CALENDRIER DE L’AVENT #20 – Les épisodes de séries spécial fêtes (grands et petits)

Plus que 5 jours avant Noël ! Les vacances de fin d’année sont également propices à se vautrer dans son canapé (seul, en famille, entre amis, en amoureux … avec son chat) devant nos séries préférées ! Le hiatus hivernal, cette coupure pendant les fêtes, nous prive généralement de nouveaux épisodes ou des suites de nos séries préférées. Cependant, quelque soit votre série adorée, vous pouvez être sûr qu’il existe un épisode spécial de Noël ou des épisodes se déroulant durant les fêtes.

Je vous ai donc concocté une petite sélection des meilleurs épisodes de cette période. Et croyez moi, certains ont une magie de Noël bien particulière ! C’est parti !

BLACK MIRROR / Saison 2, Ep 4 « White Christmas »

Je ne vous ai jamais dis que cette sélection serai uniquement pleine de joie ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis ! Mais l’un des épisodes se déroulant pendant les fêtes qui a le plus marqué l’histoire des séries c’est certainement celui là. L’épisode White Christmas de la série Black Mirror mettra n’importe qui mal à l’aise. La série, connue pour être anxiogène, anticipatrice et futuriste nous plonge cette fois dans les extrêmes de la technologie et notamment de l’intrusion de cette dernière dans notre vie privée. Avec l’excellent Jon Hamm en personnage principal, White Christmas remet en cause notre utilisation poussée à l’extrême des technologies et nous questionne sur le monde actuel. Une excellente opportunité de mettre un grand froid dans la pièce avant d’entamer le diner de Noël !

Plaisanterie mise à part, cet épisode est un excellent moyen de discuter ensuite en famille ou avec ses amis de certains sujets. Et au delà de ça, c’est encore une fois une prouesse de la série. A voir absolument.

Mais promis, après ça, on retrouve une ambiance un peu plus légère.

DOCTOR WHO / Christmas Spécial

Restons dans les mondes parallèles avec les épisodes spéciaux de la série culte Doctor Who. Depuis son retour sur les écrans en 2005, il n’y a pas un seul Noël sans l’épisode spécial. Parfois totalement indépendants de la série et d’autres intimement liés à l’intrigue de la saison suivante par exemple. Pour les fans de la série il y a donc de quoi faire pendant les fêtes puisqu’il existe une dizaine d’épisodes de Noël. Mais l’un de mes favoris est sans nul doute celui de 2007 dans lequel le Docteur (joué à l’époque par le grand David Tennant) rencontre la belle Astrid (incarnée par Kylie Minogue) et l’embarque dans ses aventures. Un Titanic spatial, une rencontre et un Docteur fou : que demande le peuple?

NEW GIRL / Saison 1 Ep 9 « Le râteau de Noël »

La colocation la plus stylée du petit écran fête Noël dans cette première saison et autant dire que ça vaut le détour ! Schmidt, Cece, Winston, Nick et Jess se retrouvent tous pour une soirée forte en émotions … et en ruptures ! Un épisode hilarant et touchant : tout ce qu’on aime pour les fêtes.



THE BIG BANG THEORY / Saison 2 Ep 11 « Les Cadeaux de Noël »

Dans cet épisode intitulé « The Bath Item Gift Hypothesis » en version originale, la série renvoie Sheldon à ses inaptitudes sociales via un dilemme aigu : le moindre cadeau de Noël offert implique qu’un cadeau soit offert en retour… L’un des épisodes les plus drôles et touchants, avec ce rapprochement improbable avec Penny, leur jeune voisine qui lui offre le plus beau des cadeaux !

FRIENDS

Ceux qui me connaissent sont déjà en train de lever les yeux au ciel en se disant « encore?! » mais oui, FRIENDS, est certainement la série que j’ai le plus visionné de toute ma vie et je ne pouvais pas finir cette sélection sans parler de ses nombreux épisodes de Noël. Drôles, divertissants et nombreux surtout (en 10 saisons, ils ont vécu pas mal de Noël évidemment). Entre déguisement improbable, dessert raté, dinde sur la tête et danse culte : il y a de quoi faire. Un récap de tous les épisodes de Noël a été posté sur la chaine de Netflix juste ici. Mais voici mon podium avec mes trois épisodes préférés !

Saison 6 épisode 10 : celui qui souhaitait la bonne année

Un épisode sur le Nouvel An, où Ross et Monica dansent la fameuse « Routine ». Mémorable !

Saison 7 épisode 10 : Celui qui se déguisait

Dans cet épisode de Noël, Ross tente d’expliquer à son fils les traditions juives. Un des nombreux épisodes costumés mais surement l’un des meilleurs !

Saison 5 Ep 8 : Celui qui avait des souvenirs difficiles à avaler

Épisode où chacun se rappelle son pire Thanksgiving avec cette scène incroyable de Joey et cette dinde sur la tête. Un épisode de fêtes où on en apprendra énormément sur chacun d’entre eux et qui finira par une scène devenue culte où Monica danse avec une dinde sur la tête devant Chandler qui lui avoue ses sentiments pour la première fois.


Et pour les enfants?

Si vous souhaitez leur proposer une petite pause devant la télé, sans vous lancer dans un film de 2h avec plein de chansons insupportables ! J’ai pensé à vous aussi avec quelques idées de mon enfance.

