Retour dans les salles avec … LA BONNE ÉPOUSE de Martin Provost et EN AVANT de Dan Scanlon

22 Juin 2020, un Lundi comme les autres pour beaucoup, mais un grand jour pour tous les cinéphiles! La réouverture des salles de cinéma se transforme en évènement symbolique. Une croix sur le calendrier ou dans l’agenda, une soirée déjà bloquée, peu importe le film ou l’horaire : on sera là. Pour soutenir son cinéma préféré, pour retrouver le bonheur de la salle et du grand écran, de ses émotions, du collectif et aussi, pour oublier le monde extérieur et ces trois mois d’enfer. Se déplacer en salle ce lundi de Juin fut pour beaucoup un acte fort et donc, forcément un souvenir impérissable.

J’ai sauté sur la première séance qui correspondait à ma sortie du travail, en privilégiant un cinéma français et local, j’ai trouvé en un clin d’œil, j’étais heureuse, excitée et je n’avais qu’une envie : m’asseoir dans ces fauteuils que je connais et qui m’ont tant manqué. La surprise de voir la salle se remplir fut d’autant plus agréable. On y était, ça y est, dans quelques minutes les lumières vont s’éteindre et le cinéma va de nouveau jaillir devant moi.

LA BONNE ÉPOUSE de MARTIN PROVOST

Je me souviendrai à jamais de ce film, juste par ce qu’il aura été celui du 22 Juin 2020. Un film choisit pour soutenir l’industrie française mais aussi les tournages locaux. Car, La Bonne Épouse a été tourné en grande partie dans la région Grand Est : chez moi. Il m’a donc semblé que c’était un choix intéressant en ce jour si symbolique.

Cependant, il aurait été trop beau que ce premier film soit un souvenir mémorable grâce à la qualité de l’œuvre. Malheureusement, Martin Provost n’a pas réussi à me faire vibrer autant que je l’aurais voulu.

La Bonne Épouse raconte l’émancipation des femmes par le biais de la directrice d’un établissement ménager et de ses élèves. Jouée par Juliette Binoche, Paulette est entourée par deux acolytes aussi touchantes que problématiques : Gilberte (Yolande Moreau) et Soeur Marie-Thérèse (la grande Noémie Llvosky). On retrouve également au casting, un Edouard Baer rieur et amoureux. Toutes ces têtes d’affiche donnent envie d’y croire mais malheureusement, Martin Provost propose une comédie aussi lourde que délirante. Certains passages sont touchants, surtout lors que Juliette Binoche y met son grain de folie qu’on aime tant. Quand aux dialogues, ils sont relativement bien ficelés et donnent un coup de peps aux échanges. Mais dans la globalité, le film tire en longueur pour nous proposer une fresque féministe ridicule avec une séquence finale gênante. Dommage, car le sujet et l’angle choisit semblait prometteur, mais le traitement de Provost et sa volonté d’en faire une œuvre détonante plombe le film dans sa finalité.

En salles depuis la reprise, le 22/06/2020.

EN AVANT de Dan Scanlon

Quelques jours après la reprise, me voilà embarquée dans une séance qui, cette fois, m’a laissé un souvenir plus tendre que la précédente. La première sortie Pixar de la décennie est de nouveau en salles depuis la réouverture et je ne regrette absolument pas de m’être laissée tenter. Je partais défaitiste, n’attendant pas grand chose de plus que d’ordinaire face à ce type de film, mais Pixar a bel et bien réussi à me surprendre !

EN AVANT! raconte l’histoire de Ian Lightfoot et de sa quête pour retrouver un sort capable de ramener son père, disparu lorsqu’il était enfant. Accompagné de son grand frère, Barley, il va donc partir à l’aventure dans ce monde imaginaire où la magie a été reléguée au second plan depuis l’arrivée de la technologie.

Au delà des séquences attendues et peu originales qui vous font tirer les larmes lorsque vous vous y attendez … le plus, EN AVANT! a réellement réussi à tirer son épingle du jeu. Le scénario est vraiment chouette : la mise en avant d’un monde mi humain mi animal avec une technologie omniprésente qui ne laisse plus la place à la magie et aux vraies relations. L’animation est également extrêmement bien réussie et offre de véritables séquences visuelles avec un coté fantastique qui n’est pas désagréable et qui détonne un peu des habituelles couleurs criardes propres à Pixar. Les tons bleutés et assez sombres du film sont vraiment surprenants mais offrent des séquences bluffantes.

