SI TU VOIS MA MÈRE : le premier film de Nathanael Guedj – ARTE

Un premier long métrage c’est toujours excitant. On ne connaît pas vraiment le réalisateur, parfois on a suivi ses débuts, vu un court-métrage ou alors c’est complétement l’inconnu. On ne sait pas ce qui nous attend, on ne connaît pas son univers et on se demande ce qu’il a à nous raconter. Vous l’aurez compris : j’adore les premiers films ! 

Si tu vois ma mère, premier long métrage de Nathanael Guedj, projeté dans le cadre du festival Entendez-Voir à Strasbourg (unique occasion de le voir en salles) m’a donc rapidement séduite. Le film ne sortira pas en salles, c’est un programme prévu pour Arte qui a été diffusé ce Vendredi 10 Avril et qui est dispo ICI (gratuitement) jusqu’au 9 Mai.

Et pour une fois, je trouve ça assez intelligent. En effet, le film de Guedj n’aurait pas amené beaucoup de public en salles. C’est un premier film, français, libellé comédie, avec un casting certes assez bon mais pas assez prestigieux pour faire venir le public. Le film n’aurait pas survécu à un passage en salles et c’est bien dommage. Du coup, la diffusion sur Arte me semble bien plus appropriée et donnera une certaine visibilité au réalisateur, et c’est tout ce qu’on souhaite pour un premier film. 

BANDE ANNONCE

Si tu vois ma mère raconte un deuil, celui d’une mère, d’une dépendance, d’une posture d’enfant subi par Max, trentenaire. Après la mort inattendue de sa mère, Max la voit réapparaitre à ses côtés. Il va alors se plonger dans ce sursis quitte à mettre en péril son couple, sa famille, son travail et sa propre santé. Joué par le très bon Félix Moati, le personnage est le seul à voir sa mère. Projection mentale, refus de la perte, trouble psychologique : peu importe, sa mère est là et il en est convaincu. Ils se parlent, rient, se disputent : leur relation fusionnelle n’a pas changé. Elle devient même carrément étouffante quand sa “mère” se mêle de la nouvelle relation de Max. Interprétée par Noémie Lvovsky, toujours aussi expressive et touchante, Monique prend de plus en plus de place dans le quotidien de son fils. Elle est partout, tout le temps, même dans des moments intimes. 

Avec une écriture fine, qui évite de nombreux clichés, le film se construit avec un humour agréable (principalement basé sur le comique de situation lorsque Max répond à sa mère alors qu’il est avec une autre personne etc) et une analyse plus profonde des relations familiales, du deuil et de la perte d’un parent. La relation fusionnelle, presque malsaine, décrite par le réalisateur n’est jamais jugée. Elle met simplement en avant le lien si particulier d’une mère avec son enfant, et à l’inverse, l’attachement particulier d’un enfant pour sa mère. Le deuil de Max est drôle mais douloureux, et pour son premier film, Nathanael Guedj, réussit à nous proposer une vision touchante de cette histoire. 

Le film n’est pas parfait, il a quelques longueurs, quelques scènes qui auraient certainement pu être coupées mais dans l’ensemble, c’est un premier film comme je les aime. On découvre le savoir faire d’un réalisateur, son regard, sa direction d’acteur (qui est vraiment notable puisqu’il a réussi à faire surgir de Sara Giraudeau autre chose que sa minauderie insupportable habituelle), son univers. 

Une scène d’amour est particulièrement révélatrice du talent du jeune réalisateur. La douceur du regard sur les corps, la composition du plan, l’image sublimée par un éclairage quasiment parfait : une scène intime et intense comme on en voit de moins en moins. 

Si tu vois ma mère est un 1er film mêlant humour, psychanalyse et émotion avec Félix Moati, Noémie Lvovsky et Sara Giraudeau que vous pourrez découvrir sur ARTE le 10 avril prochain à 20h55. Un film qui manque peut être un peu d’ambition mais qui m’a vraiment donné envie de suivre les prochains projets de son réalisateur. 

