CALENDRIER DE L’AVENT #4 – L’animation pour les grands enfants

Aujourd’hui, pour la 4e case du calendrier de l’avent, et à l’occasion de la sortie du film LA FAMILLE ADDAMS, j’ai décidé de vous faire une petite sélection de films d’animation un peu différente. Disney est certainement le roi de l’animation et la plupart de nos films favoris sont des œuvres de ce cher Walt. Mais la maison n’a pas le monopole de l’animation, bien au contraire, surtout lorsqu’il s’agit de s’adresser à un public plus adulte ou d’innover dans les histoires ou les techniques d’animations. Pour petits et grands, il y a de nombreux bijoux à faire découvrir autour de vous !

Vous aimez l’animation mais vous en avez marre de regarder La reine des neiges pour la dixième fois avec vos enfants ou vos frères et sœurs ? Vous voulez découvrir des œuvres super chouettes pour changer un peu ? J’ai ce qu’il vous faut ! À regarder en famille, entre amis ou en solo ! Voici quelques idées pour les vacances ou pour faire découvrir de nouvelles choses ! C’est parti !

LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE de Sylvain Chomet

J’ai vu ce film lorsque j’étais très jeune et il m’a véritablement marqué. Aujourd’hui encore, je le regarde régulièrement et y vois de nombreuses choses que je ne comprenais pas à l’époque.

Ce film, sorti en 2003, est une petite merveille. Un film d’animation français extrêmement doux, avec un graphisme très rond presque grossier par moment et une bande son incroyable écrite par Benoit Charest (César de la meilleure musique de film 2004).

L’histoire raconte le parcours de Mme Souza, à la recherche de son petit-fils Champion enlevé par la mafia française alors qu’il concourrait pour le Tour de France. Elle rencontre alors les Triplettes de Belleville, trois sœurs, musiciennes qui vont l’aider dans sa mission.

Le film est assez peu bavard et il se regarde avec attention. L’univers entre la France et les États-Unis, la relation entre ces quatre femmes, la musique, l’art, les références : c’est un véritable petit bijou d’animation.

Sylvain Chomet rend hommage à la culture française avec de nombreux clins d’œil notamment à Jacques Tati, Jacqueline Rivière (Becassine) ou Charles Trenet mais aussi aux Américains avec de nombreuses références lors du concert des Triplettes (on y voit Joséphine Baker ou Fred Astaire) et à la Belgique avec le grand Djando Reinhardt.

Le film a eu une portée incroyable, il est même cité dans un épisode des Simpsons (on sait tous que c’est la consécration), et sa musique de fin composée par M (Matthieu Chedid) est aujourd’hui très connue. C’est un film que je vous conseille réellement de (re)découvrir !

à partir de 10 ans

LES TROIS BRIGANDS de Hayo Freitag

Alors ce film, c’est une vraie merveille ! Drôle, touchant, original avec des visuels formidables : bienvenue dans l’univers de Tomi Ungerer !

LES TROIS BRIGANDS, réalisé par Hayo Freitag, est une adaptation de l’album éponyme écrit et illustré par Tomi Ungerer (1961). Cet illustrateur et auteur alsacien, nous a quitté cette année en nous laissant de nombreuses œuvres assez incroyables.

Ce film, sorti en 2007, est un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles. Tomi Ungerer est le narrateur du film dans la version française (et la version allemande) ce qui ajoute un cachet fou à l’histoire. Les acteurs qui doublent les autres personnages sont également extrêmement doués notamment, Catherine Cerda qui joue la tante et qui est géniale ! Le film a reçu le Prix du public du festival international du film d’animation d’Annecy en 2008 et de nombreux enfants ont pu le voir depuis dans les écoles ou dans des séances spéciales notamment en Alsace. Pour moi, c’est l’un des films d’animation les mieux produits, réalisés et écrits. C’est très drôle, différent, noir et lumineux à la fois : un classique !

