REGARDS CONFINÉS #4 : plaisirs solitaires

Après vous avoir prouvé que côtoyer des êtres humains n’était pas toujours une bonne idée (l’enfer c’est les autres), je reviens aujourd’hui pour pallier à votre solitude et votre libido grandissante. Car oui, osons le dire : notre besoin/envie de contacts humains est de plus en plus présent.

Les sites pornos l’ont bien anticipé et nombre d’entre eux vous ont proposé des accès premium etc. Seulement, ça fait un mois et on repars pour la même durée, alors le porno c’est bien gentil, mais c’est quand même sacrément lassant, et surtout, c’est quand même assez triste de n’avoir que ça pour faire marcher notre imaginaire. Le cinéma offre tellement de belles choses et permet notamment de laisser exploser la puissance de l’érotisme sous toutes ses formes. De la suggestion, des jeux de séduction ou carrément des scènes d’amour brulantes : le 7e art sublime l’amour, le sexe et les relations pour notre plus grand plaisir. Place à l’imaginaire, aux souvenirs et aux situations qui nous font parfois tant rêver.

Alors pour vous aider à endiabler vos soirées solitaires ou non, je vous ai préparé une sélection d’œuvres muy caliente ! Ambiance feutrée, lumières tamisées, orgie new-yorkaise ou réflexion sur le bondage : il y aura forcément de quoi vous enflammer ! J’ai choisi de mettre en avant des films où l’ambiance générale de l’œuvre est tournée vers la sensualité, l’érotisme ou la sexualité. Je vous proposerai surement un autre numéro où j’isolerai les meilleures scènes d’amour du cinéma, par exemple.

En attendant, voici ma sélection de films pour découvrir l’érotisme au cinéma et passer une belle soirée, seul(e) ou accompagné(e) ou même à distance 😉

Pour vous mettre directement dans le bain, je vous propose de vous parler d’un des films les plus cultes du genre : Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Le duo Cruise/Kidman dans une forme sombre, puissante et sublimée du mariage et de ses dérives. L’échangisme, masqué et assumé, est au cœur de cette œuvre perturbante à bien des égards. La colorimétrie chaude tout au long du film (orangée, jaune ou rougeatre) accentue l’ambiance feutrée et érotique. La violence des sentiments, du désir et de la perversion dans toute sa splendeur : c’est le pari de Kubrick pour vous faire voir l’amour autrement. Et bien sur, le maitre du suspens et de la tension, ne vous laisse pas de marbre de ce coté là. Installez vous confortablement, parce que vous ne saurez pas forcément quoi ressentir face à ce bijou. Ce qui est sur, c’est qu’il va faire très chaud tout à coup !

Place maintenant au véritable Mr Grey. Eh oui, avant le succès planétaire de la saga 50 nuances, il y avait déjà eu un Monsieur Grey au cinéma, et pas n’importe lequel : James Spader, l’habitué des rôles torturés par excellence. La Secrétaire est un film de Steven Shainberg qui traite d’une relation entre un avocat, Edward Grey et de sa nouvelle secrétaire, Lee (interprétée par la jeune Maggie Gyllenhaal). Une relation basée d’abord sur une relation professionnelle bancale puis sur une domination crescendo avant de finir sur un amour improbable. Le coté comédie désamorce beaucoup les situations mais dans le fond, le traitement de Shainberg est vraiment passionnant. Les deux personnages sont extrêmement complexes et la relation sexuelle qui s’installe entre eux est bien plus intense qu’il n’y parait. On parcourt alors la relation BDSM d’une autre manière, dans toute sa beauté et sa complexité. Un film vraiment passionnant, drôle, attachant et souvent, très excitant!

On retrouve également James Spader, quelques années plus tôt, dans le torride Crash de David Cronenberg. Un film qui parlait déjà d’une sexualité peu ordinaire, avec des personnages qui liaient étrangement l’excitation aux accidents de voiture. Un scénario improbable, à la Cronenberg finalement, qui donne lieu à une œuvre presque honteusement érotique avec un James Spader toujours aussi vicieux. Un film qui a retourné Cannes à l’époque et qui à remporté le grand prix du jury. Étonnant non? Tout ce qu’on aime !

A deux c’est bien, à trois c’est mieux ! Sur le papier peut être, en réalité, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Dans Vicky Cristina Barcelona on retrouve l’un des triangles amoureux les plus sensuels du cinéma. Scarlett Johanson, Penelope Cruz et Javier Bardem s’aiment, se désirent et se déchirent devant la caméra de Woody Allen.

