien Clément dans ce rôle là. Bon, je te dis ça mais je ne lui ai rien proposé encore, ce sera peut être pas lui ! Mes autres projets de courts-métrages ne traitent pas de ce thème là mais le motif du drag je le retrouverais dans d’autres projets, c’est possible. Avec SHOW j’ai pas pu encore développer tout ce que j’ai a dire sur ce thème.

Cet intérêt pour le milieu des drag-queens, que je partage aussi, tu l’a donc déjà depuis un moment même avant que ta grand-mère te raconte cette histoire. Il vient d’où et dans quel mesure est-ce important pour toi d’en parler ?

P.A : Je pense qu’il y a deux points majeurs dans mon intérêt. Déjà ça a commencé quand j’étais petite, où j’ai vu des comédiens qui jouaient des drag-queens dans le film Priscilla, folle du désert (film australien de Stephan Elliott, réalisé en 1994) avec des acteurs de fou : Terence Stamp, Hugo Weaving et Guy Pearce. Ce sont des hommes très virils, et qui s’emparent des rôles de manière incroyable et moi j’étais fascinée par ça. Et ensuite, en me penchant un peu plus sur le milieu et sur l’envers du décor politique, engagé, je ressentais vraiment un espèce de truc hyper libérateur, une grande liberté. C’est étonnant, parce qu’ils se cachent, se dissimulent, se transforment. Ils créent leur personnage. Et moi j’ai la sensation qu’ils peuvent vraiment être eux mêmes ou qui ils veulent…alors même qu’ils sont cachés. Et j’adore l’idée qu’il y ai des endroits où tu puisses te sentir libérée à ce point.

Alors tu fais aussi le show puisque le générique du film te mentionne comme étant l’auteure et l’interprète de la chanson diffusée pendant la scène de playback, raconte nous ça !

P.A : Alors oui, je chante un peu à coté dans des bars ou je fais des jams de temps en temps mais rien de professionnel. Et pour le film, j’ai écrit cette chanson un peu punchy donc « Comme une reine » avec le compositeur et on s’était dis qu’on chercherait une chanteuse avec une voix vraiment rauque, puissante. Donc en attendant on avait enregistré la maquette avec ma voix qui est plutôt douce. Et au final, ça ne marchait pas avec la chanteuse qu’on avait trouvé. Et Hugo, le compositeur m’a dit « mais il faut qu’on garde ta voix, ça marche hyper bien ». J’étais pas très sûre car j’ai une voix qui est pas du tout faite pour chanter en playback comme ça. Et finalement, c’est vrai que je trouve que ça fonctionne vraiment bien et puis, je me dis que je fais mon petit caméo dans le film ! Je suis très contente de l’avoir fait.

Retrouvez la chanson « Comme une reine » en streaming juste ici

Tu fais vraiment énormément de choses, la dessus je me reconnaît vraiment en toi. Comment tu gères tout ça ? Tu a envie de chanter ou de continuer à jouer en plus de tes projets de réalisation?

P.A : J’ai vraiment beaucoup de centres d’intérêt c’est terrible. Mais c’est aussi pour ça que le cinéma je pense que c’est parfait pour moi car je peux vraiment m’éclater à plein d’aspects de la création. C’est vrai que ce qui est compliqué c’est de ne pas s’éparpiller. Mais bon, quand tu mets quatre ans pour faire un film tu a le temps de t’intéresser à plein d’autre choses à coté ! Mais vraiment, maintenant j’estime que mon métier c’est d’écrire et de réaliser. Si je reçois des castings ou des projets intéressants, oui je pense que j’accepterai. Mais je ne fais plus la démarche de me faire connaître pour être actrice. Je ne me suis jamais autant sentie comme un poisson dans l’eau qu’en tant que réalisatrice. Alors que dans le jeu, c’est vrai qu’il y en a des dizaines des blondes aux yeux bleus, je me sens noyée dans la masse. Pour le moment j’ai pas encore trouvé un projet où je me suis dis « ah oui jouer c’est vraiment mon truc » alors que derrière la caméra je me suis sentie tout de suite bien. J’adore jouer la comédie, c’est génial et si on me propose un rôle trop cool, j’irai, mais je ne cherche plus et on verra par la suite ! Ça m’a fait plaisir d’ailleurs de voir dans La nuit elle ment de Jeremy Forni et Rachel Lang (autre film diffusé pendant le festival) que c’était une réalisatrice qui jouait et que apparemment c’était une actrice qui a joué pendant hyper longtemps. Je me suis dis que c’était bien qu’on puisse faire plusieurs choses, et je trouve que c’est pas forcément bien vu.

