LES PARFUMS de Grégory Magne : un cinéma classique et inodore

Anne Walberg était un grand nom dans le domaine du parfum, mais un jour, elle perd son « nez » et commet une erreur. Quatre ans après, elle est toujours blacklistée et se contente de fabriquer des parfums pour les supermarchés ou autres projets farfelus ce qui n’arrange pas son caractère, très arrogant et solitaire. Pour l’accompagner dans ses déplacements, elle engage Guillaume, un chauffeur en plein déboire judiciaire pour la garde de sa fille. Les deux personnages vont alors s’apprivoiser dans un road movie classique et inodore…

Le retour dans les salles de cinéma est évidemment aussi synonyme de déceptions. Mais croyez le ou non, cet ennui ou cette colère qui gronde en moi pendant une séance m’avait manqué tout autant que les émotions fortes ! La première fut pour La bonne épouse, le jour de la réouverture, ce qui donnait le ton. Mais aujourd’hui, je vous parle d’un film qui m’a non seulement déçue mais aussi mise en colère !

Emmanuelle Devos en tête d’affiche, sur une œuvre parlant du métier de « nez » si peu connu, c’était quand même assez vendeur ! Malheureusement, Grégory Magne propose une œuvre sans odeur, sans émotions, sans intérêt et reprenant un schéma narratif épuisé.

La simplicité ou la tradition au cinéma, c’est un bon choix quand on sait y apporter son style, ses idées et lui donner un nouvel éclat. Mais à l’inverse, si on ne s’approprie pas le film, qu’on se repose uniquement sur ses comédiens et qu’on plante sa caméra face à eux sans rien y apporter de plus : il y a des chances pour que ça capote. Car un bon comédien, ne peut pas faire de merveilles lorsqu’il est dirigé par un réalisateur qui ne sait pas ce qu’il fait et qui n’a pas d’idées. D’habitude tant habitée par ses rôles, Emmanuelle Devos apporte ici une sorte de tendresse dans son personnage mais ne parvient à aucun moment à atteindre une crédibilité quelconque. Tandis que Grégory Montel, excellent comédien au demeurant (notamment dans la série Dix pour Cent) propose un jeu poussif et caricatural.

Quant au scénario, il est d’un ennui incroyable et sans aucune originalité si ce n’est le domaine professionnel du personnage féminin qui est rarement abordé à l’écran. Le schéma narratif traditionnel est gentiment suivi sans jamais rien apporter de moderne. Rien, dans la mise en scène n’est réellement passionnant. Les plans s’enchainent, sans rien nous dire de plus que l’action qu’ils racontent, la composition n’est pas recherchée, même la photographie est inexistante. Grégory Magne raconte une histoire banale, nous expose des personnages et puis s’en va !

Il faut cependant reconnaitre que le réalisateur ne tombe pas complètement dans le cliché et ne mise pas sur une histoire de romance qui aurait été, pour le coup, totalement attendue. C’est probablement la seule surprise du film, et c’est bien maigre.

Cela faisait longtemps que je n’avais RIEN ressenti devant un film si ce n’est de l’ennui. Malgré un regard tendre sur ses comédiens, Grégory Magne signe un film trop classique, sans jamais y apporter une touche de style ou de modernité qui auraient pu le rendre un tantinet plus excitant. Ce genre de film provoque en moi une certaine colère. Pourquoi écrire un film, monter un dossier, trouver un producteur, passer des jours en tournage, diriger une grande comédienne française, s’entourer de spécialistes des odeurs, citer Herzog (La grotte des rêves perdus) … si c’est pour ne rien avoir à dire? Il n’y a pas forcément de grands discours derrière chaque film, évidemment, mais une œuvre qui ne propose RIEN ni dans sa forme ni dans son fond, est soit une erreur de parcours, soit un mauvais film assumé.

Les Parfums, de Grégory Magne, en salles depuis le 1er Juillet 2020.

REGARDS CONFINÉS #6 : en manque d’action ?