LES ZINZINS DE L’ESPACE –  » Profession : Père Noël « 

Je ne sais pas si c’est toujours diffusé, mais c’était l’une de mes séries préférées quand j’étais enfant ! Et cet épisode est vraiment très drôle.

PRINCESSE SARAH – Épisode 46 « Au Revoir Sarah »

Plus classique mais tout aussi chouette pour les enfants, cet épisode raconte le Noel de Sarah à Londres puis au pensionnat où elle fera une surprise à ses amis !

LES SCHTROUMPFS – « Le Miraculeux Noël des Schtroumpfs »

Un classique efficace de ma génération, les aventures des Schtroumpfs sont toujours un plaisir pour les enfants. Cet épisode spécial Noël est vraiment réussi !

J’espère que cette sélection pour petits et grands vous aura plu ! Passez un bon week-end ! On se retrouve demain pour la suite du calendrier de l’Avent !

CALENDRIER DE L’AVENT #12 – MES SÉRIES FAVORITES 2019

L’année n’est pas encore finie, mais la rétrospective commence déjà dans ma tête ! Je me suis donc demandée, quelles ont été les séries que j’ai le plus aimé cette année ? Retour sur une année riche en séries et en petites pépites !

Cette année, il y a eu pas mal de surprises coté séries.

Du made in France avec Les Sauvages de Rebecca Zlotowski, diffusée sur Canal. Une série sur l’arrivée au pouvoir d’un président « différent », via le prisme de deux familles qui se déchirent, que j’ai trouvé vraiment très intéressante et dont je vous ai fait une critique à lire juste ici.

Toujours sur Canal, j’ai pu découvrir de vraies pépites notamment avec Gentleman Jack de Sally Wainwright avec l’incroyable Suranne Jones. Une série anti conformiste sur le destin de Anne Lister, une propriétaire terrienne homosexuelle et qui n’a pas la langue dans sa poche. Une merveille d’humour dont je vous ai également déjà parlé juste .

En parallèle, j’ai continuer à suivre Killing Eve, avec la saison 2 diffusée sur OCS cette année. Une saison plus sombre mais toujours aussi incroyable. Cette série, créée et écrite par Phoebe Waller-Bridge raconte l’histoire d’une agent du MI5, Eve Polastri, qui enquête sur une tueuse à gages appelée Villannelle. Les deux femmes vont développer une obsession réciproque ambiguë et violente. Une relation que je ne me lasse pas de suivre, surtout lorsque Jodie Comer crève autant l’écran.

En parlant de suite, j’ai également été obsédée par la saison 3 de The Handmaid’s Tale de Bruce Miller. La série évènement basée sur les romans de Margaret Atwood est revenue pour une saison 3 explosive et totalement folle. On retrouve Gilead et son univers glauque, entre les Martha, les servantes et l’horrible tante Lydia. Le jeu de Elisabeth Moss est toujours aussi impeccable et l’ambiance de la série continue de nous tordre le bide. La fin de la saison m’a cependant laissée assez dubitative et je suis plutôt curieuse de voir ce que la saison suivante nous réserve.

Pour rester dans la dystopie, j’ai pu découvrir celle de Russell T. Davies avec Years and Years dont je vous ai dressé le portrait il y a quelques semaines. Cette mini série suit sur une quinzaine d’années la famille Lyons qui va vivre des changements vifs dans notre société : Grexit, réélection de Trump, pays d’Europe aux mains des extrémistes, France bloquée, guerre civile, effondrement des banques, fakes news ou camps pour migrants. Une vision cauchemardesque de notre avenir proche, réalisée avec humanité et précision. Une série incroyablement bien maitrisée.

Futuriste et anxiogène sont des termes qui conviennent aussi parfaitement à la série animée diffusée par Netflix : Love, death and robots de Tim Miller (entre autres). Une série assez intrigante qui a mis tout le monde d’accord ! Plusieurs épisodes, entre 5 et 30 min sur des thèmes totalement différents. Styles, narration et ambiance : c’est un cocktail explosif et savoureux que nous offre la plateforme. Une série vraiment forte, malgré quelques épisodes en deçà, qui a marqué l’année.

Restons sur Netflix avec quelques bonnes surprises notamment la saison 2 de Insatiable de Lauren Gussis avec l’insupportable Patty et le génial Bob Amstrong. Une série dont je n’ai pas encore parlé mais cela ne saurait tarder, tant je la trouve incroyable. Elle a essuyé de nombreuses critiques lors de sa sortie qui m’ont laissé un peu sans voix. Au contraire de ce que j’ai pu lire, je trouve cette série remarquablement écrite. Il faut passer au delà du sujet de base (les concours de beauté) et de l’univers de teen-movie pour se rendre compte de l’écriture folle de Lauren Gussis. Maitrisée et assumée, c’est une série qui traite de sujets extrêmement importants avec un second degrés profond et décalé. La saison 2 m’a vraiment beaucoup touché et on sent que le scénario tend vers quelque chose d’assez unique. TCA, obsessions et addictions : autant de sujets traités comme je l’ai rarement vu.

INSATIABLE

Pour rester dans le thème du bon gros WTF? : The Politician de Ryan Murphy. De nouveau par le prisme du teen-movie, on se retrouve avec une série impeccablement écrite. Le monde de la politique à l’échelle de l’adolescence, c’est du génie. La série est drôle, mais aussi véritablement sombre. J’ai adoré ce décalage et ce scénario réellement touchant. Électrisante, dynamique, profonde et complétement improbable : cette série est une vraie pépite.