Évidemment, les larmes n’ont pas tardé à couler et j’ai adoré ça. Retrouver ces émotions, les partager avec d’autres spectateurs et me laisser emporter dans cet univers imaginaire avec ces deux adolescents extrêmement touchants. Ce cinéma là aussi m’avait manqué. Celui qui ne demande pas forcément de grands discours, de grandes analyses mais qui parvient à surprendre, à se réinventer et à questionner certains sujets importants malgré tout. Une belle surprise donc, autant pour les grands que pour les plus petits.

De nouveau en salle depuis la réouverture, le 22/06/2020.

Je n’ai pour l’instant pas eu le temps d’aller voir d’autres films mais les sorties et les propositions des salles commencent vraiment à me plaire ! Je vous laisse donc avec quelques idées de films à voir, piochées dans ma wishlist personnelle 😉

Benni de Nora Fingscheidt (sortie le 22/07/2020)

Été 85 de François Ozon (sortie le 14/07/2020)

Lucky Strike de Yong-hoon KIM (sortie le 08/07/2020)

Les Parfums de Grégory Magne (sortie le 01/07/2020)

L’envolée de Eva Riley (sortie le 08/07/2020)

Madre de Rodrigo Sorogoyen (sortie le 22/07/2020)

REGARDS CONFINÉS #6 : en manque d’action ?

Qui est-ce qui a encore des choses incroyables à raconter à ses proches au téléphone? Qui, parmi nous, a un terrain assez grand pour faire un parcours du combattant dans son jardin? Qui est-ce qui s’est fait une petite course poursuite avec la police pour sortie inopinée et inexpliquée? Ne nous mentons pas, ce confinement rends nos vies passablement vides de nouveaux dramas et d’actions dignes de ce nom !

Ready?

J’ai donc décidé de vous offrir un petit shot d’adrénaline afin de vous secouer un peu et de vivre une bonne dose d’émotions fortes en direct de votre canapé ! On se retrouve pour quelques films d’action certes, mais qui sortent du lot et ont tous quelques particularités. A voir ou revoir sans modération ! C’est parti 😉

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Je ne sais même pas si il faut l’inclure dans cette sélection, tant il est évident, mais je ne pouvais pas le mettre tout au bas de l’article. Faites un triomphe pour le quatrième opus de la saga : Mad Max, Fury Road de Georges Miller. Existe-t-il plus jouissif, plus explosif, plus impressionnant et plus cinématographiquement parfait que ce film? Je me dois de répondre par la négative. C’est un concentré de technique, une explosion d’esthétisme et de rage qui vous prends aux tripes. Une version en noir et blanc est également disponible et donne au film une dimension totalement décalée. Dans tous les cas, cet opus est l’une des plus grosses bombes esthétiques du cinéma et vous donnera des frissons du début à la fin. Avec un casting porté par Tom Hardy et Charlize Theron, le film repousse les limites de l’action et de la technique pour un shot d’adrénaline et de couleurs comme on en a rarement vu à l’écran. Une pure folie signée Georges Miller, pour notre plus grand plaisir.

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Dans un registre un peu plus sombre mais tout aussi explosif, je me dois de vous conseiller The Equalizer d’Antoine Fuqua, sorti en 2014 avec un Denzel Washington un peu beaucoup trop calme, qui finit par exploser dans toute sa splendeur! Il s’agit d’un thriller ultra violent mais qui trouve son équilibre dans son esthétique et son scénario. Le film raconte comment un ancien agent secret va se lancer dans une guerre contre la mafia russe, après avoir rencontré une jeune femme travaillant pour eux. Teri, jouée par l’excellente Chloé Grace Moretz, embarque donc McCall dans une lutte acharnée et réveille sa soif de justice et de vengeance. Rythmé par des combats absolument fabuleux (les chorégraphies sont dingues) et un méchant extrêmement charismatique (interprété par Marton Csokas), ce film est une réelle claque et une bonne leçon de mise en scène.

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L’autre figure de la baston charismatique c’est sans conteste Bruce Willis, et on le retrouve notamment dans Die Hard sorti en 1988 et qui donnera lieu à une saga du même nom. Mais ce premier opus est clairement le meilleur de tous. Avec Alan Rickman (always…) en méchant des années 80 et Bruce Willis en cascadeur, Piège de Cristal est clairement l’un des films d’action les plus improbables. Humour noir, grand spectacle et rebondissements incessants, c’est l’un des films qui ne prends pas une ride et est armé d’un suspens sans failles. Indemodable.