Si tu vois ma mère (ARTE France, Tabo Tabo Films, APC) réalisé par Nathanaël Guedj

Diffusion sur ARTE le 10 avril 2020 à 20h55 et disponible sur www.arte.tv 

Festival Entendez Voir par ici 

REGARDS CONFINÉS #2 : un vent de liberté

On se retrouve dans ce deuxième numéro de REGARDS CONFINES ! Après avoir parlé de huis-clos et d’enfermement dans le premier numéro, je reviens avec une bonne dose de liberté ! Aujourd’hui, c’est décidé : on s’évade. Alors non, on ne sors pas de chez soi mais on se cale devant des œuvres qui vont nous procurer cette sensation de liberté tant convoitée depuis quelques semaines. Le road-trip est principalement le genre associé à l’errance, la liberté, notamment symbolisé par la mobilité, le voyage à plusieurs et les paysages souvent magnifiques que l’on retrouve à l’écran. Je vous ai préparé ma sélection de films qui m’offrent à chaque visionnage cette impression d’évasion et de voyage.

Un petit vent de liberté va souffler sur votre écran les amis… C’est parti !

1

Mad Max Fury Road de Georges Miller c’est l’un des chefs d’œuvres de ces dernières années. Je le mets en première ligne, parce qu’il symbolise parfaitement la furieuse envie de liberté qui peut nous animer. Un bon visionnage de cette bombe visuelle et technique peut facilement vous faire décompresser ! Ce road trip meurtrier est une explosion esthétique et cinématographique qui va vous donner un bon coup de boost. Immanquable et culte désormais, Fury Road c’est le genre de film qui vous laisse sans voix et vous anime encore longtemps après visionnage. Alors installez vous confortablement, et laissez vous aller face à ce bijou de cinéma, absolument jouissif.

2

O’Brother est le huitième film des Frères Coen, sorti en l’an 2000, c’est aussi l’une de mes madeleines de Proust. Un concentré d’humour et d’écriture propre à ces deux frangins totalement barrés. L’histoire de trois détenus qui s’évadent et vont devoir cohabiter ensemble car ils sont littéralement enchainés les uns aux autres. Trois personnalités différentes, une bonne dose d’humour et un casting fort (Georges Clooney, John Turturro et Tim Blake Nelson) c’est la recette ultime de cette comédie savoureuse. Avec une BO incroyable, O’Brother est un classique à revoir sans modération.

3

Thelma et Louise de Ridley Scott : une évidence quand on parle de liberté et de vent dans les cheveux non? Le road trip par excellence, mené par deux amies (interprétées par Geena Davis et Susan Sarandon) en manque de frissons. Un évènement dramatique va les pousser encore plus loin sur les routes et va changer leur vie à jamais. Un classique du genre qui emprunte également quelques codes du western et féminise le tout. Avec les fabuleux paysages de l’ouest américain et la magnifique BO du maitre Hans Zimmer, nul doute que vous allez vous sentir voyager !

4

A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson c’est comme un bonbon Arlequin. Vous savez, bariolé, acidulé et qu’il ne faut surtout pas croquer pour en garder toute la saveur. Le réalisateur est connu pour ses œuvres décalées et ultra colorées avec un casting 5 étoiles à chaque fois. Ce road trip à bord d’un train improbable est l’un de ses films les plus libérateurs. Un voyage familial à travers l’Inde, qui nous offre de sublimes paysages et un scénario aussi touchant qu’amusant. C’est l’histoire de trois frères qui se retrouvent pour la première fois depuis la mort de leur père et qui décident de partir pour un voyage spirituel afin de renouer leur lien. Très vite, le voyage tourne au cauchemar et ils se retrouvent seuls au milieu d’un pays qu’ils ne connaissent pas. La légèreté de Wes Anderson nous plonge dans un univers incroyable à travers une œuvre haute en couleurs ! A savourer.