THE POLITICIAN

Pour ce qui est d’être impeccable en terme d’écriture, Atypical de Robia Rashid est obligatoirement sur le podium. La saison 3 est sortie cette année sur Netflix et à remporté, une nouvelle fois, tout mon amour. Cette série, racontant le quotidien de Sam, adolescent autiste et de sa famille est sincèrement l’une des meilleures séries de ces dernières années. Elle n’a rien d’épique, rien d’incroyable, il n’y a pas une réalisation folle et les acteurs sont peu connus. MAIS pour tenir sans aucune fausse note, pendant trois saisons, en faisant correctement ce travail d’évolution des personnages tout en mettant en avant une pathologie aussi difficile : c’est du talent pur. La série n’a jamais fait de faux pas, elle reste hilarante, touchante, positive et elle avance en même temps que ses personnages. C’est tellement rare qu’une série soit aussi régulière sur sa qualité, qu’il fallait absolument que je vous en parle.

Une pépite qui ne fait quasiment aucun faux pas, c’est aussi le cas de La méthode Kominsky de Chuck Lorre. La saison 2 est sortie cet automne et a illuminé mes soirées. Toujours aussi courte (8 épisodes) et toujours aussi drôle, c’est l’une des séries les plus feel-good que j’ai vu. Basée sur un duo de seniors hors du commun, la série revient avec humour et douceur sur le quotidien de ces deux hommes, entre arthrite, viagra, paternité et deuil : c’est une sacrée claque avec un scénario très bien ficelé. Le duo interprété par Michael Douglas et Alan Arkin est un pur bonheur. Je vous en ai parlé il y a peu en mettant en parallèle la série Grace and Frankie qui parle également d’un duo de senior, version féminine. Si ça vous intéresse, l’article est juste ici.

THE KOMINSKY METHOD

Un autre duo incroyable, c’est celui de Michael Sheen et David Tennant dans la série Good Omens de Neil Gaiman. Cette série est une adaptation du roman de Terry Pratchett et Neil Gaiman, « De bons présages », et en un mot : GÉNIALE. Cette minie série est totalement folle, déjà parce que le duo formé par Sheen et Tennant est un pur délice, mais aussi parce que l’univers et le scénario sont vraiment prenants. C’est une série hilarante et totalement improbable, devant laquelle j’ai passé d’excellents moments.

Pour finir, je me devais de citer His Dark Materials de Jack Thorne, car même si la saison 1 n’est pas encore terminée (dernier épisode diffusé le 22/12) c’est quand même une série que j’ai grandement attendue et dont je suis ravie. Adaptation de la trilogie de Phillip Pullman, dont je vous ai fait un rapide récit dans le calendrier de l’Avent juste, His Dark Materials a enfin réussi à trouver son équilibre. HBO nous propose une série folle, incroyablement réalisée et avec un casting, enfin, convaincant. Pour une fan des romans, je suis ravie de voir que l’adaptation est aussi précise et réussie. La saison 2 est déjà prévue pour 2020 et j’ai hâte de voir ce qu’ils nous préparent !

J’espère que cette sélection des séries qui m’ont le plus plu cette année vous a donné envie et vous a intéressé. Il y en a tant d’autres évidemment, alors n’hésitez pas à me partager vos coups de cœurs 2019 en commentaires !

A contrario, il y a également eu de nombreuses déceptions, mais on en reparle dans quelques jours !

CALENDRIER DE L’AVENT #10 – HIS DARK MATERIALS, récit d’une adaptation

Je vous ai déjà un peu parlé de cette saga littéraire sur les réseaux sociaux, et de mon excitation à l’idée qu’une adaptation en série était prévue pour 2019. Cela fait désormais quelques semaines que la série est sortie, et avant la fin de la série, j’avais envie de vous parler de l’histoire de cette saga et de cette adaptation !

Si je vous en parle, vous vous doutez bien que je suis assez ravie de cette nouvelle adaptation. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une adaptation est faite de cette saga et le premier essai était assez catastrophique.

LES ROMANS (1995)

Pour commencer, il faut savoir qu’il s’agit à la base d’une trilogie fantasy écrite par Phillip Pullman entre 1995 et 2000. À LA CROISÉE DES MONDES (FR) est composée de trois tomes : Les Royaumes du Nord, La Tour des Anges et Le Miroir d’Ambre. Il existe aussi d’autres œuvres, des préquels ou des romans parallèles sur la vie de Lyra (le personnage principal). Phillip Pullman a également prévu une nouvelle trilogie, La Trilogie de la Poussière, dont le premier tome est sorti en 2017.

Cette trilogie est une vraie merveille. Je l’ai lue et relue des dizaines de fois depuis une quinzaine d’années et elle m’a accompagnée durant toute mon adolescence. Mais alors, de quoi ça parle?