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Revenons aux bons grands classiques du genre avec le maitre de la bagarre sanglante : Quentin Tarantino et son cultisime, Kill Bill ! Disons le, à l’heure actuelle, je crois qu’on tuerais tous pour avoir un minimum de la vie de Black Mamba : une bonne liste de gens à dégommer, des rencontres bien sanglantes et une bonne dose d’action. Alors pour retrouver le mode d’emploi d’une vengeance aux petits oignons, dans un registre bien propre à notre cher Quentin, on se (re)visionne la saga Kill Bill avec son esthétique incroyable, sa dose de sang indécente et sa bande originale exceptionnelle. Un classique qui fonctionne toujours autant.

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Tarantino sait aussi amener son talent dans des co-productions très particulières comme avec le grand Sin City réalisé par Frank Miller et Robert Rodriguez (le seul et l’unique) et sorti en 2005. On y retrouve notre cher Bruce Willis mais aussi Mickey Rourke, Jessica Alba et Benicio Del Toro. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, c’est un film qui séduit par son côté âpre, sexy, sombre et profondément créatif. Robert Rodriguez a prouvé encore une fois sa singularité, impossible à copier, avec cette adaptation de BD et cette capacité à relier les deux arts à la perfection. Un condensé d’action, de sang et d’âmes perdues dans un ovni, un petit bout de cinéma et une grande œuvre qu’il faut absolument (re) découvrir.

Et pour ceux qui aimerais en savoir un peu plus sur Rodriguez et son histoire avec cette créativité singulière, je vous remet ICI mon article sur la rencontre incroyable à laquelle j’ai pu assister à Cannes l’année dernière où il nous a exposé ses derniers travaux et son rapport au cinéma.

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Autre maitre de l’esthétisme et de l’univers particulièrement sombre c’est Nicolas Winding Refn et son Drive devenu extrêmement populaire. Avec des influences/références à Scorsese ou Tarantino, ce film est un réel plaisir pour les yeux (et les oreilles). Une mise en scène qui lui a valu un prix lors du Festival de Cannes en 2011, une esthétique impressionnante et une bande originale incroyable font de Drive une véritable œuvre à part entière. On y retrouve un Ryan Gosling impénétrable, presque muet, mais d’une puissance exceptionnelle, accompagné de Carey Mulligan, Brian Cranston ou encore Christina Hendricks. Un film sous tension, mené à la baguette par un réalisateur ambitieux pour un résultat explosif !

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Il fallait bien placer l’agent 007 quelque part dans cette sélection, et pour ma part, mon opus préféré est tout trouvé : Casino Royale de Martin Campbell. Le baptême de Daniel Craig dans la peau de l’agent le plus célèbre du cinéma est totalement réussi. L’un des meilleurs de la franchise pour ma part, dans lequel on a enlevé un peu de grand spectacle pour y ajouter plus de profondeur. Résultat : un grand film avec, cerise sur le gâteau, l’extraordinaire (je suis tout à fait objective, promis) Mads Mikkelsen dans le rôle d’un des méchants les plus charismatiques de l’histoire (rien que ça!). Un excellent coup de poker pour Campbell et son 007 revisité.

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Je n’ai jamais eu autant de mal à constituer une sélection ! J’ai encore tant de films en tête mais je me suis forcée à vous partager uniquement ceux qui, à mon sens, sont vraiment particuliers, intéressants ET explosifs ! On fera peut être un autre numéro dans quelques temps, en attendant, n’hésitez pas à me dire quel film vous ravie lorsque vous êtes en manque d’action !

REGARDS CONFINÉS #5 : friends party

Le confinement donne du fil à retordre à notre vie sociale. Cependant, la technologie nous offre quand même de nombreuses solutions pour continuer à se voir, se parler, débattre pendant des heures ou boire jusqu’à plus soif en compagnie de ses meilleurs amis! On se sollicite dans des formats et des situations tellement improbables qu’on finira par avoir des souvenirs incroyables.

Vous avez déjà fait une dizaine d’apéros en visio, des picolos, vous avez refait le monde jusqu’à l’aube et vous avez même réussi à trouver des remèdes maisons au virus qui nous frappe : en bref, les idées manquent et vous ne savez plus quoi faire avec vos proches à distance. Et si vous regardiez un bon film en mangeant du popcorn et en discutant avec vos potes, chacun dans son salon?

Je vous ai préparé une sélection de films à voir entre amis, pour changer d’air et passer une soirée comme au cinéma (les gens trop grands devant vous et les couples qui se galochent à coté de vous en moins) !

Five de Igor Gotesman

Devenu culte en très peu de temps, le film de Igor Gotesman se hisse tout en haut de ma liste. Pierre Niney et François Civil mènent la barque d’un groupe d’amis d’enfance qui réussi enfin à vivre ensemble. Malheureusement, la dolce vita va vite prendre un tournant dramatique lors que le père de Samuel lui coupe les vivres, l’obligeant à trouver une autre solution pour gagner sa vie : dealer ! Une idée très mauvaise évidemment, qui va donner lieu à de nombreuses péripéties comiques et dramatiques à la fois.