Qui est-ce qui a encore des choses incroyables à raconter à ses proches au téléphone? Qui, parmi nous, a un terrain assez grand pour faire un parcours du combattant dans son jardin? Qui est-ce qui s’est fait une petite course poursuite avec la police pour sortie inopinée et inexpliquée? Ne nous mentons pas, ce confinement rends nos vies passablement vides de nouveaux dramas et d’actions dignes de ce nom !

Ready?

J’ai donc décidé de vous offrir un petit shot d’adrénaline afin de vous secouer un peu et de vivre une bonne dose d’émotions fortes en direct de votre canapé ! On se retrouve pour quelques films d’action certes, mais qui sortent du lot et ont tous quelques particularités. A voir ou revoir sans modération ! C’est parti 😉

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Je ne sais même pas si il faut l’inclure dans cette sélection, tant il est évident, mais je ne pouvais pas le mettre tout au bas de l’article. Faites un triomphe pour le quatrième opus de la saga : Mad Max, Fury Road de Georges Miller. Existe-t-il plus jouissif, plus explosif, plus impressionnant et plus cinématographiquement parfait que ce film? Je me dois de répondre par la négative. C’est un concentré de technique, une explosion d’esthétisme et de rage qui vous prends aux tripes. Une version en noir et blanc est également disponible et donne au film une dimension totalement décalée. Dans tous les cas, cet opus est l’une des plus grosses bombes esthétiques du cinéma et vous donnera des frissons du début à la fin. Avec un casting porté par Tom Hardy et Charlize Theron, le film repousse les limites de l’action et de la technique pour un shot d’adrénaline et de couleurs comme on en a rarement vu à l’écran. Une pure folie signée Georges Miller, pour notre plus grand plaisir.

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Dans un registre un peu plus sombre mais tout aussi explosif, je me dois de vous conseiller The Equalizer d’Antoine Fuqua, sorti en 2014 avec un Denzel Washington un peu beaucoup trop calme, qui finit par exploser dans toute sa splendeur! Il s’agit d’un thriller ultra violent mais qui trouve son équilibre dans son esthétique et son scénario. Le film raconte comment un ancien agent secret va se lancer dans une guerre contre la mafia russe, après avoir rencontré une jeune femme travaillant pour eux. Teri, jouée par l’excellente Chloé Grace Moretz, embarque donc McCall dans une lutte acharnée et réveille sa soif de justice et de vengeance. Rythmé par des combats absolument fabuleux (les chorégraphies sont dingues) et un méchant extrêmement charismatique (interprété par Marton Csokas), ce film est une réelle claque et une bonne leçon de mise en scène.

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L’autre figure de la baston charismatique c’est sans conteste Bruce Willis, et on le retrouve notamment dans Die Hard sorti en 1988 et qui donnera lieu à une saga du même nom. Mais ce premier opus est clairement le meilleur de tous. Avec Alan Rickman (always…) en méchant des années 80 et Bruce Willis en cascadeur, Piège de Cristal est clairement l’un des films d’action les plus improbables. Humour noir, grand spectacle et rebondissements incessants, c’est l’un des films qui ne prends pas une ride et est armé d’un suspens sans failles. Indemodable.

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Revenons aux bons grands classiques du genre avec le maitre de la bagarre sanglante : Quentin Tarantino et son cultisime, Kill Bill ! Disons le, à l’heure actuelle, je crois qu’on tuerais tous pour avoir un minimum de la vie de Black Mamba : une bonne liste de gens à dégommer, des rencontres bien sanglantes et une bonne dose d’action. Alors pour retrouver le mode d’emploi d’une vengeance aux petits oignons, dans un registre bien propre à notre cher Quentin, on se (re)visionne la saga Kill Bill avec son esthétique incroyable, sa dose de sang indécente et sa bande originale exceptionnelle. Un classique qui fonctionne toujours autant.