à partir de 3 ans

PERSEPOLIS de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Cette fois, on touche à une sacrée merveille ! Persepolis est l’adaptation sur grand écran des quatre albums de bande dessinée homonymes écrits et dessinés par Marjane Satrapi. L’histoire est directement inspirée de la jeunesse de la dessinatrice. Le film quant à lui, a remporté 11 prix dont le Prix du Jury au Festival de Cannes (2007) mais aussi le César de la meilleure adaptation : un véritable succès, amplement mérité.

Persépolis raconte la vie de Marjane Satrapi de ses 8 ans à sa vie d’adulte. Entre Téhéran et Vienne, entre la guerre et l’indifférence : de l’enfance à l’adolescence, on suit Marjane qui doit vivre avec le poids de son pays et la différence entre sa vie et celle de sa famille. Drôle, touchant, puissant et universel, Persepolis est un bijou. C’est un film singulier a bien des égards : le sujet, l’animation (réaliste, mais stylisée), le noir et blanc.

Le casting est également incroyable. En effet, on retrouve Catherine Deneuve et Chiara Mastroiani qui se donnent la réplique en jouant Marjane et sa mère. On retrouve également Danielle Darrieux dans le rôle de la grand-mère, mais aussi … Iggy Pop ! Un casting à l’image de ce film fou.

Je vous mets un petit bonus avec cette scène devenue célèbre de Marjane qui danse sur Eye Of the Tiger

à partir de 10 ans

L’ÉTRANGE NOËL DE MR JACK de Henry Selick

Petite entorse puisque ce film a été produit et distribué par Walt Disney Productions. Cependant, la singularité de l’univers et de l’animation en a fait un film d’animation particulier et aux antipodes des réalisations Disney précédentes et actuelles.

L’étrange Noël de Mr Jack (The Nightmare Before Christmas) réalisé par Henry Selick sur une histoire originale de Tim Burton et sorti en 1994 est un film singulier. Le film raconte l’histoire de Jack Skellington, roi et organisateur de la fête d’Halloween, qui s’ennuie et qui découvre alors l’univers de Noël. Il va alors tenter de s’emparer de cette fête.

Au delà de l’histoire singulière, du ton du film et de l’univers incroyable c’est particulièrement la technique employée pour le film qui laisse admiratif. L’animation en stop-motion (image par image) des marionnettes a pris plus de trois ans de tournage. C’est le premier long-métrage entièrement réalisé avec cette technique !

Le film a eu un succès incroyable, notamment la musique du film composée par Danny Elfmann (compositeur qui a travaillé de nombreuses fois avec Tim Burton) qui est devenue extrêmement célèbre comme « La Complainte de Jack », « Que vois-je? » ou encore « This is Halloween » qui a terrifié de nombreux enfants !

à partir de 6/8 ans.

J’espère que cette petite sélection de films d’animation pour petits et grands vous a plu ! Quels sont vos films d’animations préférés? Dites moi tout ça en commentaires ! Et RDV demain pour la suite du calendrier de l’Avent !

Les Hirondelles de Kaboul : poésie et liberté au pays de la tyrannie

Tiré du roman éponyme de Yasmina Khadra, Les Hirondelles de Kaboul raconte l’histoire de deux couples afghans sous le régime des talibans. Quatre personnages, quatre visions des choses et quatre destins qui vont se retrouver liés de façon tragique. Atiq est désormais gardien de prison pour femmes tandis que sa femme Mussarat se bat contre un cancer en phase terminale. Mohsen et Zunaira quant à eux sont un couple de jeunes rêveurs, lui est un intellectuel apeuré et elle, une artiste avide de liberté qui écoute de la musique occidentale en cachette. A Kaboul, la vie de ces deux couples va se retrouver bouleversée.