Avoir plusieurs casquettes, tu penses que c’est pas forcément une bonne idée ? Pourtant ça se démocratise beaucoup, on voit par exemple des actrices qui passent derrière la caméra comme Monia Chokri, Géraldine Nakache ou Angelina Jolie etc. Il y a même des chanteurs qui deviennent acteurs. Je pense par exemple à Patrick Bruel, qui au final n’est pas plus mauvais qu’un autre et a même fait de sacrées performances comme dans « Le prénom » que je trouve très réussi. Donc je ne suis pas sure que ce soit si mal vu. Au contraire, c’est vraiment inspirant de voir les gens faire plein de choses. Surtout les femmes !

P.A : Je trouve que c’est vite vu comme « ah bah elle fait plein de trucs, mais est-ce qu’elle fait un seul truc bien » ? Évidemment, elles, elles l’assument et le font très bien. Mais c’est vrai que ça peut vite être mal vu et c’est dommage. Mais oui, c’est génial de faire plein de choses.

Je pense notamment au podcast de Iris Brey, She Cannes, qui donne la parole aux femmes. Je te l’enverrai si tu ne connais pas. Mais c’est vraiment enrichissant d’entendre des femmes faire autant de choses. Même moi j’essaie de faire tout ce dont j’ai envie, et de faire pleins de choses. Il faut juste se lancer !

P.A : Je ne connais pas, mais ça m’intéresse beaucoup ! Je travaille sur un podcast aussi, sur les artistes et le milieu artistique. D’ailleurs il y avait le festival du podcast à Paris, et j’y suis allée. C’était vraiment impressionnant et enrichissant. Mais oui c’est le moment de se lancer et le podcast l’avantage c’est que tu n’es pas obligé d’avoir un matos de folie. Tu peux vraiment te lancer et voir ce que ça donne. Il faut se dire qu’on va aller que en s’améliorant. On a toujours peur de se lancer parce qu’on est perfectionniste, on veut un truc super et on se met des barrières nous mêmes. Ma philosophie serait de se lancer, quitte à ce que cela ne soit pas parfait. En plus les gens font des retours, et tu t’améliores au fur et à mesure. Surtout quand, comme nous, on est intéressé par plein de choses, il ne faut pas se mettre de barrières.

C’est exactement ça, et c’est pour ça que je suis impressionnée aussi de rencontrer des jeunes artistes comme toi (acteurs, réalisateurs etc) et de voir ce qu’ils arrivent à faire. Ça fait du bien aussi de voir que notre génération a plus envie de faire ce qu’elle aime, quitte à avoir des emplois précaires ou autre mais de se lancer.

P.A : Mais c’est vrai, c’est ce qu’on se disait aussi. On se lance beaucoup plus. A part quand on a un achat de TV, moi j’ai eu l’achat de Arte par exemple donc j’ai des droits d’auteurs qui tombent. Mais j’étais serveuse encore en Avril dernier. J’ai lâché mon boulot de serveuse et là je lis des scénarios pour Orange Studios, ça me fait des petits revenus mais ça me permet de me concentrer sur mes projets. Même si, serveuse, ça m’a donné plein d’idées !

Pauline Amelin

Merci à Pauline Amelin pour son enthousiasme et pour avoir pris un peu de temps pour discuter avec moi de son film, son parcours et d’avoir divagué sur autant de choses. C’était une rencontre très enrichissante et très agréable. Je vous mets tous les liens pour plus d’informations juste en dessous et vous pouvez également suivre les news de Pauline sur son compte instagram.

SHOW la fiche Unifrance

Rencontre avec Thomas Coulans : Tony dans SHOW

SHAME (2011) : le vide sous toutes ses formes

En ce mois de Novembre, mois gris et pluvieux, je me suis dis qu’il était temps de vous sortir ma critique sur ce film que j’ai vu pour la première fois il y a quelques semaines. Alerte : il semble y faire chaud, mais pas forcément bon vivre, vous voilà prévenus !

SHAME est un film de Steve McQueen avec Michael Fassbender et Carey Mulligan, sorti en 2011. Ce drame raconte, de manière assez brutale, l’histoire de Brandon trentenaire célibataire, bosseur et accroc au sexe. Il se perd dans une addiction qui devient glauque, dangereuse et malsaine. Sa petite sœur Sissy, débarque alors chez lui sans prévenir. Sa présence va pousser Brandon dans ses retranchements.

