Le Brio de Yvan Attal (2017)

Deux ans après sa sortie, je me lance enfin dans le visionnage du dernier film de Yvan Attal : Le Brio. Un film qui me tentait depuis un moment mais que je n’avais jamais eu l’occasion de voir. Yvan Attal est un comédien et réalisateur français qui est, certes, parfois très juste mais qui ne me touche pas plus que ça. Ma femme est une actrice (2001) est certainement le seul film que j’ai réellement apprécié et il est fort probable que ce soit dû à Charlotte Gainsbourg en grande partie. J’étais donc très curieuse de voir ce que pouvait valoir ce film, dont le sujet me semble très intéressant.

Le Brio ça parle de quoi? C’est l’histoire de Neila Salat, une jeune fille des quartiers, qui entre à l’université de droit et dès son premier jour elle se fait alpaguer par Pierre Mazard son professeur qui n’hésite pas à la provoquer en usant de propos odieux et racistes. Cette altercation est filmée par les autres étudiants et se retrouve sur Youtube. La direction de l’université demande alors au professeur Mazard de présenter Neila Salat au concours d’éloquence de l’école pour apaiser les rumeurs et redorer l’image de l’université.

Alors dans les faits, la forme est très simple et on sent venir les évènements dès le début. Le schéma narratif est très classique et pousse Yvan Attal à proposer une scène d’ouverture totalement manichéenne et peu réaliste. Un professeur de droit à Paris, devant un amphithéâtre complet qui attaque une élève en ayant des propos absolument odieux. De plus, la scène traine en longueur et devient gênante. Une scène « nécessaire » pour introduire la suite du film qui pourtant est d’une simplicité totale? Une élève en minorité, un professeur odieux, des mensonges et une révélation : rien de bien passionnant sur la forme.

Le fond est bien plus intéressant et c’est là dessus que je vais m’arrêter un peu plus longuement. Le Brio c’est un film qui parle de remise en question, de maturité, de changement et d’amélioration. Le discours de fond est de ne jamais s’arrêter avant d’atteindre l’excellence dans son domaine. Savoir débattre, s’exprimer correctement pour convaincre son auditoire sont des éléments primordiaux pour être à l’aise en public et pour s’améliorer au quotidien. L’importance des mots est quelque chose qu’il ne faut pas négliger comme nous le rappelle les archives de Serge Gainsbourg, Jacques Brel encore Mitterand au début du film. Le manque total de subtilité dans les premières minutes (discours du professeur, racisme poussé à l’extrême, dialogues peu poussés, etc) est grandement rattrapé par les scènes suivantes. Le film se poursuit avec en toile de fond une préparation à un concours d’éloquence. Les dialogues s’étoffent, les scènes deviennent plus fortes et les personnages bien plus intéressants. Certaines scènes sont vraiment excellentes comme celle du Loup-Garou entre Neila et ses amis, où elle convainc tout le monde qu’elle n’est pas loup-garou avec un discours incroyable ou encore le speech qu’elle fait à Mounir pour le forcer à lui déclarer son amour sans qu’il s’en rende compte, les scènes dans le métro et dans la maison de retraite ou encore celle de fin où Neila est enfin avocate et s’est approprié les cours de son ancien professeur dans son métier, etc. Les dialogues sont donc principalement des monologues mais avec une qualité incroyable et appuyés par une réalisation vraiment réussie.

La réalisation de Yvan Attal est vraiment qualitative. Il y a des plans très beaux, très originaux notamment celui où Neila est floue au milieu de la foule d’élèves alors qu’elle est au premier plan ce qui appuie sa confusion après avoir appris la réelle motivation de Pierre pour l’aider. Le plan scié en deux lorsque Mounir quitte Neila après lui avoir reproché de ne pas savoir s’exprimer simplement. En clair : Attal m’a vraiment surprise à ce niveau là. Il y a un réel travail esthétique qui appuie les dialogues qui sont au cœur du film. Au niveau du casting, également, la réussite est là. Les amis de Neila sont tous très bons, notamment Mounir qui est d’une justesse incroyable. Camélia Jordana est vraiment surprenante et m’a donné envie de suivre de plus près sa carrière.


Cependant, et malgré un propos intelligent et très beau notamment sur les dialogues, le film reste à mon sens très classique. Une histoire d’amour en parallèle, un personnage masculin solitaire et alcoolique, un personnage féminin issu d’une minorité qui finit par être respectée grâce à sa détermination et son intelligence. Le scénario de base est plutôt faible et c’est dommage. Malgré tout, le film est réussi et le propos de départ s’efface très vite pour laisser place à une morale bien plus grande et intéressante. Chacun a les clefs pour réussir, quelque soit son milieu social ou son environnement. Une morale servie de manière intelligente et c’est ce qu’il faut retenir du film Le Brio que je vous conseille donc de visionner si ça n’est pas déjà fait !

Disponible sur My Canal notamment et en DVD.

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