Alita : Battle Angel réalisé par Robert Rodriguez

Produit et écrit par James Cameron, l’adaptation du manga Gunnm
de Yukito Kishiro sorti dans les 90s, est un blockbuster futuriste au budget impressionnant (plus de 200 millions de dollars). Dans la tête du réalisateur d’Avatar depuis 2003, il a finalement laissé la réalisation à Robert Rodriguez (Sin City ou Spy Kids). Le retour des fans et lecteurs du manga d’origine indique que l’adaptation est extrêmement bien réussie. Mais dans le regard d’une personne qui n’a pas lu les mangas et ne connait pas l’univers, que vaut Alita : Battle Angel?

Iron City est une ville futuriste qui a connu l’apocalypse 300 ans plus tôt et où les habitants sont quasiment tous affublés de pièces cybernétiques. Zalem, la cité flottante ayant survécu à l’Effondrement, déverse chaque jour des déchets (métal, pièces détachées etc). Lors de sa recherche quotidienne de matériel, le chirurgien Dr. Ido (joué par Christoph Waltz) découvre les restes d’une cyborg et s’attelle à la réparer. A son réveil, cette dernière n’a aucuns souvenirs de sa vie passée et va découvrir au fil du temps sa véritable identité. L’innocence qui se dégage de ses grands yeux va vite être éliminée par son véritable caractère et elle devra combattre de nombreux ennemis pour sauver ce qu’elle aime et embrasser son destin.

Le scénario, en tant que tel, est loin d’être original. En 2019, les histoires comme celle ci on en a vu des dizaines. Une jeune femme (ou un jeune homme) qui se découvre un destin incroyable, des capacités hors normes et des ennemis à la pelle : classique, efficace, mais quelque peu ennuyant. Là où le film rafle toute mon attention et mon admiration, c’est sur sa capacité à rendre cette histoire banale absolument passionnante. L’univers issu du manga est réellement génial. On entre dans le monde qui nous est proposé avec une grande facilité. Les cyborg, robots, androïdes qui peuplent les rues nous sont familiers tout à coup. Le sport national « Motorball » est un mix entre le hockey et le basket ball dans lequel on plonge avec plaisir. Tout est fait pour rendre cet univers accessible même à ceux qui n’ont pas lu les mangas et ça c’est une des grandes forces du film.

La deuxième chose qui m’a littéralement scotchée, c’est la qualité du film. Les robots, le monde, les effets spéciaux, les scènes de Motorball ou de combat : tout est absolument sublime. La maîtrise des technologies et de l’animation est divine. La synthèse entre monde réel et animation montre l’avancement du cinéma dans ce type de technologie. De nombreux choix esthétiques et d’animation auraient pu faire tomber le film dans une chose informe et peu crédible. Il n’en est rien. Les grands yeux d’Alita qui rappelle les mangas sont le cœur de son humanité. Le lien entre son corps robotisé et ses yeux immenses est un choix qui s’avère extrêmement réaliste et prenant. Son amnésie fait d’elle une adolescente qui découvre un nouveau monde. Ses grands yeux permettent une palette d’émotions infinis. De plus, c’est ce qui permet au réalisateur de faire vivre Iron City aux yeux du spectateur. Les détails sont impressionnants. On découvre les alentours, les shop, les cyborg, les chasseurs guerriers et le nombre de détails fabuleux dont ils sont affublés. Egalement, les ralentis pendant les combats, les couleurs, la rapidité d’exécution de certains mouvements : l’essence du manga est présente tout le long du film sans être caricaturale et c’est un délice.

Autre point à soulever : la violence du film. Bien qu’elle soit atténuée par le coté robotique des personnages (voir des bouts de métal voler ou se faire arracher est clairement moins traumatisant que si ça avait été des bouts de chair humaine, évidemment) elle est extrêmement présente. Il semblerait que la noirceur et les combats soient au cœur du manga d’origine, mais sur grand écran cela donne un tout autre regard sur l’histoire. La violence est au centre de la cité : le Motorball est un sport qui fait passer le hockey sur glace et le rugby pour des sports enfantins. Les participants ne se font aucun cadeaux. Il est de mise d’écraser ses adversaires, de les mettre en pièces (littéralement) et de les déchiqueter. Les concurrents se font alors réparer plus tard, rajoutent des options ou des pièces plus résistantes. Si l’aspect robotique n’était pas présent, ces scènes seraient relativement difficile à regarder. Au delà de ça, les combats dans les ruelles ou sur les toits sont tout aussi violents. La réalisation incroyable permet des chorégraphies vraiment passionnantes et les scènes en deviennent iconiques. Cependant, la violence accrue est une des pièces maîtresses du film (et du manga apparemment) mais qui peut étonner certains spectateurs.

Rosa Salazar dans le rôle de Alita, en performance capture

Incarnée en performance capture par Rosa Salazar, Alita est l’une des créations cinématographiques les plus réussies : vivante, fonctionnelle, pertinente et incroyablement interprétée. Les scènes de Motorball ont une intensité et une qualité technique qu’on n’avait pas vue sur grand écran depuis bien longtemps. Au delà de son schéma narratif un peu classique et des facilités scénaristiques (l’axe romantique bien hollywoodien avec Hugo, est légèrement agaçant par exemple) le film est époustouflant par sa maîtrise des techniques d’animation, de performance capture, du jeu des acteurs, de la réalisation et j’en passe. Mention spéciale à Mahershala Ali que je retrouve une nouvelle fois avec plaisir.

Alita : Battle Angel a déjà exploser au box office international et on comprend pourquoi. Novices ou avertis, foncez voir ce blockbuster pas comme les autres.

En salles depuis le 13 février 2019 en France.

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