5

Little Miss Sunshine est le premier long-métrage du couple Valérie Faris – Jonathan Dayton et c’est une réelle bouffée d’oxygène qui nous offre probablement ce que le cinéma indépendant américain peut faire de mieux. Une comédie drôle, intelligente et extrêmement bien écrite, c’est rare. Aujourd’hui encore, c’est un film référence de la comédie familiale. Un classique que beaucoup doivent connaitre mais qui fait toujours autant de bien au moral. Le voyage improbable de cette famille tout aussi déconstruite, pour accompagner la géniale petite Olive à un concours de beauté en Californie. Un pitch qui semble peu original et pourtant, oubliez tout ce que vous imaginez et laissez vous emporter dans cette fabuleuse épopée familiale et philosophique portée par un casting unanimement incroyable. Un good movie qui sent bon la liberté d’être qui l’on veut, où l’on veut et surtout, à l’âge que l’on veut !

6

Y tu mama tambien de Alfonso Cuaron regroupe tout ce qui nous manque en ces temps de confinement : la liberté, la route, le voyage, l’amour, la sensualité, le rire, la proximité et la douceur des nouvelles expériences. Sous le soleil et la chaleur du Mexique, on retrouve deux adolescents et leurs hormones en folie. Ils rencontrent alors une femme avec qui ils décident de partir en voyage. Le film se construit alors autour de la sensualité, de la découverte de toutes ces sensations par les deux garçons et de l’envie de changer de vie de la jeune femme. Un voyage sensuel, chaud à travers les paysages brulants d’Amérique du Sud. Alfonso Cuaron nous offre une petite bulle de liberté qui sent bon l’été et qui va certainement vous donner envie de rencontrer du monde à la sortie du confinement !

7

Les Valseuses de Bertrand Blier ou la liberté à la Française ! Le film cultisime est certainement celui que j’ai le plus envie de regarder ces temps ci. Une tendre fuite de deux idiots qui va donner lieu à des moments de bonheurs éphémères et savoureux. Depardieu est beau, juvénile et insupportable aux cotés d’un Patrick Dewaere au sommet de son charme. Accompagnés de la sublime Miou-Miou, le duo d’immatures porte l’écriture de Blier plus haut encore qu’il n’aurait pu l’espérer. Comédie un poil machiste, Les Valseuses est un pur bijou français, taillé pour vous donner envie de vous rouler une clope dans l’herbe aux cotés de votre meilleur ami pendant que le vent vous caresse la peau. Alors, on est pas bien là?

8

Pour ce dernier film, petite entorse : il ne s’agit pas d’un road trip à proprement parler. Cependant, c’est un voyage à part entière et je me devais absolument de le placer dans cette sélection sur la liberté. Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe c’est le saint graal du trip psychédélique. En manque de nature et de liberté : voici le remède ultime. Un film d’animation comme on en voit peu, avec une histoire incroyable et une signature visuelle absolument remarquable. A couper le souffle, ce chef d’œuvre n’est pas forcément à la portée de tous. Philosophique, psychédélique et parfois très lent, c’est malgré tout l’un des films qui m’a le plus transportée. Je vous en parle plus en détails dans mon article paru l’année dernière, juste ICI. Une reconnexion avec la nature et notre monde dans sa globalité, c’est aussi ça le retour à la liberté.

J’espère que ce second numéro vous aura plu et aura réussi à assouvir votre besoin d’évasion. Restez chez vous les amis, et plongez vous dans ces œuvres pour vivre furieusement, intensément ou poétiquement la liberté qui nous manque tant.

N’hésitez pas à partager ce numéro et à me dire quels sont vos films favoris, ceux qui vous donnent envie de courir dans les prés 😀 On se retrouve dans deux jours pour un article spécial et ce weekend pour un troisième numéro !

REGARDS CONFINÉS #1 : le huis clos

OYEZ OYEZ ! Le confinement est bel et bien installé dans notre quotidien. Bientôt un mois que nous sommes telles des loques dans nos habitats, à regarder le ciel par la fenêtre (ceux qui ont des balcons, merci de ne pas la ramener). Après non pas un , mais DEUX guides de survie pour cinéphiles confinés (que vous pouvez retrouver et ) j’ai décidé de vous concocter un peu plus de contenus.

Bienvenue dans REGARDS CONFINÉS !