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Tarantino sait aussi amener son talent dans des co-productions très particulières comme avec le grand Sin City réalisé par Frank Miller et Robert Rodriguez (le seul et l’unique) et sorti en 2005. On y retrouve notre cher Bruce Willis mais aussi Mickey Rourke, Jessica Alba et Benicio Del Toro. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, c’est un film qui séduit par son côté âpre, sexy, sombre et profondément créatif. Robert Rodriguez a prouvé encore une fois sa singularité, impossible à copier, avec cette adaptation de BD et cette capacité à relier les deux arts à la perfection. Un condensé d’action, de sang et d’âmes perdues dans un ovni, un petit bout de cinéma et une grande œuvre qu’il faut absolument (re) découvrir.

Et pour ceux qui aimerais en savoir un peu plus sur Rodriguez et son histoire avec cette créativité singulière, je vous remet ICI mon article sur la rencontre incroyable à laquelle j’ai pu assister à Cannes l’année dernière où il nous a exposé ses derniers travaux et son rapport au cinéma.

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Autre maitre de l’esthétisme et de l’univers particulièrement sombre c’est Nicolas Winding Refn et son Drive devenu extrêmement populaire. Avec des influences/références à Scorsese ou Tarantino, ce film est un réel plaisir pour les yeux (et les oreilles). Une mise en scène qui lui a valu un prix lors du Festival de Cannes en 2011, une esthétique impressionnante et une bande originale incroyable font de Drive une véritable œuvre à part entière. On y retrouve un Ryan Gosling impénétrable, presque muet, mais d’une puissance exceptionnelle, accompagné de Carey Mulligan, Brian Cranston ou encore Christina Hendricks. Un film sous tension, mené à la baguette par un réalisateur ambitieux pour un résultat explosif !

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Il fallait bien placer l’agent 007 quelque part dans cette sélection, et pour ma part, mon opus préféré est tout trouvé : Casino Royale de Martin Campbell. Le baptême de Daniel Craig dans la peau de l’agent le plus célèbre du cinéma est totalement réussi. L’un des meilleurs de la franchise pour ma part, dans lequel on a enlevé un peu de grand spectacle pour y ajouter plus de profondeur. Résultat : un grand film avec, cerise sur le gâteau, l’extraordinaire (je suis tout à fait objective, promis) Mads Mikkelsen dans le rôle d’un des méchants les plus charismatiques de l’histoire (rien que ça!). Un excellent coup de poker pour Campbell et son 007 revisité.

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Je n’ai jamais eu autant de mal à constituer une sélection ! J’ai encore tant de films en tête mais je me suis forcée à vous partager uniquement ceux qui, à mon sens, sont vraiment particuliers, intéressants ET explosifs ! On fera peut être un autre numéro dans quelques temps, en attendant, n’hésitez pas à me dire quel film vous ravie lorsque vous êtes en manque d’action !

REGARDS CONFINÉS #2 : un vent de liberté

On se retrouve dans ce deuxième numéro de REGARDS CONFINES ! Après avoir parlé de huis-clos et d’enfermement dans le premier numéro, je reviens avec une bonne dose de liberté ! Aujourd’hui, c’est décidé : on s’évade. Alors non, on ne sors pas de chez soi mais on se cale devant des œuvres qui vont nous procurer cette sensation de liberté tant convoitée depuis quelques semaines. Le road-trip est principalement le genre associé à l’errance, la liberté, notamment symbolisé par la mobilité, le voyage à plusieurs et les paysages souvent magnifiques que l’on retrouve à l’écran. Je vous ai préparé ma sélection de films qui m’offrent à chaque visionnage cette impression d’évasion et de voyage.

Un petit vent de liberté va souffler sur votre écran les amis… C’est parti !

1

Mad Max Fury Road de Georges Miller c’est l’un des chefs d’œuvres de ces dernières années. Je le mets en première ligne, parce qu’il symbolise parfaitement la furieuse envie de liberté qui peut nous animer. Un bon visionnage de cette bombe visuelle et technique peut facilement vous faire décompresser ! Ce road trip meurtrier est une explosion esthétique et cinématographique qui va vous donner un bon coup de boost. Immanquable et culte désormais, Fury Road c’est le genre de film qui vous laisse sans voix et vous anime encore longtemps après visionnage. Alors installez vous confortablement, et laissez vous aller face à ce bijou de cinéma, absolument jouissif.