L’adaptation est signée par l’actrice Zabou Breitman ainsi que la réalisatrice Eléa Gobbé-Mévellec (qui a notamment travaillé en animatrice sur le film Ernest et Célestine en 2012) et à déjà fait grand bruit. Présenté à Annecy, Cannes, Cabourg puis Angoulême, le film a reçu un assez bon accueil malgré ses particularités. En effet, les deux femmes ont choisi l’animation pour raconter cette histoire. La réalité du régime taliban est là (lapidation, oppression, violence) mais il se retrouve confronté à la douceur de l’amour et le désir de liberté des personnages : et tout ça, grâce aux techniques utilisées. L’aquarelle, le dessin, la peinture créent des contrastes vraiment intéressants. Visuellement, le film m’a paru réellement magnifique même si certains ont reproché au style graphique de ne pas fonctionner lors des scènes en mouvements etc. Personnellement, je trouve que l’idée des ralentis au niveau de l’image a réussi à donner de l’impact à certaines scènes qui, sans cela, auraient été assez ratées. Cependant, je conçois que l’appréciation d’un style d’animation est assez personnel et il se peut que le graphisme du film déplaise à certains.

Pour ma part, il y a seulement deux points qui m’ont dérangé. Le premier, c’est le rythme du film que j’ai trouvé assez inégal. Le film dure 1h20, ce qui est assez court même pour un film d’animation. Et pourtant, il y a malgré tout certaines longueurs qui sont difficiles à dépasser. Sur un film aussi court, ne pas réussir à maintenir un rythme cohérent et une tension importante est assez décevant, surtout au vu de l’histoire racontée ici. La deuxième chose est le choix de la version originale. Le casting est très bon : Zita Hanrot, Hiam Abbass, Simon Abkarian mais aussi Swann Arlaud. Cependant, le choix de voix françaises posent certains problèmes. En effet, le fait de rendre francophones les personnages dénature un peu le projet et rend le film beaucoup moins puissant. De plus, les acteurs ne sont pas tous très convaincants. Cela peut probablement s’expliquer par le fait qu’il ne s’agisse pas là d’un travail de doublage à proprement parler. En effet, pour Les Hirondelles de Kaboul, Zabou Breitman a souhaité que ses acteurs jouent le film avant d’appliquer leurs voix aux images. Les acteurs ont donc prêté leur voix à des personnages qu’ils ne voyaient pas et pour certains, ils ne semblent pas avoir été très à l’aise durant cet exercice.

Au delà de ces deux éléments qui sont assez perturbants, le film n’en reste pas moins assez sublime. La beauté de certains plans, la noirceur de l’histoire, la justesse du jeu des acteurs et la volonté de parler d’un pays que l’on oublie bien trop souvent suffisent à vous conseiller de voir ce film. Je regrette seulement le manque d’authenticité et le rythme inégal de l’œuvre, cependant, le propos est important et le film bouleverse par bien des aspects.

BANDE ANNONCE

En salles le 4 septembre 2019

LES ENFANTS DE LA MER : Ayumu Watanabe, la relève de l’animation japonaise ?

Il n’est pas chose facile que de résumer ou de raconter LES ENFANTS DE LA MER, le premier film de Ayumu Watanabe distribué en France. Le réalisateur japonais nous livre une expérience visuelle insaisissable et iconique en nous plongeant dans un univers aquatique à la fois merveilleux et effrayant.

Au tout début de l’été, Ruka, une collégienne, se retrouve livrée à elle-même. La jeune fille trouve refuge dans le grand aquarium où travaille son père, océanologue, et rencontre Umi, un garçon recueilli avec son frère Sora, et qui fait l’objet de recherches scientifiques pour avoir été élevé par des dugong. Les deux frères évoluent dans l’eau et entraînent Ruka sur la piste d’un phénomène inhabituel : une météorite récemment échouée au large du Pacifique provoque la migration en masse de la faune sous-marine et déclenche un son incroyable venu des baleines. L’écoute du chant des baleines réveille chez Ruka des souvenirs enfouis. Son esprit et son corps entrent en résonance avec les phénomènes naturels, tandis qu’elle assiste à la métamorphose de ses deux amis et qu’elle se retrouve emportée dans une sorte de rituel marin qui semble être au cœur du monde.