Le concept? Un article tous les deux jours avec une thématique précise liée à notre situation. L’occasion de voir ou revoir certaines œuvres avec un regard nouveau…un regard de confiné : mieux comprendre l’enfermement ou au contraire s’en évader, rêver de liberté ou de danses endiablées etc. Et pour ce premier numéro, on va reprendre les bases et parler d’un genre de films que j’adore et qui est précisément au cœur de notre actualité : LE HUIS CLOS.

Le huis-clos qu’est ce que c’est? Il s’agit tout simplement d’une œuvre où toute l’action se déroule dans un même lieu, fermé. Les personnages sont donc « confinés » dans une pièce, une maison, un appartement, une cave (haha) bref : le point fort de ce type de film réside donc principalement dans la qualité de l’écriture et du scénario ainsi que sur la mise en scène qui peut alors s’exprimer en arrière plan ou dans des petits détails par exemple. Le huis-clos est donc souvent assez anxiogène et c’est un exercice très particulier pour les réalisateurs. Cependant il peut aussi se coupler avec des genres bien différents comme le thriller psychologique, la comédie ou encore la romance.

Je vous propose donc de faire un tour d’horizon des meilleurs films en huis-clos et de leurs qualités. C’est parti !

Le + culte

Douze hommes en colère de Sydney Lumet est certainement le huis-clos le plus célèbre du cinéma, mais surtout l’un des plus aboutis. Ce film, sorti en 1957 , est un cas d’école. Une perfection d’écriture et de mise en scène qui encore aujourd’hui frappe le spectateur par sa maitrise et sa pertinence.

Ce drame américain raconte les délibérations d’un jury composé de 12 hommes. Ils doivent décider, à l’unanimité, du sort d’un jeune homme accusé de parricide. Si ils le déclarent coupable, le jeune homme sera condamné à mort. Si ils le déclarent innocent, il sera libre. L’enjeu est de taille et pourtant, dès le premier vote 11 jurés votent pour une condamnation. Seul un homme se montre incertain et déclare vouloir débattre plus longuement du sort de l’accusé. Un échange fabuleusement écrit va alors avoir lieu pendant 1h35 devant nos yeux.

Le tout premier film de Sydney Lumet fait, encore aujourd’hui, partie des films qui ne vieillissent pas. L’habilité du scénario et de la mise en scène, associé à des acteurs de haut vol (Henry Fonda, notamment) donnent au film un impact incroyable. C’est une œuvre forte, qui questionne avec génie la question du droit, de la liberté, de la justice etc. Un huis-clos absolument saisissant qui incarne la recette parfaite de ce type de film.

20 ans plus tard, Lumet signe un autre huis – clos un peu plus nerveux avec Un après midi de chien en 1975 porté par le grand Al Pacino. Nous suivons l’histoire de braqueurs amateurs qui se retrouvent enfermés dans la banque avec leurs otages. Un thriller, encore une fois, très bien écrit et qui vous fera oublier La Casa de Papel 😉

Le + jouissif

Carnage est certainement le film le plus jouissif en terme de huis clos et et de casting aussi ! Ce drame, réalisé par Roman Polanski et sorti en 2011, raconte l’affrontement entre deux couples de parents qui se rencontrent après que leurs enfants se soient battus. Au début, l’idée est de discuter du comportement des deux enfants, mais très vite les choses s’enveniment. Kate Winslet, Jodie Foster, John C.Reilly mais surtout Christoph Waltz offrent une prestation assez incroyable entre cynisme, animosité et humour noir.

Un huis-clos jouissif et très bien maitrisé, qui vous conduira à réfléchir à deux fois avant de vouloir rencontrer les parents des camarades de classe de vos enfants ou à vous marier, aussi !

Le + Hitchcockien

La Corde, sorti en 1948 est l’un des huis clos réalisé par le maitre Alfred Hitchcock.

La maitrise du suspens est la marque de fabrique du réalisateur et elle transperce l’écran d’autant plus dans un huis clos au scénario incroyablement bien ficelé. La Corde est un drame, mené par le grand James Stewart, où deux étudiants décident de commettre un meurtre quelques heures avant un diner avec les parents de la victime ainsi que leur professeur. Dissimulation, mensonges et ambiance macabre vont rythmer ce diner hors normes. Un incroyable exercice de style qui n’a pas pris une ride.

