The Society : quand Netflix s’attaque à Sa Majesté…

Avant d’entamer dix jours intense pour suivre le Festival de Cannes 2019, je me suis perdue dans les méandres de Netflix. Une nouvelle série est mise en avant sur la plateforme et le synopsis vous parlera peut-être : plus de 200 adolescents se retrouvent piégés dans ce qui semble être une copie conforme de leur riche petite ville. Elle est vide, encerclée par une forêt immense et il n’y a plus personne à part eux. Après le choc et l’incompréhension, place au pouvoir, aux règles et à l’ordre. Qui dois diriger ce nouveau monde? Quelles seront les règles à appliquer pour être en sécurité? Le pouvoir, ça s’apprend ou ça se prend? Tant de questions que la série tente d’exploiter avec une dizaine de personnages, assez caricaturaux.

The Society

Librement inspirée de Sa majesté des mouches de William Golding, que nous avons tous lu dans nos jeunes années, la série peine à trouver son équilibre. Avec Riverdale, Netflix a déjà prouvée que les séries pour adolescents, sous fond de scénario un peu fantastique, c’était pas son fort (à part Stranger Things qui sort un peu du lot). A partir de la saison 2, le fil narratif part complétement en vrille et devient peu crédible. Ici, avec The Society, l’inexplicable transforme les doutes en peur et les clans se forment pour survivre. Jusque là, on y croit : les fortes têtes prennent l’ascendant et on assiste à une véritable mise en place d’une nouvelle société avec ses propres règles. Mais le concept s’épuise assez vite et je crains un retour en fanfare avec un scénario abracadabrant.

Malgré la caricature un peu dommage de la plupart des personnages (fille populaire détestée, outsider méprisé, sportifs transformés en gardes du corps ou encore fils de riche qui s’avère être un psychopathe etc.) et du scénario (histoires d’amour, jalousies, bal de promo etc.) certaines idées sont assez intéressantes. Notamment le questionnement sur les limites à ne pas franchir : comment ne pas passer du coté de la dictature? Le partage des ressources, des tâches, de la sécurité et de la pérennisation de la société : tout doit être contrôlé et inventé sans dépasser les limites. De nombreux dialogues se veulent un peu moralisateurs mais fonctionnent malgré tout assez bien.

La série manque un peu de tension dramatique et abuse un peu des gros plans et des monologues désespérés. Cependant, le personnage de Campbell, bien qu’insupportable, est certainement l’un des plus intéressant avec une évolution assez prenante. Le personnage en lui même est certes peu original mais il est nécessaire pour maintenir un minimum de tension et piquer notre intérêt. De plus, il est plutôt bien écrit et sa présence à l’écran assure une suite (s’il y en une) plutôt tendue et intéressante. Avec une fin de saison à couper au couteau, on reste quelque peu sur notre faim. Une saison 2 n’est pas encore prévue (cela se décidera en fonction des audiences) mais elle est clairement nécessaire pour faire basculer la série dans un autre registre que celui de l’énième série pour ados. La série peut malgré tout se vanter d’avoir à sa réalisation Marc Webb (500 jours ensemble) qui d’ailleurs fera un petit clin d’œil à son film en l’incluant à une des scènes de la série. Malin !

A voir sur Netflix depuis le 10 mai. 1 saison de 10 épisodes pour le moment.

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