La trilogie se déroule dans un monde parallèle au notre, contrôlé par le Magistérium, sorte de gouvernement répressif religieux. Dans le tome 1, Les Royaumes Du Nord (dont la saison 1 de la série est issue) on y suit l’histoire de Lyra Belacqua, jeune fille de 12 ans, qui a vécu une bonne partie de son enfance à Jordan College, entourée de maitres assez lugubres. On comprend très vite que dans ce monde, l’âme de chacun est personnifiée par un daemon, un animal lié à chaque être humain. Lyra et Pan (son daemon) apprennent par hasard l’existence de la Poussière, une étrange particule que Lord Asriel (son oncle) a découvert dans le Nord. Dans le même temps, des enfants sont enlevés et Roger, l’ami de Lyra en fait partie. En parallèle, des expériences sont menées pour déterminer pourquoi la Poussière semble moins attirée par les enfants que par les adultes. Ces expériences sont menées par Mrs Coulter, une femme magnifique puissante et très inquiétante, mandatée par le Magistérium. Elle va alors proposer à Lyra de la suivre, pour explorer le Nord et retrouver son ami. Avant de la laisser partir, le Maitre de Jordan College confie à Lyra un objet incroyable : un aléthiomètre. Un instrument permettant de répondre à n’importe quelle question, grâce aux symboles dont il est doté. Très vite, Lyra va devoir se battre pour découvrir la vérité et sauver ses amis.

L’histoire de cette saga est très complexe, entre la Poussière, les mondes parallèles, les daemons, le Magistérium et cette prophétie dont Lyra semble être l’objet : il s’agit d’une saga très fournie qui traite de nombreux sujets notamment la religion et son emprise sur le monde. D’abord édités pour les adolescents, dans le rayon jeunesse, les livres ont également une très grande portée et de nombreuses grilles de lectures. Encore aujourd’hui, la saga portent de nombreux messages et s’adresse à un public bien plus large que les adolescents.

LE FILM (2007)

Une première adaptation a été réalisée en 2007. Un film, se basant sur le premier tome et relatant l’aventure de Lyra aux cotés de Mrs Coulter notamment. Le titre avait déjà fait tiquer de nombreuses personnes : LA BOUSSOLE D’OR. Il était évident que nous parlions de l’aléthiomètre, mais renommer un élément aussi important dans la saga, n’augurais rien de bon !

A LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR, 2007 de Chris Weitz

Le film est donc sorti en 2007, avec un casting qui semblait plutôt intéressant : Nicole Kidman dans le rôle de la froide et intrigante Mrs Coulter, Daniel Craig pour Lord Asriel, la jeune Dakota Blue Richards dans le rôle de Lyra ou encore Eva Green qui interprète Serafina, la sorcière.

Malheureusement, il s’avère que cette adaptation est une vraie catastrophe. En effet, pour des raisons de censure et un souhait d’attirer un public très jeune, de nombreux éléments extrêmement importants de la saga ont été édulcorés ou carrément mis de côté. Le coté religieux n’existe quasiment plus, le rapport entre science et croyance n’est absolument plus mis en avant, la dictature, la violence, le mensonge, la cruauté des ours et les lois de pouvoir : tout est simplifié, édulcoré et les personnages sont tous très ternes. On assiste alors à une épopée magique d’une enfant et d’un ours pour sauver ses amis. Rien de ce qui faisait l’essence même de la saga n’est véritablement mis en avant et le film devient très vite ennuyeux. Il y a tant de défauts dans ce film (qui dure moins de 2h) et le public averti lui a réservé un accueil tellement mitigé que la suite a été annulée.

Le film a quand même été nominé dans pas mal de cérémonies et, à ma plus grande surprise, a remporté 2 prix pour les effets visuels. Ce que je trouve assez hilarant étant donné qu’à mon sens, ils étaient relativement affreux. Surtout en ce qui concerne les daemons ou les ours. Surtout le daemon de Mrs Coulter : le singe doré était véritablement affreux !

Il s’agissait donc d’une véritable déception et après cette catastrophe, il était difficile de croire en une adaptation digne de ce nom.

LA SÉRIE (2019)

Douze ans plus tard, alors que nous pensions qu’une adaptation visuelle n’était plus envisageable, HBO débarque avec la série la plus chère de ses productions : HIS DARK MATERIALS.

L’annonce de cette série a eu l’effet d’une bombe pour un grand nombre d’entre nous. Pour commencer, annoncer un projet d’adaptation en série, lorsque la saga est si dense, est déjà un bon point. On est rassurés, car on se dit que les éléments les plus complexes auront le temps d’être traités correctement. L’annonce du casting a également rassuré de nombreux fans. James McAvoy dans le rôle de Lord Asriel, Dafne Keen (que l’on a notamment vu dans Logan de James Mangold) pour Lyra , Ruth Wilson pour Mrs Coulter ou encore James Cosmo (qui jouait dans GOT pour ceux qui le reconnaitront). Les bandes-annonces ont également su nous convaincre.

Seulement, après l’échec cuisant du film de 2007, il y avait de quoi être dubitatif.

6 épisodes plus tard et deux semaines avant la fin de la saison 1, je peux vous assurer que la série réalisée par Tom Hooper, a su réconcilier tous les déçus de 2007 ! HIS DARK MATERIALS est assez incroyable. Le casting est fou, Dafne Keen réussi à interpréter une Lyra combative et intelligente face à des personnages très forts comme Mrs Coulter interprétée par l’intrigante Ruth Wilson qui a su cerner le coté étrange et radical de son personnage. Visuellement, le budget de la série se ressent, car tout est magnifique. Les daemons notamment sont vraiment bien faits et sont très crédibles. Le singe doré de Mrs Coulter n’a rien à voir avec l’horrible peluche du film. Les gitans sont enfin représentés correctement, c’est à dire une armée combative, forte et unie.