On pourrait aussi nommer le célèbre Fenêtre sur cour, réalisé cinq ans plus tard où un journaliste coincé chez lui observe ses voisins et va découvrir de nombreux secrets.

Le + anxiogène

Room de Lenny Abrahamson (2015) fait parti de ces films qui vous donne envie de courir nue dans un champ ou en pleine ville (j’exagère à peine). Alors certes, c’est pas forcément la période idéale pour le visionner du coup, mais je ne pouvais pas l’oublier dans cette sélection. Brie Larson (qui a reçu pas moins de cinq prix pour ce rôle) incarne Ma, une mère qui élève seule son fils de cinq ans. Elle lui apprend la lecture, l’amour et le rire mais le monde qui les entoure s’arrête aux murs de leur chambre dans laquelle ils sont enfermés. Jack n’a jamais rien connu d’autre que ces quatre murs. Cette fois c’est la mise en scène qui prime ainsi que la tension liée au dénouement. Entre rêve, espoir et horreur, Room est un huis-clos anxiogène mais incroyablement poétique.

Le + classique

Le prénom (2011) c’est l’une des meilleures comédie française de ces dernières années et surtout, un huis-clos à la recette classique mais redoutablement efficace. Le film raconte une classique réunion de famille qui va devenir une véritable guerre d’égos en quelques minutes. Vincent va être papa pour la première fois, et lors d’un diner familial, il va tenter de révéler le prénom de son futur enfant. Simple non? Et pourtant, cela va déclencher des réactions de plus en plus incontrôlables. La maitrise de l’écriture est la clef de ce chef-d’œuvre de comédie. Finesse, humour et philosophie : Le prénom est un huis-clos magistral comme on en a peu vu dans le cinéma français.

Le + futuriste

Snowpiercer (2013) de mon maitre Bong Joon-ho, est sa première grosse production américaine : une erreur pour certains, un coup de génie pour ma part ! Le huis-clos peut aussi être dans un lieu fermé…en mouvement ! Ici, il s’agit d’un train futuriste où sont confinés les derniers êtres humains. Dans un monde enfouis sous la glace, ce train est le dernier rempart face à une mort certaine. Une société à part entière s’est formée à bord du train et surtout, une grande inégalité de classes. Les « pauvres » sont à l’arrière du train, dans des conditions lamentables et sont nourris de barres énergétiques fabriquées de manière mystérieuse. A l’avant du train, les classes supérieures vivent dans le luxe, l’abondance et la luxure. La colère gronde et une rébellion se met en marche pour renverser ce système inégalitaire. Un bijou de mise en scène qu’il faut absolument voir ne serait-ce que pour la maitrise du réalisateur de cette tension et de cette escalade de violence. Avec un casting 5 étoiles (Tilda Swinton, Chris Evans, Jamie Bell, Ed Harris, Song Kang-Ho etc), ce huit-clos futuriste est une véritable pépite.

Un scénario qui peut faire écho à celui du film espagnol qui a fait le buzz il y a quelques jours sur Netflix : La plateforme de Galder Gaztelu-Urrutia reprends l’idée du huis clos en « mouvement » avec une sorte de prison en hauteur constituée de plusieurs centaines d’étages où les détenus sont nourris en fonction de leur place dans cette échiquier géant.

Le + drôle

Le diner de cons de Francis Veber, on ne le présente plus ! LA comédie française de la fin des années 90 est devenue culte et plus de vingt ans plus tard, elle est encore l’une des plus diffusées à la télévision française. Mais c’est aussi un huis-clos comique très intéressant. La soirée improbable de Pierre Brochant et de son « con », le naïf François Pignon, se déroule dans un seul et même lieu : l’appartement des Brochant. Tout le film est construit autour des situations comiques qui s’accumulent entre les deux hommes. Une belle maitrise de l’écriture et du comique de situation qui montre une nouvelle fois que l’efficacité réside souvent dans la simplicité…et une belle plume !