Un tableau brulant, dans les rues de Barcelone, d’un trio de corps et d’esprit qui se cherchent. La sensualité propre à chaque personnage est impressionnante : la bouche de Johansson, le regard de Cruz et la puissance de Bardem réunis donnent à cette fable romanesque une dimension érotique incroyable. Une scène en particulier, dans un local photo, explose devant nos yeux. Le traitement rougeâtre de l’image appuie le coté sensuel et donne à la scène une dimension presque irréelle et donc, bien plus érotique. Un film puissant, mais qui vous donnera de grandes envies de voyage, entres autres choses bien sur.

L’amour à plusieurs, à deux, à trois, à quinze reste dans tous les cas quelque chose de complexe. Ma petite madeleine de proust, c’est l’incroyable Shortbus de John Cameron Mitchell. Un film indépendant qui m’a longtemps marqué. Je vous en ai longuement parlé il y a quelques mois, vous pouvez relire l’article juste ICI.

Shortbus c’est un condensé de réflexions sur le sexe, l’amour, le corps et le désir dans sa globalité. Dans une esthétique parfois très approximative, le réalisateur offre une palette de personnalités qui se questionnent, s’aiment, se lancent et expérimentent. Le film vous renvoie alors à votre propre rapport au sexe et vous ressortez de là avec autant d’envies que d’espoir. A ne pas rater.

Revenons aux basiques, à l’essentiel, à tout ce qui peut résumer l’érotisme et la violence du désir au cinéma. Le cultisime (et français!) Basic Instinct de Paul Verhoeven met en scène la dangereuse Catherine et l’inspecteur Nick, dans un combat érotique impressionnant. Le duo Sharon Stone et Michael Douglas fera fondre absolument tout chez vous tant il est brulant. Dans les regards, la mise en scène, les dialogues, la violence et évidemment, dans cette scène, devenue culte, de l’interrogatoire.

Un autre duo iconique et sensuel c’est celui proposé par David Lynch dans Mulholland Drive. Cet ovni du cinéma, aussi culte qu’incompréhensible aux premiers abords, est un diamant brut. Le duo Naomi Watts et Laura Harring a séduit le monde entier avec cette relation incontrôlable et destructrice. L’imaginaire, le rêve et le désir sont tous trois les personnages principaux de ce chef-d’œuvre. La frontière avec la réalité ne vous rattrapera pas de sitôt.

Plus c’est court, plus c’est bon, c’est pas ce que dis l’adage ? Dans tous les cas, c’est ce que nous prouve le grand Wong Kar-Wai avec son court-métrage La Main sorti en 2004 dans le projet Eros (3 courts-métrages érotiques réalisés respectivement par Michelangelo Antonioni, Steven Soderbergh et Wong Kar-Wai). Le réalisateur hongkongais est l’un des rois de l’érotisme et de l’intimité. Dans ses œuvres, le rapport à l’autre et la suggestion du désir est au centre de l’intrigue. Que ce soit dans In the mood for love, 2046 ou Happy Together: l’érotisme est sublimé, dans les couleurs chaudes des décors, dans les corps qui s’effleurent, dans les inserts sur les bouches, les yeux ou les mains.

Avec ce court-métrage, Wong Kar-Wai synthétise tout son art. Dans ce drame de 40 minutes, un homme s’éprend d’une courtisane en lui prenant ses mesures. Tragique désir qui s’empare de lui, le violente, l’obsède et qui l’amènera à sa perte. Une sensualité extrême dans un décor presque âpre accompagnée d’une musique incroyable, propre au cinéma de Wong Kar -Wai. Un petit bijou d’érotisme empreint de la magie d’un réalisateur amoureux du désir sous toutes ses formes et surtout, de sa puissance.

Et pour apprécier plus longuement le talent de Wong Kar-Wai, je vais terminer cette sélection par Happy Together sorti en 1997,qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Comme je vous le disais ci dessus, le réalisateur hongkongais sait se servir de son art pour instaurer une ambiance particulière dans ses films. Ici, il raconte l’histoire de deux amants, qui se déchirent et se retrouvent en Argentine. Leur amour, leurs difficultés, leur désir pour un troisième homme, leur sexualité : tout est exposé dans une atmosphère chaude et quasiment palpable. La complexité de la vie commune liée au plaisir de sentir l’autre revenir coute que coute. Certaines scènes sont d’une beauté incroyable et le film dans sa globalité offre son lot de frissons.

Il y a tant d’autres films qui mériteraient d’être vus et revus. Des œuvres qui ont réussi à capter l’érotisme et le désir sous toutes ses formes. Un deuxième numéro vous plairait? N’hésitez pas à me le dire et à me confier vos œuvres favorites.

Prenez soin de vous et, surtout, faites vous plaisir ! 😀

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