L’une des frayeurs que j’avais concernait principalement Iorek Byrnisson, l’ours en armure de la saga. Surprise : le personnage est incroyablement bien fait et bien amené. De plus, contrairement au film, la série assume les thèmes et les débats que Phillip Pullman avait mis en avant dans sa trilogie. Le rapport avec la religion, les références historiques, la dualité qui existe chez chaque personnage, le pouvoir du magesterium et surtout, les intrigues entre la Poussière et les mondes parallèles : tout est fait pour retranscrire avec précision l’histoire complexe et dense de l’auteur. L’importance et le mystère de l’aléthiomètre sont également bien mises en avant.

La première saison semble se baser sur le premier tome avec beaucoup plus de détails et d’intensité que le film. Ne comptez pas sur moi pour vous spoiler ce qu’est précisément la Poussière, cela sera dévoilé au fur et à mesure des saisons. Le fait que Phillip Pullman soit producteur de la série, et qu’il ai relu chaque épisode pour être sûr que son récit soit correctement mis en place, aide grandement à la qualité de la série.

Quant au générique de la série, on sent que HBO a souhaité garder l’esprit de Game Of Thrones avec une musique incroyable composée par Lorne Balfe et un générique très long et très fourni qui est déjà culte.

Il reste deux épisodes avant la fin de la saison 1 et une deuxième saison est déjà prévue pour 2020. Ce qui est sur c’est que l’on a enfin une adaptation digne de ce nom pour cette célèbre saga et ça fait plaisir ! Et pour ceux qui n’ont jamais lu les romans, je vous encourage vraiment à le faire.

Et vous, vous regardez HIS DARK MATERIALS? Donnez moi votre avis en commentaires !

On se retrouve demain, pour une nouvelle case !

CALENDRIER DE L’AVENT #1 – Les sorties ciné/séries de fin d’année

Pour ce premier jour du Calendrier de l’Avent, je vous propose de faire un tour d’horizon des sorties de ce dernier mois de l’année 2019 ! Quelles sont les grosses sorties de cette fin d’année que j’attends patiemment? On voit ça tout de suite ensemble ! N’hésitez pas à allonger la liste avec les sorties que VOUS attendez le plus! C’est parti !

La première semaine de Décembre sera sur le thème de la nostalgie !

En effet, on retrouve deux classiques de notre enfance/adolescence : LA FAMILLE ADDAMS et FRIENDS. Mais également un film, très attendu, MARRIAGE STORY.

Oui oui, La Famille Addams revient en animation sous la direction de Conrad Vernon et Greg Tiernan.

Déjà sorti aux Etats-Unis en Octobre 2019, le film a eu un succès fou avec au casting : Oscar Isaac, Charlize Théron, Chloé Grace Moretz et… Snoop Dogg! L’animation est assez particulière mais je suis assez impatiente de retrouver cette famille qu’on aurait tous voulu avoir autour de la table à Noel. Seul bémol : le casting français est vraiment mauvais (coucou Kev Adams) donc, allez le voir en VO please ! Le film sera en salles françaises le 4 décembre !

Quand il s’agit de nostalgie et de télévision, ma première pensée ne se tourne pas forcément vers la série culte FRIENDS créee par David Crane et Martha Kauffman. Pourquoi? Eh bien parce qu’elle fait encore partie de ma vie depuis plus de 15 ans! Je la regarde très (trop) régulièrement et je suis toujours aussi fan. Qui ne connait pas ce groupe d’amis vivant à New York? Qui n’a jamais entendu ce générique incroyable? Tout le monde connait LA réplique culte « MAIS ON AVAIT ROMPU » de Ross non?

Alors quand j’ai appris qu’une sélection de 12 des meilleurs épisodes de la série serait diffusée sur grand écran à l’occasion des 25 ans de la série : mon cœur a explosé de joie. Lancée par Gaumont/Pathé, cette soirée d’exception aura lieu le 6 décembre. Alors si vous avez une séance près de chez vous, FONCEZ. Pour réserver vos places ou voir la liste des épisodes diffusés c’est par ici.

Le même jour, Netflix va faire trembler nos cœurs également. Si je vous dis Scarlett Johansson? Maintenant si je vous dis Adam Driver? Oui, je parle bien du nouveau film de Noah Baumbach : MARRIAGE STORY. Un film qui va parler d’un divorce éprouvant avec un point de vue propre à chaque personnage. Le casting, le réal, le sujet et la bande annonce : tout m’a séduite dans ce projet. Il ne sortira pas en salles mais sera donc disponible sur la plateforme dès le 6 décembre prochain. Déjà nominé aux Golden Globes, acclamé au TIFF, ce nouveau bijou me semble vraiment être l’un des films qui va faire du bruit en cette fin d’année. Loin d’être un film joyeux, cela s’annonce malgré tout comme une sacrée claque que l’on va tous se prendre sur notre canapé.

SISTERHOOD in Brasil

La semaine suivante, le 11 Décembre précisément, sort LE film que j’attends le plus. Pourquoi? Parce que je l’ai vu au Festival de Cannes lors de la cérémonie de clôture de la compétition Un Certain Regard, Gagnant du Grand Prix, ce film brésilien a été une énorme claque. J’attends depuis des mois de pouvoir vous en parler et j’ai hâte de pouvoir enfin le faire.

LA VIE INVISIBLE D’EURIDICE GUSMAO de Karim Aïnouz raconte l’histoire de deux sœurs qui vont se retrouver séparées malgré elles par la vie et par un père trop traditionnel dans ce Brésil des années 50. Elles prendront en main leur destin, sans jamais renoncer à se retrouver. Un bijou que je vous encourage vivement à aller voir au cinéma. C’est beau, c’est grand, c’est un film magistralement écrit et porté par deux actrices incroyables notamment Julia Stockler que j’ai trouvé magique.