Le huis-clos existe sous bien des formes et je vous encourage à découvrir quelques unes des œuvres citées ci dessus. En ces temps de confinement, nul doute que votre regard sera bien plus aiguisé face à ce type d’enfermement et aux qualités cinématographiques qu’il exige.

On se retrouve dans deux jours pour une nouvelle thématique, cette fois un peu plus libératrice ! 😉

N’hésitez pas à partager cet article et à me dire quels sont vos huit-clos favoris !

GUIDE DE SURVIE POUR CINÉPHILES CONFINÉS : deuxième round !

Après une première version (à retrouver juste ici) visant naïvement à vous faire tenir le coup pendant deux semaines (haha), il est temps de faire un volume 2 pour les deux prochaines semaines (par contre si on arrive au volume 4 je vous préviens, je ne réponds plus de rien) !

moi, à J-17

Et avant de vous donner de quoi tenir le coup, revenons à notre feuilleton sur la chronologie des médias et la décision du CNC de la bousculer ou non durant la période de confinement. Les cinémas étant tous fermés, la question des sorties prévues s’est rapidement posée. Certaines ont été décalées mais pour les autres, une sortie en VOD était en questionnement. Et bien c’est officiel : le CNC autorise la sortie en VOD, à l’acte, de tous les films qui n’étaient pas encore en salles au 14 Mars. Une décision qui déroge la chronologie des médias de base, et qui a une date limite (celle de la fin du confinement). Reste à savoir quels distributeurs vont se servir de cette décision pour proposer leurs films au public. Je vous en dis plus rapidement et pour plus d’infos rdv sur le site du CNC.

La bonne nouvelle en attendant de voir quelles nouveautés vont sortir en ligne, c’est qu’il y a de nombreuses solutions pour assouvir notre besoin de divertissement et de culture ! Alors c’est parti, je vous partage ma sélection d’idées pour passer le temps de manière plus agréable.

TOLKIEN VOUS BERCE A DOMICILE

L’exposition TOLKIEN à la BNF, qui était visible jusque mi février est racontée par le commissaire Vincent Ferré accompagné d’un astrophysicien (oui oui). Une petite heure qui nous évade dans l’univers de la comté et du monde fantastique des hobbits, nains, elfes etc. Fermer les yeux, France Culture vous y emmène gratuitement juste ici.

SERIES B – OVORES

Amoureux des bas fonds, le réalisateur Nicolas Windin Refn vous a entendu. Il propose sur son site « byNWR« , des séries B introuvables (voire inédites) dont il a acheté les droit. Rien que ça. Alors je ne garantie pas de ce que vous allez pouvoir trouver mais ça donne envie d’aller farfouiller non?

EFFEUILLAGES

La télévision avait aussi son lot de pépites à une époque, et c’est pour les plus nostalgiques que la RTBF met tous les Strip-Tease en accès libre sur sa plateforme Auvio (gratuit sur inscription). A voir gratuitement également sur Sonuma.be , le site des archives audiovisuelles belges, sans inscription nécessaire. Avec plus de 250 épisodes, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur !

QUELQUES COURTES PAUSES

Encore une belle selection côté court pour les curieux ! Je vous ai déniché quelques films sur Youtube de certains auteurs que vous devriez connaitre notamment Tim Burton avec Vincent ou encore Martin Scorsese avec The Big Shave mais aussi Logorama de Hervé de Crécy entre autres.

The Big Shave, short film, M. Scorsese

Pour encore plus de choix, je vous conseille de fouiller sur la plateforme vous mêmes, croyez moi il y a de quoi faire. Mais pour ceux qui souhaitent découvrir des nouveaux noms : direction MyFrenchFilmFestival. Jusqu’au 27 Avril, découvrez de nombreux courts-métrages en sélection et toujours gratuitement !

L’ANIMATION DANS VOTRE SALON

Un peu d’animation ça fait toujours plaisir ! Le festival national du film d’animation qui devait se dérouler à Rennes à partir du 8 avril ne pouvant avoir lieu, l’équipe à décidé de mettre en ligne une partie de sa programmation. Des longs, des courts, pour adultes ou pour enfants : la sélection est assez diverse et donnera lieu à de nombreuses découvertes.