Il s’agit de l’adaptation d’un manga a succès, du même nom, créé par Daisuke Igarashi. Il a été doublement primé pour cette série. Il a reçu le prix d’excellence Japan Cartoonist Awards pour les dessins des Enfants de la mer en 2009 ainsi que le prix d’excellence des Japan Media Arts Awards au Japan Media Arts Festival de 2009. Une adaptation avec le Studio 4°C, à qui l’on doit déjà les films d’animation Mutafukaz ainsi que les trois films Berserk. A savoir que c’est un studio d’animation japonais fondé en 1986 et le nom vient de la température de quatre degrés Celsius qui correspond à la température à laquelle l’eau est la plus dense. Un rapport avec le milieu aquatique déjà présent qui rend encore plus cohérent l’envie d’adaptation du studio d’un manga parlant du monde marin et du rapport des hommes à l’univers et la nature. Il est d’ailleurs assez incroyable de voir que le dessin, notamment des personnages principaux, a été gardé intacte entre le manga et l’adaptation numérique.

Le graphisme au cœur de cette expérience visuelle

Présenté lors du dernier festival du film d’animation d’Annecy, le film de Watanabe modernise l’animation japonaise que nous connaissons tous. Le graphisme de son œuvre est totalement distinct autant sur les traits de certains des personnages, que sur les couleurs, les formes, les décors : exit les lignes rondes et les visages type mangas. Il y a une palette de détails assez incroyable chez Watanabe qui a décidé de travailler autant en 2D qu’en 3D en mixant le dessin traditionnel et les techniques numériques modernes de modélisations. Les détails renforcent l’impression d’immersion dans ce monde aquatique foisonnant. Le message écologique que beaucoup semblent avoir reçu de manière très brutal est pour moi bien plus subtil. Le réalisateur nous plonge dans une expérience visuelle profonde qui nous oblige a ouvrir les yeux en grand et à observer le monde et l’univers. Il s’agit plutôt d’une tentative de prise de conscience de tout ce qui nous entoure, de tout ce dont le monde est fait et de notre place au sein de cet univers. Et c’est l’un des points forts du film, Les enfants de la mer est un film grandiose doté d’une sensibilité incroyable. La déclaration d’amour du réalisateur pour la nature est flagrante et nous transporte. La beauté de l’animation est assez incroyable. Certains plans sont de véritables peintures, des plans larges emplis de détails, de couleurs et de sens. Le film varie constamment entre naturalisme et onirisme, plongeant Ruka dans un monde à mi chemin entre quotidien et imaginaire. Les sensations sont également très étranges et très bien représentées. En effet, Ruka parle souvent de voler, de se sentir légère et durant tout le film, on a réellement la sensation qu’elle vole. L’eau devient le ciel, on flotte puis on vole, on nage ou on plane : tout est constamment ambiguë et donne à l’image une dimension encore plus grande. La sensation de légèreté que nous ressentons tous lorsque nous sommes dans l’eau est représentée de manière très précise, et il s’agit d’une réelle prouesse à mon sens. Les enfants de la mer est une expérience visuelle unique qui peut parfois donner le tournis surtout vers la fin qui tend vers un psychédélisme très fort et où les détails se transforment en formes mouvantes mais qui questionne habilement la place de chaque être dans un cosmos bien plus grand que nous tous.