Un nouveau film cannois qui vaut le détour !

La semaine suivante, on retrouve le nouveau film de Robert Eggers. Vu il y a quelques semaines en festival, The Lighthouse est un film qui m’a vraiment scotché. Porté par un duo totalement improbable mais vraiment impressionnant : Willem Dafoe et Robert Pattinson. Le film raconte la descente aux enfers et la folie qui anime deux gardiens de phares qui se retrouvent bloqués sur leur île. En noir et blanc, en 4/3 et dans un registre fantastique assumé : le film est dérangeant, déroutant et vraiment particulier. Un petit bijou de cinéma comme on en voit rarement. Je vous en reparle très vite! En salles le 18/12.

Le 20 Décembre, c’est 100% Netflix !

Entre inquiétude et hâte, les deux programmes vont faire couler beaucoup d’encre.

Le bonheur de retrouver Anthony Hopkins….en pape. Oui, THE TWO POPES de Fernando Meirelles débarque enfin sur la plateforme. Anthony Hopkins et Jonathan Pryce (le Grand Moineau dans GOT, pour ceux qui veulent une référence catholique en plus) réunis dans ce drame inattendu qui nous plonge dans un tournant historique de l’Eglise catholique. Un thème qui peut en rebuter certains, mais qui ne manque pas d’intérêt. (Et puis, Hopkins, je suis désolée mais il pourrait animer une émission de cuisine : je me jetterais dessus.)

Pour ceux que le drama catholique historique avec deux acteurs incroyables n’intéressent pas (qui êtes vous??) j’ai autre chose à vous proposer : THE WITCHER de Lauren Schmidt Hissrich. J’en entends déjà quelques uns hurler, et je vous comprends. La série est attendue depuis quelques temps déjà mais aussi crainte par beaucoup d’entre vous. Adaptation live de la saga littéraire du Sorceleur et du jeu vidéo, Netflix s’attaque a du gros cette fois ci. Le nom de Henry Cavill pour reprendre le rôle principal ainsi que les premiers visuels ont fait grincer des dents. Le 20 Décembre, il sera temps de prendre son courage a deux mains et de se faire un avis !

IT’S CHRISTMAS TIME.

Yes, i know. Mais pour ceux qui préfèrent passer Noël dans le noir face à quelque chose de VRAIMENT intéressant (désolée tata, mais tes photos de vacances, tout le monde s’en fout), il y a de quoi faire en ce 25 Décembre. Du beau, du poétique et du grand spectacle au programme.

LE LAC AUX OIES SAUVAGES de Diao Yinan, thriller chinois présenté en compétition officielle à Cannes. Un film qui a l’air d’être un petit bijou de réalisation avec un synopsis plutôt banal malgré tout : un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Cela dis, entre les échos qu’on a déjà eu, les images et les bandes annonces, ce film m’enchante déjà et je ne serais vraiment pas contre passer ma soirée en sa compagnie ! Et vous?

En face du tapis rouge, il y a également du grand spectacle. Attention, faites place à … CATS de Tom Hooper ! Alors oui, le casting officiel fait un peu peur (Taylor Swift, Idris Elba, Jennifer Hudson etc) mais les petits noms qu’on ne voit pas beaucoup dans la promo valent le détour : James Corden et Ian McKellen ! Franchement, si ces deux noms donnent pas envie de se dire que ce film va être un bon gros what the fuck des familles… Et puis la bande annonce, honnêtement, elle claque. Des chats, des poils, des chansons et des décors en carton vachement bien faits. Noël c’est aussi ça : se vautrer dans un fauteuil en boulottant des popcorns devant un film presque honteux. Cette année, CATS est là pour ça !

J’espère que ce petit récap des sorties que j’attends le plus pour ce dernier mois de 2019 vous a plu ! N’hésitez pas à rajouter les vôtres en commentaires (je sais que vous allez ajouter Star Wars pour certains, promis on ne vous juge pas)! On se retrouve demain pour la case numéro 2 😉

MARIANNE de Samuel Bodin – la république de l’horreur

Une série d’horreur made in France : rien que ça, ça peut faire peur ! Les séries françaises, surtout sur Netflix, ne sont pas vraiment gage de qualité malheureusement. Série policière ou comique en passant par la romance : les productions françaises Netflix sont souvent assez maladroites si ce n’est pas clairement mauvaises. Alors quand j’ai entendu parler d’une série d’horreur qui sortait en début Septembre, j’avoue ne pas avoir été très excitée. Le genre étant déjà très difficilement renouvelable et, surtout, après la bombe THE HAUNTING OF HILL HOUSE (qui avait pris directement sa place dans mon TOP 2018 juste ici), la barre était très haute notamment quand on s’attaque au thème des esprits ou des entités.

MARIANNE est une série d’horreur française écrite et réalisée par Samuel Bodin. Diffusée sur Netflix depuis Septembre 2019, la série à déjà fait couler beaucoup d’encre et les avis sont partagés. La série se découpe en 8 épisodes de presque 1h chacun, et raconte l’histoire de Emma Larsimon auteure à succès qui est forcée de retourner dans son village natal Elden pour faire face à des événements tragiques et surtout, à son personnage principal qui semble avoir pris vie.