2

O’Brother est le huitième film des Frères Coen, sorti en l’an 2000, c’est aussi l’une de mes madeleines de Proust. Un concentré d’humour et d’écriture propre à ces deux frangins totalement barrés. L’histoire de trois détenus qui s’évadent et vont devoir cohabiter ensemble car ils sont littéralement enchainés les uns aux autres. Trois personnalités différentes, une bonne dose d’humour et un casting fort (Georges Clooney, John Turturro et Tim Blake Nelson) c’est la recette ultime de cette comédie savoureuse. Avec une BO incroyable, O’Brother est un classique à revoir sans modération.

3

Thelma et Louise de Ridley Scott : une évidence quand on parle de liberté et de vent dans les cheveux non? Le road trip par excellence, mené par deux amies (interprétées par Geena Davis et Susan Sarandon) en manque de frissons. Un évènement dramatique va les pousser encore plus loin sur les routes et va changer leur vie à jamais. Un classique du genre qui emprunte également quelques codes du western et féminise le tout. Avec les fabuleux paysages de l’ouest américain et la magnifique BO du maitre Hans Zimmer, nul doute que vous allez vous sentir voyager !

4

A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson c’est comme un bonbon Arlequin. Vous savez, bariolé, acidulé et qu’il ne faut surtout pas croquer pour en garder toute la saveur. Le réalisateur est connu pour ses œuvres décalées et ultra colorées avec un casting 5 étoiles à chaque fois. Ce road trip à bord d’un train improbable est l’un de ses films les plus libérateurs. Un voyage familial à travers l’Inde, qui nous offre de sublimes paysages et un scénario aussi touchant qu’amusant. C’est l’histoire de trois frères qui se retrouvent pour la première fois depuis la mort de leur père et qui décident de partir pour un voyage spirituel afin de renouer leur lien. Très vite, le voyage tourne au cauchemar et ils se retrouvent seuls au milieu d’un pays qu’ils ne connaissent pas. La légèreté de Wes Anderson nous plonge dans un univers incroyable à travers une œuvre haute en couleurs ! A savourer.

5

Little Miss Sunshine est le premier long-métrage du couple Valérie Faris – Jonathan Dayton et c’est une réelle bouffée d’oxygène qui nous offre probablement ce que le cinéma indépendant américain peut faire de mieux. Une comédie drôle, intelligente et extrêmement bien écrite, c’est rare. Aujourd’hui encore, c’est un film référence de la comédie familiale. Un classique que beaucoup doivent connaitre mais qui fait toujours autant de bien au moral. Le voyage improbable de cette famille tout aussi déconstruite, pour accompagner la géniale petite Olive à un concours de beauté en Californie. Un pitch qui semble peu original et pourtant, oubliez tout ce que vous imaginez et laissez vous emporter dans cette fabuleuse épopée familiale et philosophique portée par un casting unanimement incroyable. Un good movie qui sent bon la liberté d’être qui l’on veut, où l’on veut et surtout, à l’âge que l’on veut !

6

Y tu mama tambien de Alfonso Cuaron regroupe tout ce qui nous manque en ces temps de confinement : la liberté, la route, le voyage, l’amour, la sensualité, le rire, la proximité et la douceur des nouvelles expériences. Sous le soleil et la chaleur du Mexique, on retrouve deux adolescents et leurs hormones en folie. Ils rencontrent alors une femme avec qui ils décident de partir en voyage. Le film se construit alors autour de la sensualité, de la découverte de toutes ces sensations par les deux garçons et de l’envie de changer de vie de la jeune femme. Un voyage sensuel, chaud à travers les paysages brulants d’Amérique du Sud. Alfonso Cuaron nous offre une petite bulle de liberté qui sent bon l’été et qui va certainement vous donner envie de rencontrer du monde à la sortie du confinement !