Avec un humour particulier mais souvent très juste, et un casting en harmonie, Igor Gotesman réalise l’un des films de potes les plus jouissifs de ces dernières années.

Hilarant et touchant, c’est LE film par excellence pour démarrer ce week-end avec vos potes.

La trilogie Cornetto de Edgar Wright

La trilogie parfaite pour une soirée improbable. Le monde de Edgar Wright dans une saga parfaite pour la situation que nous vivons.

Lorsque Shaun Of The Dead est sorti en 2004, il n’était pas question d’une trilogie. Le trio Wright/Pegg/Frost a ensuite travaillé sur Hot Fuzz et quelques années plus tard, sur Le dernier Pub avant la fin du monde. Les trois films n’appartiennent pas au même univers ni au même genre cinématographique. Ils sont simplement reliés entre eux par l’équipe qui les a réalisés/écrits à savoir Edgar Wright et Simon Pegg ainsi qu’une équipe d’acteurs commun comme Nick Frost, Martin Freeman, Patricia Franklin etc. Mais au fil du temps, on remarque de nombreux clins d’œil d’un film à l’autre. Et après une remarque d’un journaliste, l’idée de la trilogie « Cornetto » s’est mise en place (également appelée The Three Flavours Cornetto Trilogy). Une réplique relie les trois films, et la glace en question est présente dans chacun des trois longs métrages : rouge dans Shaun of The Dead (zombie), bleue dans Hot Fuzz (police) et verte dans Le dernier pub avant la fin du monde (extraterrestre).

Mais ce qui en fait une trilogie géniale à regarder entre amis, c’est son humour complétement décalé. Chacun des trois univers est traité avec comme repère : la parodie du genre. Et c’est une véritable bombe de références, d’humour et d’explosions en tout genres. A regarder sans modération !

Je voulais aussi vous conseiller l’un des derniers films de Edgar Wright qui n’est autre que Baby Driver (2017). Avec un casting incroyable (Ansel Elgort, Kevin Spacey, Jon Hamm, Jamie Fox etc), ce film est une petite pépite du genre. Un film d’action avec un scénario classique mais basé sur une idée originale c’est assez rare pour être relevé. En effet, toute l’histoire de Baby se base sur le fait qu’il roule au rythme de la playlist qu’il écoute. Mélomane, il est d’une intelligence mais aussi d’une naiveté à toute épreuve. Avec un montage impressionnant, Baby Driver est un film qui vous fera passer une excellente soirée et vous donnera également quelques idées pour vos prochaines playlists 😉

Good Morning England de Richard Curtis

Pour rester dans la musique, direction la radio pirate la plus cool du grand écran : Good Morning England de Richard Curtis est un good movie qui va faire du bien à vos oreilles, à vos yeux et à votre petit cœur en ces temps de confinement.

Radio Rock est une radio pirate émise sur un bateau en pleine mer du Nord pendant que le gouvernement tente de faire interdire toutes les ondes. Un équipage haut en couleurs, une véritable famille qui se bat pour continuer à faire vivre la musique coute que coute. Une ode à la marginalité, la passion, la musique et l’amour qui vous donnera envie de vous enfuir avec vos potes pour vivre votre passion ! Bon, certes, votre meilleur ami n’est pas Philip Seymour Hoffman mais bon, il peut pas être parfait !

The Nice Guys de Shane Black

Russell Crowe et Ryan Gosling réunis dans un film policier totalement improbable, ne serait-ce pas un goal de soirée réussie? Shane Black nous offre une comédie policière en plein coeur de L.A des années 70, avec look improbable, conspirations de célébrités et situations loufoques. Porté par un duo génial que l’on attendait pas forcément dans ce type de film, The Nice Guys est un petite bombe d’humour et de divertissement.

OSS 117 de Michel Hazanavicius

Quoi de mieux pour s’évader que de partir en mission avec le meilleur (du pire) agent secret made in France? Jean Dujardin, dans le costume de Oss 117, agent émérite (ou pas) des services secrets français, c’est l’une des meilleures choses des années 2000.

Au Caire puis à Rio, les méthodes improbables de Oss sont déléctables. Avec une écriture incroyable, mêlant références cinéphiles historiques et humoristiques, Hazanavicius propose une comédie presque parfaite. En deux oeuvres que l’on retrouve chaque fois avec grand plaisir. Alors, comment est votre blanquette ?