MARIANNE : UNE SÉRIE INÉGALE SUR TOUS LES POINTS

Le GROS point négatif de la série, c’est, à mon avis, son inégalité sur tous les aspects. En effet, que ce sois en terme de jeu, de scénario, de réalisation ou d’écriture des personnages : la série est extrêmement inégale et c’est son plus gros point faible. La qualité, très présente au demeurant, n’est pas linéaire et laisse donc le spectateur dans un sentiment extrême d’incertitudes et de questionnements.

J’ai vu beaucoup de critiques qui remettaient en question le jeu des acteurs. C’est une critique facile, dès qu’il s’agit de cinéma français (surtout du cinéma de genre) mais cette fois ci, elle me parait assez légitime même si j’y apporterai un peu de nuance. Le jeu d’acteur n’est vraiment pas exceptionnel dans MARIANNE. La plupart des acteurs surjouent énormément et certaines scènes sont, de surcroit, extrêmement gênantes (comme la fameuse scène de déclaration dans la voiture, qui a du mettre à peu près tout le monde très mal a l’aise). Cependant, à mes yeux, ce jeu est la conséquence première de l’écriture de la série. Le scénario, les épisodes et les personnages sont tous écrits de manière totalement inégale. Samuel Bodin, avait-il peur de jouer à fond la carte de l’horreur? Peut-être. Ce qui est sur c’est qu’il n’assume pas ce registre jusqu’au bout et c’est ce qui donne aux personnages (et aux acteurs) une consistance moindre. Entre registre comique, policier et horrifique : il faut choisir quand on ne sait pas vers lequel se tendre. Certains épisodes, notamment les 2 premiers, sont vraiment très réussis. Le premier épisode est effrayant, totalement calibré et parvient à nous accrocher jusqu’à la dernière seconde. Seulement, dès le milieu du deuxième épisode, Samuel Bodin inclut de l’humour (comique de situation, sarcasme, répliques cinglante, lourdeur) qui dénote complètement avec l’ambiance dans laquelle il a pu nous laisser à la fin de l’épisode précédent.

Du coup, le jeu des acteurs est forcément moins bon puisqu’ils oscillent constamment entre plusieurs registres de ton. Autant, sur certains films cela peut fonctionner lorsque l’humour est bien dosé voir intelligent ou que l’horreur est assumée comme étant parodique ou autre. Autant là, ce choix désarçonne totalement le spectateur et les acteurs. On a des scènes profondément effrayantes avec l’incroyable Mireille Herbstmeyer (Madame Daugeron aka Marianne), qui est à la base une grande comédienne de théâtre et qui, là, m’a totalement bluffée. Certains ont qualifié son jeu de too much, pour ma part, je le trouve absolument parfait. Elle est terrifiante, glauque, malaisante et surtout, elle parvient à garder ce ton du début à la fin. Et en face, on nous donne des scènes où les acteurs s’envoient des vannes potaches sur un ton proche des téléfilms sur France 3. Cette césure entre les registres est profondément déroutante et surtout, ne fonctionne pas du tout.

Entre teen movie, film d’horreur et téléfilm du dimanche : la série se perd un peu et ne nous permet pas de rester scotchée à elle durant ses huit épisodes. En quelques images, vous allez pouvoir constater par vous même les différences visuelles.

Film policier du dimanche
Teen Movie
Film d’horreur

Et pour parler rapidement du casting, je rejoins les nombreuses critiques qui ont pu être faites à ce sujet : il n’est vraiment pas convaincant. A part Mireille Herbstmeyer que je trouve parfaite, le reste du casting oscille constamment entre profonde conviction et banalité sans nom. Alban Lenoir, pourtant assez réputé, est vraiment méconnaissable et m’a laissé assez pantoise devant sa piètre prestation. Quant au groupe de jeunes, à part Lucie Boujenah qui ne s’en sort pas trop mal malgré le peu de crédit offert à son personnage, le reste est globalement assez oubliable. Pour finir, Victoire du Bois, héroïne principale de la série est assez complexe. Elle peut autant vous donner des frissons que vous laissez totalement indifférente. Son jeu n’est pas assez intense pour moi. Cela dit, je trouve le personnage assez bien écrit au contraire, et son aspect antipathique est pour moi l’une des choses les plus réussies en terme d’écriture. Il ne vient pas de nulle part et elle interprète assez bien cette dualité entre ses réelles envies, son passé et ce qu’elle a été obligée de faire pour disparaitre.

Alban Lenoir dans MARIANNE
Mireille Herbstmeyer

Au-delà du jeu d’acteur, c’est aussi en terme de réalisation que la série se divise. Le travail sur la photographie est vraiment très important. La composition des plans est, la plupart du temps, extrêmement bien ficelée et visuellement, c’est assez bluffant pour une production française. Les décors réels (la série a été tournée en Bretagne) servent totalement le propos de la série avec de grandes étendues agitées (mer, plaines venteuses, rochers etc). Certaines scènes, de nuit, sont sincèrement impressionnantes comme celle où les parents d’Emma se retrouvent dans leur jardin en pleine nuit. La composition du plan est incroyable et cela renforce l’imaginaire et l’impact de la série. L’un des plans finaux, que l’on voit dans les teasers, est spectaculaire avec cette sorcière immense se tenant derrière Emma. De plus, Samuel Bodin a mis en œuvre une véritable obsession pour le détail qui est très appréciable. Retour sur les légendes urbaines, sur l’Histoire de France et les sorcières, le moyen-age : on est embarqués dans une véritable histoire avec démons, sorcellerie, ancrage historique et symboles étranges. On notera notamment une séquence très chouette où on nous montre l’histoire de Marianne et son mari le démon Béleth avec des parchemins et des animations. Le souci du détail et du visuel est donc vraiment important dans la série, comme le prouve également le générique avec ce motif du trou qui revient constamment comme une tache d’encre (Emma étant auteure, l’histoire se basant sur ses écrits etc.).