7

Les Valseuses de Bertrand Blier ou la liberté à la Française ! Le film cultisime est certainement celui que j’ai le plus envie de regarder ces temps ci. Une tendre fuite de deux idiots qui va donner lieu à des moments de bonheurs éphémères et savoureux. Depardieu est beau, juvénile et insupportable aux cotés d’un Patrick Dewaere au sommet de son charme. Accompagnés de la sublime Miou-Miou, le duo d’immatures porte l’écriture de Blier plus haut encore qu’il n’aurait pu l’espérer. Comédie un poil machiste, Les Valseuses est un pur bijou français, taillé pour vous donner envie de vous rouler une clope dans l’herbe aux cotés de votre meilleur ami pendant que le vent vous caresse la peau. Alors, on est pas bien là?

8

Pour ce dernier film, petite entorse : il ne s’agit pas d’un road trip à proprement parler. Cependant, c’est un voyage à part entière et je me devais absolument de le placer dans cette sélection sur la liberté. Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe c’est le saint graal du trip psychédélique. En manque de nature et de liberté : voici le remède ultime. Un film d’animation comme on en voit peu, avec une histoire incroyable et une signature visuelle absolument remarquable. A couper le souffle, ce chef d’œuvre n’est pas forcément à la portée de tous. Philosophique, psychédélique et parfois très lent, c’est malgré tout l’un des films qui m’a le plus transportée. Je vous en parle plus en détails dans mon article paru l’année dernière, juste ICI. Une reconnexion avec la nature et notre monde dans sa globalité, c’est aussi ça le retour à la liberté.

J’espère que ce second numéro vous aura plu et aura réussi à assouvir votre besoin d’évasion. Restez chez vous les amis, et plongez vous dans ces œuvres pour vivre furieusement, intensément ou poétiquement la liberté qui nous manque tant.

N’hésitez pas à partager ce numéro et à me dire quels sont vos films favoris, ceux qui vous donnent envie de courir dans les prés 😀 On se retrouve dans deux jours pour un article spécial et ce weekend pour un troisième numéro !

CALENDRIER DE L’AVENT #18 : THE LIGHTHOUSE, la folie éprouvante et radicale par Eggers

Aujourd’hui, en ce 18e jour du calendrier de l’avent, je suis ravie de vous parler (enfin!) d’un film très particulier.

Remarqué lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes cette année, c’est LE film pour lequel je me suis battue corps et âme pendant toute la durée du festival sans jamais parvenir à entrer en salle. Quand tout espoir semblait vain, voilà que le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, monument culturel de la rentrée strasbourgeoise depuis 12 ans, décide de frapper fort en proposant THE LIGHTHOUSE de Robert Eggers en film d’ouverture ! Ni une ni deux, j’étais la première à me jeter sur les places, et c’est finalement dans ma propre ville que j’ai réussi a visionner ce film totalement fou, trois mois avant sa sortie officielle en salles.

Aujourd’hui, le film sort enfin en salles, et je vous encourage à aller le voir rapidement ! Et pour vous motiver : voici mon avis !

THE LIGHTHOUSE a une intrigue très minimaliste : deux marins se retrouvent isolés dans un phare. Eggers s’inspire, en plus d’écrits d’auteurs comme Herman Melville, de journaux de bord tenus par des marins et gardiens de phares. Le film a deux particularités : son format et sa forme. En effet, le film est diffusé en 4/3 ce qui signifie que vous allez le voir sur grand écran, mais que l’image ne prendra place que dans un format carré. De plus, le film est en noir et blanc. Deux singularités associées au genre fantastique, ce qui donne au film un cachet vraiment particulier. Le visionnage du film est une expérience en lui même. Le but du réalisateur? Mettre le spectateur dans une position inconfortable, et c’est réussi.

The Lighthouse est un film incroyable. Drôle, cru, violent, organique, sublime : cette œuvre est complétement folle. Portée par un duo improbable, c’est l’une des grosses claques de cette année pour ma part. Il a pris place dans mon top 2019 en un rien de temps.