à noter qu’un troisième volet est en préparation, sous la direction cette fois de Nicolas Bedos, ce qui annonce surement une différence assez notable avec les deux premiers. A suivre.

Nous trois ou rien de Kheiron

En 2015, le comédie Kheiron nous a offert un film assez incroyable. Il nous raconte le destin de ses parents; Hibat et Fereshteh, de la révolution Iranienne aux quartiers Parisiens. Dans une comédie touchante, au casting presque parfait (Leila Behkti, Gerard Darmon, Alexandre Astier entre autres), il nous embarque dans son histoire familiale mais aussi dans l’Histoire de son pays d’origine. Une traversée que l’on découvre avec plaisir, et où l’humour est au coeur de tout. De franches tranches de rires avec un fond intelligent et passionnant, c’est ce qu’on appelle une comédie française réussie !

La trilogie de Cédric Klapish

La trilogie qui a révélé Cecile de France (et lui a valu deux Césars) mais aussi Romain Duris est un petit cocon de soleil, de nostalgie et de cinéma. L’auberge espagnole (2002), Les poupées russes (2005) et le dernier, et plus mature, Casse Tête chinois (2013) font partie de la trilogie réalisée par Céderic Klapish où l’on suit le parcours de Xavier Rousseau, de ses 20 à ses 40 ans.

Tableau d’une génération, avide de voyages, de rencontres et de rêves, cette trilogie vous donnera des envies d’ailleurs.

J’espère que cette petite sélection vous aura donné des idées de soirées entre potes, à distance ou simplement envie de voir, revoir ou découvrir des œuvres qui nous envoient de bonnes ondes en ces temps difficiles.

N’hésitez pas à partager ce nouveau numéro et à me dire quels sont vos films fétiches que vous regardez pour vous remonter le moral ! On se retrouve très vite pour un sixième numéro et en attendant, prenez soin de vous !

REGARDS CONFINÉS #4 : plaisirs solitaires

Après vous avoir prouvé que côtoyer des êtres humains n’était pas toujours une bonne idée (l’enfer c’est les autres), je reviens aujourd’hui pour pallier à votre solitude et votre libido grandissante. Car oui, osons le dire : notre besoin/envie de contacts humains est de plus en plus présent.

Les sites pornos l’ont bien anticipé et nombre d’entre eux vous ont proposé des accès premium etc. Seulement, ça fait un mois et on repars pour la même durée, alors le porno c’est bien gentil, mais c’est quand même sacrément lassant, et surtout, c’est quand même assez triste de n’avoir que ça pour faire marcher notre imaginaire. Le cinéma offre tellement de belles choses et permet notamment de laisser exploser la puissance de l’érotisme sous toutes ses formes. De la suggestion, des jeux de séduction ou carrément des scènes d’amour brulantes : le 7e art sublime l’amour, le sexe et les relations pour notre plus grand plaisir. Place à l’imaginaire, aux souvenirs et aux situations qui nous font parfois tant rêver.

Alors pour vous aider à endiabler vos soirées solitaires ou non, je vous ai préparé une sélection d’œuvres muy caliente ! Ambiance feutrée, lumières tamisées, orgie new-yorkaise ou réflexion sur le bondage : il y aura forcément de quoi vous enflammer ! J’ai choisi de mettre en avant des films où l’ambiance générale de l’œuvre est tournée vers la sensualité, l’érotisme ou la sexualité. Je vous proposerai surement un autre numéro où j’isolerai les meilleures scènes d’amour du cinéma, par exemple.

En attendant, voici ma sélection de films pour découvrir l’érotisme au cinéma et passer une belle soirée, seul(e) ou accompagné(e) ou même à distance 😉

Pour vous mettre directement dans le bain, je vous propose de vous parler d’un des films les plus cultes du genre : Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Le duo Cruise/Kidman dans une forme sombre, puissante et sublimée du mariage et de ses dérives. L’échangisme, masqué et assumé, est au cœur de cette œuvre perturbante à bien des égards. La colorimétrie chaude tout au long du film (orangée, jaune ou rougeatre) accentue l’ambiance feutrée et érotique. La violence des sentiments, du désir et de la perversion dans toute sa splendeur : c’est le pari de Kubrick pour vous faire voir l’amour autrement. Et bien sur, le maitre du suspens et de la tension, ne vous laisse pas de marbre de ce coté là. Installez vous confortablement, parce que vous ne saurez pas forcément quoi ressentir face à ce bijou. Ce qui est sur, c’est qu’il va faire très chaud tout à coup !