Cependant, et vous vous en doutez, d’autres séquences sont totalement dépourvues d’intérêt et montrent clairement le manque de moyens dans la production de la série. Mettre tout son budget dans certaines scènes incroyables, c’est un choix, mais sur cette série, je ne pense pas que ce soit le bon. Tourner des scènes où l’intérêt est clairement comique ou pour faire avancer des histoires de cœurs vieilles d’une quinzaine d’années : c’est un mauvais choix stratégique, surtout sur une série de huit épisodes dont certains ne dépassent pas la demie-heure. Le scénario, lui aussi très bancal, méritait qu’on s’y attarde réellement et qu’on ne se perde pas en fioritures. Le rythme visuel et scénaristique de la série est donc profondément à revoir et m’a gêné à plusieurs reprises dans mon visionnage.

LES (nombreux) CLINS D’ŒIL AU GENRE

Il est impossible de ne pas parler des références (parfois grossières) globalement bien ancrées dans la série par son réalisateur. Car si certains plans sont aussi magnifiques, c’est aussi parce qu’ils font appel à notre mémoire cinéphile et nous ancre dans des univers que nous connaissons déjà. Pour ne citer que celles que j’ai repérée au premier visionnage, il y a notamment une très claire référence au film L’EXORCISTE qui est le maitre du genre, avec cette séance de spiritisme de la bande d’amis , quand ils sont plus jeunes, qui se termine par Emma, qui fait le pont et profère des insultes.

THE EXCORCIST , William Friedkin, sorti en 1973
MARIANNE, série de Samuel Bodin

On trouve aussi une belle image rappelant l’un des plans les plus traumatisants de SHINING (pour moi en tout cas) avec cette sorcière assise au bout du lit que l’on aperçoit par une porte entrouverte et qui montre du doigt quelque chose de potentiellement plus traumatisant encore. Comment ne pas se rappeler automatiquement de cet ours dans l’une des chambres de l’hôtel où Danny se promène ?

SHINING de Stanley Kubrick (1980)
MARIANNE

Un peu plus loin dans la série, Samuel Bodin nous offre un clin d’œil à l’un des plus grands films policiers : SEVEN de David Fincher. Un clin d’œil pas du tout subtil qui n’échappera pas à ceux qui, comme moi, ont été marqué par ce film incroyable. On y retrouve des éléments très similaires au chapitre « La Paresse », que ce soit dans l’ambiance lorsque les policiers entrent dans la pièce, dans la composition de la scène ou le jumpscare final.

SEVEN de David Fincher (1995)
MARIANNE

On retrouve également plusieurs références claires à la saga d’horreur INSIDIOUS avec cette entité démoniaque qui s’empare d’une enfant et l’emmène dans un monde parallèle où vivent les démons. Mais aussi un clin d’œil à THE GRUDGE et cette fameuse main qui sort de la tête du personnage. Enfin, et non pas des moindres, Samuel Bodin nous rappelle malgré nous l’une des scènes les plus malaisantes du cinéma de Mr Night Shyamalan dans THE VISIT avec cette grand-mère, nue, qui vomit toutes ses tripes.

MARIANNE est une bonne série française. Se lancer dans le genre de l’horreur, surtout à la télévision, c’est un exercice très périlleux. En France, le genre est rarement mis en avant dans les productions et le cinéma français est, de base, assez moqué (ce qui n’est absolument pas légitime) puisque ce sont uniquement les grosses productions françaises dont on parle et qui sont, il est vrai, totalement ridicules. Cependant, la série française revient en force depuis quelques années notamment sur Canal + qui sait proposer de véritables créations originales qui valent le coup d’œil. L’une des grosses claques de cette année étant LES SAUVAGES. Seulement, sur Netflix, la production française a vraiment du mal à se faire une place. Après MARSEILLE dont le monde entier avait rit, ou FAMILY BUISNESS qui n’était vraiment pas terrible : il est difficile de prouver aux spectateurs que la France a encore une carte a jouer.

S’emparer de cette carte pour en faire une série d’horreur, c’était culotté. Et Samuel Bodin a, à mon sens, ouvert la voie. Car, même si la série est loin d’être parfaite, elle montre une certaine qualité photographique et permet de prouver que les Français sont également très attachés aux ambiances et aux cadres de leurs récits. Malgré un casting peu convaincant et un scénario qui perd en force au fur et à mesure des épisodes, la série a vraiment un cachet particulier. Tournée en décors réels, détaillée, extrêmement belle par moment : MARIANNE tire son épingle du jeu avec certitudes. Cela dit, il est clair qu’il y a du potentiel inexploité et c’est vraiment dommage. S’il y a une saison 2, j’espère que Samuel Bodin parviendra à canaliser son énergie sur un seul registre et pourquoi pas, proposer une véritable série d’horreur digne de ce nom. Car même si « Marianne ne part jamais sans rien », elle nous laisse quand même assez intrigués.

Envie d’en savoir plus? La partie audio, avec spoilers, c’est par ici !