L’accès est payant, mais sincèrement, les prix sont extrêmement intéressants et c’est une bonne manière de soutenir ces structures pendant le confinement. A partir du 8 avril, rendez vous donc par ici !

Tarifs : 2,99€ par programme / Pass 7 programmes à 14,99€ / 4,99€ par long métrage

HOME CINÉMA

Arte Cinéma , je vous en ai déjà parlé mais je vais insister : c’est vraiment une mine d’or, gratuite, d’œuvres et de contenus en tout genre.

Cette fois je vous conseilles quelques films que j’ai revu avec plaisir sur le site comme L’homme qui en savait trop de Hitchcock ou Les chansons d’amour de Christophe Honoré. Mais j’ai pu également découvrir de nouvelles œuvres comme notamment Wadja de Haifaa Al Mansour, l’un des premiers films tournés en Arabie Saoudite et par une femme qui plus est. Une histoire vraiment bien menée sur une jeune fille qui, dans un pays où l’utilisation du vélo est réservée aux garçons, décide d’en avoir un. Un film qui dénonce gentiment les traditions conservatrices d’un pays et qui met en lumière le talent d’une réalisatrice que je ne connaissait absolument pas.

Quand je vous dis qu’il y a des pépites chez Arte, je ne vous mentais pas ! Cliquez, fouillez et découvrez !

KILLING EVE IS BACK

Coté séries, je sais que beaucoup attendent impatiemment la saison 4 de La Casa de Papel (dispo le 3 avril sur Netflix, si jamais) mais pour ma part, le compte à rebours est lancé pour une autre série totalement différente ! Je l’attends comme une gosse attendrais le matin de Noël : la troisième saison de Killing Eve a été avancée et sortira le 12 Avril! Cette saison s’annonce absolument incroyable au vu du teaser totalement barré que la BBC nous a concocté.

Cette série portée par deux actrices incroyables dont la géniale Jodie Comer est une de mes pépites depuis sa sortie. Je vous en parle plus en détails juste ICI mais sachez que c’est à ne pas manquer ! Un duo flic/psychopathe 100% féminin, trash, sensuel et drôle : c’est tout ce qui nous manquait pour apprécier ce confinement.

Killing Eve disponible sur HBO et OCS

CRAZY STUPID… SPACE

Bon je voulais résister mais je dois moi même m’y résoudre, Netflix nous fait bien plaisir durant ce confinement. Mais pour cette fois je vais aller à contre courant des tendances actuelles. Exit les films turcs qui semblent faire pleurer dans les chaumières, les séries espagnoles ou les films trash sur la lutte des classes (La Plateforme, j’ai vu, j’ai pas aimé, je vous en parlerai peut être si l’ennui se fait trop ressentir) : non, moi j’ai décidé de retourner en enfance pour de bon !

La preuve, avec cet élan de nostalgie pour tous les natifs des années 90 comme moi : LES ZINZINS DE L’ESPACE SONT SUR NETFLIX! Oui oui, vous avez bien lu. Ce dessin animé totalement décalé qui suit le quotidien d’une coloc d’extraterrestre avec le meilleur générique de l’histoire est de retour sur nos écrans. La plateforme a mis en ligne l’intégrale de cet ovni jubilatoire depuis le 1er avril, et non ce n’est pas une blague !

Et pour ceux qui n’ont pas accès à Netflix, de nombreux épisodes sont disponibles sur Youtube alors pas d’excuses !

LA MAGIE A LA RESCOUSSE

En parlant d’enfants (petits ou grands), on est tous démunis face à l’absence de la saga Harry Potter sur Netflix (sauf pour les vrais qui ont l’intégral en DVD évidemment). Et bien l’une des plus célèbres auteures de notre monde (ouais rien que ça) a décidé de nous occuper ! J.K Rowling a en effet mis en ligne une plateforme spéciale confinement avec tout l’univers de son œuvre : Harry Potter at Home. J.K a expliqué qu’elle souhaitait aider les parents, professeurs ou juste les fans à s’occuper et à occuper les enfants avec « d’astucieuses vidéos de bricolage magique (apprenez à vos amis comment dessiner un Niffleur !), des articles amusants, des quiz, des puzzles et d’autres choses encore. » La plateforme est en anglais, mais très intuitive et compréhensible. Et puis, ça vous fait une excuse pour travailler l’anglais à la maison d’une autre manière ! Succès garanti.