Place maintenant au véritable Mr Grey. Eh oui, avant le succès planétaire de la saga 50 nuances, il y avait déjà eu un Monsieur Grey au cinéma, et pas n’importe lequel : James Spader, l’habitué des rôles torturés par excellence. La Secrétaire est un film de Steven Shainberg qui traite d’une relation entre un avocat, Edward Grey et de sa nouvelle secrétaire, Lee (interprétée par la jeune Maggie Gyllenhaal). Une relation basée d’abord sur une relation professionnelle bancale puis sur une domination crescendo avant de finir sur un amour improbable. Le coté comédie désamorce beaucoup les situations mais dans le fond, le traitement de Shainberg est vraiment passionnant. Les deux personnages sont extrêmement complexes et la relation sexuelle qui s’installe entre eux est bien plus intense qu’il n’y parait. On parcourt alors la relation BDSM d’une autre manière, dans toute sa beauté et sa complexité. Un film vraiment passionnant, drôle, attachant et souvent, très excitant!

On retrouve également James Spader, quelques années plus tôt, dans le torride Crash de David Cronenberg. Un film qui parlait déjà d’une sexualité peu ordinaire, avec des personnages qui liaient étrangement l’excitation aux accidents de voiture. Un scénario improbable, à la Cronenberg finalement, qui donne lieu à une œuvre presque honteusement érotique avec un James Spader toujours aussi vicieux. Un film qui a retourné Cannes à l’époque et qui à remporté le grand prix du jury. Étonnant non? Tout ce qu’on aime !

A deux c’est bien, à trois c’est mieux ! Sur le papier peut être, en réalité, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Dans Vicky Cristina Barcelona on retrouve l’un des triangles amoureux les plus sensuels du cinéma. Scarlett Johanson, Penelope Cruz et Javier Bardem s’aiment, se désirent et se déchirent devant la caméra de Woody Allen.

Un tableau brulant, dans les rues de Barcelone, d’un trio de corps et d’esprit qui se cherchent. La sensualité propre à chaque personnage est impressionnante : la bouche de Johansson, le regard de Cruz et la puissance de Bardem réunis donnent à cette fable romanesque une dimension érotique incroyable. Une scène en particulier, dans un local photo, explose devant nos yeux. Le traitement rougeâtre de l’image appuie le coté sensuel et donne à la scène une dimension presque irréelle et donc, bien plus érotique. Un film puissant, mais qui vous donnera de grandes envies de voyage, entres autres choses bien sur.

L’amour à plusieurs, à deux, à trois, à quinze reste dans tous les cas quelque chose de complexe. Ma petite madeleine de proust, c’est l’incroyable Shortbus de John Cameron Mitchell. Un film indépendant qui m’a longtemps marqué. Je vous en ai longuement parlé il y a quelques mois, vous pouvez relire l’article juste ICI.

Shortbus c’est un condensé de réflexions sur le sexe, l’amour, le corps et le désir dans sa globalité. Dans une esthétique parfois très approximative, le réalisateur offre une palette de personnalités qui se questionnent, s’aiment, se lancent et expérimentent. Le film vous renvoie alors à votre propre rapport au sexe et vous ressortez de là avec autant d’envies que d’espoir. A ne pas rater.

Revenons aux basiques, à l’essentiel, à tout ce qui peut résumer l’érotisme et la violence du désir au cinéma. Le cultisime (et français!) Basic Instinct de Paul Verhoeven met en scène la dangereuse Catherine et l’inspecteur Nick, dans un combat érotique impressionnant. Le duo Sharon Stone et Michael Douglas fera fondre absolument tout chez vous tant il est brulant. Dans les regards, la mise en scène, les dialogues, la violence et évidemment, dans cette scène, devenue culte, de l’interrogatoire.

Un autre duo iconique et sensuel c’est celui proposé par David Lynch dans Mulholland Drive. Cet ovni du cinéma, aussi culte qu’incompréhensible aux premiers abords, est un diamant brut. Le duo Naomi Watts et Laura Harring a séduit le monde entier avec cette relation incontrôlable et destructrice. L’imaginaire, le rêve et le désir sont tous trois les personnages principaux de ce chef-d’œuvre. La frontière avec la réalité ne vous rattrapera pas de sitôt.

Plus c’est court, plus c’est bon, c’est pas ce que dis l’adage ? Dans tous les cas, c’est ce que nous prouve le grand Wong Kar-Wai avec son court-métrage La Main sorti en 2004 dans le projet Eros (3 courts-métrages érotiques réalisés respectivement par Michelangelo Antonioni, Steven Soderbergh et Wong Kar-Wai). Le réalisateur hongkongais est l’un des rois de l’érotisme et de l’intimité. Dans ses œuvres, le rapport à l’autre et la suggestion du désir est au centre de l’intrigue. Que ce soit dans In the mood for love, 2046 ou Happy Together: l’érotisme est sublimé, dans les couleurs chaudes des décors, dans les corps qui s’effleurent, dans les inserts sur les bouches, les yeux ou les mains.