Un fil narratif exagéré et anodin

Le point faible du film à mon sens est sa narration. Dans un soucis de contextualisation qu’il a cru indispensable pour le spectateur, peut-être, Ayumu Watanabe a inséré quelques éléments narratifs à son film. Des éléments qui n’apportent pas grand chose et dont on se souci très peu. Pire encore, ils ont tendance à desservir l’expérience donnée à vivre au public. Entre la petite histoire familiale de Ruka avec ses parents, la dimension gouvernementale des recherches sur le son des baleines et sa signification, la pseudo romance entre Ruka et Umi : la narration se perd et devient parasite pour le reste du film. Le seul fil narratif intéressant et totalement pertinent est celui sur les évènements surnaturels et le rôle de Ruka dans tout cela. Les discours sur l’univers et sur la nature sont pertinents et passionnants. Mais tout le reste semble avoir été ajouté pour tenter de rendre le film accessible, classique ou encore moins expérimental. Un sentiment qui se confirme avec les scènes post génériques qui n’apportent vraiment rien à la compréhension du film ni a sa cohérence et qui ont été ajoutées juste pour montrer l’impact de ces expériences sur Ruka. Encore une chose dont on avait conscience et qu’il était inutile d’exagérer a postériori. Et c’est dommage car la force de l’œuvre est justement l’expérience incroyable qu’elle propose et qui, à mon sens, aurait été bien plus intense si elle avait été assumée jusqu’au bout.

Les enfants de la mer est donc pour moi une expérience immersive assez forte pour laquelle il faut être prêt à se laisser aller et à apprécier le spectacle qui nous est offert. Les émotions sont très fortes et le choc visuel assez impressionnant. On regrette cependant que l’intrigue soit restée à l’esprit du réalisateur comme quelque chose dont il ne fallait pas totalement s’échapper.

Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe, japonais, 1h51. En salles depuis le 10 Juillet 2019.

Love, Death and Robots : un cocktail savoureux pour adultes avertis

Proposée par David Fincher (Seven, Fight Club, Gone Girl) et Tim Miller (Deadpool, Terminator), entres autres, la nouvelle création Netflix est aussi surprenante que savoureuse. La plateforme elle même en parle comme la version animée de Black Mirror, sa célèbre création futuriste et dérangeante. Love, Death and Robots compile une créativité, une réflexion et une maîtrise de l’animation formidable. Dix-huit épisodes entre 5 et 20 minutes, chacun dans un univers différent et une animation cohérente à ce nouveau monde. Conçus par des studios hongrois, français, américains ou encore coréens : les épisodes fourmillent de styles différents pour parler d’amour (un peu), de la mort (beaucoup) et des robots qui sont omniprésents dans un futur sombre, un passé revisité ou un présent beaucoup plus obscur que le notre. L’humour, la violence, le sexe et la mort sont assemblés autour de thèmes divers comme l’écologie, la maladie ou encore la politique.

La qualité des épisodes en terme de narration varie, certains sont exceptionnels ( L’avantage de Sonnie, Le Témoin, Bonne Chasse ou encore L’œuvre de Zima) et d’autres beaucoup moins recherchés dans l’écriture (Un vieux démon ou Une guerre secrète). Et c’est là le petit point négatif et décevant de la série. Dix-huit épisodes c’est énorme, et cela ne semble pas avoir été un choix de qualité mais plutôt de quantité. Certains épisodes ressortent des clichés de SF (soldats se battant pendant 10 minutes contre une horde de créatures à coup d’explosifs ou aliens menaçant la tranquillité d’une campagne américaine, etc), d’autres adoptent continuellement un point vue rappelant les jeux vidéos avec une qualité bien plus élevée bien sur. Le manque d’originalité (et de qualité narrative) de certains épisodes est décevant et pousse à se poser la question de la nécessité d’avoir produit autant de courts-métrages si c’est pour avoir bâclé l’écriture de certains. Cependant, la palette de style en terme d’animation est véritablement appréciable.

Autre particularité de cet ovni : l’ordre des épisodes varie en fonction des utilisateurs de la plateforme. Netflix a ainsi expliqué que les épisodes de la série sont présentés dans quatre ordres différents. La plateforme n’a pas expliqué sur quelles informations se basaient l’algorithme qui détermine l’ordre que vous obtenez. Peut être que cela se base sur vos préférences en fonction de vos visionnages précédents sur votre compte ou encore votre situation géographique, c’est une question intéressante pour laquelle nous n’avons pour l’instant aucune réponse. Cependant, l’ordre des épisodes n’est pas forcément primordial étant donné que vous pouvez tout à fait décider de passer outre et regarder certains épisodes avant les autres en toute liberté. La chronologie n’a pas vraiment d’impact sur le visionnage des épisodes étant donné qu’ils sont tous aussi différents des uns des autres.