Willem Dafoe est effrayant et totalement perché. Et même si son talent n’est plus un secret, il parvient encore a surprendre avec son élocution, ses expressions et surtout ce regard dément qui dérange mais obsède. Robert Pattinson est une révélation, il incarne parfaitement cette folie qui s’empare de son esprit et de son corps petit à petit. Certaines scènes sont absolument divines, et il est totalement convaincant. Sa vigueur, sa soif de vivre puis son désespoir, dans un film où les dialogues sont très rares, Pattinson parvient à habiter le personnage dans son entièreté. Corps amaigri, regard vide ou animé d’une incroyable fureur, gestuelle désespérée ou violente : l’acteur donne tout ce qu’il peut et réussi avec brio à nous faire ressentir sa douleur.

L’esthétique du film est particulièrement inoubliable. Le plan final est d’une beauté absolue. Sa composition rappelle parfois certains tableaux de la série Hannibal. L’horreur mêlée au fantastique dans des séquences d’une pure beauté. Le noir et blanc accentue certains contrastes et donne au film une puissance nouvelle et une certaine profondeur.

Le film est assez long, mais il me semble que sa durée fait partie de l’expérience. Peu de parole, une folie qui s’installe puis qui explose, un format particulier, une esthétique singulière et une horreur frontale : THE LIGHTHOUSE est un petit bijou de cinéma. Certains diront qu’il ne raconte pas grand chose, et je peux les comprendre. Mais saisir l’abandon à la folie de cette manière, c’est du grand art. Et ça vaut le coup d’oeil !

THE LIGHTHOUSE est un film douloureux. Il y a très peu de subtilité. Les acteurs nous font ressentir leur perdition, leur folie, leur douleur avec brio. Presque synesthésique, le film nous rend mal à l’aise. Mais sa beauté et sa plongée au cœur de la folie humaine est sans faille. A voir absolument !

CALENDRIER DE L’AVENT #16 – Mes 12 plus gros flops de l’année / Cinéma

Aujourd’hui, pour la dernière semaine avant les fêtes, j’ai décidé de m’amuser un peu! Après ma rétrospective des plus belles surprises de l’année coté ciné (à découvrir par ici) , je me suis penchée sur les déceptions que j’ai pu avoir en salles ! Et autant vous dire qu’au début de l’année, je n’aurais jamais pensé que certains titres auraient eu leur place dans cette sélection !

Retour sur les 12 films qui m’ont laissé de marbre en 2019.

On enlève le suspens maintenant?

Ma plus grosse déception de l’année revient au JOKER de Todd Phillips. A contre courant d’une bonne partie de la critique et du public, j’ai vraiment eu du mal à comprendre l’engouement autour de ce film qui est truffé de défauts à mon sens. Ma (longue) critique complète est toujours dispo sur le blog (juste ici) si vous voulez comprendre pourquoi ce film est dans cette liste. Lion d’or pour Phillips certes, mais grosse déception pour ma part !

Ma tête devant JOKER de Todd Phillips

On continue avec un autre film que j’attendais depuis longtemps et qui a reçu, cette fois, un accueil bien plus mitigé. Il s’agit de GLASS de Mr. Night Shyamalan. La suite de Incassable (2000) et Split (2017) était attendue de tous et n’a pas fait l’unanimité. Pour ma part, malgré une belle promesse, ce fut une grosse surprise … et une grosse déception. Mon avis complet est également à lire juste .

Le troisième sur la liste c’est un film dont je me méfiais déjà un peu. Il faut savoir que ma relation avec Bruno Dumont est très compliquée donc je me doutais un peu de l’issue de ma séance. Et cela n’a pas manqué : JEANNE (de Bruno Dumont) a atterri directement dans cette sélection. Peut-on parler de déception? Pas vraiment mais en tout cas, c’est l’une de mes séances de cinéma les plus douloureuses de l’année !

Dans la catégorie des films que j’ai décidé d’aller voir malgré mon appréhension on retrouve le dernier film de Bertrand Blier : CONVOI EXCEPTIONNEL. Une catastrophe en tout point qui m’a même mise en colère (pour savoir pourquoi, c’est par ici) et que j’aurais presque pu mettre en numéro un !