Avec ce court-métrage, Wong Kar-Wai synthétise tout son art. Dans ce drame de 40 minutes, un homme s’éprend d’une courtisane en lui prenant ses mesures. Tragique désir qui s’empare de lui, le violente, l’obsède et qui l’amènera à sa perte. Une sensualité extrême dans un décor presque âpre accompagnée d’une musique incroyable, propre au cinéma de Wong Kar -Wai. Un petit bijou d’érotisme empreint de la magie d’un réalisateur amoureux du désir sous toutes ses formes et surtout, de sa puissance.

Et pour apprécier plus longuement le talent de Wong Kar-Wai, je vais terminer cette sélection par Happy Together sorti en 1997,qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Comme je vous le disais ci dessus, le réalisateur hongkongais sait se servir de son art pour instaurer une ambiance particulière dans ses films. Ici, il raconte l’histoire de deux amants, qui se déchirent et se retrouvent en Argentine. Leur amour, leurs difficultés, leur désir pour un troisième homme, leur sexualité : tout est exposé dans une atmosphère chaude et quasiment palpable. La complexité de la vie commune liée au plaisir de sentir l’autre revenir coute que coute. Certaines scènes sont d’une beauté incroyable et le film dans sa globalité offre son lot de frissons.

Il y a tant d’autres films qui mériteraient d’être vus et revus. Des œuvres qui ont réussi à capter l’érotisme et le désir sous toutes ses formes. Un deuxième numéro vous plairait? N’hésitez pas à me le dire et à me confier vos œuvres favorites.

Prenez soin de vous et, surtout, faites vous plaisir ! 😀

REGARDS CONFINÉS #3 : l’enfer c’est les autres

Les amis, on y est : ce soir, après un mois enfermés, notre confinement va être reporté et dieu seul sait pour encore combien de temps. Alors pour vous aider à garder le cap et à RESTER CHEZ VOUS, je vous ai concocté une petite sélection pour vous rappeler à quel point les gens sont pas si chouettes que ça. Je vous assure, vos voisins, vos amis, votre conjoint ou même votre famille : c’est loin d’être un cadeau parfois. Alors pourquoi avoir envie de sortir alors que vous êtes si bien avec vous même ?

Petite sélection pour vous montrer à quel point….l’enfer, c’est les autres ! 😀

1. Les voisins, c’est creepy

Funny Games US de Michael Haneke est un remake du film éponyme de 1997 réalisé…par Haneke lui même. Un remake plan par plan qui est également son premier film en anglais et tourné aux Etats Unis. Pour vous resituer, le film raconte l’histoire d’une famille qui se rend dans sa résidence secondaire afin d’y passer l’été. A peine sont ils arrivés, Peter, un invité de leurs voisins, se présente afin d’emprunter des œufs. A partir de cet instant, les choses vont prendre un tournant absolument terrifiant.

Le film de 1997 est incroyable, entendons nous bien. Mais la version US est plus moderne et surtout, elle est portée par un casting absolument parfait. Tim Roth et Naomi Watts sont incroyables de justesses et apportent une profondeur impressionnante au film de Haneke. Funny Games est un thriller psychologique extrême qui vous plonge dans vos pires cauchemars. D’une justesse scénaristique exceptionnelle, c’est l’un des films les plus malaisants que j’ai pu voir.

Conclusion : gardez vos œufs pour vous, et n’ouvrez pas à vos voisins !

ATTENTION : c’est un film à ne pas regarder si vous êtes trop sensibles, et je précise qu’il a été interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie.

2. Sécurité routière

Duel de Steven Spielberg est un film qui vous fera passer l’envie de prendre la route en ces temps de confinement. Sur une route déserte, un homme se retrouve confronté à un énorme camion qui, pour une raison obscure, à décidé de le prendre en chasse. Un scénario simpliste qui donne lieu à une œuvre incroyable et qui vous donnera de sacrées sueurs froides.

Vous allez laisser la voiture au garage après ça, c’est moi qui vous le dis !

3. « Ohana », ou pas

Festen est l’un des films qui ne me fait ABSOLUMENT PAS regretter de ne pas avoir de grands diners de famille. Thomas Vinterberg est un réalisateur danois que j’affectionne particulièrement et qui a un talent d’écriture époustouflant. Dans ce film, sorti en 2018, il met en scène une fête de famille qui va se transformer en règlement de comptes. Avec une esthétique et un scénario assez classiques, Vinterberg parvient à faire éclater la violence dans toute sa splendeur. Délectable.