Love, Death and Robots est donc une série qui ravira les grands enfants adeptes d’animation et d’originalité. Malgré sa qualité narrative pas toujours au rendez-vous, la qualité de l’animation remporte toute l’attention. Et pour vous donner envie de jeter un œil, voici les 5 courts-métrages qui m’ont marquée !

Le témoin

Une jeune fille qui se prépare près de sa fenêtre aperçoit un meurtre dans l’immeuble d’en face. S’ensuit une course-poursuite effrénée dans une ville surréaliste dont l’issue s’annonce surprenante.

Avec une esthétique proche des mangas, ce court-métrage est l’un des plus beaux visuellement et l’un des plus surprenant. Il ressemble davantage à l’esprit de Black Mirror mais dans un univers bien plus coloré. Un délice visuel de douze minutes.

L’avantage de Sonnie

Le premier épisode de la série est à mon sens le plus réussi. Il nous plonge dans un univers violent et sombre : les combats de « bêtes ». Sonnie est invaincue et se retrouve face à un nouvel adversaire. Ce court-métrage est extrêmement violent et délicieux à la fois. La beauté de l’animation est incroyable et le scénario très fort. La scène de fin m’a vraiment marquée. En bref : moins de vingt minutes pour vous faire frissonner de plaisir.

Bonne chasse

Dans cet univers, les Hulijing sont des créatures chassées. Le fils d’un des chasseurs se lie d’amitié avec l’une d’entre elles et va l’aider à récupérer sa forme initiale.

Cet épisode est vraiment l’un des plus beaux autant narrativement parlant qu’en termes esthétiques. Le lien qui unit les deux personnages est très particulier et l’univers dans lequel ils évoluent l’est tout autant. Un petit bijou !

L’œuvre de Zima

Cet épisode est très singulier mais c’est certainement le plus poussé en terme de narration. Le questionnement sur l’art est ici brillamment mis en avant. C’est un court-métrage très intéressant et dont la fin vous laisse réellement ahuri. A voir sans tarder !

Les trois robots

Un peu d’humour fait toujours du bien ! Cet épisode est l’un des moins sombres de la série et il est très bien fait. Trois robots à la pointe de la technologie font du tourisme sur Terre. Seul problème : les humains ont tous disparus et la planète est en ruine. Avec un humour très plaisant, cet épisode vous embarque dans une direction inattendue et dont le scénario est bien plus subtil qu’il n’y paraît.


PURL le court métrage féministe de chez Pixar

Un nouveau court métrage des studios Pixar a été dévoilé cette semaine. Et il s’attaque au sexisme en entreprise, dans un registre un peu déjà vu mais qui fait du bien dans un domaine qu’on sait majoritairement masculin : l’animation.

Réalisé par Kristen Lester, PURL (que vous pouvez visionner juste au dessus) met une scène une femme qui arrive dans une société composée uniquement d’hommes. Ces derniers ne l’intègrent absolument pas dans l’entreprise, pire : ils la rejettent en tant que personne et ne donne aucuns crédits à ses idées ou sa place dans le travail. Purl finit par se cacher, renier ce qu’elle est pour s’inclure dans le cercle masculin dont est composé son nouveau travail.

Comme l’explique la réalisatrice dans ce petit making-off (ci dessous), elle s’est inspirée de sa propre expérience au sein de l’animation. Un domaine principalement masculin (je vous disais d’ailleurs en début d’année que BAO le court métrage diffusé avant Les Indestructibles 2 était le premier réalisé par une femme au sein de PIXAR) où elle a vécu le sexisme et la discrimination féminine de nombreuses fois.

Un court-métrage qui ne révolutionne pas le cinéma mais qui s’inscrit dans un léger changement de cap de la société PIXAR et c’est à noter.