CSC 19 – RENCONTRE #1 – Charlotte Reichenbach, productrice chez Épithète Films

Dans le cadre de la neuvième édition du festival Chacun Son Court, à Strasbourg, j’ai eu la chance de rencontrer de nombreux professionnels pour vous proposer nos échanges. Des producteurs ou des réalisateurs qui ont eu la gentillesse d’accepter de me rencontrer et avec qui j’ai pu avoir des discussions passionnantes. Nous avons pu discuter des films qu’ils sont venus présenter au festival, mais aussi de leur parcours, leur projet ou leur réflexion sur le cinéma. J’espère que cette série d’entretiens vous plaira, et qu’elle signera le début de nombreuses rencontres !

Et pour débuter cette série, je vous propose de revenir sur ma rencontre avec Charlotte Reichenbach, productrice chez Epithète Films, venue présenter le film MORT AUX CODES, de Léopold Legrand.

Le film raconte la folle nuit d’une équipe du SAMU venue porter secours à un homme victime d’une crise cardiaque. L’équipe se retrouve confrontée à la sécurité improbable de l’immeuble de la victime.

Nous avons donc pu discuter à propos de ce film, en compétition officielle lors du festival , mais nous avons également pu échanger sur son rôle en tant que productrice , mais aussi sur la visibilité du court-métrage en France et l’importance des festivals qui lui sont consacrés.

Charlotte Reichenbach

Charlotte Reichenbach, productrice de Mort aux codes, premier film de fiction de Léopold Legrand. Quel a été votre rôle dans ce projet ?

« Mon rôle à été d’accompagner Léopold, le réalisateur, tout au long de l’écriture du projet. Ensuite d’entreprendre la recherche de financements et de travailler avec lui à la préparation du tournage, au choix des acteurs, des décors… »

Vous avez vraiment eu un rôle très complet en tant que productrice apparemment, comment le projet est-il né ?

« Effectivement, j’ai eu un rôle hyper complet, très complice aussi, très présent. On a vraiment travaillé main dans la main. J’ai encadré jusqu’à la post-production et maintenant, j’accompagne le projet jusque dans sa diffusion en festival. Après le projet est né grâce à Frédéric Brillion, producteur chez Épithète Films. Avec Léopold on se connaissait pas vraiment, mais Frédéric nous a réuni sur ce projet en nous proposant cette nouvelle de Patrick Pelloux, urgentiste. Une nouvelle qui fait une page et demie, qui est très brève mais qui était déjà pleine de promesses. Donc on s’est emparé de cette nouvelle pour écrire un scénario et c’est comme ça que le projet à démarré »

Comment s’est passé la transition d’écriture, entre une nouvelle d’une page et demie et un film d’une quinzaine de minutes ? Avez-vous du réécrire plusieurs choses, inventer des personnages ?

« Le scénario est beaucoup plus long évidemment, il fait une quinzaine de pages. Il a fallut créer des personnages, c’est vraiment par là que c’est passé. Assez vite on a eu cette image des trois ambulanciers, notamment le personnage du médecin en chef. Un personnage qui a de l’expérience et qui va savoir garder son calme face à l’absurdité de la situation. Mais on voulait vraiment un personnage hyper professionnel, qui à l’habitude de gérer la nervosité des personnes qui l’appellent et qui est capable d’expliquer à la femme au téléphone comment se comporter alors même que lui est bloqué au bas de l’immeuble. On voulait vraiment cette dichotomie entre le calme de sa voix pour ne pas paniquer la personne qu’il a au téléphone et sa nervosité physique qu’on pouvait vraiment filmer, montrer, communiquer. Ensuite on a pensé à ce deuxième personnage, cet ambulancier plus nerveux, plus dans l’action qui n’hésite pas à casser des vitres pour entrer dans l’immeuble par exemple. Et enfin, ce troisième personnage, plus jeune et qui est peut être notre accès le plus évident en terme d’identification puisque comme lui on a pas d’expérience et on est plus touché par la situation. »

Et c’est finalement un film de 14 minutes qui est né, avec plusieurs thèmes abordés comme la surprotection technologique mais aussi les conditions de travail des secours qui sont parfois improbables. Et finalement, en moins d’un quart d’heure vous parvenez à faire un film très tendu, très intéressant et qui fonctionne parfaitement. Comment avez-vous réussi à construire aussi précisément ce rythme et parler de ces thèmes différents de cette manière ?