Pour s’occuper 100% Harry Potter c’est juste ici

Et voilà mes petits confinés ! J’espère que cette sélection de divertissements vous aura plu, n’hésitez pas à la partager autour de vous et à me donner vos tips pour tenir le coup ! En espérant NE PAS vous retrouver pour un volume 3 (on y croit pas hein?) je vous souhaite un bon confinement !

VERONICA MARS de Rob Thomas : le retour de la détective de Neptune, 15 ans après

VERONICA MARS : le retour de la détective de Neptune, 15 ans après

La détective la plus cool de Californie a fait rêver de nombreux(ses) ados en 2004 ! Veronica, lycéenne à Neptune (ville fictive de Californie) est détective privée à ses heures perdues dans le cabinet de son père, Keith Mars, ancien shérif. Elle a du caractère, du courage, du style, un sacré culot et un talent sans failles ! On suivait avec envie ses déboires familiaux, ses histoires d’amour, d’amitié et ses enquêtes folles. Quelques années plus tard, Rob Thomas décide d’en faire un film. Une très mauvaise idée qui n’a pas convaincu grand monde. En 2020, l’idole d’une génération, incarnée par Kristen Bell, revient pour une quatrième saison plus adulte, 15 ans après que la série ai fait ses adieux sur nos chaînes. 

Retour sur une quatrième saison plus mature mais qui garde la même recette que ses petites sœurs. 

Les premiers épisodes de la saison 4 ont été diffusés pendant l’été 2019 sur la plateforme américaine HULU puis en ce mois de Février, sur la chaîne Warner, et disponible en France directement sur My Canal depuis quelques jours. La saison se compose de 8 épisodes avec une diffusion par semaine jusqu’à fin Mars. J’ai donc pu visionner déjà trois épisodes et autant vous dire que je ne boude pas mon plaisir. 

La recette est à peu près la même : Veronica revient à Neptune pour aider son père à redorer le cabinet en gagnant un peu plus d’argent. Elle accepte les enquêtes basiques d’infidélités, de divorce etc et fait de son mieux pour ramener de l’argent au cabinet. On comprend rapidement qu’elle est toujours avec son amoureux du lycée (je ne vous spoil pas pour ceux qui n’ont pas vu la série ni le film)  et que son père a toujours des séquelles de son accident (film). Mais très vite, le naturel de Veronica revient au galop et elle va s’intéresser à une affaire de bombe. On est donc sur un scénario qui s’adapte un peu plus au monde actuel. L’affaire, on s’en doute, va se révéler dangereuse et complexe. Veronica reprends du service et avec lui, les ennuis ! 

Les trois premiers épisodes se rapprochent beaucoup du rythme des saisons précédentes. Veronica n’a pas tant changé et ses proches non plus. En revanche, ils ont grandi. Certains sont parents, d’autres ont vieillis, la ville est de nouveau dans un tourbillon politique etc. La détective se montre grandie mais également plus touchée par la vie. Même le générique est plus sombre que celui, plus scolaire, des saisons précédentes. Les techniques illégales de la détective se remettent en route et son appétit pour le danger revient très rapidement. 

Si vous ne connaissez pas la série, elle n’a pas tant vieillie que ça et je vous encourage à la regarder. Je me suis replongée avec plaisir dans cette histoire que j’adorais il y a une dizaine d’années. La saison 4 ne s’annonce pas révolutionnaire mais promet un chouette scénario et des retrouvailles sympa avec le casting dont une Kristen Bell toujours aussi convaincante. Je vous donnerai mon avis définitif à la fin de la diffusion ! En attendant, Neptune est mon nouveau rendez-vous hebdomadaire et outre la nostalgie liée à cette série, c’est vraiment un bon moment ! 

Veronica Mars, créée par Rob Thomas 

3 saisons de 2004 à 2006 

4e saison, diffusée depuis Fev 2020 sur Warner TV