« Un homme pressé » de Hervé Mimran

Faut-il se presser dans les salles pour voir le nouveau film de Hervé Mimran avec Fabrice Lucchini et Leila Bekhti?

Un homme pressé raconte l’histoire (vraie) d’un PDG d’une entreprise automobile qui après avoir subi un AVC se retrouve atteint de sérieux troubles de la parole. Le rôle principal est offert à Fabrice Lucchini et c’est ce qui sauve le film. Ce grand acteur pour qui les mots sont un jeu incessant est parfait pour incarner un homme ayant perdu une partie de ses capacités de langage. Le rôle aurait d’ailleurs pu aller comme un gant à notre regretté Jean Rochefort qui avait également un amour particulier pour la langue française et qui aurait porté le personnage à un autre degré de comique et d’intelligence (à mon sens).

Mais revenons à Lucchini et ses problèmes d’éloquence. Le personnage est dès le départ dépeint comme un homme vif, ambitieux, méprisant et un poil égoïste. Il vit pour son travail et délaisse complètement les autres aspects de sa vie et notamment sa fille à qui il pourri la vie sans s’en rendre compte et à qui il n’adresse à peine quelques minutes ou quelques mots. Alors dès le début du film, on a déjà la fin en perspective. On se doute par avance que son accident va le rendre un peu plus vulnérable, un peu plus aimable et que tout va se régler autour de lui. Et c’est bien dommage parce que ce personnage aurait pu être bien plus haut en couleurs. Seulement voilà, à part le talent de Lucchini et les quelques contrepèteries assez drôles : le film tombe un peu à plat. Le scénario est un peu bancal, la relation de Lucchini et Bekhti (qui joue son orthophoniste) n’est pas assez poussée et le dénouement est presque improbable (alors que dans une séquence on le retrouve perdu dans son propre quartier, le voilà qu’il part tout à coup pour un périple de plusieurs mois seul : on est très loin d’une quelconque cohérence). De plus, l’histoire se perd un peu en nous montrant un peu le passé du personnage (la mort de sa femme, son absence répétée auprès de sa fille etc.) et ne s’élève jamais vraiment. Ce qui donne un film légèrement comique mais qui n’apporte finalement pas grand chose de plus.

Alors on dit oui pour la prestation de Lucchini mais on sort de la salle sans trop d’émotions et avec seulement encore un petit sourire en coin.

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