Déception surprenante face a MALEFIQUE : LE POUVOIR DU MAL de Joaquim Ronning. Le premier volet m’avais plutôt séduite lors de sa sortie en 2014 et j’étais donc assez intriguée par la suite. La réalisation, la photographie et Angélina Jolie : tout était vraiment bien géré dans le premier film. Mais alors ce second volet … un ennui mortel ! Aucun rythme, un montage insupportable, un scénario qui ne tient pas debout et une réalisation franchement mauvaise : le changement de réalisateur a eu ma peau et c’est un grand non !

Pour celui là, je dois avouer que je ne peux m’en prendre qu’à moi même. Amoureuse de Guillaume Gallienne et de Georges Feydeau, j’étais intriguée et excitée par une adaptation de cette fameuse pièce sur grand écran. Erreur ! LE DINDON de Jalil Lespert est un condensé de clichés, une adaptation fumeuse et absolument pas drôle qui a eu pour effet de m’ennuyer au maximum. Dommage !

Je n’avais pas vraiment d’attente particulière pour ce film, mais j’étais extrêmement intriguée de voir ce qu’il allait donner. Malheureusement, CAPTAIN MARVEL de Anna Boden n’a pas donné grand chose. Au contraire, il m’a pris plus de 2h de mon année. Clichés, feminisme mal dosé, scénario inintéressant montage épileptique et actrice absolument insupportable : c’est un gros flop pour ce marvel au féminin !

Un cluedo géant avec un casting (semblait-il) cinq étoiles, réalisé par Rian Johnson, auteur du dernier Star Wars, cela ne pouvait-il pas être la promesse d’un bon divertissement? Et bien non ! A COUTEAUX TIRES de Rian Johnson est un film de série policière bas de gamme, incohérent et inconsistant. Malgré un casting qui fait plaisir (Daniel Craig, Chris Evans, Jamie Lee Curtis, Toni Collette, Don Johnson, Michael Shannon, LaKeith Stanfield, Katherine Langford, Jaeden Martell et Christopher Plummer), le film s’embourbe dans un ennui profond sans aucun rythme avec un Daniel Craig absolument méconnaissable et très mauvais.

Quentin Tarantino l’a nommé « meilleur film de l’année » et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ! CRAWL de Alexandre Aja est un film d’une originalité proche de zéro, avec un scénario déjà vu des dizaines de fois et avec un casting sans grand charisme (Kaya Scodelario) : on s’ennuie très rapidement. Alors certes, c’est rare pour du cinéma français et la réalisation n’est pas mauvaise mais bon dieu, c’est à peine divertissant et totalement inintéressant.

Le retour de Luc Besson en a fait grincer plus d’un, mais pour ma part, j’étais ravie de le retrouver sur grand écran ! C’était sans compter un échec cuisant pour ANNA. Luc Besson rate son retour avec un film encore une fois très ennuyeux et qui n’a rien à raconter. Une grosse déception qui donne du grain à moudre à une bonne partie de la critique, malheureusement.

Premier film vu à Cannes et … première déception sur la croisette ! ZOMBI CHILD de Bertrand Bonello (dont je vous ai parlé juste ) a un scénario vraiment intéressant et j’ai trouvé passionnant d’écrire ma critique sur ce film. Malheureusement, le regarder a été une sacrée épreuve et il ne fonctionne pas du tout. Bonello nous perd totalement et le casting n’est vraiment pas convaincant.

Certains gros films de l’année ne sont pas sortis en salles mais directement sur Netflix, et parmi eux : THE KING de David Michod. Avec un casting à 80% français (Timothée Chalamet et Lily-Rose Depp) et une photographie incroyable, le film semblait promettre une sacrée belle expérience. Malheureusement, à part le talent du jeune Chalamet que je trouve effectivement assez bon, le film ne fonctionne pas du tout. Le rythme est inconsistant, le scénario très peu fourni et pas assez fort, le casting assez mauvais et le montage extrêmement mou. En bref, un ennui profond pour une histoire qui n’intéresse personne !

Ce sera tout pour cette année et c’est déjà pas mal ! Et vous, avez-vous eu des déceptions ou des ennuis profonds en salles cette année? Dites moi tout, je suis très curieuse ! On se retrouve demain pour le coté séries ! Bonne semaine !