Après ça, vous ne pleurerez plus sur votre repas dominical manqué pour cause de confinement. Un petit coup de fil c’est largement suffisant non? 😉

4. Les retrouvailles de l’enfer

Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll est le premier film que j’ai vu, seule dans mon salon, il y a une vingtaine d’années. J’étais une enfant, je n’avais pas tout compris mais il m’a marquée profondément. Quelques années plus tard, je l’ai revu, et le malaise était toujours présent. Un film français particulièrement bien écrit, qui raconte comment un homme va s’immiscer dans la vie d’un couple, prétendant vouloir renouer des liens avec son ami d’enfance. Un cauchemar porté par l’incroyable mais terrifiant Sergi Lopez (César du meilleur acteur pour ce rôle), qui m’a fait frissonner pendant des années. De quoi vous faire réfléchir à deux fois avant de vouloir renouer avec n’importe qui !

5. Permis de tirer

La chasse de Thomas Vinterberg, oui encore lui, est l’un de mes films préférés. Pour son réalisateur, certes, qui impose une nouvelle fois son talent à l’écran. Pour son casting, car tout le monde connait mon amour inconditionnel pour Mads Mikkelsen qui livre ici une prestation incomparable. Mais aussi, et surtout, pour ce scénario et cette ambiance indescriptible. Quand tout un village se retourne et s’acharne contre un seul homme, qui dit la vérité? Où est la limite entre perversion et dénonciation? Quand s’arrête le besoin de justice pour laisser place à une vengeance aveugle? La chasse est un film qui retourne, qui vous tord le bide et qui vous laissera sur le carreau sans ménagement. Bon courage.

6. L’amour est aveugle

Get Out de Jordan Peele, ou comment la rencontre avec la belle famille pour tourner au cauchemar. Le premier film du nouveau maitre de l’horreur est aussi politique que dramatique. Un jeune homme noir se prépare à rencontrer la famille assez conservatrice de sa petite-amie. Une rencontre au sommet, qui nous plonge sans vergogne dans un monde absolument détestable. Un véritable coup de poing qui se foire un peu sur la fin mais qui vaut le détour ! Comme quoi, faut bien choisir vos crushs les amis !

Le film sera dispo sur Netflix prochainement et si vous voulez mon avis plus en détails, j’ai écrit un dossier entier sur Jordan Peele, juste ICI.

7. Moldus, prenez garde

On change de registre, avec Secrets de famille de Niall Johnson qui est une comédie anglaise comme on les aime. Avec un casting cinq étoiles (Maggie Smith, Kristin Scott Thomas, Rowan Atkinson etc), ce film est un petit bijou de comédie. Une famille totalement à l’abandon, un pasteur improbable et une gouvernante quelque peu…radicale, interprétée par notre chère Maggie Smith : un cocktail explosif pour une réussite absolue ! Drôle, profond et incroyablement bien écrit, Secrets de famille est un film qui fais du bien, mais qui donne également bien envie de rester chez soi, au chaud et d’envoyer balader tout êtres humains qui oserait vous approcher.

8. Home Alone….enfin, pas tout à fait.

La Famille Tenenbaum, évidemment, ne pouvait pas ne pas apparaitre dans cette sélection. La comédie improbable de Wes Anderson est l’exemple même de l’enfer en famille ! Un père insupportable, prétendument malade, tente de renouer avec ses enfants et s’invite dans la maison familiale. S’en suit une avalanche de règlements de comptes, d’humour et de grincements de dents. Avec encore un casting merveilleux que vous allez adorer détester, La Famille Tenenbaum est loin d’être une comédie comme les autres. Une cohabitation insupportable à voir et à vivre, qui va vous faire apprécier votre solitude pendant quelques temps !

9. Amen !

Joyeuses Funérailles de Frank Oz est une de mes comédies anglaises préférées. Le parfait dosage entre humour noir, violence, comique de situations et écriture aiguisée. De quoi rire un bon coup face à l’absurdité de certaines réunions de famille qui tourne mal.

Et voilà, j’espère que cette sélection vous aura plu et vous aura permis de relativiser et vous dire que, finalement, les autres, ils nous manquent pas tant que ça 😛

Et si au contraire, vous sentez que vous allez craquer et que vous avez grandement besoin de vous évader, j’ai consacré le numéro précédent à la liberté : juste ici !

Tenez le coup, et on se retrouve très vite pour un nouveau numéro ! En attendant, n’hésitez pas à partager cet article et à me dire quels sont vos films favoris parmi la sélection. 😉