« Vous l’avez très bien dis, il y a la forme et le fond. On était tous les deux d’accord sur la forme. On voulait quelque chose d’intense, de nerveux, de vibrant. On avait tout de suite l’unité de lieu et de temps qui était dans la nouvelle et qu’on voulait conserver en gardant beaucoup de nervosité à l’écran. Et pour nous, un court-métrage c’est un format qui doit être respecté, c’est une forme de narration qu’il faut respecter. Et le sujet s’y prêtait très très bien, dans son intensité, dans son absurdité et dans sa capacité à soulever des questions auxquelles on ne souhaitait pas forcément répondre. Et l’idée n’était pas de répondre forcément aux questions que l’on soulevait mais d’amener les gens à se questionner sur leurs propres pratiques. Après dans le fond, on avait déjà cette humour noir et cette absurdité dans la nouvelle mais qui était très statique. Il a donc fallu trouver un moyen de faire vivre cela, en créant des personnages etc. »

En ce qui concerne le tournage, les questions plus techniques, comment s’est passé la complicité entre vous et le réalisateur, avez-vous pris part aux décisions du réalisateur ?

« J’étais particulièrement présente lors de l’écriture du scénario. Mais sur le tournage, j’étais présente puisque j’ai assuré la direction de production mais c’est vraiment Léopold qui a pris toutes les décisions techniques et c’est toute sa force. Après on a eu de nombreux problèmes, comme sur chaque tournage, des choses imprévues. Mais ce sont des choses que l’on a menées de front ensemble et c’est vraiment une relation qui a permis de mener à bien ce projet. »

J’ai vu que le film avait également été diffusé à Clermont-Ferrand, qui est le plus grand festival international de court-métrage, où il a eu la mention spéciale du jury. Aujourd’hui vous êtes là, pour présenter le film pendant la neuvième édition de Chacun Son Court. La diffusion et la visibilité du court-métrage est très fragile et compliquée, et c’est extrêmement difficile de montrer ce type de films au public surtout en salles. Est-ce que c’est important pour vous de vous déplacer, de faire partie de ce type d’événements, en province, qui tiennent bon et qui se battent pour que les films soient vus ?

« C’est hyper important, c’est pour ça que je suis là aujourd’hui. Léopold se déplace également beaucoup. C’est très important de rencontrer le public, et surtout de pouvoir l’entendre. Comme disait Charlie Chaplin, il n’y a rien de plus important que d’entendre le public réagir à son film. Et en l’occurrence, Mort aux codes, fait énormément réagir. Il y a du rire, mais c’est un rire un peu cynique, stressé, gêné. C’est hyper intéressant à écouter, et c’est très chaleureux pour nous, l’équipe, de voir qu’on arrive à toucher le public ».

Merci à Charlotte Reichenbach d’avoir pris le temps de discuter avec moi de ce projet et de son rôle de productrice. Une partie de l’entretien est disponible en podcast juste ici.

Le film MORT AUX CODES n’est malheureusement pas disponible en ligne pour le moment mais je vous tiendrais informés de sa visibilité. Il existe cependant un making off du film que je vous mets juste ici.

Je vous joins également le dossier de presse du film, qui peut vous permettre de mieux le cerner : ici.

Léopold Legrand a réalisé un premier film, ANGELIKA, un court-métrage documentaire réalisé en Belgique comme projet de fin d’études et qui a gagné le Prix du meilleur court métrage dans la compétition nationale Féderation-Wallonie Bruxelles au Festival International du film francophone de Namur (FIFF). Un film disponible en ligne juste ici !

Il avait donné quelques interviews pour parler de ce premier film, je vous laisse les découvrir ci dessous :

Quant à nous, on se retrouve très vite pour une deuxième rencontre passionnante ! Restez connectés

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