Interdit aux – de 12 ans, le film est par moment assez difficile à regarder. L’addiction de Brandon l’a rendu très solitaire et chaque interaction avec une autre personne se transforme en une rencontre malsaine, douloureuse, empreinte d’un besoin contrôlé de posséder l’autre peu importe ce qu’il est. Les séquences de sexe sont parfois extrêmement violentes psychologiquement, car Brandon est un véritable monstre dans ces moments là. Sans âme, il s’évade tout en ayant la sensation de n’être vivant que par ces quelques minutes de plaisir. Tel un animal se jetant sur sa proie, Brandon évalue l’environnement et le contexte avant d’attraper sa victime. Il n’y a pas de scènes sans consentement, que l’on s’entende bien, Brandon parvient à contrôler son addiction à ce stade ci. Cependant, entre les prostituées, les collègues, les amies ou un mec dans une ruelle : le sexe n’a pas de visage. Encore plus perturbant, son addiction aux films pornos qui défilent sans cesse sur son écran que ce soit chez lui ou au travail. Brandon est seul, perturbant, mais solide addict, mais non-violent : c’est un homme moderne, accroc à la seule chose qui lui donne l’impression d’exister.

L’arrivée de Sissy dans cet appartement presque immaculé est comme une tornade. On comprend très vite que leur relation est également très destructrice et qu’elle a subi les conséquences de l’isolement volontaire de Brandon. On le découvre agressif face à une jeune femme envahissante, mais aimante. Sissy aime son frère, mais elle sait que quelque chose ne va pas chez lui. Elle tente de le faire réagir, tout en essayant elle même de se retrouver. Une séquence déchirante, où ils s’expriment tous les deux sur leur enfance et leur relation, va faire basculer Brandon dans une rage folle. Ils sont très proches, McQueen joue constamment sur cette proximité qui n’ira pas jusqu’à l’inceste. Comme ci la seule réponse à l’amour platonique était le rejet et la violence. Brandon ne sait pas aimer sa sœur, il ne voit en elle qu’un corps qui empiète sur son quotidien et qu’il ne peut pas posséder.

Sissy est une jeune femme sublime mais perdue également. Son personnage va servir à révéler davantage les blocages et la souffrance de Brandon. Mais aussi de mettre en lumière la vision qu’il peut avoir de lui même. Ses insultes et ses gestes envers Sissy lorsqu’elle couche le premier soir avec un de ses collègues, montrent toute la haine et le dégout qu’il ressent envers le sexe. La présence de Sissy va également mettre en avant l’isolement de Brandon, qui n’a pas d’amis et qui ne parvient pas à faire l’amour à une femme si elle lui apporte autre chose que du plaisir. Ce blocage, cette impuissance lorsqu’il s’agit d’une femme pour laquelle il ressent d’autres choses que juste une pulsion sexuelle est un aspect qui ne trouvera jamais d’issue dans le film. McQueen nous laisse dans un chaos et il n’est en aucun cas question de nous réchauffer le cœur, mais plutôt de faire un constat glacial du monde et de ses déviances.

L’un des rares films traitant le sexe qui ne vous donne pas envie de vous jeter sur votre partenaire. Le sexe est ici très froid, distancié, animal : à l’image du personnage. Le film, et c’est bien là toute sa réussite, parvient à garder cette distance malgré les larmes, le sang, le sperme, la sueur qui se déverse à l’écran. SHAME est un film incroyablement calibré, écrit et réalisé. C’est son aspect presque clinique qui fait de ce film une sorte d’installation plasticienne démontrant les rouages d’une société malade et impudique.

SHAME est un chef d’œuvre, sur la solitude et sur le vide qui nous ronge. L’addiction au sexe peut être remplacée aujourd’hui par l’addiction aux réseaux sociaux. Le mal moderne que l’on côtoie constamment et dont on ne sait pas se défaire. Le thème choisi par McQueen n’est qu’une énième expression de la solitude moderne. Le film est d’une noirceur vertigineuse qui vous dérange et vous rend mal à l’aise tout le long. Dans chaque plan, la composition est précise et illustre ce vide profond qui entoure Brandon.

La séquence finale du film est d’une puissance sans nom et, dans sa violence, condamne le personnage à perpétuité. Il reste froid, mécanique et le peu de chaleur émanant de lui n’est qu’une façade face à l’impuissance dont il fait alors preuve. Michael Fassbender a reçu de McQueen l’un des plus beaux cadeaux de sa carrière. Ce personnage vit à travers lui et on le sent habité profondément par son histoire. Si ce n’est pas le rôle de sa vie, ça en a quand même les traits. Une œuvre totale qui en dérangera plus d’un tant elle est proche de ce que nous redoutons le plus.

Un film à voir, en ayant le cœur bien accroché et l’œil bien affuté.

LA MÉTHODE KOMINSKY/GRACE ET FRANKIE : senior is the new sexy

Aujourd’hui je reviens vous parler non pas d’une mais de deux séries chères à mon cœur : LA MÉTHODE KOMINSKY créée par Chuck Lorre (diffusée depuis 2018) et GRACE ET FRANKIE créée par Martha Kauffman (diffusée depuis 2015).

Je viens de binge-watcher la saison 2 de La Méthode Kominsky, et entre deux rires francs je me suis dit qu’il fallait absolument vous parler de ces nouvelles séries qui mettent en avant les séniors et qui sont devenues mon nouvel anti-dépresseur.

La recette est la même pour ces deux séries : un duo de séniors, amis depuis longtemps, mais que tout oppose (ou presque) et qui sont pourvus d’un humour incomparable. Le sarcasme, le rire grinçant, l’amitié profonde et la vie quotidienne des séniors sont le socle de ces deux histoires.

D’un coté, nous avons un duo de femmes qui se lient d’amitié après s’être fait larguer par leurs maris qui, après 40 ans de mariage, leur annoncent leur homosexualité (et leur couple). Tornade inattendue dans leur vie, Grace et Frankie vont devoir s’accommoder de cette nouvelle et trouver des solutions. Elles finissent par vivre ensemble et durant 5 saisons, nous font vivre leurs péripéties. Avoir 70 ans et se retrouver seule ça ressemble à quoi? Le quotidien, la sexualité, la mobilité, la mémoire ou encore le sport : comment on s’en sort quand on fait face à la vieillesse ? Entourées de leurs enfants et de leur humour inébranlable, Grace et Frankie nous brossent un portrait de la vieillesse touchant, drôle et profond.

La série est portée par un casting absolument PAR-FAIT avec les fabuleuses Lily Tomlin et Jane Fonda, mais aussi Martin Sheen et Sam Waterson. Malgré une baisse d’intérêt (pour ma part) envers le scénario pour la cinquième saison, Grace et Frankie est une série délicieuse qui se regarde sans faim. On se retrouve à rire de bon cœur, à se questionner et à réaliser combien la vie des séniors peut très vite devenir compliquée. On s’en amuse et s’imagine dans plusieurs années entourées de nos amis. À noter que la série a été créée par l’ancienne co-créatrice de FRIENDS, qui est LA série comédie reine du genre et que la BO de la saison 1 est vraiment géniale ! Si avec tout ça vous n’êtes pas convaincus…

Lily Tomlin et Jane Fonda dans GRACE AND FRANKIE

De l’autre coté, nous avons un duo d’artiste : Sandy Kominsky est un acteur en fin de carrière qui décide de donner des cours à la nouvelle génération. Il est soutenu par Norman Newlander son agent de longue date.

LA MÉTHODE KOMINSKY est une pure pépite. Je crois que sa force est véritablement son écriture et sa simplicité. En effet, la série est assez courte (8 épisodes par saison) et ne s’embarque pas dans des intrigues folles. Arthrite, sexualité, alcool, carrière, décès, maladie ou paternité : la série brosse de nombreux sujets qui finissent par être traités avec une finesse assez dingue. Les dialogues de cette série sont véritablement incroyables. Je me suis surprise plusieurs fois à éclater de rire et c’est assez rare. Le duo Sandy/Norman est à mourir de rire tant ils sont résignés, sarcastiques et pourtant si touchants dans leurs espoirs et leurs désirs.

Il n’y a pour l’instant que deux saisons, mais la série est directement entrée dans le panthéon des œuvres à l’humour grinçant. C’est un petit bijou d’écriture crée par le créateur de THE BIG BANG THEORY et MON ONCLE CHARLIE, deux chefs d’œuvres comiques du petit écran. Mais la dernière (et non des moindres) raison de dévorer cette série, c’est pour son casting : Michael Douglas et Alan Arkin. Rien que ça ! Un duo absolument iconique qui manie parfaitement l’auto dérision et la résignation. Un rôle qui a d’ailleurs valu un Golden Globe à Michael Douglas pour Meilleur acteur dans une série comique. Un pur délice, je vous dis !

THE KOMINSKY METHOD

Les deux séries sont disponibles sur NETFLIX.